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Hyperoxie -Ou pourquoi se rappeler d'Orangina.


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Hello les bulleurs,

 

 

 

Je viens de me faire une petite frayeur très sympatique, qui peut aussi servir de leçon à d'autres.

Voici les données de base: Après un plongée Nitrox30, il me reste 40b dans mon bloc, un 2x10l. Je me dis bien sur qu'en gonflant avec de l'air ce bloc jusqu'à 200b, il ne me resterait comme mélange qu'un Nitrox23.

Nous avions prévu une plongée aux alentours de 55m sur un tombant, je me disais donc qu'à cette profindeur, la pp02 serait de 1.5 avec le mélange précité, et si nous glissions jusqu'à 60m, qui est le bas de la falaise, j'aurais tout juste atteint une ppo2 de 1.6.

Je suis donc allé cherché le matin un peu d'air, et j'ai poussé jusqu'à 220b, sachant que la plongée prévue le soir était tout de même assez lourde, et l'esprit tranquile face à la ppO2.

Pour les curieux, c'est la falaise de Chatillon, dans le lac du Bourget.

Arrivés sur place, nous nous equipâmes (combi sêche, bien évidemment), il faisait encore très chaud, bien plus de trente degrés. Nous marchâmes jusqu'au bord depuis le parking, nageâmes les 100m vers le début de la falaise, et plongeâmes le long du tombant. Les 20 premiers metres sont spectaculaire, les 10 suivants merdiques, les 30 derniers extraordinaires.

 

Hmmm, oui, 60m. A la minute 6. Si vous avez lu le titre, vous êtes déjà au courrant de ce qui s'est passé. Symptômes: tremblement des lèvres, mouvements incontrolés des bras et des jambes, respiration sacadée, perte de la maîtrise de soi, idée fixe: cracher le détendeur qui vous gène, yeux qui veulent se révulser. J'imagine que cela doit ressembler aux crises d'épileptie.

Evidemment, premier reflexe : Dis, mon binôme préféré, j'ai un soucis (j'ai réussi à peu près à faire le mouvement de main adéquat). Ne voyant pas venir de réponse de sa part dans le millième de seconde, j'ai réussi à percuter mon inflateur de stab malgrès les mouvements se faisant de plus en plus désordonnés.

Vitesse de remontée: Incalculable. Je n'étais qu'à moitié conscient, et me disais que de toute manière, je préférais être en haut qu'en bas. Je focalisais toutefois mes pensées sur cinq choses, altérnativement: Reste collé à la parois; dirige ton phare vers le bas, si tes collègues déscident de remonter aussi, il faut qu'ils te voient; essaie d'éviter de remonter en bouchon jusqu'à la surface, pense à t'arrêter avant; Sers ce détendeur de toutes tes forces, c'est lui qui te tiens en vie; et enfin: cette fois, c'est foutu, tu vas mourir.

Arrivé à 40m (en une seconde? en 5 minutes?), je me sentais un peu mieux, le corps ne bougeais plus autant, et seule la respiration était encore saccadée (dans les 150 inspirations minutes, à vue de nez), mais je sentais que je pourrais gérer tout cela. A trente metres, je vide ma stab, purge mon étanche et me stabilise complêtement sur la parois, et j'attends les autres, sentant mon corps se calmer. Minute: 9. Aie. Mon ordinateur (un uwatec Smart pro) avait probablement sonnée pendant la remontée, toutefois, il n'indiquait pas de paliers, ni de message de remontée trop rapide. J'étais un peu interloqué, comment gérer la remontée? Avais-je été trop rapidement et mon ordi ne m'aurais pas prévenu? A-t-il un problème? Les autres me rejoignent, et s'encquièrent de ma santé. Je leur dit que ca va, que ca va mieux, que j'ai eu peur. Ils me font un signe pour me dire que j'étais monté rapidement. Ouch, mes craintes augmentent.

Je décide donc de rester à 30m, moitié de la profondeur maximale atteinte, et de profiter un peu de cette magnifique parois. Après quelques minutes, on remonte très très progressivement, admirant les perches, les chabots et les ecrevisses du coin. 30 minutes de temps de remontée ai-je infligé à mes camarades. C'était ce qu'il me fallait pour me rassurer de l'eau à nouveau, et d'apaiser mes craintes quant à la remontée.

