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Le Vandenberg : touché, coulé en seulement 104 secondes !


Vandenberg : le récif artificiel pour le plaisir des plongeurs sous-marins

Le mercredi 27 mai 2009 le navire militaire américain General Hoyt S. Vandenberg, ex-transporteur de troupes et chasseur de missiles, est devenu le deuxième plus grand récif artificiel du monde.

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On attendait ce moment depuis 13 ans. Après le Spiegel Grove en 2002 et l’Oriskany en 2006 le Vandenberg était programmé pour être coulé dans le Florida Keys National Marine Sanctuary (sanctuaire marin national de Floride) dans l’espoir de devenir une des épaves les plus spectaculaires au monde. Mais son sabordage volontaire a failli ne pas avoir lieu. Il y a quelques mois le bateau était encore à quai, mis sous scellés et mis en vente aux enchères parce qu’il n’y avait pas assez d’argent dans les caisses pour payer son nettoyage et son remorquage. L’opération a fini par coûter près de neuf millions de dollars US.

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Construit en 1943, le Vandenberg sert de 1944 à 1946 au transport de troupes vers les ports de l’Atlantique et du Pacifique; puis de 1946 à 1950 il assure le rapatriement du personnel américain vers les Etats-Unis. Ensuite il est utilisé pour le transport de réfugiés entre l’Europe, les Etats-Unis et l’Australie. En 1958, après sa mise à la retraite, il est racheté par l’armée de l’Air qui le restaure totalement et l’équipe en chasseur de missiles. Tous les lancements de missiles américains et russes, ainsi que les premiers lancements dans l’espace des programmes spatiaux ont été suivi par le Vandenberg.

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Ensuite, le navire est utilisé comme navire de guerre soviétique pour le tournage du film « Virus » (1999) avec Jamie Lee Curtis. De cette époque il garde encore beaucoup de panneaux écrits en russe, clairement visibles dans les vidéos.

Peu de temps après le tournage, une association basée en Floride et constituée de plongeurs et de propriétaires de centres de plongée choisit le Vandenberg pour former un récif artificiel dans le but d’accroître le tourisme, créer des emplois et développer l’économie locale. Ils ont fort justement pensé que disposer d’une superbe épave à plonger enlèverait la pression sur les récifs coralliens des environs.

Pour trouver les fonds nécessaires, l’association vend des T-shirts et organise des activités, mais le temps passe et le coût du nettoyage augmente. Le gouvernement fédéral met 2,5 millions d’US$ : le prix de la démolition si on l’envoyait à la casse, puis l’Etat de Floride double la mise.

Pour débloquer la situation, la banque privée, déjà propriétaire du navire, le rachète aux enchères et
enfin le Florida Fish and Wildlife Conservation Commission prend les choses en main. C’est ici qu’entre en jeu Keith Mille, l’auteur des images de cet article. Spécialiste des récifs artificiels, son travail le « Jour J » consiste à faire fuir les mammifères marins qui se trouvent sur le lieu d’immersion et qui risqueraient d’être blessés par les explosions ou aspirés par la vitesse de descente d’une telle masse. La présence d’une seule tortue aurait pu retarder la mise à feu des explosifs.
Keith est donc sur place le mercredi 27 mai 2009, à 0,3 milles nautiques précisément quand l’ordre est donné à 10 h 20 d’appuyer sur le bouton rouge.

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2009-05-28_vandenberg_diveby_keith_mille_fwc0025_small.jpg C’était extraordinaire, génial, incroyable ! » raconte Keith, « il a coulé en moins de deux minutes; un tir parfait. Ensuite, dès qu’il n’en restait plus rien à la surface, nous étions les premiers sur place pour vérifier que tout allait bien. Puis les scaphandriers démineurs descendent en premier, pour contrôler que les 44 charges explosives ont bien fonctionné… Il y avait 22 charges sur chaque côté de la coque, sous la ligne de flottaison et les plongeurs démineurs ont compté les trous ! Les prochains à descendre étaient les plongeurs du sanctuaire marin, pour vérifier que les quatre bouées d’amarrage étaient restés en place, et en accrocher deux autres. Il y a maintenant six bouées sur l’épave. Notre équipe était la troisième à la voir. Une nouvelle épave a toujours quelque chose de spéciale…d’émouvant. Qu’est-ce qu’elle est belle ! Sa couleur claire contraste si bien avec le fond, et le grand bleu. Je suis sûr qu’elle deviendra une des plongées les plus merveilleuses des Etats-Unis »

Keith regrette seulement qu’elle soit située à 12 heures de route de chez lui; un peu loin pour y aller chaque week-end !

 

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Quelques chiffres pour bien situer le Vandenberg :
44 explosions pour l’envoyer par 44 mètres de fond en seulement une minute et quarante-quatre secondes !
L’épave se trouve à environ 7 milles de la côte de Key West (une heure de bateau) entre Western Sambo et Sand Key, dans le sud de la Floride. Le site a été choisi parce que le fond y est dur, sans vie, sans corail et sans autre épave.
Le Vandenberg mesure 174 mètres de long par 22 mètres de large et déplace 17 000 tonnes.
Pour avoir les 13 mètres d’eau réglementaires au-dessus de l’épave, sa quille a été rogné, et certains équipements descendus un peu.
Les plongées varient entre 15 et 44 mètres. On peut visiter l’intérieur si l’on possède les qualifications nécessaires mais beaucoup de portes et de trappes ont été enlevées pour faciliter son immersion et pour la rendre plus sécurisée pour les plongeurs.
Comptez entre 75 et 149 US$ pour une sortie de quatre heures selon votre choix d’opérateur et vos besoins en équipement.

