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Plongeur.com - Le site de la plongée sous marine

Jacques Vettier

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À propos de Jacques Vettier

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La Plongée

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  1. Caribbean way of life Partie I : l’installation Si je devais voter pour le plus beau coin de Guadeloupe, avec peu d’hésitation mon choix se porterait sur le Grand cul-de-sac marin. Logé au creux des îles de Grande et Basse Terre, abrité des houles du nord par une longue barrière de corail, c’est un endroit à nul autre pareil. Un réservoir de vie, dont depuis quelques années certaines zones ont été classées parc naturel. Mais ce qui avant tout a protégé le Grand cul-de-sac, c’est sa géographie particulière : récifs affleurant, hauts-fonds, îlets, mangroves, palétuviers isolés abondent et rendent la navigation délicate. Se déplacer dans ce secteur nécessite de le bien connaître, à tout le moins une extrême prudence. Les sondes passent de dizaines de mètres à dizaines de centimètres l’espace d’un coup de barre malheureux –plus d’un captain’, et pas que des novices, ont attendu, posés sur un sec et l’air penaud, l’arrivée de la marée haute ou du remorqueur… En dehors de la passe balisée, les voiliers n’ont guère d’accès au Grand cul-de-sac, les catamarans qui pourraient s’y aventurer sont basés à Pointe-à-Pitre et sont handicapés par leur tirant d’air, les ponts de la Rivière salée n’ouvrent qu’une fois par jour, à cinq heures du matin et pour quelques dizaines de minutes. La fréquentation des lieux est essentiellement faite de day-boat le dimanche. Y séjourner est réservé aux connaisseurs propriétaires de vedettes habitables autonomes. Bien qu’en nette augmentation, ces derniers restent encore peu nombreux. C’est à la fois une chance, les veinards qui en profitent sont tranquilles, et bien dommage lorsqu’on ne fait pas partie des veinards en question. Grand cul-de-sac, secteur ouest (copyright Lagoon Location) C’est peu ou prou le raisonnement qu’a tenu Tony, plongeur, amoureux du Grand cul-de-sac et habitant de Sainte-Rose dont le « port » ouvre sur l’ouest du site. Lorsqu’il est tombé sur l’annonce d’un house-boat à vendre en Martinique, l’idée s’est imposée : amener ce bateau ici et le proposer à la location afin de permettre la découverte de ce lieu magique. Plus facile à penser qu’à faire… Pour commencer, convoyer par la mer un house-boat dont la vocation première n’est pas la haute-mer. Et ensuite, remettre en état une unité qui depuis longtemps n’avait plus bénéficié d’entretien. Plusieurs mois, quasiment une année avant que le Lagon Bleu soit de nouveau opérationnel. Depuis, il est toujours le seul navire de ce type proposé à la location en Guadeloupe. http://www.guadeloupe-reve-nautique.fr/page_description.html Onze mètres de long, près de six de large, deux niveaux, c’est plus de quatre-vingt m2 habitables pour soixante-dix centimètres de tirant d’eau, la base d’exploration idéale. Outre l’annexe attachée au bateau, on peut embarquer sans problème des kayaks (longer la barrière au petit matin, s’insinuer en silence dans les mangroves ou remonter les rivières sont de grands moments de nature ; faut juste gaffer au soleil !) et bien sûr tout le matériel de plongée. Car pour nous plongeurs, le Grand cul-de-sac offre un attrait supplémentaire, l’accès à bon nombre de site de plongée. Bien que l’interdiction du scaphandre autonome dans les zones de réserve nous prive de certains, il reste encore de quoi se mettre sous les palmes. Largement. Soixante-dix centimètres de tirant d’eau facilitent la vie dans le Grand cul-de-sac mais n’empêcheront jamais le téméraire ou le distrait de se vacher lamentablement sur un sec. Le Lagon Bleu reste une grosse bête, on le devine dès qu’on l’approche, on le sent dès qu’on le manoeuvre. Si le tirant d’eau est faible, le fardage est au contraire important. Par alizé