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Recycleur … je me lance !


 Chapeau recycleur loisir

Compte-rendu de la dĂ©couverte et de la formation d’une plongeuse tropicale loisir Ă  cette drĂ´le de machine.


Mon profil : plongeuse frileuse, recherchant des eaux Ă  plus de 27°…
Mes plongĂ©es prĂ©fĂ©rĂ©es : zen, tranquilles, dans la zone maxi de 30 ou 40m, disons un profil loisir, avec comme objectif l’observation, la photographie de la faune et de la flore. GĂ©nĂ©ralement peu de paliers… mais parfois, j’aimerais bien rester un peu plus longtemps Ă  observer quelque chose qui m’intĂ©resse sans la contrainte de la dĂ©co…

Premier contact avec un recycleur : en 2005 en mer de Cortez, un plongeur prĂ©pare cette drĂ´le de machine Ă  coque jaune et part plonger seul… Attirance pour le recycleur : 0% !

Puis sur les forums de plongĂ©e, dans les magasines… On en parle… La plupart du temps, je ne comprends pas grand chose… circuit fermĂ©, semi fermĂ©, bail out, diluant… cela semble bien trop technique, rĂ©servĂ© Ă  un cercle fermĂ© d’initiĂ©s, inabordable et bien Ă©loignĂ© des prĂ©occupations d’un plongeur loisir tropical.
L’intĂ©rĂŞt qui est souvent mis en avant est de pouvoir descendre profond, de rester des heures, d’explorer des caves, grottes ou vastes tombants et les photos montrent des plongeurs encombrĂ©s de plusieurs bouteilles en plus du recycleur… tout cela ne me concerne pas… tout au plus Ă©veille ma curiositĂ©… Attirance pour le recycleur 1%…

Juin 2009, 1 semaine de vacances Ă  Safaga (Égypte) avec mon binĂ´me. Le hasard fait que l’un des moniteurs du club, Mika, prĂ©pare son recycleur Ă  circuit fermĂ© sur le bateau et nous propose un baptĂŞme

Sans trop rĂ©flĂ©chir, face au sourire engageant de Mika, on accepte… c’est l’occasion de tester ce drĂ´le d’engin dans des eaux chaudes et claires avec un moniteur qui inspire confiance…

Formation - Plongée en recycleur

Le baptĂŞme s’est idĂ©alement bien passĂ© et ce fĂ»t comme la rĂ©vĂ©lation d’une autre approche de la plongĂ©e. Sous l’eau, aucun bruit, pas de bulles… je m’approche d’un banc de poissons flĂ»te et rentre dedans, sans provoquer le moindre Ă©moi ni la dispersion du groupe… Puis l’approche d’une raie pastenague, de poissons clown, de gobies dans le sable… sans l’impression d’effrayer ni d’agresser… gĂ©nial, j’adore !

Bien-sĂ»r, le baptĂŞme ne consiste pas seulement en cela, il y a eu auparavant de plus amples explications sur le recycleur, son fonctionnement, son entretien, les termes techniques utilisĂ©s, la prĂ©paration de la machine sur le bateau, les particularitĂ©s sous l’eau (descente, remontĂ©e, flottabilitĂ©, respiration…). Mais avec un sourire, de la pĂ©dagogie et un environnement sĂ©curisant, les aspects techniques ne m’ont pas semblĂ©s si compliquĂ©s ni insurmontables…

Formation - Plongée en recycleur

Et d’un coup, voilĂ  que le recycleur devient attirant ! Comment faire pour recommencer ? Quelles compĂ©tences pour apprendre ? Comment ça se passe ?
En fait, il suffit d’un Advanced PADI avec une spĂ©cialitĂ© profonde + un Nitrox AvancĂ© pour la formation IANTD et TDI recycleur niveau 1 (diluant air) ou un niveau 3 Nitrox confirmĂ© pour la formation FFESSM qui sera possible en 1 semaine, alliant thĂ©orie et 500 minutes de pratique minimum… Allez, c’est dĂ©cidĂ©, on s’inscrit pour un cours l’annĂ©e suivante !

Mars 2010 : en possession de livres recommandés pour aborder la théorie, nous commençons un peu de lecture concernant les recycleurs et la révision des cours de Nitrox avancé.

Formation - Plongée en recycleur

Avant d’aller plus loin, quelques explications sur le recycleur… en simplifiĂ©, avec des termes le plus simples possible… que les puristes me pardonnent !
A l’arrière de la machine, dans le dos du plongeur, une caisse (souvent jaune !), contient 2 bouteilles d’une contenance modĂ©rĂ©e (2 ou 3 litres), qui seront gonflĂ©es comme un bloc de plongĂ©e classique. L’une contient de l’oxygène, l’autre ce que l’on appelle un diluant, dans le cas d’une formation de niveau 1 en recycleur, le diluant, c’est tout simplement de l’air !
Au milieu des bouteilles, une boite (ou canister) contient de la chaux, qui permettra de capturer le CO2 de l’air expirĂ© par le plongeur.
A l’avant du recycleur, ce qui sera aussi sur le torse du plongeur, il y a 2 « faux poumons », l’un Ă  partir duquel on inspire, l’autre dans lequel on expire. On y trouve aussi 2 injecteurs, l’un pour ajouter manuellement de l’O2, l’autre pour ajouter manuellement du diluant.

Formation - Plongée en recycleur

A tout cela il faut ajouter un gilet, comme le stab de plongĂ©e classique, avec son inflateur et un dĂ©tendeur sur l’inflateur.
Il y a aussi une console (un peu comme un ordinateur), qui indique Ă  chaque instant la pression partielle d’O2 dans l’air respirĂ© par le plongeur et qui permet de faire varier divers paramètres, comme la pression partielle d’O2 Ă  injecter automatiquement par le recycleur dans la boucle respiratoire.

