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Plongeur.com - Le site de la plongée sous marine

Réduire le voile bleu et comprendre la balance des blancs


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Avec la collaboration d’Olympus

 

 

Photos sous-marines, une solution à vos photos trop bleues.

 

 

Je vous propose de nous plonger quelque peu dans l’univers de la lumière pour se servir autrement de votre matériel photo digital.

 

Sans prétention, je vous expose en fin de texte une méthode pour améliorer les couleurs de vos photos sous-marines. Puis-je vous demander vos réactions à ce sujet.

 

 

Introduction

 

 

Le problème des plongeurs, c’est de réaliser des images dans des conditions totalement anormales. Tant au niveau des effets optiques que chromatiques.

 

 

Je parlerai ici des effets chromatiques (que l’on photographie en digital ou en argentique traditionnel) et de la façon de profiter des réglages possibles du digital pour biaiser les effets négatifs des profondeurs.

 

 

Un peu de théorie

 

 

Nous savons que la perception des couleurs restituées par un sujet dépend de la source de lumière à laquelle il est soumis. En principe, une pomme verte nous apparaît verte en plein jour parce que c’est la seule couleur qu’elle nous restitue après avoir absorbé le reste de la lumière blanche composée de toutes les couleurs du spectre qu’elle reçoit (les puristes développeront).

 

Hors, il n’y a rien de plus aléatoire que de parler de lumière blanche. De fait, il n’y a rien de plus aléatoire que de parler du vert de la pomme.

 

Si la lumière blanche varie, le vert restitué sera également perçu autrement.

 

Pour quantifier cette valeur de référence qu’est la lumière blanche, les scientifiques ont inventé une unité, le Kelvin. Ainsi, la lumière du jour de référence a été définie à 5500 degrés Kelvin. Nous dirons 5500K. Cette lumière blanche est totalement reproductible en laboratoire et met tout le monde d’accord. Sous cette lumière, tous le monde percevra les mêmes couleurs.

 

Cette valeur est importante car elle sert de base à la fabrication des films photos et à la calibration des capteurs électroniques (ccd et cmos). Un film dia traditionnel dit « lumière du jour » restituera la pomme parfaitement verte si la lumière blanche est à 5500 K.

 

Nous savons maintenant, qu’en pratique, cette valeur n’est pas toujours identique, il faudra se faire à l’idée que le vert de la pomme changera avec les conditions (de la lumière blanche) de prise de vues. Dans l’ombre d’un arbre, en été par exemple, la température de couleur pourrait monter (+bleu) et nous donner une pomme plutôt bleue. Par contre, prise au coucher du soleil ou la température de couleur sera plus faible (+jaune orange) elle pourrait bien ressembler à un abricot.

 

Pour vous, plongeurs, c’est le même problème. Sous l’eau, la lumière blanche perd rapidement de ses composantes. Les sujets sous-marins n’étant plus éclairés par la source normale de lumière blanche, ils apparaissent de plus en plus bleus au fur et à mesure de la descente. Si des particules autres s’en mêlent, les verts peuvent aussi être de la partie.

 

 

Pour compenser cette erreur de température de couleur due à l’absence de source blanche filtrée par l’eau de mer, les photographes sous-marins utilisent plusieurs techniques. La plus simple étant d’amener sa propre source de lumière blanche. La seconde étant d’utiliser un flash qui est sensé donner le même résultat. La troisième étant de combiner une des deux premières solutions avec la mise en place sur l’objectif de filtres jaune/orange (pour compenser le bleu) ou magenta pour compenser le vert.

 

Les vrais amateurs connaissent bien les techniques et valeurs des filtres qu’ils vissent sur leur Nikonos ou autres Nikon, Olympus et Canon (argentiques ou digital) en boîtier.

 

Avec du matériel pro, le flash est puissant et particulièrement adapté à la photo sous-marine. Ainsi, à une distance raisonnable, coraux et autres poissons clowns auront bien les couleurs voulues.

 

 

La photo avec un compact numérique

 

 

Avec un appareil compact numérique dans son boîtier, il faudra rester humble. Le flash est peu puissant et toute une série de paramètres vous échappe. Ainsi, il ne faudra pas oublier d’enclencher le programme de plongée qui fera évoluer autrement l’autofocus sous l’eau, il faudra penser que plusieurs modèles désactiveront certaines fonctions pour permettre l’accès plus rapide à la photo suivante. Utilisez les cartes mémoires rapides lorsque celles-ci améliorent les performances votre modèle d’appareil.

