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Cléo à Bornéo : CR en mots, photos et vidéos

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  • Cléo à Bornéo : CR en mots, photos et vidéos

    Voilà quelques temps, je me suis jointe à votre communauté, en toute discrétion. Revenue d'un périple malaisien, je me propose de vous faire partager mon expérience. Expérience peu commune s'il en est ! Mais, ayant déserté la salle « présentez-vous », j'aimerais corriger ce défaut de courtoisie, avant de vous narrer mes aventures.

    Je m'appelle Cléo. Cléo de Gepetto.

    Une veille Demoiselle qui taira par cabotinage - vous me pardonnerez cette facétie - le nombre de ses ans. Cela n'a d'ailleurs aucune importance, le jour essentiel de ma vie, ma véritable naissance, aux yeux du Monde entier, c'était le 7 février 1940 -Mon Dieu, déjà !- date bénite de mon apparition sur les grands écrans Hollywoodiens. En cette soirée d'hiver Californien, était fixée la grande première d'un film où je tenais le premier rôle féminin, grâce à Walt, qui fit un montage de notre vie familiale, sous forme de fiction. Ah ! Quelle nuit ! Quel tourbillon de flashs, d'interviews. « Pinocchio » fît à l'époque un véritable ravage. Plus tard, je tins encore le feu de la rampe dans quelques cours métrages, partageant la vedette avec ce trublion de Figaro.

    Mais la vie de Star réserve des déconvenues. La vie agréable et paisible connue au retour de mon grand-père adoré et de sa pantomime de fiston, sortis indemnes de la gueule de Monstro, n'a guère duré. Gepetto n'a pas vu venir l'avènement des jouets en plastique made in China. Sa bogeta est tombée en faillite. Gepetto ruiné, Pinocchio a de nouveau succombé à l'appel de la déraison lancée par ce vilain de Grand Coquin et a rejoint sa clique. Celui-là était devenu mafieux de grande envergure, affilié au cartel de Medelin. Mon pauvre vieux n'a pas supporté la déchéance de sa marionnette humanoïde, junki notoire déambulant sur Hollywood boulevard.

    Figaro a pris la tangente, après des années de patience et d’abattement. Décidé à rejoindre notre Italie natale, il s'est pour autant arrêté au bord de la Riviera, dans une villa de charme, dotée d'une piscine bordée de chaises longues colorées. Il accepte depuis lors la présence d'une co-propriétaire. Une certaine Mare Nostrum. Pour tout vous confier, apeurée par la longue fugue de Figaro, j'avais confié une enquête à l'inspecteur Gadget, qui a retrouvé la trace de cette M. N. via P.Com.. Et c'est ainsi que j'ai découvert le site. Rassurée sur le sort de mon Figaro adoré, je suis restée me promener ici. Les mots, les photos, les vidéos m'ont convaincue d'une chose : je devais quitter mon bocal pour gagner les océans. Revenir aux sources. Retrouver mon élément. C'est chose faite ! Et j'aimerais vous faire partager quelques souvenirs. Pour tous vous remerciez d'avoir permis à la vieille Demoiselle que je suis d'avoir retrouvé les siens et l'essence même de sa vie.