Juin 2010, Safaga, c’est parti !
Organisation du voyage : réservation du vol sec via Thomas Cook, organisation de la semaine à Safaga via le Club Frédéric Lombard

J0, le jour de notre arrivée.
On nous remet dĂ©jĂ  2 livres Ă  Ă©tudier…

J1, le doute s’installe…
Dès le lendemain, Mika nous attend pour nos premières plongĂ©es avec un recycleur. Ce sera un modèle Evolution pour moi, un modèle Inspiration pour mon binĂ´me masculin. Ouf, il a un modèle plus adaptĂ© Ă  ma morphologie que celui sur lequel j’ai fait mon baptĂŞme (Inspiration, 32 kilos !). Avec mes 1m52 et un petit gabarit, le gilet du recycleur est un peu large mais très confortable une fois les sangles ajustĂ©es. C’est certes lourd (24 kilos), mais le poids est bien rĂ©parti et stable… avec un peu d’aide pour s’Ă©quiper, cela se passe sans soucis.

Formation - Plongée en recycleur

Après une première session de thĂ©orie concernant la prĂ©paration de la machine, son fonctionnement, la surveillance des instruments et la conduite Ă  tenir sous l’eau, une première plongĂ©e en milieu protĂ©gĂ© commence…
AĂŻe… Je manque d’air Ă  la descente, ne trouve pas instantanĂ©ment l’injecteur de diluant (de l’air pour cette formation) pour pouvoir compenser la pression et respirer confortablement, Mika m’aide immĂ©diatement et me guide… on n’est plus dans les conditions d’un baptĂŞme et cette fois, on doit apprendre Ă  gĂ©rer soi-mĂŞme la plongĂ©e… ça change tout !
On prend nos marques, on nage, on se promène… dĂ©jĂ  60 minutes se sont Ă©coulĂ©es… le temps passe vite, mais je me sens encore comme une tortue dĂ©sĂ©quilibrĂ©e par une carapace Ă©norme sur le dos, gauche et maladroite, incapable de me diriger Ă  droite ou Ă  gauche sans efforts. Avec un recycleur, plus de poumon ballast, descendre ou monter nĂ©cessite de gĂ©rer sa flottabilitĂ© avec le recycleur et avec le gilet… pas facile du tout !
La remontĂ©e se passe bien, j’arrive Ă  gĂ©rer la vitesse mais, c’est Ă©puisĂ©e, que je rejoins la surface !

Allez, pas de temps mort, on apprend les manipulations de retour Ă  la surface sur la machine…
Après un repas bien mĂ©ritĂ©, Mika nous laisse profiter d’une sieste rĂ©paratrice avant la plongĂ©e suivante.

Et c’est reparti ! Large briefing pour nous expliquer les premiers exercices que nous devrons rĂ©aliser, on prĂ©pare les machines, on s’Ă©quipe, et on y va !
La seconde descente se passera mieux pour moi, j’ai compris et appris Ă  localiser l’injecteur de diluant et une fois posĂ©s Ă  quelques mètres sur le sable, on commence les exercices de base.
Vidage de masque… oui, bien-sĂ»r, vous pensez tous que c’est facile… et bien non ! Vider son masque, c’est faire des bulles et donc perdre l’air qui est dans les « faux poumons » du recycleur… qui du coup se vident, et si, comme Ă  la descente, on n’appuie pas sur l’injecteur de diluant pour rajouter du gaz, et bien on n’en a plus pour respirer ! Et me voilĂ  encore en manque d’air… dĂ©sagrĂ©able !
Puis on apprend Ă  lâcher l’embout du recycleur après l’avoir fermĂ© (par exemple pour apprendre Ă  le vider ou Ă  passer sur un circuit ouvert, un dĂ©tendeur)… je mettrai beaucoup trop de temps Ă  trouver le sens de fermeture de l’embout…
Ensuite, exercice de « flush diluant »… on injecte un gaz « neuf » issu de la bouteille dans les faux poumons, tout en purgeant pour ne pas remonter… cela permet de remplacer le mĂ©lange de gaz que l’on respire par celui qui est dans la bouteille de diluant et dont on connaĂ®t la composition, en cas de problème de fonctionnement du recycleur… ça va, facile, mais il faut bien coordonner les mains pour ne pas remonter !
On finit la plongée par la remontée, ratée, je vais trop vite !
Paramètres de la plongée : 65 minutes, 13 mètres.

Le travail ne s’arrĂŞte ensuite pas Ă  la fin de la plongĂ©e… il faut maintenant s’assurer de l’entretien, rincer le tout, vider l’eau qui est prĂ©sente dans le gilet, rincer les faux poumons, puis ouvrir l’arrière et retirer les bouteilles afin de les re-remplir pour le lendemain, ainsi que changer la chaux… C’est long, très long quand on est fatiguĂ©e…

Bilan de cette première journĂ©e…
J’ai ratĂ© de nombreux exercices, du mal soit Ă  descendre, soit Ă  remonter correctement… je suis Ă©puisĂ©e… la tĂŞte, pleine de notions nouvelles, explose… De retour Ă  l’hĂ´tel, je m’endors sur le livre, ouvre un Ĺ“il pour aller manger, avant de me rendormir au bout de quelques maigres pages de thĂ©orie.
Mais qu’est-ce que je suis venue faire dans cette galère ??? C’est trop dur, je n’y arriverai pas, je suis trop extĂ©nuĂ©e…

 

J2, la fatigue prend le dessus…
La journĂ©e commence bien, pas de vent, mer d’huile… la nuit de repos a fait du bien… mais il faut ĂŞtre matinal et bien Ă©veillĂ©, car la prĂ©paration des recycleurs prend du temps et de l’attention. Il vaut mieux arriver sur le bateau avant les autres plongeurs afin de pouvoir tout prĂ©parer tranquillement: remonter le canister de chaux, connecter les 2 bouteilles d’O2 et de diluant, vĂ©rifier les pressions, contrĂ´ler l’Ă©tanchĂ©itĂ© des faux poumons et le circuit de l’air, connecter la console et vĂ©rifier les batteries, calibrer les sondes d’O2, puis tester le tout sur terre en faisant « chauffer » la machine (respirer sur la boucle pendant 5’ pour vĂ©rifier que tout est OK)…

Formation - Plongée en recycleur

Quand je relève la tête et regarde autour de moi, tous les autres plongeurs ont embarqué, ont déjà fini de préparer leur matériel « avec bulles », et le bateau vogue déjà vers le site de plongée !

