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Plongeur.com - Le site de la plongée sous marine

Sylvain Pujolle

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  1. En majorité les problèmes d'une entreprise en zone tribale appartiennent à deux catégories : foncier (loyer) et emploi local. Le problème le plus courant auquel une entreprise doit faire face est l'augmentation brutale du loyer. Il est impossible d'acheter du foncier, alors tout doit se faire sur un terrain loué. En payant un loyer on paye pour un terrain et pour une « protection » : le propriétaire garanti ainsi le droit de mener une activité à but lucratif sur sa tribu, garanti la protection des biens, la tranquilité sociale. Il redistribue à cette effet une partie de son loyer en coutume. Il est courant qu'une fois les investissements réalisés, le propriétaire terrien vienne augmenter le loyer. Le raisonnement est basiquement simple : vous avez construit six belles cases (ou acheté un tracteur neuf, ou installé une cuisine en inox...) c'est donc que vous avez de l'argent... Faire jouer le contrat de bail n'a jamais beaucoup d'utilité : le retrait des protections informelles suffit à rendre la vie impossible. Pour résoudre le problème la solution est immédiate : il suffit de payer... Ou de partir... Sur la baie de Chateaubriant, il y'a au moins trois établissements (gites et restaurants) qui ont du déposer le bilan l'année dernière dans ce schéma : gros investissements dans les bâtiments (cuisines, bugalows) ; conflit avec le propriétaire terrien ; cessation d'activité ; récupération des bâtiments par le propriétaire terrien. C'est là qu'on voit qu'en effet la loi s'applique parfaitement à Lifou : la loi française dit que le propriétaire du sol est propriétaire du bati. Et bien pas de problème : le propriétaire terrien récupére la pleine propriété des constructions et investissements... Si il y'a des entrepreneurs intéressés, c'est une occasion à saisir : il suffira de ré-investir car les outils ont été un peu dégradés et squattés. Ensuite il suffira de garder de bonnes relations avec votre propriétaire. Ca devrait être facile, il faudra juste savoir faire quelques concessions au bon moments... Puisqu'on vous dit que Lifou n'est pas une zone de non droit... Et si ces commerces ne vous conviennent pas, je saurais vous indiquer des épiceries, des quincailleries, des scieries qui ont connus le même sort et qui n'attendent que l'investisseur optimiste et confiant dans l'application de la loi et française et coutumière... L'autre problème courant est le conflit pour « l'emploi local ». On va rapidement vous imposer l'embauche de personnel local. En général sans qualification : ce sera à vous de le former. Vous ne pourrez pas non plus le choisir : ce sont les relations claniques et les impératifs fonciers qui décideront. Un cas médiatique de ce genre de conflit est le conflit actuel à Air Calédonie : aujourd'hui, on approche les 20 jours de grèves, le blocage presque complet de la desserte des îles, les gites et hotels vides. Et l'enjeu est l'embauche d'une seule personne. Pour mémoire, cette employée en CDD a indiqué à une dame avec quelle autre dame son mari était parti en voyage adultère aux îles. On imagine la scène de ménage au retour. Le mari se plaint contre Air Cal pour violation du secret professionnel. A la fin de son CDD, Air Cal fait savoir à son employée qu'elle ne peut plus, vu cette erreur, espérer une embauche en CDI, d'autant plus que la personne qu'elle remplaçait a repris son poste. L'USTKE s'empare de l'affaire, en fait un exemple de discrimination à l'encontre des kanaks et on est parti pour 15 jours de grèves avec perturbation presque totale de la desserte des îles. Aujourd'hui, le directeur d'Air Cal (kanak) et son président (kanak aussi et leader indépendantiste historique) ont démissionné, Air Cal serait au bord de la cessation de paiement... Certains commencent à trouver que cela fait cher la partie de jambes en l'air... Il est bien sur « toujours possible de trouver une solution ». Une compagnie possédée à 93% par le territoire pourrait sans problème s'offrir une employée inutile pour acheter la paix sociale. Si cette solution n'a pas pu être retenue c'est parce qu'un syndicat concurrent fait de cette embauche un casus belli et indique que si on embauche une fille de l'USTKE qui a fait une faute caractérisée, il s'opposera à toutes sanctions, justifiées ou non, contre n'importe lequel de ses membres... Avec ce dernier exemple on rejoint des cas qui echappent aux solutions « je paye et j'ai la paix », c'est en particulier les cas qui sont dans la catégorie des conflits inter-kanakes : l'USTKE et son parti travailliste est sans doute assez content de flinguer un leader indépendantiste concurrent... La vie des îliens est prise en otage, mais qui cela intéresse t'il ? Un cas d'école qui nous raméne à la plongée est celui de la fermeture du centre de plongée de Maré, il y'a 7 ou 8 ans. Le responsable de ce centre s'était associé avec un kanak de Maré, pour l'ensemble du foncier et des relations coutumières. Manque de pot ce kanak s'est trouvé faire de l'ombre à un important chef de Maré, coutumier et politique, sur fond de concurrence entre diverses familles indépendantistes. Plutôt que de régler ses comptes directement, ce chef à préféré faire expulser l'associé blanc de son concurrent kanak. Pour mémoire ce directeur de centre de plongée avait quand même pris quelques baffes pour le convaincre d'accélérer son départ. Ou l'on voit que l'application de la loi, française ou coutumière se heurtent simplement au rapport de force et ou la vie de l'entreprise n'est qu'un instrument. Donc en effet il est souvent possible de trouver une solution : il suffit de payer. La phrase « il y'a toujours moyens de trouver une solution » me rappelle un peu ce que me disait un copain à propos de ses relations conjugales : « moi avec ma femme j'ai toujours le dernier mot, je dit « oui cheri » ». La différence c'est que un petit centre de plongée, ce n'est ni Goro Nickel, ni Air Cal, ni la fonction publique. Alors on a tout de suite le choix entre plier bagages ou travailler dans des conditions dangereuses : trop d'argent en salaire et en loyer, c'est du matériel qui vielli et un jour un carton et un gars sur le carreau.
  2. Le 22 Janvier 2009 un collectif de chef coutumiers à décidé la fermeture du centre de plongée de Lifou (Nouvelle Calédonie). Ce groupe exigeait : - la ré-integration d'un marin licencié pour faute grave ayant mis en danger des clients et salariés - la cession gratuite de 20 à 50 % des parts Le centre de plongée de Lifou à été ouvert il y'a 12 ans, avec l'appui des autorités coutumières et provinciales, mais depuis la situation a changée : - tolérance de plus en faible d'une partie de la population de Lifou vis à vis du tourisme, - une surenchére électorale autour des nouvelles listes et de compétition interne au indépendantistes, - l'affaiblissement des pouvoirs coutumiers traditionnels et la compétition avec de nouveaux leaders d'opinions, Dans ces conditions, il est apparu aux propriétaires du centre de plongée de Lifou qu'il était impossible de continuer en assurant la sécurité des clients et des salariés. Une description plus détaillée est disponible sur notre site : lifoufundive.com
  3. Voir aussi sur le site du creps PACA : http://www.crepspaca.fr/pltplongee.htm Et quelques autres sujet sur le site du SNMP : http://www.snmp-plongee.com/index.php?rub=sujets_bees De quoi se cultiver.
  4. Je viens de mettre en ligne des annales que j'ai eu lors de ma formation passerelle : http://sylvain.fish.free.fr/ C'est très recent donc introuvable sur les moteurs de recherches. N'hésitez pas à faire passer l'info à vos copains... Bon courage et "merde"...
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