    Mon choix s'est porté sur la Mer des Célèbes. Cette destination me fût recommandée par un voisin asiatique, Chang, poisson phare de l'aquarium du resto chinois du quartier. Celui-ci certifiait pouvoir me recommander auprès d'un de ses cousins, un mandarin installé non loin de Sipadan sur une des îles proches du site redécouvert par Cousteau : Mabul.
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  • #2
    Avant de gagner la mer des Célèbes, je rejoins la Malaisie via la compagnie aérienne nationale. Hors de question pour moi de traverser les océans après tant d'années à faire des bulles en rond, dans un milieu restreint, avec pour seule échappatoire les reflets déformés de Wild Life Channel sur le verre de mon bocal. Jadis taillée pour l'aventure hollywoodienne, désormais décidée à plonger dans le grand bain, je confesse aisément ne pas avoir le profil des grands pélagiques ! J'apprécie encore le confort de mon bocal qui m'apporte une assurance tout risque face aux dangers de la vie sous-marine.
    Après un long voyage, le Sabah est là. Je délaisse rapidement Kota Kinabalu, ses marchés diurnes et nocturnes - ou les humains ravis se délectent devant d'affreux stands mortuaires de poissons grillés - ses enfilades de centres commerciaux, sa longue promenade côtière et ses villages de pêcheurs alentours. Je préfère m'envoler vers Lahah Datu, petit aéroport intérieur. De là, je gagne la forêt primaire en 4x4, véhicule du Démon mené par un chauffeur par trop enthousiaste qui manque à chaque virage, à chaque ornière, de faire renverser la moitié de l'eau de mon aquarium ou de me décoller la vessie natatoire ! Quel périple mes amis... Mais quelle joie de m'enfoncer toujours un peu plus dans la forêt primaire. Striée de fleuves à l'eau chargée et marron bien peu tentatrice, la "Rainforest" est diablement attirante. La végétation est abondante, dense, luxuriante, protectrice. Dans ses bras verdoyants, Dame Nature cache un monde animal d'une variété absolue. Bien que très éloignée des mers, me voilà ici bien avantagée par ce climat à l'humidité affirmée. Les rares bipèdes égarés ici semble moins apprécier ! Protégée par mes écailles, je leur laisse entière priorité sur les morsures des moustiques et les succions répugnantes des sangsues. Cette espèce humaine est d'ailleurs des plus étranges. Tribu de "regardeurs d'oiseaux", ils se distinguent par une excroissance en forme de chaussette fermement lassée au dessus du genou, un cou cassé, des yeux proéminents prolongés de longues vues, de jumelles ou de zooms gigantesques. Franchement, ceux-là suscitent autant l'étonnement que la faune sauvage.
    Quelques jours ici me permettent de rencontrer lézards, tarentules et écureuils divers, de tomber nez-à-nez avec des familles de macaques, de suivre d'arbre en arbre les bascules acrobatiques et fluides d'un couple de gibbon funambule avec leur fiston, de veiller sur une maman orang-outang et son petit, à l'heure de la sieste dans les hauts de la canopée, de partager un brunch végétal avec une de leur jeune cousine. Je me suis, en revanche, bien plus méfiée d'un gros lézard monitor, aussi gros que certains dragons de Komodo, mais aussi de Drogba, gros mâle "pink tail" macaque, qui roule des mécaniques comme un joueur de foot. Sa notoriété ne dépassant guère les environs du Rainforest Lodge, ce pauvre garçon, aigri, solitaire et poilu, en devient incroyablement agressif.
    Grâce à l'ambiance saturée d'eau, je m'offre même quelques instants hors de mon bocal portatif pour ramener quelques clichés souvenirs.





    Déjà séduits ? Attendez encore, car je ne vous ai pas parlé des hauts de la forêt, la canopée si magique qui m'a fait frémir les écailles d'émerveillement - oui, difficile pour moi d'utiliser cette étrange expression à la mode "ça m'a foutu les poils" -.
    Près du Rainforest Lodge, un réseau de passerelles suspendues dans les airs permet d'en profiter à toutes heures, à condition de ne pas souffrir de vertige...










    C'est là que j'ai rencontré aigles et calaos, ces géants des airs au long bec casqué.
    Tant d'émotions méritent bien de récupérer quelques instants dans les salons zen du lodge :



    La nuit, je me laisse bercée par les chants des grenouilles et les mélopées mécaniques des insectes. Le silence n'est pas de mise ici. Le noir installé, la voûte céleste est ici incroyablement belle et la nuit, propice aux visions fugaces de civettes ou de chats léopard ou de semnopithèques rubiconds endormis.

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    • #3
      Quelques images vous feraient-elles plaisir ??


      La canopée brumeuse au petit matin :




      une jolie petite habitante :




      Papa Gibbon de Bornéo :




      le même funambule :



      une jeune femelle orang-outang :



      un couple de calao rhinocéros :



      L'un des deux rattrapant l'autre :




      Auriez-vous eu le vertige ?



      Dans ce cas, revenez sur terre :




      Mais faîtes bien attention à vous !!

