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Le Mal de Mer ? Même pas peur !


Mal de mer, la solution Plongeur.com

Avec les beaux jours qui reviennent, de nombreux plongeurs vont se retrouver en mer sur un bateau… sans nécessairement avoir le pied marin. Cet article concerne autant le novice qui découvre la plongée que les personnes qui se plaignent chroniquement de souffrir du mal de mer. Plus que de la théorie, cet article propose quelques conseils pour tenter de mieux gérer ce mal qui peut ruiner une plongée, une croisière, sa capacité à travailler en mer.

Le mal de mer c’est avant tout une confusion de sens entre ce que nous voyons et ce que l’organisme ressent par rapport aux mouvements du bateau. Le cerveau reçoit des infos des 3 canaux semi-circulaires dans le vestibule de l’oreille interne, des yeux et des ligaments participant à notre maintien. Le cerveau est perturbé lorsque ces infos ne sont pas en accord.

Avant tout, ce mal n’est pas une maladie mais une gêne passagère de durée et d’intensité très variable d’un individu à l’autre et aussi d’un contexte à l’autre car en réalité, personne n’est épargné par le mal de mer que cela soit un vieux capitaine de bateau ou le “plaisancier du dimanche”. Il y aura toujours une situation où l’on pourra se sentir mal pour des raisons très diverses. Il y a néanmoins très peu de personnes pour qui le mal de mer est chronique au point d’être handicappant de façon systématique. La bonne nouvelle c’est qu’il est possible d’habituer son corps à la vie sur les flots.

Il existe des solutions pour limiter la gêne. Cela passe à la fois par une préparation à l’embarquement, qu’il soit de quelques heures ou de plusieurs semaines, une hygiène de vie adaptée à la vie en mer, l’habitude et un moral adapté.

Donc globalement, on est plus succeptible de ressentir le mal de mer en début d’embarquement qu’après 3 jours en mer. Le corps s’habitue naturellement au mouvement sur la mer durant une phase d’amarinage. C’est là en général que l’on risque de vomir le plus si l’on est sensible au mal de mer et que l’on se sent le plus misérable. Pour embarquer à la journée ou sur plusieurs semaines sur des petits et gros bateaux, de loisir ou de pêche, avec des gens parfois novices, parfois avec une longue expérience, j’ai pu constater pas mal de choses que ce soit les bonnes habitudes des uns et les mauvaises des autres ou le fait que certaines choses marchent pour les uns et pas pour les autres.

A noter que sous la mer, le mal de mer peut également se produire… par exemple sur les fonds avec de grandes algues, le mouvement de ces algues peut-être déconcertant au point de donner l’impression que les algues ne bougent pas mais que le sol bouge en permanence. Il est préférable de prendre des repères visuels bien fixes (genre une grosse roche relativement découverte d’algues) pour éviter une sensation nauséuse. Après une traversée difficile, il convient de juger si l’on est en état ou non de plonger. En cas de doute, s’abstenir. Parfois la situation s’améliore sous l’eau notamment si l’on a eu l’impression d’étouffer à bord (trop chaud). Parfois ça empire et le malade finit par vomir en surface ou au palier. Cela peut poser des problèmes de sécurité donc c’est un point à ne pas négliger. L’idéal est peut-être de se mettre à l’eau, d’attendre quelques minutes en surface histoire de voir si cela va mieux ou pas et de prendre une décision.

D’une manière générale, il n’y a pas vraiment de règles absolues à part qu’on progresse par essai-erreur et qu’il convient avant tout de bien connaître son organisme pour pallier à ces petits soucis. Ce qui suit n’est donc pas une recette infaillible mais des voies à tester et à adapter à son cas personnel.

Les traitements préventifs: N’étant pas spécialement sensible au mal de mer, je prends néanmoins des médicaments contre le mal des transports la veille de chaque gros embarquements en particulier vers les zones où je sais que cela va remuer. Ces médicaments sont là pour prévenir le mal de mer plus que le guérir et sont pratiques pour amariner l’organisme en douceur. Il y a plusieurs marques. Je préfère la cocculine car elle ne s’accompagne d’aucun effet secondaire en particulier celui de la somnolence. Comme j’embarque pour le travail, en milieu avec des machines, la somnolence ne serait pas un gage de sécurité. Il existe d’autres produits comme les patchs ou les bracelets. Chacun a ses préférences. A ma connaissance, hormis le besoin de s’hydrater, il n’y a pas d’effets pouvant interférer avec la pratique de la plongée. Evidemment quand ça va pas, un vieux truc qui marche c’est de respirer de l’air frais et de regarder l’horizon. Etre à proximité du centre de gravité du bateau aide aussi !