On enchaĂ®ne sur le briefing et la description des exercices qui devront ĂŞtre rĂ©alisĂ©s sous l’eau: vidage de masque, simulation d’explosion (grosse fuite dans le circuit d’O2 et/ou diluant) (il faut alors apprendre Ă  fermer immĂ©diatement les 2 bouteilles qui sont dans le dos), lâcher d’embout, panne d’une des batteries de la console.
Première plongĂ©e de la journĂ©e (sur le superbe tombant de Middle Reef), une descente en pleine eau après une bascule arrière depuis le zodiac… ça ne se passe pas trop mal… ensuite une ballade… puis en fin de plongĂ©e on se pose sur une zone de sable pour les exercices. Le temps de trouver le sens de fermeture des bouteilles ou de l’embout, mes rĂ©actions sont trop lentes… ça ne va pas le faire en cas de problème… et ma remontĂ©e est trop rapide… encore ratĂ© !
Paramètres de cette plongée : 61 minutes, 32 mètres.

De retour sur le bateau, entretien du matĂ©riel (beaucoup plus rapide que le matin, mais encore un peu hĂ©sitant, il ne faut rien oublier !), repas, puis thĂ©orie… la sieste, ce sera pour un autre jour !
Et on enchaĂ®ne avec la prĂ©paration de la plongĂ©e suivante, le briefing, les exercices Ă  rĂ©aliser, la conduite Ă  tenir avec le binĂ´me pour devenir plus autonomes (communiquer, vĂ©rifier l’absence de bulles sous l’eau….)
La seconde plongĂ©e se fera de l’autre cĂ´tĂ© du rĂ©cif, sur un autre versant de ce magnifique tombant de Middle Reef.
Descente difficile en ce qui me concerne, puis lors de vidages de l’embout, j’oublie de souffler pour chasser l’eau en le remettant et je vais avoir de l’eau dans la boucle pendant toute la plongĂ©e ! Ca me servira de leçon pour la prochaine fois ! Le tuyau de l’embout est mal rĂ©glĂ© et inconfortable… j’aurais dĂ» vĂ©rifier cela avant de plonger et je n’arrive pas Ă  le faire sous l’eau… ça s’apprend !
RemontĂ©e plus coordonnĂ©e et lente, ouf, j’ai rĂ©ussi… bilan, 29 mètres et 68 minutes… l’ordinateur Ă  l’air a indiquĂ© 13 minutes de paliers alors que la console du recycleur indiquait plus de 50 minutes avant le palier, quel Ă©cart !

HĂ©las, au retour sur le bateau, le vent et les vagues se sont brutalement levĂ©s et le trajet de retour sera particulièrement houleux. Fatigue aidant, un mal de mer carabinĂ© commence et le retour au port me sera particulièrement difficile…

Formation - Plongée en recycleur

La soirĂ©e sera peu agrĂ©able, nausĂ©euse, incapable de poursuivre la thĂ©orie, Ă©reintĂ©e, je tire un bilan mitigĂ© de cette seconde journĂ©e. Certes, les plongĂ©es Ă©taient belles, mais les difficultĂ©s persistent, tant Ă  la descente qu’Ă  la remontĂ©e, tant pour les exercices que pour la stabilisation sous l’eau…. Je suis sur les genoux, je tombe de fatigue, est-ce que c’est pour moi ce type de formation ?

 

J3, une lueur d’espoir ?
Il fait beau, le vent est tombĂ©, la nuit fĂ»t reposante… allez hop, après un bon petit dĂ©jeuner dès l’ouverture du restaurant, nous partons prĂ©parer le matĂ©riel. On commence Ă  penser Ă  certaines choses, et on en oublie d’autres… patiemment et avec le sourire, Mika pointe du doigt les oublis… que de dĂ©tails Ă  retenir ! Le briefing occupe le reste du trajet vers le site de plongĂ©e, rĂ©pĂ©tition des exercices et des conduites Ă  tenir selon le problème qui pourrait se poser, comme par exemple une fuite, un taux d’O2 anormalement haut ou trop bas… Une surprise m’attend, Mika m’a confectionnĂ© avec des bouteilles d’eau vides une simulation des bouteilles du recycleur pour m’entraĂ®ner Ă  ouvrir et fermer sans erreur et rapidement… excellente idĂ©e… vais-je enfin apprendre Ă  ouvrir et fermer ??? Et en plus dans le dos? Et avec les 2 mains en mĂŞme temps de façon coordonnĂ©e ?

Première plongĂ©e, ouf, descente maĂ®trisĂ©e ! La simulation d’une « explosion » pour laquelle il faut très vite fermer les 2 bouteilles se passe bien, super ! Bon, le vidage de masque sera ratĂ© (vider un masque en 3 fois, faut le faire !), mais la stabilitĂ© s’amĂ©liore et la remontĂ©e se passe bien… ça progresse !
Paramètres de la plongée : 67 minutes, 31 mètres.

Entretien du recycleur, repas puis thĂ©orie, et c’est dĂ©jĂ  le briefing de la plongĂ©e suivante. De nouveaux exercices apparaissent. D’abord, il y a l’apprentissage de l’utilisation du recycleur en semi fermĂ© (on vide les faux poumons, on injecte du diluant, on respire 3 fois dessus et on recommence Ă  vider), puis une remontĂ©e sur bail out (le bail out est le circuit ouvert de secours, dans le cas prĂ©sent, c’est le dĂ©tendeur qui se trouve sur l’inflateur du gilet) et enfin au palier, une injection manuelle d’O2 pour atteindre une pression partielle d’O2 supĂ©rieure Ă  celle programmĂ©e sur la console… sans compter les autres exercices Ă  rĂ©aliser au fil de la plongĂ©e, au hasard des plaquettes que sort Mika pendant la plongĂ©e et qui illustrent divers scĂ©narios nĂ©cessitant une intervention Ă  rĂ©aliser. Ludique et instructif !
La plongĂ©e se dĂ©roule pas mal… jusqu’Ă  l’exercice de bail out… le dĂ©tendeur qui est sur l’inflateur prend l’eau… et ce n’est dĂ©jĂ  pas facile de gĂ©rer la remontĂ©e avec les faux poumons, il faut en plus gĂ©rer le gilet, avec le dĂ©tendeur (et donc la purge du gilet) en bouche ! Ma stabilitĂ© au palier n’est pas terrible, je dois palmer pour me maintenir, j’ai trop vidĂ© Ă  la fois les faux poumons et le gilet…
Plongée de 77 minutes, 21 mètres.