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      • #4
        Loin d'être rassasiée, je quitte pourtant la forêt primaire pour une nouvelle destination, les bords du fleuve (Sungaï) Kinabatangan, à la recherche des éléphants et des crocodiles. Dans ses conditions, où le danger est réel, je m'installe quelques jours au bord d'un joli lac, paisible et retiré, ancien méandre du fleuve. Quelque peu menacé par des algues vertes asphyxiantes, le lac-fleuve fleure bon, les algues étant contenues dorénavant par une intervention humaine de bonne aloi. Mais là encore, une surprise inattendue me prive de longues baignades. D'abord, je l'ai confondu avec un serpent avançant près de la rive opposée, portant la tête hors de l'eau, tel le télescope ondulant d'un sous-marin. Le monstre du loc ness aurait-il déménagé ?? Après une observation pleine de méfiance, j'identifie cette étrangeté comme un "anhinga", vérité peu rassurante. Cet oiseau se révèle être un chasseur redoutable et un goinfre jamais rassasié. Les aigles marins et autres martin-pêcheurs me feront garder le lit de mon bocal avec prudence, avec quelques sorties pour satisfaire à mes envies de nouvelle bird watcheuse :



        Pour autant, rien ne saurait me priver des croisières sur le fleuve, embarquée sur une pirogue, pour me régaler encore de la faune sauvage.



        Au menu des observations : macaques, semnopithèques à franges (silver leaf monkey) et nasiques, singes disgracieux s'il en est: nez et panse proéminents ne leur donne pas l'allure des bellâtres de la forêt ! Ils n'en semblent guère sans faire, il faut dire qu'ici, il en faut peu pour être heureux !
        Malheureusement pour moi, les éléphants sont descendus plus bas, dans la vallée, mais heureusement, je n'ai pas eu à croiser les mâchoires voraces de quelque crocodile que ce soit! Mais les singes et les calaos sont, eux, bien au rendez-vous.

        Au plus près de la faune, dans un habitat "éco" qui mérite bien son nom - si la forêt ici est secondaire, ce sont les conditions de vie qui sont primaires - cet endroit me permet de faire une halte au cœur d'un village voisin. Le sens de communautaire n'est ici en rien dévoyé. Je continue mes rencontres, avec les enfants du village, dont certains ne cachent pas leur surprise.



        Rencontres étonnantes, épiques et parfois remuantes, ce diablotin, une fois remis de sa première surprise, m'entraîne sans réellement me laisser le choix, dans un rock malaisien acrobatique décaillant !

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        • #5
          Quelques nouvelles vues du Kinabatangan :

          Le lac, sans les jumelles :



          En avant pour une croisière en pirogue :



          Quelques jeunes nasiques mâles en pleine digestion :



          Un couple de nasiques :



          Quelques macaques :






          et des calaos (rhinocéros et charbonnier) :





          Un lézard monitor en pleine grasse matinée :

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          • #6
            Il est temps pour moi de quitter ces terres sauvages pour rencontrer le cousin mandarin de mon voisin. Quelques heures de bus, un arrêt sous la pluie de Semporna - loin, très loin du marché aux poissons - et je vogue vers Mabul.
            Retrouver le cousin mandarin ne va pas être une sinécure, mon voisin n'ayant pas été très prolixe en terme de détails. Sur quel site le trouver ? Sur quel récif ? Dans quel corail ? Ma quête commence ici et me donne l'occasion d'une première immersion à la rencontre des poissons, les vrais, les sauvages, ceux qui connaissent la mer, les marées et ne risquent pas de tourner maboule dans un coin d'aquarium en s'écriant à tout va "les bubulles, les bubulles !!!".