 

Vous verrez qu’avec un peu d’entraînement vous réussirez des images correctes mais…

 

Dans la pratique, les images dites « macro » donc de près seront généreuses en couleurs (car le flash intégré de faible portée suffit) mais plus les sujets seront éloignés, plus les images seront bleues car la source blanche du flash ne les atteint plus. Des corrections de couleurs automatiques fonctionnent avec plus ou moins de succès suivant les modèles et les marques.

 

 

La balance des blancs à notre secours

 

 

Comme je l’expliquais plus haut, pour compenser le bleu des profondeurs, on pourrait placer un filtre orange sur l’optique de l’appareil mais l’encombrement ou le diamètre de l’optique ne le permet pas toujours sur les petits appareils compacts.

 

Il est alors possible de profiter d’un réglage apporté par la technologie digitale.

 

Tous les appareils numériques disposent d’une fonction très utile, souvent ignorée par la majorité des utilisateurs, la balance des blancs !

 

En photo digitale, il est possible de communiquer l’erreur de la source de lumière (blanche) à l’appareil avant de commencer les prises de vues. Tous les appareils disposent d’au moins un programme WB (White balans ou balance des blancs) avec une série de pictogrammes représentant la source lumineuse avec laquelle vous allez faire vos photos. En sélectionnant le bon pictogramme, l’appareil saura que la source de lumière n’a pas les 5500K voulu.

 

 

 

Il modifiera les couleurs des sujets en fonction de l’erreur sur le blanc que vous lui aurez communiqué par la sélection du dit pictogramme. Généralement cela va sous-entendre que l’on photographie soit à l’extérieur dans l’ombre (picto petit nuage) soit à l’intérieur en coupant le flash (pour garder la lumière d’ambiance).

 

Je reprends l’exemple de la pomme : Photographiée avec une lampe halogène comme source de lumière sans réglage, elle apparaîtra toute jaune orange car la source de lumière halogène a une température de couleur de +/- 3200 K.

 

En sélectionnant le pictogramme « ampoule » sur l’appareil dans le menu balance des blancs, l’appareil tiendra compte du voile jaune orangé et introduira une correction « électronique » afin que la pomme apparaisse verte et non orange.

 

Techniquement, l’appareil recherche les pixels les plus clairs de l’image et estime que c’est du blanc. En photo digitale, le blanc correspond à une présence totale et équivalente de toutes les couleurs. Comme dans le cas présent, l’éclairage halogène ne pouvait pas nous apporter de lumière parfaitement blanche puisqu’à 3200K, nous savons donc que les pixels les plus clairs devraient être jaunes/orangés.

 

En sélectionnant le pictogramme ampoule, nous demandons précisément à l’électronique de l’appareil de modifier toutes les couleurs jusqu’à considérer les pixels les plus clairs de l’image comme étant théoriquement blancs. L’électronique effacera donc le jaune créé par l’halogène dans une proportion telle qu’une page blanche éclairée par celle-ci (et donc en principe perçue jaune) sera enregistrée comme blanche. Avec elle, toutes les autres couleurs auront évolué de la même manière, à savoir par une compensation bleue. CQFD

 

C’est le même raisonnement pour le pictogramme éclairage TL. Dans le cas de photo sous éclairage TL (tubes néons en langage populaire), c’est une forte dominante verte qui devrait voiler l’image. En sélectionnant le picto TL (souvent 2 niveaux) l’appareil compense en rouge + /- fort en fonction du niveau choisi.

 

 

Voilà qui commence à devenir intéressant pour les plongeurs. En effet, dans les plongées en eau douce c’est parfois un voile vert qui est présent. Pourquoi ne pas sélectionner le picto TL . Une compensation en rouge sera automatiquement réalisée et vos photos auront des couleurs bien plus vives!

 

 

Plus loin dans la balance des blancs (trucs et astuces)

 

 

Les réglages pré installés en mode balance des blancs peuvent donc nous aider. Mais la source de lumière est tellement aléatoire que les préréglages ne sont pas toujours précis. Plusieurs appareils compacts (comme les Olympus SP 320, SP350) proposent donc un mode manuel d’enregistrement de l’erreur sur le blanc.

 

 

 

Dans ce mode, l’appareil vous propose de mesurer la différence de température de couleur (par rapport au 5500K de la lumière du jour) sur une feuille blanche (un A4 par exemple) dans les conditions d’éclairage que vous utilisez. Tant que vous maintiendrez la sélection manuelle de balance des blancs, par calcul, toutes les couleurs seront automatiquement réajustées pour obtenir les couleurs les plus naturelles possibles même sous un éclairage anormal.

 

 

Pour les plongeurs, cela revient à dire que si vous amenez un tableau blanc sous l’eau et arrivez à mesurer celui-ci en mode manuelle de balance des blancs, la dominante bleue disparaît et les couleurs seront ravivées.

