» Biologie sous-marine, Faune et Flore, SantĂ©

Existe-t-il des liens entre le cerveau humain et les éponges marines ?
Bien sur nous avons tous employĂ© des expressions comme “mon cerveau est une vĂ©ritable Ă©ponge”, “je fais l’Ă©ponge” … Les expressions populaires, aussi imagĂ©es soient-elles, font Ă©tat d’une rĂ©alitĂ© qui vient du fond des temps et qui Ă©chappe Ă toute explication.
Aujourd’hui, des chercheurs français et amĂ©ricains ont rĂ©alisĂ© des Ă©tudes qui laissent apparaĂ®tre des liens entre notre cerveau et les Ă©ponges marines.
Depuis plusieurs annĂ©es, Laurent Meijer et son Ă©quipe du laboratoire de Roscoff en Bretagne explorent les ressources marines, Ă la recherche de nouvelles molĂ©cules susceptibles de lutter contre les cancers. Avec ses collaborateurs, il s’est Ă©galement attaquĂ© Ă la maladie d’Alzheimer Ă partir des micros particules marines. : « La plupart des mĂ©dicaments actuellement utilisĂ©s est issue de molĂ©cules naturelles d’origine terrestre comme les plantes ou les micro-organismes, commente Laurent Meijer. Le milieu marin, quant Ă lui, commence tout juste Ă ĂŞtre explorĂ© ».
L’Ă©quipe de chercheur a commencĂ© ses investigations sur des extraits d’Ă©ponges de mer et d’autres invertĂ©brĂ©s marins, qui pourraient jouer un rĂ´le important dans la guĂ©rison des maladies dĂ©gĂ©nĂ©ratives : « La maladie d’Alzheimer provoque d’importantes lĂ©sions au niveau du cerveau, rappelle Laurent Meijer, causĂ©es par une accumulation anormale de deux protĂ©ines : la bĂŞta-amyloĂŻde et la protĂ©ine Tau. Comme l’accumulation de ces protĂ©ines est contrĂ´lĂ©e par d’autres protĂ©ines appelĂ©es kinases, nous avons axĂ© nos travaux sur la recherche d’inhibiteurs susceptibles de bloquer ces dernières ».
D’autres chercheurs, des AmĂ©ricains de l’universitĂ© de Santa Barbara en Californie sont allĂ©s plus loin lorsqu’ils ont dĂ©couvert que le gĂ©nome des Ă©ponges de mer possĂ©dait un nombre important de composantes en commun avec celles intervenant dans le fonctionnement des synapses humaines. C’est-Ă -dire la zone de contact fonctionnelle qui s’Ă©tablit entre deux neurones, ou entre un neurone et une autre cellule.
600 millions d’annĂ©es. C’est environ l’âge d’une partie du système nerveux et la datation de l’apparition des premières Ă©ponges. C’est aussi Ă cette Ă©poque que les premiers neurones seraient apparus chez des espèces marines que nous connaissons bien comme les anĂ©mones de mer, les mĂ©duses (espèces des cnidaires).
Les chercheurs ont dĂ©cidĂ© d’Ă©tudier le gĂ©nome d’une espèce encore plus ancienne, toujours vivante et surtout qui a très peu Ă©voluĂ©e. L’idĂ©e est de rechercher les traces de l’Ă©volution des espèces. C’est donc sur les Ă©ponges que le travail de l’Ă©quipe pluridisciplinaire s’est concentrĂ©. Les Ă©ponges forment l’organisation la plus simple : ce sont des colonies de cellules pratiquement indiffĂ©renciĂ©es, sans structures internes rĂ©elles, ni fonctionnement. Ce sont des animaux sans système nerveux ni tube digestif.
Les chercheurs ont d’abord rĂ©vĂ©lĂ© que de nombreux gènes impliquĂ©s dans le fonctionnement des synapses Ă©taient dĂ©jĂ prĂ©sents dans le patrimoine gĂ©nĂ©tique des Ă©ponges. Ce qui veut dire que l’origine mĂŞme de ce patrimoine doit probablement ĂŞtre plus ancien que la première trace de vie d’un animal marin.
Mais plus extraordinaire, l’Ă©tude a rĂ©vĂ©lĂ© que la structure des protĂ©ines des Ă©ponges suggère de probables interactions entre elles. Ils s’agit de phĂ©nomènes très similaires Ă ceux qui se produisent dans les protĂ©ines intervenant au niveau des synapses humaines et mĂŞme celles des souris.
Nous sont encore très loin d’avoir rĂ©aliser et apprĂ©hender la complexitĂ© des liens qui unissent l’homme et les espèces marines.
Pour plus d’info :
L’Ă©quipe de chercheur est composĂ© de Onur Sakarya1,2,3, Kathryn A. Armstrong4, Maja Adamska5, Marcin Adamski5, I-Fan Wang1, Bruce Tidor4, Bernard M. Degnan5, Todd H. Oakley6, Kenneth S. Kosik1,2* 1 Neuroscience Research Institute, University of California, Santa Barbara, Santa Barbara, California, United States of America, 2 Department of Molecular, Cellular and Developmental Biology, University of California, Santa Barbara, Santa Barbara, California, United States of America, 3 Department of Computer Science, University of California, Santa Barbara, Santa Barbara, California, United States of America, 4 Biological Engineering Division, Computer Science and Artificial Intelligence Laboratory, Massachusetts Institute of Technology, Cambridge, Massachusetts, United States of America, 5 School of Integrative Biology, University of Queensland, Brisbane, Queensland, Australia, 6 Department of Ecology, Evolution and Marine Biology, University of California, Santa Barbara, Santa Barbara, California, United States of America http://www.plosone.org/article/fetchArticle.action?articleURI=info:doi/10.1371/journal.pone.0000506#aff3 Concernat les travaux de Laurent Meijer http://www.espace-sciences.org/jsp/fiche_article.jsp?STNAV=&RUBNAV=&CODE=1165392540812&LANGUE=0&RH=MAGAZINERubriques parentes: Biologie sous-marine, Faune et Flore, SantĂ©





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le 27 juin 2007 à 15:01
le jour ou on decouvre ce que on doit decouvrir pour trouver des solutions et des reponses a tout je crois ca serait trop tard c’est comme essayer de resoudre un puzzle du monde
le 17 juillet 2008 à 9:25
Proposition triviale, certes…Mais s’il vous plait.. corrigez cette phrase
“Nous -sont -encore très loin d’avoir -rĂ©aliser- et -apprĂ©hender- la complexitĂ© des liens qui unissent l’homme et les espèces marines.”
Merci ^^