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Plongeur.com - Le site de la plongée sous marine

Retour sur une petite dérive en mer rouge.


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    Ca fait quelques semaines que je m'interroge sur l'utilité ou non de relater ma petite mésaventure, vécue au mois d'aout cette année.

    Finalement je me lance, si ça peut apporter une réflexion ou discussion sur le thème de la dérive et tant pis si je me fais flammer...

     

    13 Aout 2009: Egypte, Plongée sur les brothers, lors d'une croisière plongée. 14ème plongée du séjour. (dernière plongée de la journée, la 3ème)

    Site: Big Brother, plongée en dérivante (par la force des choses), pélagique et épave numidia.

     

    On est largué à la pointe de l'île en zodiac et comme depuis 2 jours maintenant, le trajet est "houleux". De bonnes vagues en surface nous donnent une impression de foire aux plaisir avant l'immersion.

     

    Première partie de l'explo: On cherche du gros. Pour cela on s'éloigne un poil du récif pour nous retrouver dans le bleu et observer. La veille, nous avions vu du requin gris, du marteau et un requin baleine qui nous passe devant le masque.

    Ce jour, les rencontres restent timides, quelques gris à bonne distance qu'on aperçoit mais c'est tout. Ou sont les longi dont on nous parle tant ?

     

    On revient vers le récif pour poursuivre l'explo en direction du numidia ( pour ceux qui ne connaissent pas, cette épave superbement concrétionnée, git contre le récif quasi à la verticale entre 20 et 75m). C'est la deuxième fois qu'on part la visiter.

     

    En passant la pointe, nous sommes aspirés par un courant dantesque. Comme si nous venions de nous insérer dans une autoroute sous la mer. Le paysage défile sans un coup de palme et nous apercevons déjà l'épave. Cette dernière arrive vite, trop vite. Je vois un bossoir juste devant moi... le temps de me demander si je passe au dessous ou au dessous, je suis déjà dessus. Je l'évite de justesse en me retournant pour le frôler par en dessous... ouff c'est passé, mes palmes l'ont quand même cogné au passage. C'est la première fois que je rencontre un courant comme celui là. Parfois même ça entraine vers le fond: C'est ce qu'ils appellent la "machine à laver semble t il.

    Je vois des plongeurs agrippés à ce qu'ils peuvent de l'épave, en drapeau. La plupart abandonnent l'idée de la visiter et repartent dans la dérivante.

     

    Avec ma binomette, nous choisissons de nous mettre à l'abri du courant, protégés par l'épave contre la coque vers 30m.

    Nous sommes à coté d'une ouverture dans la coque.

    On s'entend pour aller jeter un coup d'œil à l'intérieur avec grande prudence. Je pénètre en premier pour examiner les lieux, en reconnaissance de la visi, de l'orientation et des sorties possibles. Ma binomette me rejoint à l'intérieur. On scrute les sorties possibles mais ça ne passe pas, elles sont trop étroites.

    Un plongeur, divemaster passe à ce moment au dessus de l'épave nous fait un petit coucou et poursuit sa dérive. (ce détaill aura sa petite importance).

     

    Drole d'impression que celle de progresser dans cette épave qui est à la verticale. On est très vite désorienté. On ne s'enfonce pas trop dedans par prudence et je regarde très souvent derrière moi si la visi ne tombe pas (particules ?) et qu'on voit toujours bien la sortie. C'est bon c'est propre, et nous palmons en frog kick avec précaution.

     

    Une fois notre curiosité assouvie, on sort de l'épave pour reprendre notre explo.

    Il nous reste presque 100bars chacun. On longe alors le récif. Plus personne avec nous, on aperçoit encore quelques plongeurs loin devant nous qui terminent eux aussi leur plongée. Nous sommes les derniers.

    On prend tout de même notre temps pour savourer cette plongée, explorer, observer la faune en remontant légèrement et progressivement.

