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Une plongĂ©e tek contient autant de vitamines qu’un grand verre de lait

âUne plongĂ©e tek contient autant de vitamines qu’un grand verre de laitâ
Le nombre de joueurs de World of Warcraft a rĂ©cemment dĂ©passĂ© 9 millions dans le monde. Ce jeu en ligne qui vous propulse dans un univers virtuel dâun simple clic de souris est plus quâun phĂ©nomĂšne de mode. Câest un moyen facile, rapide et pas cher de sâĂ©chapper du monde quotidien pour quelques heures. Un peu comme la plongĂ©e.
Seulement voilĂ : il y a moins de 9 millions de plongeurs vraiment actifs de par le monde car la plongĂ©e est onĂ©reuse, demande de la prĂ©paration et du transport et est loin dâĂȘtre si facile. Et câest encore plus vrai de la plongĂ©e tek. Sous le prĂ©texte fallacieux dâĂȘtre parmi les derniers aventuriers-explorateurs, on voit de plus en plus de plongeurs virtuels, perdus dans la contemplation du matĂ©riel le plus sophistiquĂ© possible ou Ă la recherche de la stratĂ©gie de dĂ©compression la plus optimisĂ©e. A moins quâils ne se jettent a corps perdus dans des joutes verbales sur Internet, balayant de quelques tirades acerbes les annĂ©es de recherche ou dâexpĂ©rience des quelques experts qui sâaventurent encore a discuter de sujets techniques en publique.
A ceux qui l’auraient oubliĂ©, le but de la plongĂ©e Tek, c’est avant tout de se faire plaisir.
Pourquoi s’embĂȘter Ă concocter des mĂ©langes gazeux Ă©sotĂ©riques, Ă planifier des plongĂ©es qui ressemblent Ă la prĂ©paration du lancement d’une fusĂ©e, Ă s’harnacher d’un matĂ©riel issu du fleuron de la sidĂ©rurgie teutonique, si ce n’est dans le but de dĂ©couvrir un site de plongĂ©e que l’on ne pourrait dĂ©couvrir autrement. Sinon, quelle pulsion masochiste malsaine pourrait pousser un plongeur normalement constituĂ©, Ă se rĂ©duire l
e dos en compote et Ă confier son intĂ©gritĂ© physique aux bons soins d’un logiciel de calcul - console de jeux censĂ©e modĂ©liser son profil de dĂ©compression ?
Alors ne serait-il pas temps que la plongĂ©e Tek mĂ»risse un peu et que les plongeurs recentrent leur intĂ©rĂȘt sur le vrai but de toute incursion sous-marine : l’exploration et la dĂ©couverte de sites de plongĂ©e.
Encore trop souvent malheureusement, le plongeur amateur d’extrĂȘme et de sensations fortes, se laisse entraĂźner dans ” la course Ă l’armement “, dans le seul but de surenchĂ©rir au niveau des chiffres : plus de kilos de matĂ©riel, plus de litres de gaz emportĂ©s. Les nombres valsent mais le but est stĂ©rile et artificiel, alors que l’essence mĂȘme de la plongĂ©e est de contempler une roche, du corail, une Ă©pave, un rĂ©seau immergĂ© ou une espĂšce rare. Doit-on risquer Ă tout moment sa vie et sa santĂ© dans le seul but de prouver “qu’on est capable de le faire” ?

On se moque parfois du plongeur Tek surchargĂ© de bouteilles et de matĂ©riel, mais il l’a bien cherchĂ©. Selon le double dogme de la redondance et de la sĂ©curitĂ©, chacun s’Ă©vertue Ă emporter avec lui quatre ardoises, six dĂ©vidoirs, douze parachutes, une Wings grosse comme un bateau pneumatique et assez de gaz pour approvisionner en vol un Zeppelin victime d’une dĂ©chirure.
Et Ă quoi servent tous ces Ă©quipements, alors que la plupart du temps, la moitiĂ© est perdue durant la plongĂ©e ? Comme si le plongeur Tek offrait une partie de son matĂ©riel aux dieux de la plongĂ©e : ” je vous offre ces mousquetons, ces tables et ces ardoises. Merci de me garantir une bonne plongĂ©e “.

Mais tous ces accessoires perdus ne rendent la plongĂ©e plus sĂ»re que parce qu’ils ne font qu’allĂ©ger un peu le plongeur, et l’importance de la quantitĂ© ” d’offrandes ” ne fait que contenter les dieux du commerce, et non ceux de la plongĂ©e.
Ne serait-il pas temps, alors que le matĂ©riel se fait de plus en plus fiable et performant, que le plongeur se fasse quant Ă lui, plus rĂ©flĂ©chi et s’interroge sur les Ă©quipements dont il a rĂ©ellement besoin pour son confort et le bon dĂ©roulement de sa plongĂ©e.
Qui arrivera Ă me faire croire que l’on peut se faire plaisir lorsque le poids de l’Ă©quipement emportĂ© sous l’eau dĂ©passe celui du plongeur ? Qui peut rĂ©ellement profiter de sa plongĂ©e lorsque les seules parties du corps qui peuvent encore bouger sont les yeux, enchĂąssĂ©s dans une masse informe dont une analyse chimique rĂ©vĂ©lerait une teneur en Inox et en NĂ©oprĂšne bien supĂ©rieure Ă celle en chair humaine ?
A force de discuter du moyen de locomotion, on en oublie le but du voyage.
Par Cédric Verdier
info@cedricverdier.com
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le 2 aoĂ»t 2007 à 10:26
GĂ©nialissime ! Excellent… Moi qui passe mon temps Ă dire que la plongĂ©e tek n’existe pas… Je me suis rĂ©galĂ© Ă lire cela.
A voir certaines bétaillÚres à tek, je suis en accord total.. (Cédric tu aurais pus me faire un article équivalent sur mon site snif snif - Fab nickel)
le 2 aoĂ»t 2007 à 10:29
euh message perso au Dieux de la mer : Merci de me rendre mon masque correcteur perdu au large du conquet.
le 6 septembre 2008 à 10:50
excelent c’est article ils ont oubliĂ©s l’essentiel la dĂ©couverte et l’aventure ah ah bizness bizness.
un vieux plongeur des années70 et qui plonge toujours.
cordialement thierry