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            • #7
              Pour cette grande première, je saute de mon bocal dans les eaux de Paradise I, à Mabul. L'eau est un rien chargée de grains de sable et le ménage ne semble pas toujours fait de manière impeccable. Rapidement, je trouve quelques clowns noirs sellés de bandes blanches peu bavards et un gros syngnathe brun bien méfiant. A quelques mètres, un bel hippocampe à la robe sombre et à l’œil irisé tend à me tourner le dos. Décidément, l'eau est chaude, mais l'accueil est bien froid !
              A la recherche de quelques indics, je trouve deux tortues posées sur un long filet de pêche sombré depuis belle lurette. La taille de l'une d'elle est impressionnante et j'hésite à les aborder. Un peu plus loin, un bateau de plongée a terminé sa carrière ici, en se prenant pour un de ses invités. Fausse donne. Trop lesté, le bateau y est resté et offre maintenant un reposoir pour trois autres tortues. Une arrive, la carapace rayée de deux rémoras. Elle entame un virage pour déloger la tortue installée sur les anciens cordages du toit. Elle ouvre un bec féroce, croque sauvagement le museau de l'occupante des lieux et la déloge aussitôt de manière fort malotrue. Une grosse seiche, le dos marqué d'une tache noire, traine autour de l'épave. Un groupe de calamar se tient en suspension au-dessus. La tortue SDF revient, dans l'espoir vain de recouvrer sa place. Elle me frôle au passage -et m'envoie tourbillonner- avant de recevoir une nouvelle morsure de sa concurrente déloyale. Elle s'enfuit, les nageoires molles, dépitée de tant d'injustice.
              En moins de 30 minutes, je suis confrontée à la réalité du monde sous-marin, où, ici comme ailleurs, les petits sont plein de méfiance et les gros, plein d'arrogance. En fait, le danger est partout : j'ai ressenti une belle frayeur devant mon premier serpent rayé, connaissant la force de son redoutable venin. Avant de découvrir qu'il s'agissait en fait d'un demi serpent. L'autre moitié était en phase de digestion dans une anémone gourmande... Il faut se méfier de tout : me voilà fixée !
              Je continue mes déambulations vers une structure métallique bien étrange. Sous l'enchevêtrement curieux, derrière des barbelés de corde, un petit groupe de platax se tient là, sans oser poindre le nez dehors. Je remarque aussi la présence de quelques cantigangsters... Horreur ! Je me tiens là devant une geôle sous-marine !!! Aujourd'hui, la surveillance est assurée par un beau mérou pâle bardé de points orangés. S'il ne peut m'aiguiller dans la recherche des Mandarins, il me renseigne sur le fonctionnement des lieux. Ces détenus platax m'ont l'air bien inoffensifs et je décide de revenir m'entretenir souvent avec eux, aux heures de parloir. Parmi les autres détenus, un antennaire verdâtre. Il a eu l'air bien surpris en me voyant.


              Et je suis presque certaine de trouver mon premier ami !



              Mal m'en a pris ! Sa surprise devait uniquement tenir à voir son déjeuner arriver sur un plateau doré !! Première leçon du jour : le malheur n'arrive pas qu'aux autres, ici je ne suis ni actrice reconnue, ni poisson de décoration, mais bien une proie (presque) comme une autre.




              Dans cette première promenade, je n'obtiens aucun renseignement pour rejoindre la famille de Chang, mais je me félicite de la rencontre de onze tortues en moins d'une heure et de ma conviction de faire ici mon point de chute. A l'approche du récif, ce sont d'autres groupes qui m'accueillent : demoiselles sur leurs coraux, poissons trompettes en rangs serrés, bécunes en nombre, lutjans orangés. Sous la jetée de Bornéo Divers, trois jeunes platax intermédiaires jouent sous les piliers. Ceux-ci sont bien jeunes et ne peuvent m'éclairer dans mes recherches.
              Revenant à plusieurs reprises m'entretenir avec leurs aïeux bannis, j'obtiens plus de renseignements. Mes amis Platax sont agréables et apprécient ma présence. Ils sont maintenus sous la férule bienveillante des gardiens de jour , mérous et tortues. L'une d'elle deviendra mon amie, sans erreur d'appréciation cette fois. Je ne l'avais d'ailleurs pas remarquée au premier abord, toute absorbée dans une discussion avec un anthias.



              Après quelques paroles...



              ...nous devînmes inséparables !



              Ces gardiens sont d'une grande attention, mais hors de question de rester ici dès lors que le jour tombe. La surveillance nocturne est assurée par d'innombrables Demoiselles agressives, véritables sergent-major gueulards, qui roucoulent abusivement et n'hésitent à vous infliger mille morsures si vous ne quitter pas les lieux à la première sommation.
              Pourtant, un soir, j'assiste à l'échec évident de la surveillance de ces prétentieuses, avec l'évasion d'un couple de poisson crapaud, bagnards arrivés l'après-midi même. Ces deux là se sont partagés les couleurs de la tenue réglementaire, l'un jaune, l'autre noir, les lèvres purulentes et la gueule patibulaire. Laissant leur coin de punis, ils dévalent les tiges métalliques et galopent sans se retourner sur l'étendue de sable. Une course vers la liberté qui m'a laissée sans voix ! Allez, cours Forest, cours...




