» Matériel, équipement, infrastructures

2011, l’Espoir de l’André Malraux deviendra realité…

Marseille, vendredi 30 octobre.
Explosion de joie dans les locaux flambants neufs du DRASSM. Les téléphones bourdonnent sur les bureaux et les mails de félicitation affluent des quatre coins du monde. La nouvelle espérée depuis des mois vient de tomber : le ministère de la Culture et de la Communication vient de décider la construction d’un nouveau navire destiné à la recherche archéologique sous-marine. Nom de baptême: L’André Malraux.
e communiqué démontre une fois de plus que les ministres se suivent et n’ont pas tous les mêmes priorités… ou qu’ils ne font pas le même job. Pour financer la construction de cette unité indispensable à la recherche archéologique sous-marine Renaud Donnedieu de Vabres avait trouvé la solution pour se débarrasser du problème en privilégiant la chasse aux mécènes – autant essayer de dénicher une cargaison d’amphores sous l’avenue des Champs-Elysées –, Christine Aubanel avait fait un timide effort en acceptant d’en prendre 30% en charge – pour rassembler les 2/3 restants il suffisait d’allumer des cierges en implorant Neptune –, Frédéric Mitterrand, lui, a simplement dit « Banco ».

Merci monsieur le Ministre d’avoir lu la page 52 du Livre Bleu du Grenelle de la Mer et d’en appliquer la résolution 100 stipulant qu’il fallait: « Promouvoir la protection des épaves historiques à l’échelle régionale et mondiale […] renforcer les moyens (un navire) et humains (postes d’archéologues) de l’Etat (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines)… ». Pour consulter la suite ou l’intégralité des textes, téléchargez cet édifiant Livre Bleu.
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Site : Port de Saint Gervais - Anse de Saint Gervais
Responsable de fouille : Catherine Dovis (1991)
Photos © Denis Metzger (Ministère de la Culture – DRASSM)
1 : Remontée d’une panse d’amphore Dressel 20 sur la ligne de fouille BD4
2 : Dévasement d’une panse d’amphore Dressel 20 sur la ligne de fouille BD4
Mais nos prévoyants archéologues n’ont pas été pris de cours par cette annonce. Cela fait trois ans que l’équipe de Michel L’Hour, le passionné et charismatique directeur du DRASSM, assisté de Denis Metzger, chef de projet et futur commandant du bâtiment, planchent sur le bébé avec la ferme intention de le voir un jour naviguer. Tirant les leçons de l’utilisation de leur fidèle Archéonaute, ils se sont posés toutes les questions, remis en cause toutes les réponses et ils ont fini par trouver les bonnes solutions adaptées à leurs charges de travail. Avec l’aide du cabinet d’études navales marseillais Mauric ils ont mis au point un outil performant qui va permettre à la France de (re)devenir le fer de lance d’un système international de gestion des épaves (résolution 100.d. du LBGM).

A ce jour les plans sont achevés, l’appel d’offre aux chantiers navals est lancé et courant 2011, la marraine de L’André Malraux – tiens, j’ai oublié de poser la question : qui sera l’heureuse élue ? – frappera le champagne sur sa coque blanche striée bleu et rouge.
Je vous vois venir :
- Et puisque tu es si bien renseignée, combien ça coûte cette bagatelle ?
- 6 millions d’euros (sans la robotique).
- Non d’un cachalot, c’est cher.
- Non môssieur, c’est cadeau. Cette somme équivaut au prix de construction d’un kilomètre d’autoroute ! Et comme en France nous en comptons déjà 8000 (plus du tiers du réseau européen), que tout le monde se plaint qu’elles sont trop onéreuses et qu’elles défigurent nos belles campagnes, faites le calcul et réjouissez-vous.
Côté technique, on peut faire confiance à l’équipe du DRASSM ; ils connaissent leurs besoins et ils n’ont pas l’habitude de jeter l’argent par les hublots. Ce qui est par contre tout à fait intéressant c’est la réflexion philosophique qui a accompagné le projet. L’idée novatrice a été de penser à mutualiser ce bateau, avec l’agence des aires marines protégées par exemple. Le mutualisme étant une doctrine économique basée sur des rapports d’échanges et de complémentarités cela permettra de favoriser les partenariats et de valoriser les expériences de tous les interlocuteurs impliqués dans la gestion et la protection du milieu marin et côtier.
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Site : Port de Saint Gervais - Anse de Saint Gervais
Responsable de fouille : Catherine Dovis (1991)
Photos © Denis Metzger (Ministère de la Culture – DRASSM)
1 et 2 : Récolte de fragments d’amphores sur la ligne de fouille DF2
Puisque L’André Malraux est conçu pour accueillir des archéologues sous-marins, il peut également abriter les travaux de scientifiques, de chercheurs et autres spécialistes ès Mers qui, ponctuellement sont amenés à travailler sur les mêmes zones que les chantiers de fouilles ou effectuer des relevés durant les traversées. Les aménagements et les équipements à bord sont prévus pour héberger 39 scientifiques dont 20 plongeurs pilotés par un équipage de 4 personnes. Il disposera d’une autonomie de 1700 nautiques à 11 nÅ“uds – environ 3000 km – et d’une réserve d’eau douce de 2×2750 litres. Capable de tenir la mer, robuste sans être rudimentaire, sa conception lui permet de travailler sur les abysses comme sur les milieux rocheux, de mettre en Å“uvre un puissant submersible comme un modeste aspirateur sous-marin. Un superbe outil adapté à toutes les sollicitations.