L’entretien du recycleur occupe le trajet du retour sur le bateau, changement de la chaux, dĂ©montage des bouteilles pour les faire remplir, nettoyage du gilet, des faux poumons et de la boucle respiratoire…
Nous sommes rentrĂ©s tĂ´t, et la fin de l’après midi et toute la soirĂ©e sont consacrĂ©es Ă  la lecture de la thĂ©orie… je me couche tard, mais satisfaite d’avoir fini les 150 pages du manuel Ă  assimiler.

 

J4, le début du plaisir
Pas de vent, mer calme… une belle journĂ©e s’annonce.
Encore un peu gauches et hĂ©sitants, nous prĂ©parons notre matĂ©riel… ce n’est pas très rapide, mais Ă  2 avec mon binĂ´me, on commence Ă  devenir autonomes… presque !

Le trajet en bateau sera un peu plus long, nous allons sur le superbe tombant de Panorama Reef, et on en profite pour revoir le manuel avec Mika, et plus particulièrement tous les aspects oĂą on se pose encore des questions, tous les points d’incertitude ou d’incomprĂ©hension que j’avais soulignĂ©s et annotĂ©s sur le manuel la veille.

Formation - Plongée en recycleur

Briefing, la consigne sera de gĂ©rer la plongĂ©e avec mon binĂ´me et de travailler la stabilisation…
Mise Ă  l’eau en bascule arrière depuis le zodiac… la descente dans le bleu se passe bien, on vĂ©rifie entre binĂ´mes l’absence de bulles, puis la pression partielle d’O2 et c’est parti pour une superbe plongĂ©e pendant laquelle nous croiserons le chemin d’une magique raie aigle et d’une tortue, nullement dĂ©rangĂ©es par notre prĂ©sence admirative… effet de l’absence de bulles ? La stabilisation, tant au fond que dans la zone des 5 mètres se passe mieux, ainsi que la remontĂ©e.
La seule rĂ©elle difficultĂ© sera pour moi de palmer face Ă  un lĂ©ger courant avec mes palmes chaussantes en 36/37 qui se rĂ©vèlent peu puissantes pour dĂ©placer le volume pas très hydrodynamique que je reprĂ©sente avec un recycleur sur le dos…
35 mètres, 60 minutes, loin du premier palier indiquĂ© par le recycleur mais dĂ©jĂ  12 minutes sur l’ordinateur Ă  l’air. Et une belle plongĂ©e !

De retour sur le bateau, entretien du recycleur et Mika nous annonce avec le sourire une surprise pour le dessert… chouette alors!… Attendez d’abord de voir la surprise nous rĂ©pond-il avec un regard malicieux…. On se regarde avec mon binĂ´me… le doute nous envahit… Et si l’examen Ă©crit prĂ©vu pour le lendemain Ă©tait la surprise… J’ai beau traĂ®ner, l’assiette se vide et le repas se termine…
Et oui, la surprise, c’Ă©tait ça, l’heure de l’examen thĂ©orique a sonnĂ©… Les plongeurs prĂ©sents sur le bateau s’Ă©tirent, baillent, s’allongent et commencent leur sieste. Une partie travaille sa thĂ©orie pour le Niveau 2 (avec bulles !)… et nous voilĂ  assis dans un coin avec des pages de QCM….

Une fois la copie rendue, l’heure du briefing de la plongĂ©e suivante sonne.
Nouveaux exercices : conduite Ă  tenir en cas d’excès d’O2, palier de dĂ©compression (palier de principe) Ă  l’O2, plus la rĂ©vision des autres exercices de la semaine, au grĂ© des plaquettes qui nous seront prĂ©sentĂ©es sous l’eau… c’est la surprise permanente…
Et c’est reparti !
Descente, contrĂ´les, exercices de fermeture de bouteilles, d’excès d’O2, stabilisation Ă  5m, dĂ©co Ă  l’O2, remontĂ©e contrĂ´lĂ©e… tout se passe bien ! MĂŞme les plaquettes que Mika nous montre nous font rire… je vois mon binĂ´me simuler un malaise en voyant une plaquette lui signalant un manque d’O2, je lance un juron amusĂ© en faisant face Ă  la plaquette m’indiquant un problème liĂ© Ă  la fermeture des bouteilles et m’exĂ©cute avec le sourire et immĂ©diatement.
Pendant la plongĂ©e, l’aisance s’amĂ©liore nettement, je me sens dĂ©sormais assez Ă  l’aise pour maĂ®triser mes dĂ©placements et m’approcher au plus près des coraux pour aller observer ici un nudibranche, lĂ  un diodon, une raie ou un poisson clown.

35 mètres, 64 minutes, on commence Ă  remonter quand mon ordinateur Ă  l’air indique 15 minutes de palier, alors que la console du recycleur considère que l’on peut encore rester 35 minutes avant le premier palier… quel avantage de pouvoir profiter ainsi du superbe tombant et du plateau de Panorama Reef sans paliers (mĂŞme si on respectera ensuite l’ordinateur air pour ne pas le mettre en erreur, ça fait travailler la stabilitĂ© Ă  5 mètres !).