soutenu de travers, faut anticiper, on est loin du pneu de cinq mètres (essayez d’arrêter avec le pied un bateau de dix tonnes qui aborde un quai, vous n’aurez plus besoin de palme) ! Pour remédier à cela, Tony propose deux possibilités : soit le locataire connaît la zone et se sent capable de maîtriser l’engin, et après un petit galop d’essai il pilote alors lui-même le bateau, soit il ne la connaît pas et/ou ne se sent pas capable et Tony convoie le Lagon Bleu jusqu’à l’un ou l’autre des mouillages stratégiques de la zone, quitte le bateau, revient éventuellement le déplacer sur un autre mouillage en cours de séjour et enfin le ramène à la fin. Autrement dit, pas besoin d’être un vieux marin caraïbe pour en profiter. Avec Tony nous avions déjà plongé et navigué lors de notre précédent séjour, dans le Grand cul-de-sac et ailleurs, c’est donc sans (trop !) d’inquiétude qu’il envisage de me laisser utiliser le Lagon Bleu. J’effectuerai tout de même une prise en main à l’occasion de sa mise en carénage à Pointe-à-Pitre ; la navigation c’est comme la plongée, quand on se croit trop malin… Prise en main qui me remettra aussi les lieux en mémoire, quand même sept/huit ans que je n’y ai pas mis l’hélice ! Le regard sur la ligne blanche Finalement, le plus long sera de dégager un week-end prolongé pour Gisèle. Celui du 11 novembre fera l’affaire –sauf impondérable. Impondérable il y aura presque, sous forme d’une météo déplorable en début de semaine annoncée catastrophique pour le reste. On hésitera même à embarquer, on le fera malgré tout, ce qui se révèlera le bon choix, en fait de catastrophe on aura cinq jours de beau temps. Quatre cabines double, deux salles de bains, vingt m2 de solarium, même si des amis viennent comme prévu nous rejoindre en fin de séjour, on ne va pas manquer de place ! Ca tombe bien, la place on n’en a jamais assez, surtout lorsqu’on est plongeur… Deux recycleurs, 20 kg de chaux, une 11 l d’oxy, trois bailout, un compresseur Coltri thermique, de l’essence, le matos perso, le ravitaillement, la bière, les cahouettes, le rhum, les citrons verts… Mine de rien, ça fait du volume à trimballer. D’autant que, lorsqu’on parle du « port » de Ste-Rose, on met des guillemets. Faut pas imaginer la marina bien léchée. Ste-Rose, c’est au départ un port de pêche, un demi-enrochement qui protège de la houle tant qu’elle vient du bon côté. Pas de quai, pas de vrai ponton, on s’installe comme on peut. Le Lagon Bleu est trop gros pour approcher le bord, il est mouillé sur corps mort au milieu du « port ». On charge et décharge grâce à l’annexe. A déconseiller aux mamans timorées. Le côté positif, c’est qu’il n’y a pas de parking facturé à prix d’or avec barrière et gardien teigneux. On se pose, et pis voilà. Pas non plus de ronchons pour rouspéter que les plongeurs font tache, encombrent ou font du bruit, ils en feront toujours moins que le zouc du samedi soir et les parties de domino quotidiennes. Pas du pittoresque de guide touristique, juste de l’authentique, du vrai, qui sent le poisson (et le caca de pélican !) Ste-Rose (et ses pélicans) Comme j’avais chargé l’essentiel du matériel la veille, sous une pluie aussi battante qu’ininterrompue, ne reste aujourd’hui qu’à embarquer des bricoles ; au soleil, c’est ce qui s’appelle l’organisation. Et aussi à effectuer une manœuvre d’annexes. Celle affectée au Lagon Bleu est un peu juste pour notre programme plongée (passer la barrière chargé comme un baudet avec un moteur de 4 cv…), Tony nous a donc proposé son bateau perso, le Ziggy, un Proline de 7 m propulsé par un 200 CV Yamaha, là ça commence à parler ! On largue des bouts, on en tire d’autres, on fait et défait des nœuds, on n’emplafonne pas trop de voisins et, enfin, on peut quitter le port. Manœuvrer un bateau de onze mètres avec un de sept amarré au côté, ça a de quoi calmer les nerveux ! La mâchoire un brin crispée, ça finit par passer, et un peu plus loin on largue l’amarrage latéral du Ziggy pour le prendre en