Dessin de L’André Malraux - © DRASSM – BE Mauric
Le DRASSM dévoile enfin son nouveau navire de recherches archéologiques, L’André Malraux sur lequel ingénieurs et techniciens planchent depuis trois ans.
Longueur : 36,30 mètres hors tout • Largeur : 8,85 mètres.
L’époque du chacun pour soi et du doublonnage de matériels est enfin révolue. La nouvelle génération scientifique, toutes disciplines confondues, au lieu de se serrer la ceinture par manque de moyens pour tout le monde, se serre enfin les coudes pour avancer plus efficacement. Là , on applaudit !
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Site du Grand Ribaud F - Sud de la presqu’île de Giens
Directeur de fouille : Luc Long (2000)
Photos © Frédéric Bassemayousse (Ministère de la Culture – DRASSM)
1 : Amphores, balises altimétriques et ROV (robot) sur le site
2 : Plongeur observant un fragment de céramique remonté par le Remora (sous-marin)
3 : Amphores étrusques localisées au moyen de balises altimétriques avec le ROV (robot) au dessus
Caractéristiques techniques de L’André Malraux
Navire
Longueur : 36,30 m hors tout • Largeur : 8,85 m • Tirant d’eau : 3,20 m • Déplacement en charge : 275 t • Vitesse maximum en charge : 13 nÅ“uds • La plage arrière de 80 m2 est équipée pour recevoir (selon les besoins) un sous-marin habité, un robot d’intervention pouvant descendre jusqu’à 1000 m de profondeur, des containers, un caisson hyperbare ou tout autre matériel nécessaire aux différentes missions.

Dessin de L’André Malraux - © DRASSM - BE Mauric
L’André Malraux naviguera jusqu’à l’aube des années 2050 et contribuera à l’exploration archéologique des grands fonds
Equipements spécifiques
Positionnement dynamique • Propulseur d’étrave associé à un pump-jet • Portique basculant multi-fonctions de 6 tonnes de levée • Grue articulée de 10 t/m de levée • PC scientifique • Laboratoire de traitement • Groupe compresseur de gonflage air et nitrox • Annexe de 4,50 m.
Equipements électroniques
Système de navigation intégré avec 2 radars • Radio VHF et HF GMDSS (Global Maritime Distress and Safety System) • Système de communication par satellite • Compas satellitaire • Centrale inertielle de navigation • Sondeur multi-faisceaux • GPSD décimétrique • Système de surveillance et de sécurité machine par vidéo • Système informatique de gestion.
Machines
Propulsion diesel électrique comprenant : 2 groupes électrogènes de 608 Kwa, 2 moteurs électriques de 470 Kwa, 2 lignes d’arbres et 2 hélices à pas fixe de 5 pales • 1 groupe électrogène de mouillage de 136 Kwa • Système de traitement des eaux usées typa EVAC • 2 désalinisateurs de 100 litres/heure.
Mais pourquoi a-t-on donné le nom d’André Malraux au remplaçant de l’Archéonaute, compagnon attitré de plusieurs générations d’archéologues sous-marins durant une quarantaine d’années ?
Petit retour en arrière.
Dans les années 50 une poignée de scientifiques français inventent une nouvelle discipline : l’archéologie sous-marine. Peu de temps après l’Etat crée le ministère des Affaires culturelles et nomme tout naturellement un homme de lettres à sa tête, André Malraux. Artiste, aventurier, écrivain, son programme culturel est ambitieux et nous en récoltons toujours les fruits en 2009. Jetez un Å“il sur sa biographie. Féru entre autre d’archéologie, celui-ci inaugure en 1966 le premier service au monde de recherche archéologique immergée qui deviendra le Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (DRASSM) en 1996. C’est un service national délocalisé à Marseille relevant de l’architecture et du patrimoine du ministère de la Culture et de la Communication. Le futur bateau du DRASSM naviguera jusqu’à l’aube des années 2050 et c’est un bel hommage mérité de lui avoir associé le nom d’André Malraux. Ce grand voyageur triste doit certainement sourire de plaisir à l’idée de reprendre la mer plutôt que voir son patronyme gravé dans un marbre scellé sur la plage de l’Estaque.
DRASSM : 147 plage de l’Estaque - 13006 Marseille
Tél.: 04 91 14 28 00 - Fax: 04 91 14 28 14
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le 17 juin 2010 à 15:00
S’ils ont besoin de plongeurs, je suis partant !
le 2 décembre 2010 à 14:39
Bonjour à tous,
Après cet article qui date plus d’un an, il est à mon avis intéressant de mettre en perspective le dernier rapport issu du Sénat français qui parle du DRASSM et de l’André Malraux qui a été publié le mois dernier:
Archéologie subaquatique et sous-marine: un havre abrité de la rigueur ?
Rapport d’information de M. Yann GAILLARD, fait au nom de la commission des finances n° 109 (2010-2011) - 16 novembre 2010
(…) Le présent rapport d’information retrace les résultats d’une mission de contrôle sur pièces et sur place conduite de janvier à novembre 2010. Il revient sur les principales actions menées par le DRASSM, ainsi que sur la conduite du projet André-Malraux, futur navire de recherche dont la construction a été décidée par le ministre de la culture et de la communication à la fin de l’année 2009.(…)
Page d’accueil et rapport proposé au téléchargement au format PDF:
http://www.senat.fr/notice-rapport/2010/r10-109-notice.html
A+
Denis
le 4 janvier 2011 à 10:56
Bravo à tous ceux qui se battent pour préserver la mer et découvrir les épaves, riches en enseignement. Je vous soutiens moralement.
Je ne peux que proposer des animations musicales avec mes groupes rock, blues, jazz etc.
Car je sais que tout travail mérite détente !!
Je serais heureux de faire de la musique pour des gens que j’admire . Continuez !!