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Découverte de Faka derrière le masque de Nicolas Bernard (chef de base Topdive à Rangiroa)


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Après avoir fait la tournée des plus beaux spots des Caraïbes, de l’océan Indien et de l’Atlantique, Nicolas Bernard a décidé de poser sa stab en Polynésie en 2005. Tombé amoureux du “mana”, l’esprit, le pouvoir sacré de la Polynésie, Nicolas n’en décolle plus. Heureux aussi bien sous l’eau que sur terre, pour lui, le paradis du plongeur, c’est ici.

Photos © Francisque PROTCHE et Frédérique LEGRAND

Justement, nous avons demandé à Nicolas de nous raconter deux souvenirs de plongée marquants, de ceux qu’on n’oublie pas et qui incarnent vraiment les expériences que l’on vient chercher dans les eaux polynésiennes (lire son premier récit ici). Pour cette seconde immersion, Nicolas nous fait vivre une de ses « plongées sunset » favorites. Du grand spectacle !

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« Avec 1,6 km de large, la passe nord de fakarava compte parmi les plus larges du monde. Des plus dynamique, aussi… avec des accélérations de courant pouvant atteindre une dizaine de nœuds ! Impossible de se mettre à l’eau en faible profondeur, sur les côtés de la passe : on est obligé de plonger directement dans le bleu, sur la marche de la passe située à la limite des 30 mètres, avant de trouver un canyon abrité pour goûter à toute la richesse du spot en toute tranquilité. Sans quoi on se retrouve à l’intérieur du lagon en moins de 10 minutes ! Pour éviter cela, on offre à nos clients la possibilité de plonger à l’étale : peu de courant, une eau crystaline… et une densité de poissons extraordinaire !

L’étale, ou le moment « m »

Le moment de l’étale dure vraiment quelques minutes. Certains jours, si tu arrives 10 minutes trop tard, cette plongée devient impossible. On lit la table des marées et on sait exctement quand il faut décoller. À l’étale, on a le temps de se balader le long du récif, pendant 150-200 mètres. On est au début de la marée montante, le courant est faible et la plongée super accessible, même pour des gens qui n’ont pas une expérience énorme.

À ce moment là, je suis à Faka depuis quatre ans déjà et jusqu’à ce jour, on avait toujours plongé relativement tôt, par précaution, car nous n’avions qu’un seul bateau à l’époque. Quand nous arrivons sur zone ce jour là, nous avons pris un léger retard : la marée s’inverse déjà et l’eau devient très claire avec le courant qui commence à rentrer dans la passe nord de Faka. On descend au dessus du tombant, le courant est encore à peine perceptible…

Le safari commence !

Avant même d’entamer la descente, des millions de petits chinchards, occupés à gober l’abondant plancton porté par le courant tournoient autour de nous. Quelques mètres plus bas, on se sent comme enveloppés par eux. Depuis les 20 mètres jusqu’à la surface, ils sont partout et, surtout, tout proches de nous, nous offrant de superbes images. À l’intérieur, patrouillent les thons et les carangues qui essaient, en escadrilles, de les isoler : ça chasse de toute part. Imperturbables, les requins gris, maîtres de la passe, se laissent tranquillement déparasiter. A la bascule de la marée ils sont très nombreux, formant un vrai tapis roulant qui balise la passe, en compagnie de quelques pointes blanches de lagon.

On longe le tombant, on observe un bancs de fusillers. On est au sunset, à la fin du sortant et cette conjoncture particulière nous offre une activité exceptionnellement dense. Avec la palanquée, on reste accroché au récif pour admirer le spectacle des chasses, les caméras tournent à plein régime… Il n’y a pas de mot pour décrire un tel spectacle ! Puis on se laisse dériver à l’intérieur de la passe, dans une eau particulièrement claire…

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Dans les canyons de Faka

À quelques coups de palmes de là, une espèce de canyon suit la pente externe, à une trentaine de mètre du tombant, Sur notre route, des mulets jaunes fluos très photogéniques, en blocs très compacts offrent de superbes contrastes avec le bleu pure de l’eau. En apnée, on rentre quelques secondes à l’intérieur des bancs de poissons chèvres (les surmulets mimétiques). Ils forment une jolie boules de 4 mètres de diamètre tournoyant comme s’ils n’étaient qu’un.

Dans le canyon, on observe des pointes blanches de lagons dans les surplombs, comme s’ils se protégeaient du soleil ou des prédateurs. Autour, veillent les éternels rougers et des vivanos, toujouts à l’affût.

On évolue au ras du sol, planqués par des petits cratères d’1,50 mètre qui nous protègent du courant. On arrive à la hauteur des twins, deux tours d’une quinzaine de mètres de haut.

Au plus près de la chasse, et pour cause…

Et là, phénomène étrange, on observe une activité intense. Déboule un banc de petits poissons chassés et deux ou trois qui se retrouvent en queue de pelloton, fatigués, pourchassés par une dizaine de requins, puis une vingtaine, qui excités les vibrations affolés des petits poissons.

Anton est aux avants-postes. Les requins sont comme attirés par l’objectif de son appareil photo. Originaire D’Allemagne, il est venu à Fakarava pour enrichir le site internet qu’il vient de créer, tout entier dédié aux requins… En mode rafale, il canarde, heureux… Il est très difficile de photographier les requins de près sans feeding, même s’ils ne sont pas très craintifs aux Tuamotu. Là, il exulte !

Captivé après la scène, il ne s’est en fait pas rendu compte qu’un petit poisson blessé tournait autour de sa stab, planqué sous son aisselle ! Je m’en apperçois et, en deux coups de palme, je m’approche de lui et je pousse le poisson d’un geste de la main, pour éviter tout incident. Non sans m’excuser auprès du poisson blessé, qui est dévoré à pein deux mètres plus loin !

Depuis ce jour, on a décidé de reproduire ces plongée sunset à l’étale, où l’activité est décidément plus dense que pendant la journée. J’ai revu ce plongeur, qui continue à sillonner le monde qui m’a confirmé que, ce jour-là, il avait pris de superbes photos…

Faka, c’est vraiment l’endroit où on trouve une ambiance intense et géniale pendant toute la durée de la plongée, 50 minutes.

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Photos © Francisque PROTCHE et Frédérique LEGRAND




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