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Guide de la faune marine dangereuse d’OcĂ©anie


Guide de la faune marine dangereuse d’OcéanieLa mer nous fait rêver mais présente des risques indéniables.
Le « Guide de la faune marine dangereuse d’Océanie »(*), tout nouvel ouvrage réalisé par Claude MAILLAUD et Yves LEFEVRE réactualise nos connaissances sur les risques encourus par l’Homme sous l’eau, suite à une maladresse, un comportement inopportun, ou la méconnaissance de cet environnement si complexe.

 

Destiné à tous les publics, plongeurs, plaisanciers, pêcheurs, l’approche zoologique de leurs travaux séduira aussi les passionnés de biologie marine. Les blessures infligées par les organes vulnérants sont décryptées comme un outil supplémentaire destiné aux personnels soignant ou aux témoins de l’accident, avec un approche claire et simple, et la connaissance métier de Claude MAILLAUD.
Ce guide s’avèrera précieux pour mieux apprécier l’environnement marin, couper court à certaines de nos croyances, et sans aucun doute mieux respecter la vie subaquatique.

Un guide qui sort du cliché de la littérature détaillant la vie subaquatique, et qui vient s’ajouter à la collection de l’éditeur « Au vent des îles », et au magnifique « Guide des poissons de Tahiti et ses îles » sorti en 2007, dont Yves Lefèvre était déjà co-auteur.

 

(*) Faune marine dangereuse : l’ensemble des animaux marins susceptibles de porter atteinte à l’intégrité de l’Homme, soit du fait d’un contact vulnérant, soit à la suite de leur ingestion.)

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interview plongeurYves LEFEVRE, co-auteur de ce guide a bien voulu répondre à quelques questions pour Plongeur.com lors de la séance de dédicaces le samedi 22 Décembre 2007 :

FCComment est né ce projet ?

Yves Lefevre et Philippe BachetY.L >> Ce guide est né de la rencontre de Claude MAILLAUD, médecin urgentiste qui travaillait à Rangiroa, chasseur sous-marin et passionné du monde subaquatique, et de moi-même, plongeur, naturaliste, photographe, cinéaste.
Claude avait un ami sur la RĂ©union qui faisait un ouvrage sur les requins, et pour lequel j’apportais ma contribution iconographique.
Ils avaient eux-mêmes déjà travaillé sur la faune marine dangereuse et plus particulièrement sur les requins de l’île de la Réunion.

En discutant, nous nous sommes rendus compte que toute la littérature existante sur la faune marine dangereuse, très anglo-saxonne était obsolète et que beaucoup de connaissances étaient dépassées, anciennes, comportaient des erreurs ou nécessitait des compléments. (cf. Edmonds C. « Dangerous marine creatures », ou Halstead Bw. « poisonous and venomous marine animals of the world »)
Une mise Ă  jour s’imposait : la dernière Ă©dition du livre d’Edmond, par exemple, date de 1995 alors que les connaissances sur les espèces ont beaucoup Ă©voluĂ© depuis.

Certaines espèces Ă©taient par exemple considĂ©rĂ©es comme mortelles depuis 1965 alors qu’elles n’ont jamais tuĂ© personne. Entre une envenimation grave et le risque de mourir il y a une marge. Les traitements ont changĂ©, les connaissances aussi, d’oĂą l’idĂ©e de la nĂ©cessitĂ© d’une mise Ă  jour.

FCAu delà de l’apport scientifique, il s’agit d’un « guide », mais à qui est-il destiné?

Y.L >> Cet ouvrage est vraiment destinĂ© Ă  tous les public. Bien Ă©videmment il s’adresse aussi au personnel mĂ©dical, prĂ©hospitalier ou hospitalier, mais les connaissances peuvent satisfaire tout le monde.

FCIl est aussi destiné aux biologistes ?

Y.L >> Le biologiste marin y trouvera son compte car sa bibliographie a des chances d’être ancienne, ses publications peuvent ĂŞtre parfois reprises d’anciens ouvrages. C’est de ce constat que l’on a pu voir colporter un grand nombre d’erreurs, notamment sur les envenimations des serpents marins, les envenimations des scorpĂ©nidĂ©s et les consĂ©quences de ces envenimations.

FCTu annonces ce guide sous le signe d’une mise à jour nécessaire, que peut-on découvrir sans cet œil de spécialiste?

Y.L >> Le grand public va perdre ses certitudes et repères face Ă  un biome1 marin dangereux et toute cette faune qui selon ses croyances n’attend que de mordre, piquer, couper, empoisonner etc. (rires…) ce grand public va voir la rĂ©alitĂ© avec les risques rĂ©ellement encourus, et la description des appareils vulnĂ©rants des diffĂ©rentes espèces.

FCQuelles sont ces croyances bien ancrées ?

Y.L >> On dit que certains animaux peuvent piquer alors qu’il s’agit de morsures. D’autres animaux sont dits très dangereux alors qu’en rĂ©alitĂ© ils ne sont jamais agressifs, ou n’ont aucune raison d’ĂŞtre en contact avec une personne qui s’immerge dans le biome marin.

On se rend compte aussi qu’il faut relativiser les problèmes de morsures par les serpents marins…. on a Ă  peu prĂŞt tout dit, tout Ă©crit, et tout entendu sur ce sujet, comme sur les piqĂ»res de cĂ´nes, les morsures de requins…

FCLe requin a toujours une place de choix lorsqu’on parle des dangers de la mer, c’est d’ailleurs le premier chapitre du guide, mais est-ce fondé?