     

    Ma binomette m'indique qu'elle va bientôt passer sur moins de 60 bars, nous sommes à 15m et nous avons tous les deux 5 minutes de paliers à 3m. Vu que c'est la 3ème plongée de la journée et qu'on a bien "tapé" pour les 3 on fera en plus 3min de sécu.

     

    Voulant suivre les instruction d'un divemaster du bateau, nous nous éloignons un poil du récif pour entamer notre remontée. (ils avaient peur qu'avec la mer agitée, le zod soit en difficulté contre le récif pour nous récupérer).

    Je lance mon para de 15m avec mon spool. Et là grosse surprise ! Le fil part presqu'à l'horizontale. Les 35m de fil se dévident à toute allure... ouf le para semble avoir atteint la surface sans m'imposer une séance de ski nautique sous-marin.

    On se hisse en rembobinant vers le plafond de nos paliers. Pas évident, ça tire et j'ai failli échaper mon dévidoir plusieurs fois... ça force. Les 7 minutes de palier passent... (ces derniers avaient diminué le temps de la remontée à 3m).

    L'inquiétude me gagne en constatant que: d'abord nous sommes en plein bleu (plus de récif en vue, que du bleu tout autour) et puis surtout on n'entend plus aucun bruit. hmmm... Notre para doit être bien visible en surface... le zodiac récupère t il d'autres plongeurs ailleurs ???

    Une fois nos palier terminés, fin de plongée, on regagne la surface.

     

    Problème et dure constatation: On est loin, très loin très très loin de l'île... plus de 400m à vue de nez (je ne saurait pas l'estimer). Big brother est minuscule et notre bateau de la taille d'un petit poids. De là-bas, quelle taille devons nous avoir nous ??? hmm..

     

    On entend à peine les zods qui font des aller-retours pour ramener les plongeurs. On les voit à peine également car les vagues sont hautes. On ne peut les apercevoir que par intermittence car le reste du temps nous sommes dans les creux de vagues. Je me dis que pour eux, ce doit être la même chose et mon para à soupape, pourtant de taille raisonnable ne doit pas être très visible, surtout d'aussi loin.

     

    Au fond de moi, je suis inquiet, mais ce n'est rien par rapport à ma binomette, qui semble considérer la situation comme assez critique et frôle la panique en surface.

    Je prends sur moi et tente de la rassurer pour qu'elle se ressaisisse.

    Régulièrement je tiens mon para à bout de bras pour gagner un peu de visibilité de mon signal, je l'agite mais ça ne change rien.

    On se rend compte qu'on continue de dériver et problème, le soleil, déjà bas, ne va pas tarder à raser la mer pour ensuite se coucher.

    Que faire ? Nous avons des miroirs de signalisation mais nous sommes entre le soleil et l'ile et donc les bateaux. Inutilisable !

     

    Ma binomette veut qu'on se mette à palmer pour tenter de nous rapprocher de l'île. Je n'aime pas trop cette idée car avec les plongée que nous venons de faire, je redoute l'effort post-plongée et l'ADD. En outre, comment lutter contre ce courant ? Je m'exécute pourtant sans sourciller en pensant que ça va participer peut-être à la calmer, en attendant qu'ils nous voient et nous récupèrent. Et puis c'est peut-être une bonne idée après tout.

     

    On se rend très vite compte qu'il faut qu'on se tienne car en quelques secondes, on s'éloigne l'un de l'autre encore à cause du courant.

    On se met sur le dos pour pouvoir progresser sans avoir le détendeur en bouche.

    A ce moment, je pense à la technique d'enlever ma stab pour m'en servir de radeau. Ce serait le bon moment... mais franchement, l'idée de me déharnacher de mon équipement me déplait fortement. C'est le genre de conseil qui finalement s'avère très facile à donner en théorie mais in situ, se détacher de son équipement vital est bien plus problématique.

