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Ile de Pâques - RAPA NUI - Plongée unique au coeur du Pacifique


Préhistoire… et histoire

Les archéologues considèrent aujourd’hui que l’île de Pâques a été peuplée probablement dès le Vème siècle après JC, mais la date précise de ce premier peuplement et son origine restent encore incertaines. Peut-être même y aurait-il eu deux « vagues » successives (les « Longues Oreilles » et les « Courtes Oreilles »), comme le rapportent certaines traditions orales. Ceci n’est pas encore clairement démontré. Si l’on en croit ces mêmes traditions orales, venant plus vraisemblablement de Mangareva plutôt que des Marquises, c’est le roi HOTU MATUA accompagné d’un fort entourage qui, après avoir envoyé sept « éclaireurs », débarqua sur la plage d’ANAKENA et prit possession de l’île.

De l’an 400 à l’an 800, on assiste d’abord à une phase de peuplement, de colonisation et de partage de l’île entre les différents groupes. Vient ensuite la grande période classique dite «AHU MOAI» au cours de laquelle, les Pascuans vont édifier les centres cérémoniels et les célèbres moai , images des ancêtres importants de chaque lignée.

- L’île préservée -
Photo Fabrice Charleux

Côte de l’île de Pâques

Les Pascuans sont des polynésiens et ils respectent le culte des ancêtres, mais, pris par on ne sait quelle folie d’affirmer encore plus leur grandeur par rapport à leurs proches voisins, ils vont se lancer dans la sculpture de monumentales statues, de plus en plus grandes, qui vont demander de plus en plus de moyens tant au plan humain qu’au plan des matériaux.
Cette folle course au gigantisme va épuiser les maigres ressources d’une île aux dimensions très limitées. La roche ne manque pas, mais le bois lui, utilisé pour déplacer les volumineux et pesants moai va être surexploité et se faire rare…

Alors que la population augmente, l’île va se désertifier, comme cela a été prouvé par les études palynologiques, le climat local se modifier, rendant les cultures difficiles, la nourriture plus rare et les relations entre clans difficiles. Car il en va de leur survie!!!! Terrible perspective … Et si cette situation n’était que l’illustration à petite échelle de ce qui guette notre planète? Voilà qui donne à réfléchir….

Probable conséquence de cette situation, à la fin du XVIIème siècle, l’île est agitée par de nombreux conflits entre clans des Longues Oreilles et Courtes Oreilles. Les guerres sont violentes, les moai qui symbolisaient pouvoir et culte des ancêtres sont systématiquement renversés de leur ahu….. C’est la phase « HURI MOAI ». Pour restructurer une société en pleine décomposition, une nouvelle religion se met en place, le CULTE DE L’HOMME-OISEAU « TANGATA MANU », qui vénère le Dieu de la création MAKE MAKE….

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C’est dans cette situation dramatique qu’arrivent les premiers européens…..

Lorsque le 5 Avril 1722, jour de Pâques – d’où le nom donné à l’île et qui lui est resté - l’Amiral hollandais Jacob ROGGEVEEN aborde quelques heures sur l’île (peut-être aperçue par Davies en 1687) cette première visite, est-ce un signe, se termine hélas avec quelques pascuans tués…

kartemulloy.jpg

Roggeveen était-il le premier européen à redécouvrir l’île de Pâques ?
Ce n’est pas si sûr. Si l’île aperçue par Davies en 1687 ressemble peu à l’île de Pâques, il est un fait troublant révélé par des analyses ADN pratiquées dans les années 70 sur des Pascuans dont la généalogie pouvait attester une certaine pureté d’origine. On a en effet retrouvé dans leur sang, un gène très spécifique d’un village du pays Basque. Or, vers 1536, une caravelle espagnole, la SAN LESMES qui appartenait à la flotille de Magellan, s’est perdue dans le Pacifique, laissant du reste des traces de son passage aux Tuamotu… Et à bord de cette caravelle, il y avait des marins basques originaires de ce village. Alors ? Des Basques auraient-ils eu une descendance pascuane et auraient-ils modifié d’autant la société pascuane avant l’arrivée de Jacob Roggeveen ? Ce n’est pas du tout impossible.