L’alimentation: On dit parfois qu’il ne faut pas aller en mer le ventre vide… donc qu’il faut avoir le ventre plein. J’ai tendance à aller le ventre vide en mer et je m’en porte très bien. Certaines personnes s’en sortent très bien le ventre plein et d’autres vomissent. En fait, il ne faut pas avoir un sentiment de faim ou de trop manger. Il faut également veiller à avoir une alimentation compatible la veille. Je me rappelle d’une traversée pénible après avoir dégusté une paella bien arrosée la veille où même les médicaments étaient insuffisants pour empêcher un état nauséux. On ne meurt pas en mangeant moins les premiers jours d’une longue traversée. Le type de nourriture peut jouer des tours parfois. Ce qui se digère bien à terre peut devenir pour certains un problème en mer. Une de mes connaissances est incapable de manger sucré en mer et se retrouve à manger des sardines au petit déjeuner alors qu’elle mange parfaitement sucré à terre. L’important est de s’alimenter de façon à se sentir bien. Il faut éviter les boissons gazeuses, les gouts particuliers, les choses trop sucrées. A noter que la banane est un fruit qui a l’avantage d’avoir le même goût lorsqu’on le vomit.

L’habillement: Généralement un des F du “Faim, Froid, Fatigue, Frousse” pour éviter le mal de mer. Le froid est à éviter. Le trop chaud et sa sensation d’étouffement également. Disons qu’il faut être habillé de façon à pouvoir rajouter ou retirer facilement une couche de protection selon son état. Ne pas hésiter à aller prendre un bol d’air pour se refroidir ou de rentrer à l’intérieur pour se réchauffer à la moindre sensation désagréable.

La fatigue: Etre reposé permet à l’organisme de mieux supporter les mouvements du bateau. Evidemment, c’est aussi une condition nécessaire pour la pratique de la plongée en sécurité.

Le moral: C’est un point particulièrement vicieux car les mauvaises expériences précédentes en mer conditionnent souvent les suivantes en mettant le passager dans un état d’appréhension qui lui-même sensibilise davantage le sujet au mal de mer. En fait, certaines personnes arrivent sur les bateaux avec déjà le mal de mer en tête, mal de mer qui devient ensuite bien réel.

Le mal de mer à quai est probablement plus un problème d’appréhension qu’autre chose. Il faut garder à l’esprit que le mal de mer arrive à tout le monde, que ce n’est pas une honte d’être malade ni une maladie chronique. La plupart des conseils plus haut sont très efficaces si on prend la peine de les appliquer. Les médicaments préventifs et ces conseils devraient lever ces appréhensions. Une autre astuce consiste également à embarquer si c’est possible les jours où la météo est parfaite avec une mer bien lisse. Si on est sensible aux vagues, il n’est pas forcément judicieux de faire une sortie par jour de tempête ou de pluie. A bord, il faut s’occuper l’esprit. Une bonne façon de s’occuper c’est par exemple de discuter avec l’équipage ou les autres
plongeurs. Se morfondre dans son coin, parce que l’on ne sent pas bien n’améliore pas la situation.

Mais le plus dur c’est finalement sur le long terme car on devient moins sensible au mal de mer que lorsque l’on navigue régulièrement. Si on se sait sensible au mal de mer, cela demande un peu plus d’effort personnel mais on peut assez rapidement enrayer le problème. Un de mes collègues vivait dans les Alpes avant de devenir marin. Pas beaucoup d’océan dans les Alpes et le changement de carrière a été violent avec une première mission de 3 semaines où le marin était assez misérable. C’était il y a quelques années et il est aujourd’hui insensible à la houle. Bref, le meilleur moyen de combattre le mal de mer, c’est encore de venir plonger souvent! Le plus souvent possible!

8 réponses pour “Le Mal de Mer ? Même pas peur !”

  1. Cette analyse très aseptisée du mal de mer est on ne peut plus parfaite.
    Je reconnais avoir ainsi appris pourquoi…Comment je le savais bien, pour avoir été malade comme un chien dans mes premières années de plongeur pro.
    J’en arrivais à me demander s’il ne valait mieux pas me spécialiser dans les travaux sous marins de lacs et rivières.
    Il en fut autrement lorsque je dus aller accomplir mes devoirs militaires au GERS. Là sur l’Elie Monnier et la VP 771 je deveniai à chaque sortie même un peu houleuse une chiffe molle, une estrasse comme on dit en Provence. Je fus débarrassé de ce handicap en un quart d’heure par mon ami et instructeur le second maître Fusilier Maurice Piovano.
    Il utilisa à cet effet une médication ancienne qui avait fait ses preuves :
    - Les pilchards à la tomate du Pompom Rouge
    - Un bon litre de louzou, gouin-rû, plus simplement un vin rouge fort en bouche partagé à deux
    Le tout servi sur les marches de la VP qui dansait dans les vagues s’apprêtant à franchir Escampobarriuo par un Mistral de face très frais qui allait en s’allongeant
    Au retour sur le pont Le Cdt Chauvin, certainement au courant du traitement thérapeutique qui venait de m’être appliqué me donna l’ordre de prendre la barre et de ramener la vedette à Toulon
    Ce qui se passa sans problème aucun
    Depuis je n’ai plus jamais eu le mal de mer
    Vous pouvez en savoir plus en lisant mon livre :
    “Plongées au GERS 1954/57″
    Bonne mer et bon vent
    Le Vieux scaph’