     

    Pendant ce temps, en palmant, pas mal d'autres choses me viennent à l'esprit: économiser notre air (si la mer s'agite encore plus et qu'on prend des paquets dans la figure... ça peut servir), économiser nos lampes (dont l'autonomie doit déja être bien entamée à cause de la plongée), je regrette de ne pas avoir pris mon flasheur, économiser nos forces (tenter de rejoindre l'île en nageant me semble de plus en plus une mauvaise idée et en plus on pourrait coincer la bulle.), moi je suis en intégrale mais ma binomette n'a qu'un shorty, si ça durait, il y aurait en plus le problème du froid,etc... bref ça cogite...

     

    On stop souvent pour reprendre notre souffle et à chaque fois on constate qu'on fait du sur-place.

     

    Je commence à "pétouner" en regrettant que les marins sur les zods ne pensent pas à regarder vers le large et non vers l'île pour nous apercevoir. Je vois par intermittence leurs embarcations et crois deviner (pas évident de voir de si loin) qu'ils font des allers-retour à vide... sans doute qu'il nous cherchent.

    Je suis assez étonné de voir que ma binomette prenne tant conscience d'un possible problème de dérive en mer rouge et des conséquences. Elle n'a pas lu toutes les histoires que moi j'ai lu ni n'a vu le film "open water" par exemple. Par contre moi, ce film je l'ai bien vu et il me revient à l'esprit à ce moment.

    Par exemple: Au fait, on est où là ? Au brothers. Et pourquoi on est là ? Pour voir du GROS ! L'idée me traverse l'esprit, mais je la garde pour moi, ne voulant pas inquiéter ma binomette. Lui parler des requins à ce moment serait le pompom.

    D'ailleurs, un instant je crois voir une tache grise à coté de nous, proche de la surface. Je me raidis à l'intérieur. Discrètement, sans dire un mot, je met mon masque sur le visage et jette un coup d'œil sous l'eau... non rien. Mon imagination qui me joue des tours sans doute. C'est sur que moi qui voulais voir des longis, à cet instant c'était la dernière chose que j'aurai voulu rencontrer. Je me dis que c'est une autre bonne raison d'économiser notre air. Si des ailerons se pointent, il faudra bien faire face plutôt que de faire les tortues en surface.

    On n'entend plus les moteurs des zods... ils ont du les couper.

     

    Le temps passe et c'est long...

     

    Et puis, tout d'un coup je me souviens d'un truc. Avec le petit miroir acheté pour l'occasion de cette croisière, à la maison en préparant mon petit pack de sécu, j'avais retrouvé un sifflet en plastok dans ma trousse à outil (le genre de sifflet vendu avec certaines stab et que ma binomette avait enlevé. Je l'avais toujours gardé au cas où et je l'avais finalement emporté avec moi pour cette croisière, me disant que finalement, ça pouvait toujours servir). Je passe le para à ma binomette et fouille dans ma poche et ... il est là ! Je l'avais bien emmené.

    Je souffle en discontinu de toutes mes forces. La première fois, il marche très bien mais les suivantes... beaucoup moins. (il doit s'engorger avec la salive) Je le rince dans l'eau de mer et recommence.

     

    Et puis, on entend au loin les zods qui remettent les gaz plein pot. On les vois zigzaguer près de l'île...

    Et puis, au bout d'un court moment, l'un d'eux qui a du apercevoir mon parachute et guidé par mon sifflet, fonce vers nous.

    Il nous retrouve. Première chose qu'on voit, c'est le pilote avec un grand sourire (presque aussi grand que le notre) et faire de grands signes en disant: inch allah inch allah et j'en passe avec des allah...

    C'est clair qu'on est heureux de le voir. On se déséquipe et ma binomette, à bout de force, penne à se hisser sur le zod. La pauvre, semble en avoir vu de toute les couleurs, elle est épuisée.