Est-ce la dĂ©co Ă  l’O2, les superbes plongĂ©es, le fait de rĂ©ussir les exercices, l’aisance dans les dĂ©placements, le plaisir de se sentir mieux et de profiter des plongĂ©es, la fatigue qui s’est attĂ©nuĂ©e… ???
Cette fois, en rentrant de cette 4ème journĂ©e, tout va bien et mĂŞme l’entretien du recycleur n’est plus si complexe et contraignant… on rince tout Ă  fond avec un produit dĂ©sinfectant, le sourire est bien lĂ , le plaisir de plonger aussi…

Ce soir, journĂ©e de repos sans thĂ©orie… la seule inquiĂ©tude est de se demander si l’examen Ă©crit est rĂ©ussi… mĂŞme si il n’a pas semblĂ© trop difficile, mon binĂ´me et moi divergeons sur plusieurs questions et en avons interprĂ©tĂ© certaines diffĂ©remment…. on discute, on dĂ©bat, on n’est pas d’accord !

 

J5, que du bonheur !
Le vent s’est levĂ©, les conditions ne sont pas propices Ă  la navigation en plein mer, pour le confort de tous, nous resterons dans la baie de Safaga. Qu’importe ! Aujourd’hui, c’est dĂ©cidĂ©, je me sens suffisamment Ă  l’aise pour prendre mon appareil photo et tenter quelques clichĂ©s.
La prĂ©paration des recycleurs se passe idĂ©alement, efficacement, rapidement, je sens que c’est plus fluide, logique, cohĂ©rent…

Formation - Plongée en recycleur

Briefing de cette première plongĂ©e de la journĂ©e: pas d’exercice Ă  proprement parler mais un travail d’autonomie, d’orientation et de communication entre binĂ´mes. Mika n’interviendra plus, il va nous suivre et observer…

Allez, on y va, descente, contrĂ´les, stabilisation, orientation, photos… si ce n’est de la buĂ©e dans mon masque (pĂ©nible, mais le vidage de masque, dĂ©sormais, je maĂ®trise !), plongĂ©e idĂ©ale ! Au bout de 45 minutes, Mika nous signale qu’il remonte et nous laisse seuls, avec comme objectif de faire attention l’un Ă  l’autre, de rentrer au bateau, et de faire une dĂ©co de principe Ă  l’O2. Cela se passe sans encombre, on remonte ravis au bout de 66 minutes de la plongĂ©e qui n’a pas dĂ©passĂ© 22 mètres. Et c’est plus tard que Mika nous avouera qu’il avait continuĂ© Ă  nous surveiller d’en haut… il n’Ă©tait pas reparti au bateau, il nous a bien eus, on n’a rien vu ! Faut pas croire tout ce que disent les moniteurs, parfois, il y a des feintes !

Après l’entretien du recycleur, en attendant le repas, correction de l’examen Ă©crit. Ouf, rien de grave ! 4 erreurs pour moi, 2 pour mon binĂ´me… pas trop mal… . Erreurs expliquĂ©es, comprises.

Après le repas, c’est l’heure de la sieste… mais on n’est plus du tout fatiguĂ©s ! Le bonheur d’une plongĂ©e autonome, la dĂ©co Ă  l’O2 qui nous booste ? Avec mon binĂ´me, on passe dĂ©jĂ  tout le temps de la sieste Ă  envisager les prochaines plongĂ©es au recycleur…

L’heure de notre dernière plongĂ©e de la formation est arrivĂ©e…

Formation - Plongée en recycleur

Au briefing, Mika nous annonce que nous sommes cette fois seuls, autonomes. Il suffira en fin de plongée de se signaler au parachute et le zodiac viendra nous chercher.
Nous prĂ©parons nos recycleurs, partons plonger… que du bonheur ! S’approcher des gobies pour les observer de près avec leur crevette nettoyeuse est dĂ©sormais facile quand on est Ă  l’aise mĂŞme avec la machine sur le dos… 78 minutes de plongĂ©e avant de lancer un parachute… qui se dĂ©tachera de sa corde pour remonter et se promener seul en surface… Lancer du second parachute… et on retrouve le zodiac et Mika dessus en surface… perplexe et inquiet, ayant d’abord rĂ©cupĂ©rĂ© le premier parachute dĂ©rivant sans personne en dessous !

J5+1 semaine
Après une semaine de vacances bien mĂ©ritĂ©e, en croisière au dĂ©part d’Hurghada, le trio de choc du club de Safaga: VĂ©ro, Fred et Mika, nous retrouve Ă  notre retour au port, sur le bateau de croisière. Ils sont passĂ©s pour nous remettre nos diplĂ´mes et cartes de brevet de recycleur. Quel service !!!

 

Conclusion

Que faut-il au départ ?
Cela aurait Ă©tĂ© mieux de commencer la formation en Ă©tant reposĂ©e. Dès le premier jour des vacances, c’est bien fatiguant.
A part cela, ĂŞtre Ă  l’aise dans l’eau, les prĂ©rogatives de dĂ©part (un niveau advanced + plongĂ©e profonde ou un niveau 3 et pour tous, un Nitrox confirmĂ©)… et en avoir envie !
Et le plus important : LE moniteur et LA structure !!!
Ce n’est pas forcĂ©ment simple au premier abord, les recycleurs restent des machines bien spĂ©cifiques avec un soin tout particulier Ă  apporter Ă  leur entretien. Alors il me semble que le choix d’un club sĂ©rieux et mĂ©ticuleux, et d’un moniteur compĂ©tent et rassurant est encore plus important que pour les formations aux niveaux de plongĂ©e « avec bulles ».
Le choix que nous avons fait s’est rĂ©vĂ©lĂ© idĂ©al, une mer chaude, des conditions de plongĂ©e variĂ©es (permettant Ă  la fois des plongĂ©es Ă  faible profondeur et de superbes tombants, des conditions faciles sans courant et des courants un peu plus modĂ©rĂ©s) et un encadrement particulièrement compĂ©tent, attentif et prĂ©venant.