              Avant leur enfermement, les platax ont bien connu mon futur hôte mandarin. Chang fait partie du milieu de la night et a ouvert il-y-a quelques années une boîte privée de "before", dans un corail sans nom, où seuls quelques habitués triés sur le volet, ont droit d'entrée. Parler d'ailleurs du milieu de la nuit est assez ubuesque, car c'est seulement au coucher du soleil, dans un créneau horaire restreint, que Chang ouvre ses portes... bref aux heures que les P.Comiens nomment "apéro" et que les touristes d'ici appellent "Tiger Time". Il me faudra donc traîner à ces heures sombres et inquiétantes pour déloger mon hôte...

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              • #8
                Je poursuis ma quête vers PARADISE II.

                Sous la jetée, un enfant hyperactif de gaterin chaloupe constamment. Ma dernière rencontre avec la gent enfantine me revient en mémoire. Mes vielles arrêtes ne sont pas encore complètement remises de ce rock n'roll malaisien. Je sèche là le bambin agité, pour aussitôt tomber nez à nez avec un troupeau de nourrissons de toute sorte, dont deux minuscules poissons rasoirs, à la silhouette proche d'un fantôme robuste. Ils sont trognons ces petits, mais je ne me sens pas une âme de Mary Poppins, trop avide de nouvelles découvertes.
                Bientôt, je croise le chemin d'une seiche flamboyante. Elle n'est guère plus grosse que moi. Mais quelle extraordinaire extravagance ! Ses changements de couleurs incessants me revoit l'image d'un stroboscope chatoyant. Je la regarde avec intérêt : peut-être a-t-elle pu être un temps embauchée dans la boîte de Chang, aux réglages des lumières ? Blanc, noir, violet, rose, jaune se succèdent le long de son corps trapu dans un rythme disco pur jus. Soudain cette profusion de couleurs se figent en un gris pâle. Moment stratégique de sa chasse. Grimée de blanc passe partout, elle trompe sa proie et la gobe tout de go. Ma compagnie ne la dérange guère. Bien que... quelques levées de tentacules me font soudain douter. Elle semble tout de même parfois agacée par mon voyeurisme insistant. Je m'éloigne donc, la laissant à son ouvrage de Diane chasseresse.
                Je ne la rencontrerai d'ailleurs plus du reste de mon séjour. Seul un couple de poissons fantômes robustes venant égayer mes autres visites sur cette étendue sableuse.
                Au cours de mes prochaines divagations, pour ma quête mandarine, je privilégie le récif.







                Les informations récoltées ici sont contradictoires. Si la renommée de la Chang-box était indéniable il-y-a encore quelques années, elle semble s'être depuis lors totalement effondrée ! Pourtant, je ne manque pas ici d'interlocuteurs : des tortues de toutes tailles, des nudibranches de plusieurs familles, les Bullocki, les Desmodium, les Nembrotha sans parler des Chromodoris. Les anges sont trop têtes en l'air pour remarquer quoique ce soit, les lutjans sont indifférents, les petits syngnathes rosés qui pullulent à la tombée du jour sont trop timides pour me laisser approcher, les seiches sont trop voyageuses pour connaître les BPMP du coin.



                Bref, mes investigations se révèlent être un véritable fiasco. A défaut de trouver Chang, je me paye quelques beufs avec les poissons trompettes, férus de Jazz. Ceux-ci m'orientent à nouveau vers Paradise I, avec quelques précisions précieuses. Je dois concentrer mes recherches près d'une ancienne jetée, vers cinq mètres de fond. Les recherches sont relancées !
                Le soleil décline, je fonce vers la jetée et me lance dans d'innombrables allers et retours. Une fois de plus, les demoiselles, figurantes délaissées du Star system, m'accueillent par trop jalousement. Coincés dans les branches d'un corail corne de cerf, je trouve enfin quelques couche-tôt. Un profil découpé, de longues nageoires, de gros yeux ronds... sauf à ce que Chang ait organisé une soirée déguisée "putes et curés", la tenue de ces cardinaux en pyjama ne semble pas coller : un maillot jaune pour le haut, un caleçon du meilleur grimpeur pour le bas. Ainsi s'envole à la fois l'espoir de trouver Chang et de me payer une soirée coquine: ces religieux-fainéants rabat-joies ont déjà enfilés leurs tenues de nuit. Avant de me congédier, ces cardinaux pyjama me signalent cependant un endroit peu éloigné d'ici, qui me rend toutes mes espérances ! Sur l'île la plus proche au nom de Kapalaï, se trouve un endroit répondant au doux nom de "Madarin Valley". C'est sûr ! Cette fois, je suis sur la bonne voie - quel soulagement mes amis !! et quel bonheur-. Je vais enfin trouver mon hôte, pouvoir goûter aux joies crépusculaires des soirées branchées, me laisser guider en journée dans les sites locaux à ne pas manquer et ramener quelques nouvelles familiales à mon ami Chang. Je m'y rendrai dès le lendemain.