remorque. Voilààà, maintenant c’est cool. Suffit juste de pas monter sur un sec. L'annexe suit toujours La Météo, qui ne recule devant aucune image, qualifierait l’alizé de véloce. Autrement dit, ça souffle bien. Coupe de bol, le vent n’est pas trop sud et nous arrive quasiment de face, nous épargnant le cheminement en crabe que je craignais. En revanche, il n’arrange pas la vitesse de croisière. Déjà qu’un house-boat n’est pas du genre à déjauger, mais avec un vent de face soutenu… Sans compter le Ziggy en remorque. Bah, on n’est pas pressé de toute façon. Notre but est l’îlet Fajou. A ce rythme on devrait mettre une heure et demi deux heures, alors un quart d’heure de plus ou de moins... J’en profite pour examiner les lieux, remettre un nom sur les choses. La barrière, bien qu’éloignée de plusieurs kilomètres, est très nettement dessinée, signe d’une houle de nord marquée, à la louche plus de deux mètres. A droite c’est la Biche, un mouillage superbe, très calme, avec une mangrove en pleine croissance qui en défend l’entrée –et en assure la tranquillité. Pour nous c’est toutefois une zone trop éloignée des sites de plongée les plus intéressants, du moins de ceux que nous envisageons de plonger. La Biche, une fôret dans la mer A gauche, un dédale de hauts-fonds mène à la barrière et à deux petites épaves de barges qui font le bonheur des « pmtistes » –et des CCR à O2 pur. Trop mal pavé pour le Lagon Bleu. L’endroit est réservé à des unités plus modeste, avec une lumière favorable. C’est qu’on apprend rapidement ici, dans les coins tordus faut naviguer soleil dans le dos –la bonne vieille loi de l’ouest, avec le corail dans le rôle du six-coups ! Un peu plus loin c’est l’îlet Caret (se prononce carette), victime de son succès. Il ressemble à une caricature d’îlot tropical et de plus se situe dans une passe facile quoi que non balisée. Tout ce que la Guadeloupe compte de « turisters », de King Papyrus (http://pagesperso-orange.fr/king.papyrus/) et de promènes-… personnes se retrouve là, sans oublier les locaux qui ne sont pas et de moins en moins en reste. Bref, Caret les week-end de haute saison ressemble à un petit enfer. Mais comme dit quelqu’un que je connais bien : « tant qu’ils sont là… ». Caret, superbe, faut admettre Eh ben ils sont pas à Fajou ! Que je retrouve tel que ma mémoire l’avait laissé voici sept ans. Superbe et désert. Seul un trawler d’une quarantaine de pieds est mouillé du côté de la pointe ouest. Pas de pneumatique braillards, pas de speed-boat sono à fond, pas d’emmerdeurs en somme. Tout n’est que luxe, calme et volupté. A ce point-là un 11 novembre, c’est quand même étonnant, sans doute les alertes météo ont-elles découragé les plus timides. Le clapot aussi peut-être. Ici on n’est qu’à quelques centaines de mètres de la barrière, la longue houle qui s’y fracasse parvient à se propager. Faiblement bien sûr, sans entamer le confort d’un catamaran de la taille du Lagon Bleu, mais avec une petite coque ouverte ce serait plus rouleur. Fajou, que pour nous En tout cas, la place ne manque pas pour jeter l’ancre, tant qu’à faire on va la jeter du côté est. Chose faite, après une approche très en souplesse ; je connais un peu les fonds, assez pour savoir qu’ils changent trop vite pour l’inertie d’un bateau de ce gabarit et que le sondeur, situé à l’arrière, arrive juste trop tard. S’il arrive. A peine l’orin de mouillage frappé au taquet, c’est plouf dans l’eau. Lagon Bleu, eau bleue... Et après quelques brasses… l’instant Carib ! Mmmmm ! ...bière fraiche! Nos héros parviendront-ils à survivre à cette épreuve ? Vous le saurez dans le prochain épisode: Caribbean way of life, partie II « Le retour du fantôme de la formation rEvo ! » Eh oui, car on n’est pas venu que pour trempouiller dans l’eau claire au milieu des poissons multicolores entre deux Carib. La mission consiste également à apprendre à Maam’ à se servir d’un recycleur, pour faire classe appelons ça une formation CCR. La précédente tentative, y a au moins