Les « découvreurs » européens se succèderont sur l’île, avec plus ou moins de bonheur : Felippe Gonzalez de Haedo en prend possession au nom de la couronne d’Espagne en 1770, James COOK (14 Mars 1774) lors de son second voyage tout comme la Pérouse (1786) débarquent sur l’île et y font de précieuses observations. La plupart des moai sont déjà renversés, signe extérieur visible des luttes fratricides entre clans et de guerres intestines…

Mais le plus grave était à venir. En 1862, six navires péruviens font une razzia de plusieurs milliers de pascuans qu’ils ont attirés avec de la pacotille. Hommes, femmes, enfants, vieillards, savants et aristocrates de la société pascuane,…sont emportés contre leur gré dans les mines de guano des îles Chincha. Cette opération est vivement critiquée par l’évêque de Tahiti soutenu par les gouvernements français et anglais et le Chili. L’émoi et la pression internationale sont tellement forts que le Pérou décide de renvoyer les pascuans esclaves. Mais, le temps que les décisions soient prises (les liaisons sont longues de plusieurs semaines, voire mois) déjà plus de 80 ou 90% d’entre eux sont morts, tués par des maladies auxquelles leur organisme ne pouvait répondre ou par des conditions de travail épouvantables… La petite quinzaine qui réchappe de cet enfer et va enfin retrouver sa terre natale rapporte hélas avec elle la variole, l’une de ces terribles maladies qui ont tôt fait de tuer toute une partie de la population qui est décimée. Un schéma hélas classique dans les îles du Pacifique…

Outre les missionnaires (dont le frère Eugène Eyraud) qui se heurteront à bon nombre de difficultés, l’île héberge un français, Jean-Baptiste Onésime DUTROU-BORNIER qui met l’île en coupe réglée avec une exploitation intensive de moutons. Très ambitieux, voire mégalomane, DUTROU-BORNIER demande, sans succès, le rattachement de l’île à la France. Eh oui ! L’île de Pâques aurait pu être française !!! Après avoir épousé la fille du roi, il se proclame roi de l’île et la dirige d’une main d’acier. Devant cette situation, de nombreux pascuans quittent alors l’île pour Mangareva, soutenus par la mission de Papeete. Finalement DUTROU-BORNIER meurt d’une mystérieuse chute de cheval qui ressemble davantage à un assassinat…. L’île devient chilienne en Septembre 1888.

 

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6 réponses pour “Ile de Pâques - RAPA NUI - Plongée unique au coeur du Pacifique”

  1. Super, c’est une histoire passionnante pour une île la plus mystérieuse du monde !

  2. J’ai réalisé un blog sur l’île de Pâques si vous voulez en savoir plus >>> http://berphi.skyrock.com

  3. Fiou quel boulot pour nous faire ce papier si bien documenté !! Chapeau bas ;-)
    Si j’y vais, je pense que c’est ce dossier qui fera un excellent guide plutôt qu’un TO.
    Merci encore pour ce superbe récit !

  4. Fabuleux !
    Bravo et merci !

  5. 4 commentaires seulement pour un reportage si riche !… Je suis surprise… Quel travail, ce n’est plus un compte-rendu, c’est une visite guidée où on nous prend par la main !

    J’aime beaucoup l’idée des colons à la dérive en provenance d’un petit village basque, j’ignorais cette hypothèse. Je la trouve à la fois plausible, et romantique (sous un certain aspect).

    D’autre part, merci d’avoir pensé aux photographes en prenant le temps d’indiquer quels sont les meilleurs points de vue et surtout les meilleurs moments pour les meilleures prises de vue… ;-)

    C’est le CR le plus complet que j’aie pu lire sur l’île de Pâques, avec autant d’infos d’ordre culturel que pratique. Bravo Fabrice : si je dois m’y rendre un jour je consulterai de nouveau ces 8 pages très complètes.

    :-)

  6. Huit pages reportages où rien ne manque. Même si je connais les lieux, j’ai pris un grand plaisir à lire ces pages..
    Je suis allée également à Rapa Nui et je me suis décidée à transcrire mon carnet de voyage sur le net.
    La page plongée est également prévue. Une exploration avec le centre de plongée Orca, sur le site motu Tautara. Ce jour là la houle était importante, mais j’ai pu prendre quelques photos sous-marine.

    Bravo … je vous félicite.

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