                edit :
                Et pour illustrer mes propos, je propose un petit récapitulatif de mes rencontres en images, avec la grande cavale des frogs du Paradis :

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                • #9
                  Là on a vraiment la preuve qu'elle est dingue !!!!



                  (j'avais reconnu ce style inimitable au bout de 3 phrases... Mais sur ma gauche on me disait "non quand même pas ! T'es sûre ? Elle a pas disjoncté à ce point ?" Ben si ! J'adore !!)

                  Mabul ? Maboule oui !!
                  La plongée c'est coule !

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                  • #10
                    Cette plume me rappelle également quelqu'un, hummmm, même si je ne suis pas sûre à 100%

                    Je m'en vais faire part de mon intuition à Mare Nostrum en MP pour en avoir le coeur net ...

                    Comme quoi même derrière un écran, quand on a un style bien à soi ...

                    Edit: mauvaise pioche , le mystère demeure ... Et encore bravo pour le style !!!
                    Pour bien se connaître, il faut plonger au plus profond de soi ...

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                    • #11
                      Diantre ! Aurais-je, par mégarde, user du style d'une autre et ainsi créé le trouble ? Tout cela est aussi insolite que déconcertant. J'en suis fort confuse !
                      Par ailleurs, je reconnais que ce n'est pas une première de me faire traiter de vieille folle.... le poids des ans, sans doute ! La mémoire qui défaille. Mais pas suffisamment pour que ce récit ne soit un fidèle rapport de ma récente expérience malaisienne. Pas plus pour me faire oublier mon tendre Figaro. Que ce soit sa colocataire qui réagisse en premier me va droit au cœur ! Peut-être trouverez-vous ma requête abusive, mais, serait-ce beaucoup vous demandez, très chère Mare Nostrum, de me donner quelques nouvelles de mon Figaro adoré ?


                      PS : j'aurais aimé enchaîner ce récit par une petite vidéo de mes rencontres Mab(o)uliennes, mais je suis confrontée à d'affreux logiciels réfractaires (pinnacle refuse de charger mes vidéos et adobe première -version essai- m'a créé un film très "sautillant"). Je tente de trouver une solution et reviens vers vous.

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                      • #12
                        Décidément, les logiciels vidéos font de la résistance. Je pensais vous faire un petit Best Of photos à la fin, mais je change mon fusil d'épaule et vous propose d'ores et déjà quelques clichés (sur lesquels je ne figure pas ).

                        Paradise I :

                        Mes premières rencontres sur le sable :
                        1- (LM)


                        2- (LM)


                        L'un des gardiens de la tôle :

                        3- (E)



                        Un détenu tout triste :

                        4- (LM)


                        D'autres détenus :

                        5- (E)



                        Le bagnard avant sa fuite :

                        6- (E)



                        Mon amie tortue, à l'heure de la pause :

                        7- (E)

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                        • #13
                          A la recherche du cousin de Chang :

                          Sous la jetée de Bornéo-Divers, les platax-ados qui ne savent rien :

                          8- (LM)


                          9- (LM)


                          La poursuite des recherches sur le récif :

                          10- (E)



                          Les cardinaux couche-tôt en pyjama :

                          11- (E)



                          12- (E)

                          Commentaire


                          • #14
                            A l'attaque de Paradise II :

                            La petite seiche flamboyante stroboscopique :

                            13- (E)


                            14- (E)


                            Mes amis jazzmen :

                            15- (E)


                            16- (LM)




                            Un crocodile, bouche cousue :

                            17- (E)



                            Un clown pas drôle :

                            18- (LM)


                            Un des représentants des nombreux nudis (bullocki) :

                            19- (E)



                            Des fantômes, tout en robustesse :

                            20- (E)

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                            • #15
                              Tes photos sont superbes, merci

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