un an au Bourget, était restée sans suite, l’élève se sentait peu motivé par les eaux du lac –on se demande pourquoi. Mais ici ça ne devrait être que du bonheur. Mmm… à ceci près que l’élève est une fille qui se trouve être mon conjoint. Z’avez déjà essayé d’expliquer quelque chose à une fille qui se trouve être votre conjoint ? Le genre de truc que je sentais fort capable de mettre à l’épreuve jusqu’à mon sens inné de la pédagogie ! N’empêche, après deux heures à grenouiller sous le bateau et alentour -je monte ma PpO2 je baisse ma PpO2, je lâche ma boucle je reprends ma boucle, j’arrête de trimer comme un hippocampe- on ne parle toujours pas de divorce ni de partager le chat. Et je parviens même à évoquer les finesses de la vanne FMC sans devoir user du .45 pédagogique. Carrément un succès. En tout cas une journée bien remplie. La nouvelle commence à l’aube. Au programme deux plongées, alors faut pas trop traîner, la nuit tombe vite en novembre. Première étape, gonflage. C’est toujours un problème lors de sorties bateau sur plusieurs jours. Pour l’oxy, j’ai choisi l’option bloc de 11 litres (Rollerflam) chargé à 220 bar au surpresseur. Comme on n’envisage pas de plongée hors norme, remplir les 3 litres entre 120 et 150 bar est largement suffisant. D’après mes calculs, avec un remplissage initial des recycleurs à 200 b, on devrait s’en sortir par transvasement du Rollerflam. Calcul correct, puisqu’on effectuera 10 plongées entre 1h30 et 2h00 chacune –on aurait pu en effectuer encore deux autres avec les blocc à 100 b. Côté diluant, ce sera de l’air. Le compresseur reste le plus simple lorsqu’on en dispose. Dans le cas contraire, ou si l’on souhaite un diluant He, un ou deux bons blocs genre 15 litres bien chargés devraient également faire l’affaire –sans combin’ étanche les conso de diluant sont vraiment faibles. Une autre solution consiste à utiliser le bailout porté sous le bras comme alimentation en diluant, c’est un montage que j’ai souvent employé en Egypte, il permet de faire pas mal de plongées –faut quand même qu’il reste suffisamment de gaz en fin de séjour pour continuer de faire office de secours. Bref, les solutions ne manquent pas pour réaliser quelques plongées d’un bateau en autonomie sans devoir embarquer trop de matos. Nous on va transvaser et compresser, ce qui vu les quantités en jeu ne représente que quelques minutes, le temps que le café passe ! Le recyclo, on l’aime aussi pour ça! Le ronron du Coltri au petit matin... La première plongée aura lieu à la Pierre aux anges, un site en bordure de la Passe à Colas qui fait partie des classiques, relief travaillé, surplombs, failles, et une vie bien présente car en limite de parc, avec notamment de beaux poissons-anges, d’où le nom. La profondeur est modeste, 22 m au pied de la « grotte » et peut aller jusqu’à 40 tout au bout de la passe. Ce qui représente quand même une bonne distance, plus d’une heure aller/retour avec un palmage soutenu, mais notre but du jour n’est pas de battre des records, on ira au bout une autre fois. Autre intérêt du site, on mouille sur un plateau dans 5 mètres d’eau, c’est toujours plus pratique que sur 50, et ça tombe bien car on découvre que le mouillage du Ziggy est nettement plus court que prévu. Avant la mise à l’eau, on tire les enseignements de la plongée de la veille : la position d’un recycleur est un élément essentiel de l’aisance respiratoire. Une machine qui se balade sur le dos, montée trop haut ou trop bas, et le confort respiratoire s’en ressent. Du coup, petite séance d’ajustement, sans que madame grogne qu’il fait trop chaud, que ça dure, que c’était quand même mieux avec son 15 litres, que cecicela –le recycleur me l’a changée, ces machines sont formidables ! N'a-t-elle pas l'air heureux cette plongeurse CCR? Mise à l’eau classique, PpO2 1 en surface, 1,6 à six mètres, ramenée < à 1, descente tranquille, ajustement à 1,3 au fond. Le problème des plongées de passe, c’est la visi, qui peut varier d’un jour sur