     

    Retour au bateau, le DM avec la feuille de palanquée est aussi content de nous voir. Nous demande où nous étions, on lui raconte tout. Il nous confie qu'il commençait à être un peu inquiet car il nous pensait être au niveau de l'épave. Il redoutait qu'on ait eu un problème dedans. Ni lui, ni les marins n'avaient pensé à nous chercher au large de l'île. Et oui...le plongeur qui nous avait vu et fait signe lorsque nous étions à l'intérieur du numidia, lui avait communiqué l'info pendant qu'ils nous cherchaient.

     

    Voila, cette petit histoire ou petit incident s'est très bien terminé et nous avons dérivé moins d'1 heure au final ce qui par rapport à mon inquiétude peut faire sourire mais je vous assure que le temps parait long... très long et en plus après avoir lu plein de choses sur les fora, ça a cogité.

    Ma binomette me bénit encore aujourd'hui d'avoir pensé à prendre un sifflet.

    Du coup, après notre retour en France, c'est le premier truc que nous sommes allés acheter. Nous avons maintenant un sifflet d'arbitrage "de compet" conseillé d'ailleurs par Tautaz sur ce forum, (un chacun) à poste dans une poche de stab. Les plongeurs qui étaient avec nous sur le bateau ont trouvé qu'avoir un sifflet avec soi était en effet une bonne idée. D'autres ont ressorti de leur sac leurs avertisseurs sonores, etc...

     

    J'ai pris notes de nos erreurs, peut-être y en a t il d'autres que je n'ai pas vu:

    - Ne pas s'éloigner du récif. Larguer le para, remonter et faire ses palier, attendre et seulement ensuite quand le zod arrive et nous a vu on s'éloigne du récif. PAS AVANT !!!

    - Les 3 minutes de sécu, peut-être pas utile puisqu'on a dérivé plus encore sous l'eau. Mais bon, sur le coup on ne s'attendait pas à ça et avec ces 3 plongées on trouvait ça mieux pour être sur de bien avoir dégazé.

    - Apprendre à ce méfier du courant sous-marin en plongée. J'avais déja frolé de me cogner dans le bossoir du numidia, j'aurai du en prendre note et en évaluer le danger. Rester près du récif encore. Et peut-être pas trop éloigné du groupe. S'ils abandonnent tous l'explo, ce n'est peut-être pas pour rien.

    - Ne pas regarder le film open water car ça fait flipper après quand ça arrive !

     

    Choses positives:

    - J'ai su garder un certain sang froid et rassurer ma binomette qui partait en live complet.

    - Du bon matos ça aide: Le para à soupape est essentiel. Comment aurions nous fait avec un para normal qui se serrait dégonfler en surface et aurait été trop petit.

    - Le sifflet. Je ne m'en sépare plus. C'est lui qui au final nous a été le plus utile.

    - J'ai découvert le courant et ai appris à m'en méfier. Je pensais connaître car je plonge essentiellement en Atlantique, en Manche et à Arcachon mais en fait non, je ne connaissais pas du tout. Les Brothers ça rigole pas. D'autant plus que j'ai lu, toujours sur ce forum, le récit d'autres plongeurs qui cet été ont plongé là-bas et l'un d'eux raconter qu'un des plongeurs du bateau a aussi connu une dérive sur ce même spot.

     

    Il y a eu bien plus de peur que de mal mais si ce compte-rendu détaillé peut servir à d'autres, tant mieux.

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    Ouf !!!

     

    On sort de la lecture de ton récit avec la chair de poule...!!

     

    Très beau récit au passage, très bien écrit, avec ce qu'il faut de suspens, on s'y croirait et en même temps on est bien content de ne pas y être !!! :hehe:

     

     

    Je pense que tu as vraiment bien tiré les leçons de ta mésaventure, surtout le fait de ne s'éloigner de la paroi qu'au moment où c'est nécessaire, et non dès le commencement de la remontée....

     

    Et aussi, bien sûr, un palier de sécurité n'est plus "de sécurité" quand il te fait en réalité prendre plus de risques qu'il ne t'apporte de bonus, mais je comprends bien que cela n'est apparu qu'au moment où tu as pointé le nez à la surface.

