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Mer d’Aral : la vie est de retour


mer d’Aral, un cimetière de bateauEn venant au bord de la mer d’Aral, il y a encore trois quatre ans de cela, le voyageur aurait contemplĂ© une ancienne mer devenue dĂ©sert, le lieu d’une des plus grandes catastrophes Ă©cologiques du XXe siècle. Mais l’eau revient, le pire fait parti de l’histoire.

Alors que la rĂ©gion entourant la mer d’Aral jouissait d’une certaine richesse, sorte d’oasis dans le dĂ©sert animĂ© par le port d’Aralsk vers lequel convergeaient quantitĂ© de bateaux de pĂŞche, les eaux ont commencĂ© Ă  se retirer dans les annĂ©es 1970.

C’est le rĂ©sultat d’une irrigation exagĂ©rĂ©e et irrĂ©flĂ©chie afin d’intensifier la culture du coton et du riz, Ă  partir du Syr Daria et du Amou Daria, les deux grands fleuves alimentant la mer,. La mer d’Aral, dont l’apport en eau se rĂ©duisait de 60 kmÂł par an en 1950 Ă  1,3 kmÂł en 1986, s’est rĂ©duite en peau de chagrin, ses cĂ´tes reculant de 80 kilomètres et laissant ses bateaux naviguer sur une mer… de sable.

Mais la mer revit. A l’est, les pĂŞcheurs ont recommencĂ© Ă  lancer leurs filets. Dans les villages avoisinants, les maisons se construisent, les antennes de tĂ©lĂ©vision hĂ©rissent les toits, les Ă©coles rouvrent. L’eau bat mollement la digue de sable. Elle s’Ă©tend Ă  perte de vue sous les nuages qui parcourent le ciel bleu. Une yourte est posĂ©e sur la plage, un canot silencieux est amarrĂ©. Tout est calme.

Mais ce paysage serein est extraordinaire : ici, voici trois ans, le voyageur n’aurait vu que des broussailles sous le soleil. On doit se renouveau Ă  Zhannat Makhambetova, une jeune femme Ă©nergique et toujours prĂŞte Ă  rire qui porte la parole de l’association de pĂŞcheurs Aral Tenesi (la Mer d’Aral). “Ma mère est nĂ©e sur un de ces cargos, au printemps 1943, raconte-t-elle. C’Ă©tait la guerre, et les hommes Ă©taient partis au front. Les femmes les remplaçaient Ă  la pĂŞche, et ma grand-mère Ă©tait en mer quand elle a dĂ» accoucher.”

“Quand j’Ă©tais petite, poursuit Zhannat, nĂ©e en 1968 Ă  Aralsk, mon père m’emmenait Ă  la plage : il buvait de la bière, je nageais. C’Ă©tait des Ă©volution du bassin hydrographique de la mer d’Aral crĂ©dit photo - otan-moments merveilleux. Et puis, plus je grandissais, plus il fallait aller loin pour atteindre la plage. A l’Ă©cole, on a commencĂ© Ă  comprendre que la mer se contractait. Mais elle se retirait si naturellement qu’on ne se demandait mĂŞme pas pourquoi. C’Ă©tait l’Ă©poque du communisme, “Tout va dans la bonne direction, il ne faut pas se poser de question” Ă©tait l’idĂ©e dominante.”

La population a commencĂ© Ă  Ă©migrer. “Les pĂŞcheurs sont allĂ©s travailler dans d’autres rĂ©gions, avec ou sans leur famille, dit Shomen Andizbaev, un pĂŞcheur de Karateren, un village posĂ© sur une Ă©minence qui Ă©tait autrefois la rive. Quand j’ai eu 10 ans, en 1977, mon père est parti sur le lac Balkach, Ă  l’est du pays. Mais il a refusĂ© que sa famille quitte le lieu oĂą ses ancĂŞtres avaient vĂ©cu.”

Une digue est construite Ă  partir de 1989. Mais la construction est stoppĂ©e lors de l’effondrement de l’URSS en 1991. Les travaux reprennent et s’achèvent enfin en 1996. Pas de subsides, mais des dons : tous les habitants avaient acceptĂ© de donner 1 % de leurs revenus, se souvient hannat Makhambetova.

carte mer d’AralC’est alors que le miracle se produit : la mer se remplit Ă  nouveau et le niveau remonte lentement. Jusqu’en 1999, oĂą une tempĂŞte dĂ©truit l’ouvrage. Le gouvernement Kazakh obtient un subside de 85 millions de dollars de la banque mondiale qui permettra de reconstruire la digue, en plus solide, En 2006, les pĂŞcheurs retravaillent sur les bords de cette mer.

“Les diffĂ©rents travaux ont permis d’ajouter environ 1,3 milliard de mètres cubes aux quelque 3 milliards qu’apportait le Syr Daria”, dit Joop Stoutjesdijk, qui coordonne l’intervention de la Banque mondiale. “On prĂ©pare maintenant la deuxième phase du projet : une nouvelle digue pour le bassin d’Aralsk et des travaux augmentant encore le dĂ©bit du Syr Daria. Si tout va bien, Aralsk redeviendra un port en 2011.”

sujet réalisé sur une proposition de FLO

2 réponses pour “Mer d’Aral : la vie est de retour”

  1. bonjour,voilĂ  moi je suis un etudiant tres fascinĂ© de la vie marine,et j’ai envis de repousser plus loin les limites de mes connaissances et pour celĂ  j’ai cosultĂ© votre site qu’en m’a coseillĂ© ….mais je pense vous negligez trops peut etre les dĂ©tails que j’ai deduis en faisant une recherche sur la mer d Aral.
    merci

  2. Bonjour Nassim,

    C’est avec un très grand plaisir que j’ai pris connaissance de ton commentaire. Il affirme que plongeur.com est bien un site de reference sur tous les sujets relatifs Ă  la mer en gĂ©nĂ©ral et sur la plongĂ©e sous marine en particulier.
    Les articles sur plongeur.com n’ont pas la prĂ©tention d’avoir la profondeur de sujets scientifiques. Nous nous plaçons sur un crĂ©neau plus gĂ©nĂ©raliste.
    Bien sur, l’Ă©quipe reste ouverte Ă  tous projets d’article de fond que nous nous ferons un plaisir de mettre en ligne.

    Au plaisir de te lire Ă  nouveau sur plongeur.com

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