l’autre, voire en cours de journée, et même entre la surface et le fond, sans qu’il soit possible de vraiment prévoir (en tout cas, je n’ai jamais réussi). L’autre problème peut être le courant. Aujourd’hui la visi est correcte sans être formidable et a peu près uniforme sur la colonne d’eau, le courant quasiment insensible –sauf si on s’aventure au milieu de la passe, mais comme il n’est que sable on n’a aucune raison d’y aller. Après une risette aux anges et un coup d’oeil aux langoustes de la grotte, on palme tranquillement le long du tombant, direction la sortie. Communiquer sous l’eau, c’est pas de la tarte, surtout pour exprimer des choses plus finaudes que monter, descendre ou va t’faire voir. Raison pour laquelle j’ai ressorti ma vieille ardoise multi-feuilles, celle sur laquelle j’avais recopié en tirant la langue ma première table trimix 100 mètres il y a dix ans de ça –vla encore un truc qui nous rajeunit pas… Je découvre ainsi l’obscure jouissance de celui qui, décrochant son ardoise, remarque dans l’œil de sa victime l’éclat signifiant « misère, quelle ânerie va-t-il encore me faire ». N’ayant pas l’âme d’un tortionnaire, je n’en abuse pas. On se contente des bases, rinçages (et oui, pas si facile d’arriver à PpO2 diluant), respiration BO (au-dessus de la tête la boucle !), quelle PpO2 air à 32,54m ? (la machine à calculer n’est pas autorisée), etc. Tout ça sous l’œil intrigué des thazards et des barracudas que l’absence de bulles incitent à la familiarité. Miracle de la PpO2 constante, le temps sans palier diminue lentement, lentement, ce qui ravit ma moitié. On en profite pour faire le tour de chaque gorgone, de chaque corail, les mano également bougent peu. Bon, c’est ma chérie, et donc elle est formidable, mais tout de même, quand je pense au temps qu’il m’avait fallu pour apprivoiser mes premiers recycleurs… Là, deux trois plongeouilles et crac ! le trim est pas pire, le palmage assuré, on dirait qu’elle a fait ça toute sa vie. Certes, entre un rEvo II et un croisement 15 litres dorsal/Castoro ventral, y a comme une différence. Pis y a le moniteur aussi. Voilà, on va dire ça, c’est le moniteur! Giz in the blue L’après-midi on ira en face, côté bouée verte, l’endroit est moins plongé car moins riche en faune (n’étant pas en réserve il est pêché et chassé) mais le relief reste intéressant. Le mouillage est plus profond, on utilisera donc une méthode… expéditive (et efficace !) : un bout sur la bouée de passe. Plus au large que La Pierre, la houle encore marquée reste sensible en profondeur (30 mètres). Sinon, ce sera une plongée sur le même mode que celle du matin, quoi que plus minérale, plus sombre aussi car la lumière d’hiver baisse très vite. Le soir sur le bateau, après avoir mis en ordre les recycleurs et préparé les CCR, on conclura que près de quatre heures de plongée par jour ça fait quant même pas mal. On se contentera d’une seule pour le restant du séjour. Non aux cadences infernales ! Citron çucre rhum Le lendemain, à l’heure ou blanchit la campagne et bleuit le lagon, nous voici à pied d’œuvre… devant la cafetière. Peu après, on charge le Ziggy, et gaz ! j'pose deux j'retiens zun La technique de mouillage de la veille s’étant révélée parfaite, on emploiera la même. Mais côté parc cette fois. Le tombant se prolonge davantage au large et se poursuit même par un petit sec à la roche percée comme un gruyère (OK, y a pas de trous dans le gruyère, c’est une image). Petite différence, la bouée rouge n’est pas mouillée sur le tombant comme sa consoeur mais carrément dans la passe sur près de 30 m, il faut tirer le moulinet pour la retrouver sans peine, ce sera l’occasion d’un exercice ! Rouge ou verte? Aux cours de ces deux plongées, on profitera vraiment des recycleurs, malgré une zone d’évolution essentiellement située entre trente et quarante on atteindra tout juste le quart d’heure de palier (et encore, avec les ordi en 30/80). De quoi explorer vraiment les sites. Pour les avoir parcourus durant des