 

Mais vous aurez compris que ce n’est pas évident. Vous aurez aussi compris que suivant la distance à laquelle se trouve le sujet, la mesure devient difficile.

 

 

Il fallait donc trouver un truc pour préparer la chose en surface en fonction de sa plongée.

 

 

La méthode est simple, il s’agit de mesurer l’erreur de source de lumière sur une surface non pas blanche (comme prévu dans le programme de l’appareil), mais bien de la couleur que l’on souhaite éliminer. Si vous vous munissez de deux ou trois cartons de couleur bleue (+/- dense) qui correspondrait donc à la couleur bleue rencontré en profondeur et que vous mesurer cette source comme étant du blanc, l’appareil ajustera automatiquement, via l’électronique, toutes les couleurs en filtrant en jaune/orange.

 

 

Bien évidemment, impossible de prendre une photo en surface dans ces conditions car tout est orange. Mais sous l’eau, quelle différence…

 

Puisque cela fonctionne pour le bleu, c’est valable aussi pour toutes les dominantes de couleurs que vous pourriez rencontrer sous l’eau. Il suffit de trouver le carton de couleur équivalent au voile de couleur dominant sous l’eau et de faire une petite balance manuelle des blancs sur celui-ci avant de se mouiller.

 

 

Après votre plongée, n’oubliez pas de remettre la fonction en mode AUTO.

 

 

A vous d’essayer et de me donner votre feedback sur [email protected]

 

 

Quelques liens utiles :

 

 

 

Luc Vicca

 

Responsable Diving Imaging pour Olympus Belgium

 

 

 

  • Attention, tous les réglages ne sont valables que si les images sont enregistrées en formats TIFF ou JPEG (SQ, HQ, SHQ). Pour ce qui est du RAW c’est une autre histoire.
  • Certains appareils comme l’OLYMPUS MJU 500 sous certaines versions de firmware intègrent un filtre orange dès la sélection du menu plongée. A vous de voir si c’est suffisant ou si vous adopter la méthode décrite ci-dessus.
  • Ne jamais oublier de sélectionner le menu plongée (de près, medium ou plan large)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • 2 weeks later...

Bonne explication.

 

Si tu es en raw, aucun post traitement n'est fait.

Tu peux faire le réglage des blancs à la main dans photoshop ou un autre logiciel de conversion raw (comme celui fournit avec l'appareil photo).

Soit tu choisis un point sur la photo qui est blanc ou gris et il se débrouille. Soit tu l'ajuste à la main (2 parametres à régler). Le tout SANS PERDRE en qualité :D (pas comme changer les courbes de niveau sur un jpeg).

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  • 5 months later...
  • 2 years later...

Bonjour,

Article intéressant je pense ..

 

Qq un a-t'il essayé cette technique ?

Je viens de bêtement essayer et effectivement cela fait fortement resortir les rouges.

Je pense plutôt à un intérêt pour les photos sans flash type épaves à 30 m. :captain:

 

La méthode est simple, il s’agit de mesurer l’erreur de source de lumière sur une surface non pas blanche (comme prévu dans le programme de l’appareil), mais bien de la couleur que l’on souhaite éliminer. Si vous vous munissez de deux ou trois cartons de couleur bleue (+/- dense) qui correspondrait donc à la couleur bleue rencontré en profondeur et que vous mesurer cette source comme étant du blanc, l’appareil ajustera automatiquement, via l’électronique, toutes les couleurs en filtrant en jaune/orange.

 

Sachant que je peux garder plusieurs photos en memoirs qui peuvent servir de référence à la BdB, je me demandais s'il n'était pas intéressant de remplacer les cartons par des photos du gd bleu prises ç différentes profondeurs lors de la première plongée ...?

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  • 5 months later...

Sachant que je peux garder plusieurs photos en memoirs qui peuvent servir de référence à la BdB, je me demandais s'il n'était pas intéressant de remplacer les cartons par des photos du gd bleu prises ç différentes profondeurs lors de la première plongée ...?

 

Salut,

 

Moi j'utilise cela :

http://cgi.ebay.com/55mm-White-Balance-Lens-Cap-Custom-WB-Filter-55-mm-L4B_W0QQitemZ230441274212QQcmdZViewItemQQptZLens_Accessories?hash=item35a75ecb64

 

Dans l'air car pour l'instant car je passe mon N1, je fais ma bdb manuellement en mettant le bouchon blanc devant l'objectif et en visant la source de lumière. c'est en plastique donc étanche.

Ca marche plutôt bien pour le prix, mais cela me donne un bdb légèrement froide (bleu) en terrestre. Donc à tester dans le gd bleu !

Mathieu

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