
Mardi 17 octobre, retour à la villa African Divers après les plongées du jour, le matin sur Woodhouse (Tiran) et la seconde en local sur Ras Nasrani.
La fin du séjour est proche, il ne reste plus qu'une plongée permise au planning du lendemain, pour cause de départ après un délai de dégazage "règlementaire" de 24 heures.
Un dernier cadeau de l'équipe d'African Divers : je choisirai le site du lendemain.
De par mon expérience des jours précédents (cela fait quand-même déjà 9 jours que j'y traîne mes palmes, mon masque, mon tuba) à voir défiler tous les sites de plongées du Nord au Sud et d'Est en Ouest-entre le Thistelgorm et Jackson Reef, il n'y a pas photo (enfin, si, en réalité il y en a eu à presque chaque immersion) : ce sera Shark Reef, pour la cinquième fois...dans l'espoir d'y finaliser le but ultime de ce séjour.
Mercredi 18 octobre, après une nuit calme (je ne me réveille même plus lors du premier appel à la prière vers les quatre heure du matin) , petit déjeuner léger, et départ avec le staff vers l'embarquement à la Marina Travco, atteint après 10 minutes de voiture.
Vers les 8 heures et trente, formalités administratives accomplies, nous embarquons dans une ambiance sereine et pure (moins de bateau en activité que certains jours précedents) .
J'équipe directement ma bouteille et teste le scaphandre encore à quai afin d'être débarrassé de cette formalité technique, le Nikonos est prêt, chargé et monté depuis la veille, comme tous les jours précédents.
Juste avant l'arrivée sur site, après une petite heure de navigation, Cécile, notre DM attitrée, fait le briefing d'après mes derniers souhaits quant au trajet de la plongée : immersion sur Anemone City, passage dans le bleu à la hauteur de Shark Reef, remontée juste avant Yolanda vers le jardin de corail et recherche de la bestiole qui a coutume de s'y trouver, retour vers Yolanda reef par l'arrière et passage entre le platier et Satellite Reef en vue de la récupération par le bateau.
Nous voilà donc arrivé sur site : saut du bateau pour les 3 membres de la palanquée, Cécile, Patrick et moi en dernier comme d'habitude afin de permettre une mise à l'eau plus "soft" de Nik.
Nous nous immergeons sans tarder sur Anemone Reef qui n'a décidément pas volé son nom : nous trouvons sur ce site une multitude (genre tous les 3 mètres) d'anémones gardées tout une naturellement par leurs poissons-clown (Amphiprion bicinctus) attitrés; les amateurs éventuels de limace baveuse seront également à la fête : nous dénichont aussi un nudibranche quelconque.
Arrivé à la hauteur de Shark Reef, comme convenu, nous nous éloignons du tombant dans le bleu, la visibilté est excellente mais le trafic pélagique n'est pas au rendez-vous. Néanmoins, j'en profite pour tirer le portrait d'un nason de belle taille (Naso brevirostris) et d'un lutjan noir (Macolor niger) qui passent à portée d'objectif, ce qui ne sera pas le cas de fusillers (Caesio sp) formant çà et là des groupe épars.
Cécile me fais également remarquer une carangue à grosse tête (Caranx ignobilis) qui nous observe 5m plus haut, à une distance et une hauteur trop grande pour la mise en boîte, dommage.
Arrivé en vue du tombant de Yolanda, un napoléon de belle taille vient observer la seconde palanquée, qui a fait sa mise à l'eau sur Shark Reef. Quelques instants après, celui-ci passe brusquement son chemin et se dirige sans hésitation vers moi (m'aurait-il reconnu depuis notre dernière rencontre sur Yolanda?)
Il me frôle à une distance respectable de sécurité (c'est-à-dire 20 cm!!) juste après une première photo, remonte de 2m, se positionne et ouvre toute grande la gueule, rephoto naturellement.
Cette intermède passé, nous remontons dans la "passe" entre Yolanda et Shark R.
Le courant descendant est bien là, je me rapproche de la paroi afin de minimiser la prise de celui-ci.
Malheureusement encore, les vivaneaux (Lutjanus bohar) que j'avais observé lors d'une plongée précédente, alignés en hauteur sur 10 mètres la gueule tournée vers le large sont absents.
Nous arrivons après quelques minutes dans le jardin de corail à 10 mètres de profondeur, le courant, sans direction définie à cet endroit, y est réduit cette-fois-ci.
Subitement, la narcose aidant, Patrick qui me précède se met à battre les bras de haut en bas, comme pour s'envoler : dans nos conventions, cela signifie une raie et là, je n'en vois pas (à moins qu'elle ne soit posée sur le sable ou sous une table) , tout ce que j'aperçois, c'est à nouveau un napoléon de plus ou moins 1m qui se balade gentillement à quelques centimètres du fond (on n'y prête finalment plus attention, c'est devenu
d'un banal...) . Quelques instants après, il remet cela, Patrick ,d'après ce que j'ai pu remarqué en plongée, a plutôt l'habitude de rester "zen" , l'aurait-il enfin déniché, ma quête serait-elle enfin terminée (et récompensée) ? Et bien non, mais finalement celle-ci valait tout aussi bien le déplacement : s'approchant
à allure modérée du groupe de plongeurs : non pas une raie-aigle (nous sommes en Mer Rouge, pour info) mais une magnifique raie-léopard (Aetobatus narinari) ou aigle de mer . Celle-ci passe suffisemment près de nous pour pouvoir admirer son minois si sympathique, sa face ventrale immaculée contrastant, par le mouvement élégant de ses pectorales avec son dos sombre ponctué d'une multitude des points clairs...et une fine queue d'une longueur...interminable.
Passé ce moment magique, nous continuons notre ballade : deux poissons-flûte (Fistularia commersonii) ,dont un de belle taille viennent nous observer quelques instants; je repère sous une table d'acropore un poisson-crocodile, je m'approche pour la photo et là, face au premier, quasi gueule contre gueule, un second.
Le sujet étant réputé comme coopératif pour la photo, j'ai tout le temps de peaufiner l'approche et les règlages.
La plongée touche doucement à sa fin : nous arrivons sur Yolanda Reef par l'arrière, où un gros mérou (que j'identifierais comme Mérou patate-Epinephelus tukula) se cache lors de notre approche sous les débris des containers, je ne l'y retrouverai plus.
Le moment de la récupération approchant (ainsi que ma réserve) , comme indiqué lors du briefing, nous passons entre Satellite Reef et le rivage; un dernier effort est nécessaire : le courant forcit à cet endroit, ce qui ne favorise pas la dernière prise de vue en passant au-dessu d'une raie à taches bleues posée
sur le sable : pas possible de s'immobiliser, ce sera du touch and go pour la photo, au jugé.
Nous rejoignons finalement au parachute la seconde palanquée, celle de la seconde DM du centre, Petra (ma compatriote par ailleurs) . Le palier sera quasi symbolique étant donné le profil de la plongée, je décline l'offre de Patrick qui me tend son octopus, les 30 bars qui me reste me suffiront.
Retour à la dure réalité (c'est-à-dire à la surface) , et le bateau, avec une rapidité et une maitrise toujours aussi constante nous récupère.
C'était la dernière plongée de mon séjour, à placer dans le top 5 de ma carrière de plongeur...