années en circuit ouvert, la différence est de taille, avant on ne faisait que passer, maintenant on peut en profiter. Lors de la dernière plongée, on aura droit à un ballet de raies léopards. Les tombants sont le territoire de chasse favori des léopards, mais d’ordinaire le vacarme des bulles les font fuir à tire d’ailes et ce sont au mieux des apparitions fugaces. Là, sans vraiment parler de familiarité, elles nous ont évité comme elles auraient évité n’importe quel gros poisson inoffensif, tranquillement, d’une glissade sur l’aile, et sont même repassées quelques instants plus tard. Et encore un peu plus tard. Cette fois c’est sûr, Maam’ est convaincue que le recycleur c’est l’arme. Qui a dit que j’avais choisi les sites à dessein ? 1/4 d'heure de paliers pour tout ça? D'la balle! Les amis qui pensaient pouvoir nous rejoindre ont confirmé leur disponibilité, on ira les chercher au port de Sainte-Rose d’un coup de Ziggy. Le reste du séjour ne sera plus plongée mais PMT (ce qui ne gâche rien)… Pastenague sur la barrière Explo de la mangrove… entrée de la mangrove de Fajou pisquettes dans la mangrove... avec le berger Et même culturel, parce que oui, on peut faire du culturel sur Fajou, sous la forme d’un ancien four à chaux ! four à chaux extérieur et intérieur Au XIX ème, on venait jusqu’ici fabriquer la chaux vive à partir du corail. Cassé sur la barrière toute proche, le corail était ensuite disposé dans le four en alternance avec du charbon (ou du charbon de bois). Après une « calcination » aux environs de 800 à 1000°, on récupérait de la chaux vive. Les fours à chaux étaient alors très courant, celui de Fajou est un des seul en Guadeloupe à être demeuré en (relativement) bon état, grâce à son isolement sans doute. Le dernier jour, peu avant le départ, un beau grain passera presque sur nous, assez loin pour ne pas nous mouiller, assez près pour nous gratifier de ses étranges couleurs d’orage. quand passe le grain Et la formation dans tout ça ? Est-elle terminée ? Mmm… non, pas vraiment. On a bien plongé, c’est vrai, mais il y a encore des p’tites choses à voir et à faire. Une vraie bonne remontée sur bailout de 50 par exemple. Et l’usage de la machine en mode automatique, car nous n’avons utilisé que le mCCR pour l’instant. Obligés de louer le Lagon Bleu de nouveau alors ? Ben ouais… Je sais, c’est terrible. Mais nous ne reculerons pas! Promis ! ----------------- Si vous passez par Sainte-Rose ou les environ et souhaitez découvrir le Grand cul-de-sac par vous-même avec un bateau plus facile que le Lagon Bleu ou pour une simple demi-journée, une excellente adresse : Lagoon location sur le port même. Stéphane propose des bateaux avec ou sans permis ainsi que des kayaks de mer (et des GPS pour suivre les routes sans problème) http://lagoonlocation.com/accueil.htm
  2. Heu, j'ai dû m'exprimer mal, le plomb on le met à l'extérieur des fûts. Amitié
  3. Autre solution pour lester un bloc au petit poil, la feuille de plomb pour couverture, ça existe en diverses épaisseurs, ça se coupe au ciseau (solide!) ou au cutter, ça se trouve chez tous les Bricastomerlin, ça s'enroule à volonté autour du fût et ça se bloque à l'aide d'une paire de caouèches ou d'un tour de scotch -et donc s'enlève ausi bien. On peut aussi en glisser une rondelle ou deux au fond des protections de fût. Ca c'est palace! Amitié
  4. La seule variation de poids en cours de plongée est due à la consomatiuon d'air (ou de mélange), c'est donc la seule chose à compenser, et pour cela il existe une méthode d'une simplicité désarmante qui marche quelles que soient les conditions, shorty, 7 mm ou étanche, bloc en carbone, en alu, en acier ou en guimauve étirée, plongées en eau douce, en mer ou dans la vase: tu te mets à l'eau bloc plein, tu vides ta stab, là, en inspirant à fond tu dois flotter (eau en dessous des lèvres), en expirant à fond tu dois couler. Tu ajustes ton lestage pour arriver à cet équilibre. A partir de ce moment, tu ajoutes à ta ceinture le seul lest que tu peux perdre: le poids du gaz contenu dans le(s) bloc(s). L'air pèse en gros 1 kg par m3 (1,2 kg à 20° plus précisément), si tu as un 12 litres à 200 b tu ajoutes environ 2,5 kg, si tu as un 15 l à 230 tu ajoutes 3,5 kg, etc. Ca marche partout, tout le temps, en qq minutes; à se demander pourquoi on entend encore autant de conseils abracadabrants sur la manière de définir un lestage... Amitié