     

    L'importance aussi de garder son sang froid, ce qui permet de réfléchir et t'a permis de trouver une solution supplémentaire (le sifflet) qui t'a sorti de ce mauvais pas...

     

    On aimerait savoir aussi ce qu'envisageait le bateau, comptaient-ils sur la tombée de la nuit pour vous apercevoir plus facilement ? (savaient-ils que vous aviez une lampe ?)

     

    En tout cas merci beaucoup pour ton récit, très beau (surtout parce qu'il finit bien !) et très instructif....

     

    (Pour ma part, j'ai toujours un sifflet dans ma poche, même ici à Marseille, ce n'est pas la place que ça prend, et je m'en réjouis tout à fait en lisant ton récit !! :) )

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    Merci Françoise pour tes commentaires.

    Pour répondre à ta question, je me demande encore aujourd'hui ce qu'envisageait le bateau. Bien que le DM en nous accueillant à bord, (il nous attendait tout seul sur la plage arrière pendant que les autres plongeurs étaient à l'apéro sans se douter de ce qui se passait pour nous), nous a confié qu'il s'inquiétait, j'ai trouvé le temps de réaction un peu long. Mais je trouvais tout long dans la position dans laquelle nous étions à vrai dire.

     

    Il semble, d'après ce qu'il nous a dit qu'il nous croyait vraiment au niveau du numidia (rapport à l'autre plongeur qui nous avait vu dans l'épave à travers une ouverture.) et s'il commençait à envisager des scénarii "catastrophes", il n'avait pas du tout songé à celui de la dérive. D'où le fait que les zods ne semblaient pas du tout regarder au large mais restaient près de l'île.

    J'avoue qu'au fond de moi, au bout d'une demi heure, je commençais à vraiment m'énerver et à leur en vouloir, à remettre en question le niveau de sécu etc...etc... Tu vois ce que je veux dire ? Un réflexe un peu idiot de colère mais sans doute compréhensible.

     

    Je comprends également que ça puisse provoquer un peu la chaire de poule car le récit exprime, du moins tente d'exprimer, ce que nous avons vraiment ressenti. C'est pourquoi, j'ai mis les détails.

    Et aujourd'hui encore, avec ma binomette quand on reparle de cet épisode, on ressent encore un peu la peur. Je ne dirai pas que ça nous a traumatisé mais marqué ça oui, on s'en souviendra. Je peux le dire sans honte: on a eu peur, tout les deux.

     

    Un autre détail que j'ai omis et qui fait également froid dans le dos. A propos des autres plongeurs qui prenaient l'apéro insouciants de ce qui nous arrivait à ce moment:

    Tout le monde nous connaissait. Nous avions eu toute la croisière pour nous intégrer et lier des amitiés. On s'entendait avec tout le monde. Mais ce soir là, personne ne s'est inquiété de notre absence. Quand on les a rejoint et expliqué notre mésaventure, ils nous disaient tous des trucs du genre:

    "bah moi je croyais que vous étiez dans votre cabine"

    "moi je pensais que vous preniez une douche avant de monter"

    "On pensait que vous étiez rentré avant nous etc..."

    "je pensais que vous vous reposiez sur le sundeck"

    etc..

    ...

    Seul le DM en bas, sur la plage arrière de plongée et les marins dans leur zod savaient que 2 plongeurs manquaient à l'appel et s'inquiétaient pour nous.

     

    Ca aussi ça fait reflechir !

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    :eek: Merci AdoPlouff de nous avoir relaté ton aventure.

    C'est vrai que cela donne la chair de poule.

    Moi aussi j'ai vu Open Water et depuis c'est l'une de mes hantises en plongée : mourir noyée ou dérivant seule sur l'océan !!!

    Je pense que vous êtes passés vraiment près de la catastrophe et je ne comprends pas qu'avec un tel courant les gars sur le zodiac n'aient pas pensé que vous aviez pu dériver.