Crédits photo : Keith Mille
Keith Mille

11 réponses pour “Le Vandenberg : touché, coulé en seulement 104 secondes !”

  1. Excellent article de mon amie Carole à qui je demande de faire connaître ceci en france…les épaves sous marines
    c’est impossible chez nous alors que comme tu le signale cela diminue la pression sur les autres sites
    très bon argument qu’il faudrait développer pour tenter de convaincre nos décideurs
    Le vieux scaph’

  2. Je dois avouer qu’il y a 6-8 ans encore, j’étais résolument contre. J’ai changé d’avis, je trouve que c’est à promouvoir…
    Les canadiens sont les as en la matière.

  3. Super reportage !
    “Notre Clemenceau” serait si bien lui, quelque part sous la surface d’une de nos côte de méditerranée.

  4. super je suis le long de la mer deserte entre sete et agde impossiblede realiser ça ” ça gene les filets ” …qui restent vides

  5. Tout simplement merveilleux.

  6. A quoi bon le recyclage ????

    NON on préfère coulé et polluer

    Vive l’humain !!!!

  7. Bonjour Sébastien,
    je comprends ton opposition, mais il ne faut pas être si radical que cela. Le flou vient de tout un tas d’incertitudes, parfois fondées, parfois… non.
    J’avais la même réaction il y a une poignée d’années.
    Des navires sont coulés et disparaissent pour d’obscures raisons financières et assurances, d’autres sont dépollués et servent à des fins touristiques, ou de repeuplement de la faune sur des fonds sous-marins complètements déserts.
    La vie s’accroche bien évidemment sans dénigrement possible à tout ce que l’on fait sombrer, et admettons qu’il y a pas mal de réussites en terme de récifs artificiels.
    La faune s’y abrite et colonise ces amas de ferraille, elle s’y développe, et cela peut du coup devenir une atraction touristique ou un spot de plongée remarquable, tout simplement.
    Ce n’est pas naturel mais si c’est bien fait, la vie s’y développe plus que sans cette action.
    Les opposants joueront sur la qualité de dépollution des dits-navires et le plus hypocrite que jamais “principe de précaution” qui ne fera jamais avancer le monde, et qui émettra toujours un doute sur l’altération de telle ou telle substance dans l’eau au bout de x années et de leur influence sur la faune et flore.
    Recycler est souvent plus couteux et plus polluant que de travailler sur une épave artificielle.
    Fort heureusement on ne sombre pas n’importe quoi en “récif artificiel” et ces travaux sont assez peu communs dans le monde. Ils peuvent donc être assez utiles pour se forger une expérience pour savoir si c’est si bien que cela, ou si mauvais que cela…
    Bonne journée.

  8. Mais bien sur, encore une fois les anglos saxons pragmatiques nous donnent une leçon
    On me fait rigoler avec la dépollution de l’amiante des épaves…
    On était moins frileux en 44 devant les plages de Normandie et après devant celles de Provence
    Qui plus est avec le marmitage de l’artillrie le golfe de St Tropez était blanc de poissons morts
    Quelques années après c’était redevenu aussi poissoneux qu’avant
    Les poissons n”avaient pas le cancer des poumons à cause de l’amiante.
    Quand j’étais marin, je peux vous dire que l’on vivait sous les tyaux enrobés d’amiante et je n’ai pas encore entendu de réclamations à ce sujet
    Anecdote : Et pourtant ces tuyaux qui couraient dans les plafonds des navires, on s’y interressait…surtout ceui qui en voyait le vin rouge de sa citerne vers la carré des officiers, c’était le meilleur !

  9. Il y a cependant quelques échecs comme les 2 millions de pneus qui devaient faire un chouette récif en Floride et qui ont terminé éparpillés…

    Comme Gérard, je pense que l’on vit un peu trop aseptisés ;)

  10. Les pneus ça marche très bien à condition de ne pas être couillons comme on dit en Provence
    Là, les français on est plus fort, les pneus on les ammarait ensemble avec du cordage nylon
    Après quand ils étaient bien concrétionnés ils se transformaient en récifs solides.
    Les travaux sous mains c’est un métier !

  11. Je reviens de Floride et j’ai fait 2 plongées sur cette épave. Elle est exceptionnelle et j’ai déjà envie d’y retourner. A 30m il y a déjà des branches de corails qui se développent, et il commence a être colonisé de partout.
    La plongée au départ de Key West est simple. La visibilité est exceptionelle (de la surface on voyait le fond). Il parait cependant que j’ai eu de la chance car il n’y avait pas de courant. Si l’on ajoute l’eau à 29° en dessous de 30m, ce bateau est destiné à devenir une des des plus belles épaves dans le monde dans les 5-10 ans qui viennent.
    Question pollution, le bateau a été entièrement dépolué avant d’être coulé dans le sanctuaire marin, d’où le coût important, et aucun complexe à avoir pour le plongeur écolo-conscient.
    Cette épave a un effet positif pour pour développer le tourisme “plongée” sur place.
    Question coût, cela m’a couté 100$ US + le tip pour 2 plongées en mode “tout équipé” (je n’avais pris que mon ordi parce que les profondeurs en feet, je ne m’y fait pas trop). Le bateau était confortable.
    Un très bon souvenir de plongée

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