Bonjour.
J'ai vécu une expérience extraordinaire le samedi 8 septembre 2007 lors d'une plongée bouteille. Certains d'entre vous ont déjà dû en entendre parler ou même vu les photos. Je vais vous la conter, pour la partager et essayer de vous mettre dans le contexte
Tout d’abord les liens…
Lien du powerpoint (qui a pas mal tourné) :
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[EDIT]
Pour ceux qui n'ont que la visionneuse Powerpoint, et qui n'ont donc pas pu voir les photos, voici un lien direct sur le Powerpoint sans la couche Word 
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Les liens des médias:
A la Une mardi 11/09/07 dans « les nouvelles Calédoniennes » :
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A la TV sur RFO en premier titre mardi 11/09/07 : (je ne sais pas s'il marche encore)
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Dans la page 3 des « Nouvelles Calédoniennes » mercredi 11/09/07 :
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L’histoire :
Je suis guide de palanquée en
Nouvelle Calédonie (pour ceux qui ne le savent pas ^_^) et, accompagné de 4 plongeurs de Niveau 1, nous voilà parti sur le récif.
Le début de la descente fut très long car une de mes plongeuses avait du mal à décompresser. Presque 15mn pour aller du bateau à l'ancre qui était à 14m...
Mais nous l'avons grandement remercié par la suite !!!
En effet, sans sa lente descente nous n'aurions peut-être jamais fait cette rencontre avec LE GRAND BLANC.
Nous palmons jusqu’au tombant, descendons à 18m et ca a commencé par la vision, au loin, d'une forme très grosse, un
requin.
Jusque là, rien d'anormal.... J'en vois quasiment à chaque plongée. Des pointes blanches, des gris, des léopard, des marteaux, seuls ou en banc de 10 à 40, …
Mais là, je me suis dit "c'est quoi ce truc là ????"
Et là, le point au loin commence à grossir de plus en plus et droit devant, droit vers nous.
Habituellement, l'approche des squales est différente. Ils arrivent plutôt à 45°, se mettent de profil à 6 ou 3m de nous puis repartent à 45°.
Certains comme l'albi marginatus (pointe blanche de récif) ont une approche très rapide, voire agressive, mais simplement pour impressionner. Rien d'autre...
Mais revenons à cette approche de samedi.
Le distinguant mieux encore, je regarde ses flancs, à la recherche de zébrures. Je n'en vois pas et le me dis "Ouf, c'est pas un
requin tigre !!!"
Il se rapproche, toujours droit devant tel un navire de guerre, profilé pour la vitesse.
Je regarde sa gueule et je me dis "Punaise, il a de sales dents"...
Puis il arrive à une vingtaine de mètres quand tout à coup je me dis : "Ho put..n !!! C'est un blanc !!!"
Je commence à reculer, avec les plongeurs agrippés sur moi, enfin... derrière moi, leur servant de bouclier humain ^_^
J'ai même du mal à dégainer l'appareil photo. J'ai du me débattre pour ca …
Je continue à reculer avec pour seul objectif de nous coller contre le récif. Là au moins, le seul danger potentiel ne pourra venir que de devant !!
On se retrouve accolé au récif. Il continue à s’approcher, je le prends en photo. Il était si beau, si gros.
Tout du long je me dis : « Il va tourner, il va tourner ». Mais non. Il continue, au ralenti.
A ce moment là, la sensation que j’avais, c’est comme si une balle avait été tirée et qu’elle arrivait sur moi, au ralenti. J’étais là, ébahi et ébloui par ce qui se passait et en même temps je me disais « Bhen voilà… c’est peut-être là que tout s’arrête… ».
Sans trop y croire non plus, car les grands blanc ne sont pas des mangeurs d’homme. Sauf par accident, ou parce qu’il prend des surfeurs pour des phoques…
Mais bon, c’était peut-être une journée à accident...
Voilà qu’il continue sa route et il n’est plus qu’à 5m de moi.
A ce moment là, ma pensée était « Pourvu qu’un des plongeurs ne panique pas !!! »
Car là, ce serait la catastrophe. Pour lui d’une part, car s’il essaie de partir à la surface, il risque un accident de décompression ou une surpression pulmonaire s’il ne libère pas assez ses poumon. Mais pire encore !!! Le squale aurait pu prendre ca pour une agression et mordre l’un d’entre nous par réflexe, par défense.