Y.L >> On a une lancĂ© une phrase intĂ©ressante dès le dĂ©but du chapitre concernant les poissons cartilagineux : « Accidents assez courants en PolynĂ©sie française, 4 Ă  5 cas par an… »

Effectivement, si c’est frĂ©quent pour des morsures de requins, cela reste concrètement très limitĂ© et ces dernières annĂ©es, de ce qu’on connaĂ®t, il n’y a jamais eu de plaie lĂ©tale, de morsures ayant entraĂ®nĂ© un dĂ©cès d’une personne. Donc cela relativise beaucoup le danger des requins et cela replace le danger Ă  sa juste valeur.

FCEst-ce que la dĂ©couverte de certains risques peut contribuer Ă  protĂ©ger l’environnement marin, le respecter en se tenant Ă  l’écart?

Y.L >> C’est aussi le but, on a voulu montrer qu’il y avait des comportements Ă  Ă©viter, que beaucoup de familles de poissons prĂ©sentaient des organes vulnĂ©rants ou pouvaient infliger des blessures sĂ©rieuses si elles Ă©taient approchĂ©es ou manipulĂ©es sans prĂ©caution. Des poissons auxquels on ne s’attend pas toujours.

FCQuelles sont les personnes les plus exposées à ces « accidents »?

Y.L >> Les accidents, les graves lĂ©sions concernent surtout les pĂŞcheurs sous-marins (poisson chirurgien par exemple qui peut provoquer des plaies qui auront pour consĂ©quences un handicap), mais aussi des visiteurs (touristes, baigneurs…).
Ce que les pêcheurs peuvent ne pas imaginer, ce sont aussi les risques liés à la surinfection, aux mauvais traitements de première attention de la plaie, qui peuvent entraîner des troubles moteurs à vie ou des infections qui dégénèrent pour imposer une lourde hospitalisation.
Le soin des plaies est un des volets de cet ouvrage, mais qui ne se substitue pas au diagnostic d’un mĂ©decin ou d’un spĂ©cialiste. C’est une aide.

FCLes plongeurs sous-marins sont-ils de bons ou mauvais élèves face au risque?

Y.L >> Les risques importants sont souvent liĂ©s au nourrissage (ou feeding), qui ne sert qu’Ă  attirer des spectateurs, faire plaisir Ă  des visiteurs, prendre des photos, observer des espèces plus souvent difficiles Ă  observer. Il y a donc des risques plus frĂ©quents avec des espèces spectaculaires comme les murènes, les requins, voire mĂŞme les poissons chirurgiens (coupures profondes).
Nous ne nous positionnons pas sur le nourrissage, mĂŞme si nous avons nos convictions, mais nous indiquons les consĂ©quences engendrĂ©es par les morsures, piqĂ»res, et le comportement idĂ©al Ă  tenir face aux espèces que l’on peut rencontrer, et les risques que chacun peut encourir.

FCLes plongeurs qui ne peuvent pas s’empĂŞcher de tout toucher lors de leur plongĂ©e, pour impressionner ou par mĂ©connaissance, qu’en penses-tu?

Y.L >> On espère que l’Ă©tat d’esprit de certains plongeurs changera Ă  la lecture d’un tel ouvrage. Il ne faut Ă©videmment pas tenter de rentrer en contact physique avec les organismes marins quelqu’ils soient. D’une espèce Ă  l’autre, et mĂŞme d’un biotope Ă  l’autre pour une mĂŞme espèce, on peut avoir des effets diffĂ©rents. On le voit aussi pour les envenimations, les blessures, et l’ingestion de chair de poisson, qui peut ĂŞtre toxique dans un pays, une Ă®le, et pas ailleurs (exemple avec la Ciguatera).

Guide de la faune marine dangereuse d’Océanie

Editions « Au vent des îles »
Claude MAILLAUD – Yves LEFEVRE
364 pages
ISBN 978-2-9156-5425-7
Prix de vente 33€ ttc (3950 XFP)

  1. Un biome (du grec bios = vie), appelĂ© aussi aire biotique, Ă©cozone ou Ă©corĂ©gion, est un ensemble d’Ă©cosystèmes caractĂ©ristique d’une aire [↩]

Une réponse pour “Guide de la faune marine dangereuse d’OcĂ©anie”

  1. J’ai rĂ©cemment assistĂ© Ă  une confĂ©rence sur la sortie de ce livre Ă  l’IRD de NoumĂ©a. J’ajoute simplement que le livre aborde surtout des espèces que l’on trouve principalement en eaux chaudes tropicales dont certaines n’existent que dans certains pays peu frĂ©quentĂ©s par les plongeurs et les plaisanciers Ă  l’Ă©chelle mondiale. Le guide me parait plus orientĂ© sur la faune sous-marine croisĂ©e Ă  Tahiti ou en Nouvelle-CalĂ©donie, ce qui est un peu dommage (Claude Maillaud vit actuellement en nouvelle-CalĂ©donie). NĂ©anmoins, le contenu est très clair, bien Ă  jour et instructif, s’adressant effectivement Ă  un public marin diversifiĂ©. Il a format pratique, un style aĂ©rĂ©, bien illustrĂ©, je le recommande vivement!

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