Mais revenons Ă  ma question du dĂ©part…
Finalement, cette idĂ©e que l’on se fait de la plongĂ©e tek, de ce monde d’initiĂ©s d’hommes (des hommes, des vrais, velus, rambos, tatouĂ©s…), parlant un langage codĂ©, inaccessible, chargĂ©s de kilos de matĂ©riel spĂ©cifique, entourĂ©s de bouteilles,… qu’en est-il ? Cette image s’applique-t-elle forcĂ©ment au monde de la plongĂ©e recycleur ? Une femme (ou un homme !) plongeur loisir y a-t-il sa place ?

Lors de cette première phase de dĂ©couverte du recycleur, point de mecs machos, Ă©levĂ©s aux hormones ou gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s. Des guides de plongĂ©e bouteille qui prennent plaisir Ă  la plongĂ©e en recycleur, un instructeur dont le gabarit n’est pas celui d’un culturiste mais d’un homme sexy et avenant…

Certes, en tant que femme, on ne joue pas Ă  soulever Ă  bout de bras le recycleur… mais les hommes non plus, puisque l’entraide est de mise pour dĂ©placer et entretenir les machines. La coopĂ©ration, le binĂ´me, la tĂŞte et l’attention sont bien plus importants que la force. Et que ce soit pour s’Ă©quiper ou se dĂ©sĂ©quiper, il y avait toujours sur le bateau, outre le binĂ´me de plongĂ©e et le moniteur, plein de personnel pour faciliter cette Ă©tape. En outre, le recycleur que j’avais ne faisait « que » 24 kilos. Avec le gilet, bien enveloppant et la bonne rĂ©partition du poids de l’ensemble, ce n’est pas plus dĂ©stabilisant que le poids d’une bouteille sur le dos.

Et sous l’eau, la force physique est-elle indispensable ?
A ce stade de ma formation, je dirais oui et non…
Non car comme pour tout plongeur en bouteille, l’important reste de connaĂ®tre son matĂ©riel, de maĂ®triser la technique qui est enseignĂ©e lors de la formation et de pratiquer, plonger et plonger encore pour acquĂ©rir plus d’aisance et gĂ©rer sa flottabilitĂ©. La technique de plongĂ©e, d’Ă©quilibrage, de palmage, sont bien plus importants que la force physique des jambes qui mènera immanquablement Ă  consommer plus et Ă  s’essouffler !
Un petit oui quand mĂŞme… Comme le plongeur en bouteille confrontĂ© au courant, il est parfois nĂ©cessaire de pouvoir malgrĂ© tout se dĂ©placer en produisant un effort ponctuel, par exemple pour descendre Ă  l’endroit planifiĂ© sans dĂ©river, contourner un rĂ©cif ou rejoindre le bateau. Et lĂ , avec le volume du recycleur sur le dos, j’ai nettement senti la diffĂ©rence. Certes, lors de ma confrontation Ă  un faible courant de face, ma technique Ă©tait (et est encore) loin d’ĂŞtre optimale. En outre, mes palmes (rose s’il vous plait !) en taille 36/37, bien que suffisantes par courant modĂ©rĂ© en plongĂ©e bouteille, s’Ă©taient dĂ©jĂ  rĂ©vĂ©lĂ©es insuffisamment puissantes en cas de courant plus important. Cette fois, en recycleur, elles ont montrĂ© leurs limites et c’est un aspect auquel il faudra que je remĂ©die.

Et alors, c’est quoi les avantages ?
â–Ş Ce qui m’a marquĂ© en premier lors du baptĂŞme fĂ»t le silence. Lors de la formation, on s’y habitue vite mais on s’en rend Ă  nouveau compte en croisant les bruyants plongeurs Ă  bulles. Ma première forte impression de silence fĂ»t le premier tombant en recycleur. Le tombant d’un cĂ´tĂ©, le grand bleu de l’autre, la sensation liĂ©e Ă  l’absence de bruit au milieu de tout ce bleu donne le vertige, c’est beau, impressionnant, enivrant, indescriptible.
â–Ş Ensuite vient la possibilitĂ© d’approche de la faune. Certaines espèces comme les anguilles jardinières semblent plus sensibles aux vibrations et repèrent donc l’arrivĂ©e du plongeur, mĂŞme en recycleur. Cependant, il m’a semblĂ© malgrĂ© tout que l’approche Ă©tait plus facile et elles ressortent plus vite si on reste immobile. D’autres espèces comme les bancs de poissons flĂ»te ou de cochers se laissent aisĂ©ment approcher et on peut s’immobiliser au milieu de groupe sans les effrayer, c’est magique ! Une raie aigle est venue nous frĂ´ler, une tortue s’est approchĂ©e pour nous inspecter. Les gobies, Ă  l’affut devant leur trou et prĂŞts Ă  signaler le moindre mouvement suspect aux crevettes qui les accompagnent se laissent observer de près. J’espère lors de mes prochaines plongĂ©es pouvoir ramener des photos de proximitĂ© de toute la faune que je n’avais jusqu’Ă  prĂ©sent pas pu inspecter Ă  loisir. Je n’ai pris que peu de photos durant cette semaine de formation, n’ayant ressenti l’aisance suffisante pour me dĂ©placer efficacement sans risque d’endommager l’environnement en voulant photographier que le dernier jour de la formation… ce sera pour une prochaine fois…
â–Ş Autre avantage non nĂ©gligeable et particulièrement important pour une frileuse comme moi : la chaleur ! Je n’ai pas ressenti de froid lors de cette semaine en recycleur, alors mĂŞme que fatiguĂ©e et donc plus sensible au froid. Était-ce la concentration due aux exercices et Ă  l’attention de chaque instant sur la technique ? Ou dĂ» Ă  cet air doux, chaud et humide que l’on respire avec un recycleur ? Peut-ĂŞtre les deux, mais sans aucun doute quand mĂŞme en grande partie liĂ© Ă  l’air respirĂ©, me confirme notre instructeur Mika. J’ai d’ailleurs pu voir la diffĂ©rence la semaine de plongĂ©e suivante avec bouteilles en retrouvant les frissons de fin de plongĂ©e.
▪ Et la durée de plongée « illimitée » souvent évoquée comme avantage ?
Bien-sĂ»r, ce n’est pas nĂ©gligeable, mĂŞme si une faible consommatrice comme moi pouvant rester bien au delĂ  d’une heure avec une bouteille de 12 litres n’y voyait pas au premier abord un atout majeur. C’est surtout lors d’une plongĂ©e sur un superbe plateau entre 30 et 40 mètres que l’intĂ©rĂŞt du recycleur s’est rĂ©vĂ©lĂ©. Portant au poignet droit un ordinateur « air », un bon vieux petit gris (Aladin), il m’affichait dĂ©jĂ  13 minutes de palier. A mon poignet gauche, la console du recycleur me laissait encore 50 minutes de plongĂ©e avant palier. Confort incomparable pour visiter un tombant, un plateau un peu profond, une Ă©pave dans la zone des 40 mètres sans la limite des paliers et de la taille de la bouteille !
â–Ş Je ne vous dĂ©taillerai pas ici l’avantage de la profondeur, un niveau 2 en recycleur Ă©tant nĂ©cessaire pour descendre au delĂ  de 40 mètres… ce sera peut-ĂŞtre pour un prochain compte-rendu…
â–Ş Et cĂ´tĂ© fatigue ? MalgrĂ© l’Ă©puisement liĂ© Ă  la formation et au manque de repos avant d’entreprendre cette formation, l’absence de besoin irrĂ©pressible de sieste s’est fait ressentir dès le 3ème jour, et encore plus les jours suivants suite aux exercices de dĂ©compression Ă  l’O2 lors des paliers. MĂŞme plus fatiguĂ©e, en forme pour la plongĂ©e suivante, super !
â–Ş J’ai trouvĂ© aux plongĂ©es au recycleur un autre avantage qui m’est propre, mais qui concernera peut-ĂŞtre certaines et certains d’entre vous : les oreilles… je m’explique, je suis souvent sujette Ă  de lĂ©gers barotraumatismes et petites otites externes. Avec des bouteilles, on utilise aisĂ©ment le poumon ballast, on passe au dessus des Ă©ventuels obstacles avant de redescendre, on fait spontanĂ©ment plus de variations de niveaux, ne serait-ce que de quelques mètres. Avec un recycleur, le poumon ballast n’existe pas, on contourne les obstacles plutĂ´t que d’utiliser (gaspiller Ă  l’extĂ©rieur du recycleur) le gaz pour monter (en purgeant) ou descendre (en regonflant), on a donc un profil de plongĂ©e plus stable… et du coup, mes oreilles ont Ă©tĂ© moins agressĂ©es lors de cette semaine que lors de la suivante en plongĂ©e bouteille !