Une fois sorti, j'ai essayé d'analyser les nombreuses bêtises faites ce jour. Les conclusions, personnelles ainsi celles de mes amis, sont les suivantes:

 

1°) Temps pour que le mélange se fasse entre l'oxygène (ou le nitrox), et l'air dans la bouteille. Il était tout à fait possible que j'ai inspiré du nitrox 30 non mélangé à 60m (ppo2 2.1 - 90m à l'air). Je n'avais de plus pas secoué la bouteille du tout après le gonflage. Ni d'ailleur attendu les 24 heures réglementaires avant de plonger avec ce mélange.

2°) ppO2 max calculée de 1.6... Dans des conditions extrèmes (7°C, nuit noire, visi plus limitée, lac)

3°) Différence de température extrème: 35°C, au soleil, ce n'est pas un environnement fait pour des plongeurs en étanche avec plus de 50kg de matériel sur le dos. Je suis arrivé bouillant et en sueur dans l'eau à 26°. A 15m, cette eau n'en avait plus que 12, à 30: 7°C. Ca m'a fragilisé.

4°) Abstinence de plongée: 3 semaines de repos, et droit derrière je fais une plongée à 60. J'étais donc probablement bien shooté à 60m.

5°) Nombre de binômes: trois, pas bien. Deux bien. Ou trois seuls. mais pas trois ensemble.

6°) Plongée lourde le soir: fatigue accrue.

 

Bref, il en reste quelques unes encore.

 

Après le debriefing, je suis allé télécharger le profil sur mon ordinateur, pour voir les dégats. La remontée en bouchon a été effectuée à la vitesse record de... 10m /minute exactement. Le taux de saturation des tissus était très bien géré, et la courbe était on ne peu plus douce.

 

Pour finir, ce genre d'histoire, outre de rappeler la prudence, est un bon moyen de forcer le rappel de l'interet des procédures, ainsi que de l'entraînement, pour savoir se maîtriser dans des moments un peu tendus.

Faites attentions à vos mélanges, faites de bonne bulles joyeuses!

 

@+

Brian.

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Et tu as analysé après coup?

Et ton gonfleur n'a pas d'analyseur?

Il y a une règle d'or en recycleur CCR: "connais ta PpO2", ben c'est la même chose en circuit ouvert.

Quant à l'inhomogénéité du mélange, je n'y crois pas trop, surtout pour un topage à l'air qui va créer des turbulences en arrivant dans la bouteille.

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Non, j'ai depuis vidé mon bloc et refais le plein à l'air, je ne l'ai pas encore recu, l'analyseur (une semaine de délai d'attente pour la livraison).

Le compresseur utilisé, un compresseur air, n'a pas besoins d'analyseur, ne gonflant qu'à l'air... (je sais, c'est un peu une lapalissade)

Ma ppO2 me semblait être connue, puisque j'avais préparé l'eventualité de la profondeur max atteignable avec le mélange théorique dans le bloc. Et je suis tout à fait d'accord avec toi, c'est une des données essentielle lors de la préparation de la plongée, quelle que soit le type de plongée (air, nitrox, trimix, circuits ouverts, semi- et -fermé, même combat).

L'homogénéité du mélange n'est apparemment pas garantie dans le bloc, en tout cas d'après les théories des cours nitrox I et II, ainsi que gaz blender que j'ai suivis. Ce n'est pas la première fois que j'entends des contradictions à ces théories, mais comme je ne peux pas voir ce qui se passe dans le bloc, je préfère, normalement, me fier à la théorie la plus contraignante (chose que je n'ai pas faite le weekend dernier).

Ah, oui, autre bêtise: Un mélange pour une plongée. J'ai fait fi de cet adage.

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La seule et unique bêtise: ne pas avoir analysé le mélange.

Tu ne peux pas te fier à ce qui théoriquement se trouve dans le bloc. Théoriquement tu n'aurais pas dû avoir de crise hyperoxique, pratiquement tu l'as eue. Faut pas chercher plus loin.

Enfin, la fin est heureuse pour toi.

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ce qui ressemble bien à une crise d'hyperoxie, mais, à 60 m, c'est plutôt "Narcose et compagnie", surtout dans les conditions dont tu parles.

Je ne suis pas un spécialiste des gaz, mais tu parles d'arriver à un NX23 à 200B, mais tu gonfles à 220B : Théoriquement, tu as quoi?? 22?

@+

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Hello les bulleurs,

 

 

 

.

 

Bonjour

 

Je vais te donner un sentiment , enfin un sentiment un peu argumenté .