Mais heureusement, j’était tellement broyé par mes plongeurs derrière ^_^ que je savais qu’ils étaient là !!!
Le blanc arrive alors à 2m et tourne la tête à droite, pour nous regarder de près.
Croyez moi, il n’a vraiment pas de beaux yeux !!! Ils sont noir, sombres… A tel point que le grand blanc semble vide, tel une carcasse fantôme taillée pour tuer.
Puis il remet sa gueule dans notre direction et passe à moins d’un mètre.
Là, alors que j’avais sa gueule à moins d’un mètre, j’ai pu voir en détail ses rangées de dents.
Je me dis alors « Stop pour les photos ». En effet, les requins ont des champs électriques autour de la gueule, et je me suis dit « Si l’appareil photo émet des ondes négatives, il pourrait se vexer ^_^ »
Il continu à passer, le ventre en gros plan. Je n’avais qu’à tendre le bras pour une caresse furtive. Mais c’est là que je me suis dit « Luc, arrête tes conneries là !!! ». J’ai trop pris l’habitude de caresser les tortues, raies mantas et autres superbes spécimen du pacifique .
Puis, c’est au tour du rémora qui était sur son ventre, accroché avec sa ventouse.
Puis passent ses parties génitales. C’est la première fois que j’ai un sexe masculin aussi près de mon visage
Pour finir, la queue passe et il fait demi-tour, nous montrant son flanc et retourne d’où il était venu.
Je me retourne « Pourvu qu’ils soient tous là !!! »
Et là, une plongeuse, celle qui avait du mal à descendre commence à palmer vers la surface, complètement paniquée, tirant par le bras son compagnon.
Je fonce sur elle, vide son gilet, l’empoigne pas la sangle de son gilet et la regarde avec de si gros yeux « en colère » que je crois que pendant 30 secondes, elle a eu plus peur du moi que du blanc ^_^
Je fais signe aux autres de remonter et j’essaie tant bien que mal de retenir la plongeuse qui s’est remise à palmer et je l'assiste jusqu'à la surface…
Arrivés à la surface, soulagés d’être à l’air libre, ils me demandent « C’est quoi ça ? t’as déjà vu ca ?, …. ». J’ai menti, je n’ai pas dit « je suis sûr que c’est un blanc »… Inutile de générer une panique supplémentaire en surface…
Je la laisse partir au bateau qui était à 20m (je ne comprends pas pourquoi, mais elle ne voulait pas redescendre

) et je demande aux autres s’ils sont prêt à redescendre, pour éviter un risque, même infime d’accident de décompression…
En effet, lors d’une montée trop rapide (surtout la mienne et celle de la plongeuse paniquée), il faut redescendre pour remettre sous pression l’Azote résiduel dans le corps.
Je ne peux pas dire que nous sommes remonté beaucoup trop vite, mais en tout cas, plus vite qu’une remontée « normale ».
Bref, si problème il devait y avoir, il y a largement d’oxygène pour une personne sur le bateau, mais pas vraiment pour 4… je redescends alors avec les 3 autres, sur le platier du récif, à 14m.
Et là, après 2mn, qui voilà encore longeant la limite du tombant, notre copain White Shark.
Là c’en est trop ^_^ Je stoppe la plongée. Je n’avais pas envie de remonter avec des morceaux de plongeur… Je prends quand-même un dernier cliché et on remonte lentement au bateau, scrutant le fond ;-)
Nous avons vécu tous les 5 une super expérience. Pleine de sensation, d’adrénaline !!!
Etre la proie de la curiosité d’un grand blanc restera à jamais gravé dans nos mémoires.
Aucun autre plongeur en
Nouvelle Calédonie n’avait fait cette rencontre et encore moins pris de photos !!!!
Quand les journalistes m’ont demandé « Que faites-vous la prochaine fois que ca se reproduit ? », je leur ai répondu. « Je n’aurais jamais cette chance à nouveau… mais si c’est le cas, ce coup ci, je filme ^_^ »
J’ai envoyé les photos à l’IRD et à un spécialiste en NZ qui a beaucoup apprécié les prises de vue et qui l’a identifié comme étant un mâle bien adulte (mature est le terme exact) et l’a estimé à environ 900kg.
Voilà ma façon de vous faire partager cette expérience, et pour dire aussi que les grands blanc ne sont pas des tueurs d’homme et que d’en voir un ne signifie pas automatiquement... mort…
@+
Luc.