  5. Bien sûr il faut plonger, mais pas tant que ça en fait. Si l'on fait de la plongée vraiment profonde / longue les B50 d'He défilent. Et pour peu que certaines soient pratiquées dans qq pays exotique, ça douille fort. Allez donc faire une croisière plongée profonde en Egypte, vous verrez. Bref, un recycleur se "rentabilise" si l'on s'en sert, ce qui n'est pas vraiment un scoop. Reste que ce n'est pas réellement le genre de machine qu'on achète pour être "rentable". Absolument. Pour exemple, hier deux plongées aux îlets Pigeon avec ma femme, le matin près de deux heures avec un maxi vers 50, l'après-midi pareil mais un peu plus de deux heures. Juste le recycleur et un BO de 7 litres, jamais plus de 15/18 minutes de palier affiché. Amitié
  6. Pas un, quatre. "e" et "m" , faudrait pouvoir faire des réponses multiples à ton sondage. Amitié
  7. Jacques Vettier

    Caisson hyperbare portable

    Tiens, j'ai retrouvé le nom du caisson gonflable italien : Flexi-Dec mais il semble que le fabricant n'existe plus. La brochure Sinon, tu peux louer des chambres hyperbares gonflables ... aux USA en tout cas. Amitié
  8. Bien d'accord. Mais la plongée solo c'est pas de la plongée de... gamin! Amitié
  9. Jacques Vettier

    Caisson hyperbare portable

    Il existe bien sûr des caissons hyperbare portables (ceux employés pas les corailleurs sont destinés à la décompression de surface et ne sont généralement pas portables). Plusieurs sociétés en proposent, notamment Dräger. Mais aussi une société italienne dont je ne trouve plus le nom (c'est un caisson gonflable, assez pratique), et une société anglaise : SOS Hyperlite . Ce n'est pas parce qu'on n'en voit pas souvent en France que ça n'existe pas ! En revanche, ce n'est pas donné, beaucoup plus cher que les "caissons" utilisés en montagne (la pression à supporter n'est pas la même, l'usage non plus), il faut compter au moins 20000 €. Parfois on en trouve d'occasion. Amitié
  10. A A Paris je ne sais pas, mais ici il y a, et les tarifs sont très corrects. Amitié
  11. Tiens, dans le genre humour, dans "Layer Cake", un film où D. Craig -avant qu'il soit 007, joue un dealer de coke flanqué d'un truand bête et méchant qui éructe du pédé à tout propos dans toutes les phrases, jusqu'à prononcer la magnifique: - T'façon, s'taper des gonzesses c'est un truc de pédé! Amitié
  12. Jacques Vettier

    Ostc

    Une solution, si on tient à racourcir les paliers supérieurs, passer l'ordi en OC à l'oxi pur et/ou le GFh à 99. Après, doit-on raccourcir ou non, je dirais que c'est une question... d'épaules ! Quant à l'OSTC, on a testé, à 99,99 m l'engin se met en croix et ne donne plus rien avant d'avoir été "reseté". Pour un ordi trimix, on est à la frontière de l'absurde -mais de l'autre côté déjà . Amitié
  13. S'il fallait parler de tous les SCR, il y aurait de quoi écrire un bouquin. Quant au risque et à la fiabilité, ma foi, ça relève un peu de la religion, m'enfin ce qu'on observe c'est que les SCR perdent de plus en plus d'adeptes et que la plupart des pointes spéléo profondes sont réalisées en CCR. La spéléo reste encore le lieu où les SCR peuvent présenter qq arguments -de rusticité par exemple- parce que le milieu est spécial (les plongeurs aussi ! ), notamment en multi-siphons et/ou fond de trou. De même que certains "trous de chiotte" ne peuvent se plonger autrement qu'en bi-4 . Amitié
  14. Ca va ça va, on achève les dernières tracasseries administratives, on a trouvé un bateau, les vraies plongées vont pouvoir commencer. Amitié
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