    Pourquoi n'ont-ils pas envoyé des moniteurs sur l'épave pour l'inspecter ?

    Si vous les avez attendu près d'une heure en surface ils devaient bien se douter qu'il y avait longtemps que vous n'aviez plus d'air ?

    Alors ils attendaient quoi ??? le dégel ???? Tant d'incompétences me mettent en colère 8(

    En tout cas ton récit aura permis une chose : je vais faire quelques achats (miroir et sifflet).

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    Merci pour avoir lu mon récit qui est long. ;)

     

    Chaina: Avec le recul, la colère est passée et j'ai fait le point. J'assume mes erreurs.

    On s'en sort bien comme tu l'as dit. Mais il faut savoir, qu'un petit incident peut se compliquer à cause de ce qu'on appelle la loi des emmerdes maximum. (murphy at work). Le temps leur a semblé long tout de même puisque le DM a avoué s'être inquiété. Toutefois, il faut savoir que pour aller sur le spot, il faut plusieurs rotations de zod pour emmener tout les plongeurs. Nous etions partis sur le premier zod, mais ça y a que nous qui le savions, mais nous aurions pu partir sur le dernier et l'intervalle peut bien faire 30 minutes. Donc ... pour eux on n'était pas à la flotte depuis forcément une heure et demi.

    Le DM qui nous a vu dans l'épave... orientait leur recherches dans la mauvaise direction.

    Ensuite, envoyer des plongeurs sur le Numidia, n'aurait à mon sens pas servi à grand chose de leur point de vue. Tu sais, ça dégringole vite la bas et personne à bord n'était équipé pour aller voir dans les 80m par exemple. (si nous avions eu un souci sur l'épave, glisser vers le très profond aurait fait parti du scenario pour les plongeurs et les secours). Donc, mauvaise idée à mon avis et c'est pourquoi ils ne l'ont pas envisagée.

    Mais comme toi, je me demande toujours pourquoi ils n'avaient pas l'idée de regarder un peu au large et restaient concentrés sur le récif. Mais ils l'ont peut-être fait et avec la houle et la distance, ne pouvaient pas voir mon para. :s

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    Histoire instructive : faut s'acheter un sifflet (un spécial ou un banal ?)

    Sur ce forum, j'avais déniché un fil de discussion qui en parlait et, sur les conseils de Tautaz, avec ma binomette, nous avons pris celui ci:

     

    Fox40-g.gif

     

    Un fox 40 qui sert pour les arbitres et qui envoie très très fort. 3 euro au decat du coin...

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    Merci pour ce récit instructif et constructif. :top:

    Très bien raconté en plus.

    C'est sur que ça fait réféléchir, et surtout ça vient confirmer que la dérive en mer, risque déjà bien identifié pour les plongeurs, n'est pas une "légende urbaine".

    Personnellement, c'est l'un des risque que je redoute le plus.

    J'ai gardé le souvenir profondément ancré de cette plongeuse "perdue" au large de Port-Cros en 1999 (si ma mémoire est bonne) alors que les conditions météo étaient franchement défavorables, et dont on retrouva des restes en surface, 6 mois plus tard, quelque part au large de la Sicile ou de Malte ...

     

    Et quand on lit ce passage de ta mésaventure :

    Le DM qui nous a vu dans l'épave... orientait leur recherches dans la mauvaise direction.

    on peut franchement se demander si une partie des plongeurs "disparus" au fond, ne l'étaient pas, en réalité, en surface !

     

    Merci encore, et bonnes bulles futures.

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    Très intéressant ton récit ... et très évocateur quand on connaît bien le coin !