  2. Bonjour,
    Je suis sujet au mal de mer depuis de longues années, (c’est à dire depuis que je plonge 1987) le seul remède efficace à 100 % pour moi est le médicament CINNARIZINE 75 mg (anciennement STUGERON FORTE), il à déjà sauvé pas mal de séjour plongées aux amis et plongeurs étranger se trouvant sur le même bateau que moi et ayant un sérieux mal de mer, tous ont toujours été heureux de tester et connaître l’existence de ce médicaments. Il n’est pas prévu initialement pour le mal de mer, mais pour les troubles cérébrovasculaires, vertiges. J’utilise ce médicament depuis 1992 (1 prise par jour de bateau, voir 2 comprimés, matin et soir si mer plus agitée.
    Jean-Luc MATHET
    Instr CMAS 1*
    BELGIQUE

  3. Merci quand même pour cette information mais dans une situation comme la mienne ou tout les transports me rendent malade, bateau, avion, train, voiture… même et surtout le “snorkeling”, je n’ai d’autre choix que la médication.

    J’ai bien cru à un truc miracle cette fois, mais non… je continuerai donc mes comprimées de Gravol à ma prochaine plongée!

    Salut! : )

  4. Oui mais tous ces médocs ça a des effets secondaires. J’ai eu un ami qui en abusait lors d’un séjour plongée avec son épouse
    Au retour elle voulait divorcer parce que pendant le dit séjour, il ne lui avait pas fait de calins !
    Et pour la narcose des grands fonds ça peut apparaître à 30 M facilement
    Ma méthode possède aussi des effets secondaires, alors ne pas conduire au retour à terre dans les moins de 12 heures pour ne pas perdre de points sur son permis
    Mais la plongée c’est une passion!
    Le vieux scaph’

  5. Bonjour à tous les malades ….
    je fais partie de votre club et je vais donc donner également ma recette miracle : les patch Scopoderm sont une solution, à laquelle je rajoute des cachets “mer calme”. mais je tiens à informer les lecteurs que les matchs provoquent en profondeur des troubles de la vision (associé au mer calme).
    donc pour la technique à 30 et 40m et la lecture des instruments, c’est pas le pied …. et pour la plongée bio, on ne voit pas les “petites choses”….. donc à consommer avec modération ou séparément !
    bonnes plongées à toutes et à tous !
    speedy du 28

  6. bonjour,
    moi c’est pire que tout … je deviens celle qu’on a envie de jeter par dessus bord … je dors, j’oublie, j’attends le retour sur la terre ferme ! C’est terrible ! Si une petite odeur se mêle à tout ca (cuisine, ou pire gazoil !!) alors c’est la fin des haricots !
    le seul avantage est que pour maigrir c’est pas mal, pour la santé c’est vraiment pas le pied puisque on ressort déshydraté …. Vais-je avoir le courage de faire un jour une croisière plongée avec des médicaments dans la poche ???????????
    Lilou

  7. ces troubles sont pénibles pour ceux qui en souffrent et aussi pour les autres (qui font le ménage). Pour ma part la technique du vieux scaph est de loin la meilleur surtout appliquée quand on est ado. On me l’a fait essayer quand j’avais 14 ans. c’était sur un bateau de pèche et le régime était mouillage du 2ème filet casse croute avec les sardines toutes fraiches. Les filets tout cru sur du pain beurre : hummm avec bien sur un coup de gwin ruz .Cette méthode à un double avantage : elle cale l’estomac pour ceux qui aime la sardine pain beurre et elle ne donne plus envie d’etre malade pour les autres.
    Bon vent à tous
    Titou

  8. Et surtout, Titou, j’insiste sur le fait qu’il n’y a pas d’effets secondaires. A condition, toutefois de ne pas abuser de ce type de médicaments
    Evitez le surdosage.
    Il y a aussi le Pâté Hénaff qui a conquis ses lettres de noblesse en la matière, toujours accompagné du coup de louzou, bien sur !
    Autre méthode, préventive celle là apprise à Quiberon aux Brisants :
    - Quelques rondelles d’andouille Guémené et un bon verre de Muscadet
    Ou de gros plants pour les gourmands
    C’est çà la médecine douce
    Le vieux Scaph’

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