Des avantages, des avantages, encore des avantages…. mais il doit bien y avoir des inconvĂ©nients ?
Oui, comme précisé précédemment, il y a quelques inconvénients :
â–Ş D’abord la formation et son coĂ»t, supĂ©rieur au passage d’un niveau… quoique vu le matĂ©riel utilisĂ© et le nombre très limitĂ© d’Ă©lèves par formateur (dans notre cas 2, ce qui semble, sauf cas particulier, le maximum acceptĂ© par le club), je n’ai pas trouvĂ© les tarifs dĂ©raisonnables.
â–Ş Ensuite l’attention, le soin, le temps consacrĂ© Ă  prĂ©parer et entretenir la machine… mais lĂ  encore, rapportĂ© aux durĂ©es de plongĂ©e rĂ©alisables, cela ne semble pas dĂ©mesurĂ©.
â–Ş Puis le matĂ©riel et l’enseignement. Il faut trouver un club et un encadrement fiables, sĂ©curisants, ayant un matĂ©riel entretenu sĂ©rieusement, rĂ©visĂ© et traitĂ© avec soin. Le coĂ»t d’acquisition du matĂ©riel, de rĂ©vision, et son utilisation courante (chaux, gonflages…), me laissent penser qu’Ă  moins de pouvoir plonger Ă  loisir très rĂ©gulièrement, sa location est une option moins contraignante.
â–Ş Sous l’eau, comme Ă©voquĂ© prĂ©cĂ©demment, il faut (comme pour les premiers pas d’un plongeur bouteille), une pĂ©riode d’adaptation et gĂ©rer quelques contraintes supplĂ©mentaires (surveillance des gaz respirĂ©s, dĂ©placements un peu moins aisĂ©s…)
â–Ş Et puis surtout en ce qui me concerne, il y a Ă  ce jour le faible dĂ©veloppement du recycleur de loisir. On n’a dĂ©jĂ  pas toujours l’occasion lors de nos voyages plongĂ©e de profiter de plongĂ©es au Nitrox, le nombre de clubs proposant des dĂ©compressions Ă  l’O2, des formations ou locations de recycleurs est encore plus rare… Mais il me semble que j’en entends de plus en plus parler. Un bateau aux Maldives propose des baptĂŞmes recycleur. En Mer Rouge, des clubs s’Ă©quipent, des bateaux de croisière s’ouvrent aux plongeurs plus « tek » en proposant des plongĂ©es avec dĂ©compression Ă  l’O2, en acceptant les recycleurs, des croisières dĂ©diĂ©es aux plongeurs en recycleur sont prĂ©vues…

Mon avenir en recycleur après cette expérience ?
J’envisage l’annĂ©e prochaine une semaine pendant laquelle il est prĂ©vu de rĂ©viser l’ensemble de la formation et d’aborder l’hĂ©lium via un complĂ©ment de formation (Recrational Trimix IANTD) recycleur loisir permettant de plonger Ă  50 mètres. Ensuite, une semaine complĂ©mentaire de recycleur pour plus de pratique et d’aisance. Mon objectif est de profiter du recycleur lors d’une croisière en Mer Rouge pour aller visiter un peu plus les tombants et Ă©paves…
Et après ?
Le niveau 2 de recycleur (diluant Helium) est accessible Ă  partie de 25 Ă  50 h (dĂ©pend des organismes de formation) de plongĂ©es recycleur… A ce stade, cela me semble encore bien loin et ce qui comptera ne sera pas tant le nombre de plongĂ©es mais l’aisance, la technique acquise, l’envie de poursuivre plus profond…

Le recycleur, pour quoi ? Pour tous les éléments positifs cités ci-dessus, pour profiter à loisir de l’environnement sous marin encore plus intensément.
Pour qui, pour moi aussi ? Oui, pour tous, mĂŞme pour une plongeuse en eaux chaudes, lente, contemplative.
Le seul conseil que je puisse donner, c’est allez-y, essayez…
Mais attention, comme pour la plongée des « bulleux », risque important d’addiction…

Texte et photos : Valérie alias « Manta »




11 réponses pour “Recycleur … je me lance !”