 

Tout ce que tu décris ne ressemble en rien à une crise d'hyperoxie .

 

( C'est le problème d'images répandues ici ou là dans les livres sur les "prodromes" (rares) d'une crise hyperoxique ...or ils n'existent pratiquement pas à quelques exceptions près : plongeurs très expérimentés à des PpO2 massives qui savent s'écouter attentivement pour percevoir une hyper excitabilité corticale , voire une aura ) .

 

Cliniquement , tout cela ressemble à une narcose à l'azote accompagnée d'un début de panique avec dyspnée .

Outre la profondeur , Chatillon est tout de même une plongée susceptible de faciliter ce gentre de phénomènes entre le froid ( et le différentiel thermique que tu as décrit) la visibilité ( même belle pas si cristalline que ça ), et des repères spatiaux limités au tombant en surplomb .

 

Bref une 60 m en condition du Bourget à l'air c'est susceptible de provoquer le genre de phénomène que tu as décrit .

 

Enfin l'histoire du Nitrox est rigolote .Le nitrox n'est tout de même pas le Trimix !

 

et 40 bars de Nx 30 dans lesquels tu envoies 180 bars d'air , ne vont pas rester gentiment compartimentés . On a ici une très grande habitude des mélanges remaniés , rien de tel observé jamais !

 

Pas besoin de secouer toute la nuit les cylindres comme des cocotiers :D .

 

Bref :

 

primo , l'hyperoxie est à revoir !

secondo : vérifier son gaz par acquis de conscience

tertio : tu as bien géré ton truc , la narcose/panique/essouflement a été contrôlée au bout du compte ( ceci dit ton hypothèse d'hyperoxie n'a pas été sans ajouter au stress d'une crise imaginaire imminente)

 

 

Conclusion : ne pas plonger Chatillon ou un lac à 4°C à 60m à l'air sauf si on est aguerri depuis longtemps à ce genre de plongées ( et encore ! :hehe: )

 

Amicalement

 

Bernard

 

( je sais bien que ça remet de fond en comble en question ton interprétation , mais je t'assure qu'il faut que tu te penches sur les réserves très fortes que je me permets de te livrer quant à la toxicité des gaz)

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La seule et unique bêtise: ne pas avoir analysé le mélange.

Tu ne peux pas te fier à ce qui théoriquement se trouve dans le bloc. Théoriquement tu n'aurais pas dû avoir de crise hyperoxique, pratiquement tu l'as eue. Faut pas chercher plus loin.

Enfin, la fin est heureuse pour toi.

 

Cher Stéphane :

 

non il n'a pas eu de crise hyperoxique ; il faut chercher ailleurs :D

 

 

bien amicalement à toi

 

Bernard

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Salut, et l’Hydrocution ??

 

Perso je pense en avoir fais les frais la semaine dernière Température extérieur 36° marché 200m avec le Bi12 et combi 2x7, je suis resté 10 minutes en surface pour refroidir, puis hop on voulais descendre doucement à cause de la différence de température mais après 6 minutes j’étais à -37m et là, tremblement dans les jambes, du mal à bouger un muscle, mais j’étais super claire dans la tête, bref je rentre pas dans le détail mais j’ai pensé à l’hydrocution et cette histoire m’y fais pensé aussi.

 

Maintenant c’est que mon avis.

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Salut, et l’Hydrocution ??

 

(...)

 

Maintenant c’est que mon avis.

 

"Effet canicule" , faire un signalement à l'agence de veille sanitaire :D

 

Hydrocution , je veux bien ; une immersion brutale dans l'eau froide après une exposition aux températures caniculaires , soit :

 

perte de connaisance et noyade ..

 

Mais si je comprends bien , dans ton cas , tu prends la précaution de t'acclimater en surface pendant 10 mn dans l'eau avant de t'immerger . Même avec une thermocline à fort gradient , point d'hydrocution comme explication valable .

 

Idem pour Brian .

 

Pour le tombant de Chatillon , tu t'immerges dans une eau actuellement à 20°C et pendant plusieurs minutes ( ou tu nages en surface pendant 5 mn au moins) car il faut rejoindre le tombant à partir du bord . Largement le temps au système parasympathique de s'adapter .

 

 

L'hydrocution , l'effet ne se fait pas attendre : arrêt cardiaque et noyade ; sinon a minima : troubles trophiques vasculaires : prurit, frissons ,crampes , troubles sensoriels divers : on sort aussitôt .

 

 

amitié

 

Bernard

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