  1. Salut Valérie,
    Une bien belle expĂ©rience qu’est celle de la plongĂ©e recycleur.
    J’ai Ă©galement fait une formation sur Evolution il y a quelques mois dĂ©ja et suis bien conscient que plonger sur ces machines demande tout de mĂŞme une certaine rĂ©gularitĂ© dans la pratique.
    Donc pour la plongée recycleur deux otptions :
    Avoir un club a proximitĂ© de chez soi qui propose la location ou bien acheter sa machine (qui n’est pas encore a la portĂ© de toutes les bourses).
    Concernat le poids de l’Ă©volution, ton moniteur t’as annoncĂ© 24kg? Je ne l’ai pas mis sur la balance mais cela me semblait bien plus lourd qu’un 15L.
    Perso j’avais 2/3kg de plombs pour le lestage et j’aurais plutot dis 27/28kg.
    +++
    Phil.

  2. Et oui, quelle expérience!
    HĂ©las pour la rĂ©gularitĂ© de pratique, pour l’instant, ce ne sera que lors de vacances plongĂ©e… et encore, certaines vacances… ce n’est pas encore très rĂ©pandu…
    Mais je suis bien consciente qu’une sĂ©rieuse rĂ©vision sera nĂ©cessaire avant chaque reprise du recycleur, surtout Ă  mon faible niveau, Ă  ce stade, je n’envisagerais pas de plongĂ©e autonome sans instructeur… Ă  part peut ĂŞtre des plongĂ©es faciles en fin de sĂ©jour avec un binĂ´me de toute confiance. Mais cela ne gâche en rien l’envie de recommencer et de continuer. si dĂ©jĂ  je peux faire 20 ou 30 plongĂ©es CCR par an, je sera ravie!
    Pour le poids, j’ai trouvĂ© ça tellement lourd et volumineux, que je n’ai pas cherchĂ© Ă  peser!

  3. Merci Valérie pour ce vécu partagé avec tant de plaisir.
    A consulter aussi en complĂ©ment, un podcats d’Aldo Ferrucci :
    http://www.plongeur.com/magazine/2010/02/09/immersion-aldo-ferrucci-les-recycleurs/

  4. Oui, c’est bien ce que je pensais… il t’as dit 24kg pour que tu ne le trouves ca pas si lourd…;-)
    Dans l’eau on supporte très bien mais une fois sur terre, je n’irai pas “courrir un marathon”avec un Evolution sur le dos ;-)
    +++
    Phil.

  5. Retour d’expĂ©rience très intĂ©ressant…. Merci pour ce partage.

  6. Sur terre, par chance, il existe la solidaritĂ© et galanterie masculine!… faudra quand mĂŞme que je pèse la prochaine fois!
    Heureusement que c’est moins lourd dans l’eau… le soucis c’est que c’est très volumineux, le dĂ©placement en est d’autant plus difficile quand on manque de puissance dans les palmes! avec de nouvelles palmes plus fermes et de la pratique, une meilleure stabilisation, j’ai confiance, ça va s’amĂ©liorer!

  7. Merci ValĂ©rie de nous faire partager cette “expĂ©rience” fabuleuse de plonger “sans bulles”
    Cela me comforte dans mon idĂ©e de poursuivre en passant l’Advanced avec les spĂ©cialitĂ©s nĂ©cessaires pour que je puisse me lancer ensuite dans la plongĂ©e avec recycleur.
    Je connais dĂ©jĂ  cette sensation de plĂ©nitude, de zĂ©nitude en plongeant en apnĂ©e(en eaux chaudes…c’est top, moi aussi je suis frileuse!) l’approche de dauphins, tortues, raies aigle ou pastenague, il n’y a que le baliste bleu que g du mal Ă  approcher! la plongĂ©e “avec bulles” ne permet pas d’ĂŞtre si proche de la faune ss marine, mĂŞme si je ne consomme pas bcp d’air, on a parfois du mal Ă  Ă©couter ce monde du silence, par contre, bcp plus simple pour utiliser mon caisson Ă©tanche et prendre le temps de faire des photos! ;-)
    La mer rouge est merveilleuse, chacun de mes voyages en Egypte a Ă©tĂ© un enchantement, si en plus, certains clubs commencent Ă  faire dĂ©couvrir la plongĂ©eloisir en recycleur, alors lĂ …trop top!!!!!!!
    Merci en tout cas pour toutes ces infos

  8. Je suis ravie d’avoir pu partager cette expĂ©rience, tu as un maximum d’infos pour te lancer (dont les formations Ă  passer), et si besoin, n’hĂ©site pas Ă  me contacter. Qui sait, on se croisera peut ĂŞtre sans bulles en Mer rouge…
    Pour un baptĂŞme, un Open Water suffit… tu peux essayer… ça motive!

  9. Valerie c’est toujours un plaisir de lire tes experiences, c’est le roman de tes vies sous l’eau, je vais certainement tenter une semaine en novembre si la date convient a Mika.

    Bises

    Richard

  10. Merci Richard, j’espère que tu y prendras autant de plaisir que moi… car je trouve cela de plus en plus intĂ©ressant… et un peu de pratique supplĂ©mentaire amĂ©liore nettement l’aisance.

    Ce n’Ă©tait qu’un commencement, et un an après, voilĂ  la suite de mes aventures, en cours de rĂ©daction: http://www.plongeur.com/forums/showthread.php?t=54029

  11. vraiment sympa… j’avais dĂ©jĂ  envie d’essayer mais maintenant je pense vraiment y aller.
    merci

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