     

    Je crois que je vais effectivement passer chez Décat pour rajouter un siflet au miroir de signalisation !!! :top:

     

    Pour l'annecdote , on a eu un soucis dans le même genre , mais beaucoup moins sérieux , en septembre dernier où suite à un petit caffouillage (là c'était la 1ère plongée du jour et la 1ère sur les Brothers après la nuit de traversée ) , on s'est retrouvés à 3 plongeurs seulement sur le dernier zod . Le breefing prévoyait un largage sur le Numidia et dérivante vers le coté EST des Brothers , l'épave étant dans la zone où le courant se partage entre les 2 tombants ....

    Erreur de largage de notre zodiacmen qui nous largue entre le Numidia et l' Aida , dans un jus qui rendait illusoire toute tentative de le remonter jusqu'à la pointe ! On s'est donc laissés descendre jusqu'à l'Aida et on s'est fait 73mn de plongée dérivante , absolument tout seuls sur le tombant Ouest et on est revenu directement au bateau pendant que les zods récupéraient les autres à l'ouest et sur le plateau sud . Ils ont juste été surpris de nous voir arriver directement au bateau :surpris: ....

     

    En fait , tu as très bien analysé le pb principal : ne jamais s'éloigner du reef !

    Mais c'est sûr qu'en 3ème plongée , le soir arrivant , y avait de quoi flipper sérieusement :eek: sur le programme de la soirée , même si tu étais en agréable compagnie ... ;):D

     

    Encore merci pour ton récit !

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    Hélas, ce type de mésaventure est flippant et peut arriver, en Mer Rouge ou ailleurs, en croisière ou en plongée à la journée.

    J'en ai observé un comparable en Mer Rouge, des plongeurs avaient dérivé loin du point de sortie théorique, les zodiacs les cherchaient en mer, les guides scrutaient depuis le bateau... et en toute bonne foi, sur le bateau, on ne s'était pas rendu compte que des plongeurs n'étaient pas rentrés. Finalement, vive les jumelles depuis le bateau!

     

    J'ai commencé me préoccuper un peu plus sérieusement de ce risque en préparant une croisière à Komodo, zone réputée pour ses courants très forts où des plongeurs avaient dérivé presque 2 jours avant d'être retrouvés sur une île (où pas de bol, il y avait en plus des varans!)

    J'avais déjà bien sur un parachute, et c'est à ce moment là que nous nous sommes équipés de miroirs et que je me suis rendue compte que les petits sifflets parfois livrés avec les stabs manquaient d'efficacité. J'ai donc cherché quelque chose de plus puissant et pris ce modèle Storm whistle .

    Il est assez puissant à la surface ou sous l'eau et depuis, il est systématiquement accroché à nos stabs.

    J'ai aussi dans ma poche un marqueur lumineux de type Glo Toob

    Il y a aussi dans la poche du stab un couteau pliant, un tuba pliant, et on prend avec nous une torche...

     

    Une dérive peut arriver... éviter de remonter trop loin du récif et ne s'en éloigner que pour remonter sur un zodiac est plus sur pour ne pas dériver trop loin... et si on y arrive malgré tout pas, mettre le plus de chances de pouvoir se signaler par la vue et le son... et ne pas paniquer! C'est le moment où jamais de ne plus penser à Open Water ou aux Dents de la Mer!

     

    Merci d'avoir partagé ton récit avec nous, il est constructif et permettra peut-être à faire prendre conscience de ce danger... et à faire comprendre que, si pour les croisières en Mer Rouge, on demande aux plongeurs d'avoir chacun un miroir de signalisation et une bouée, ce n'est pas pour s'encombrer inutilement... c'est un minimum de sécurité... On devrait même avoir ce réflexe systématiquement à chaque plongée

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    Oui Troissambar, j'avoue que nous nous sommes dit que la soirée commençait mal. Heureusement, j'étais avec ma chérie ! :)

    Je pense que les plongeurs qui ont des anecdotes liées au courant dans cette zone sont nombreux finalement.

     

    Manta: Je te rejoins sur tout. C'est aussi pourquoi aujourd'hui mon petit pack sécu (miroir, sifflet et ciseaux) reste à poste dans ma poche. Je n'hésiterai pas non plus pour laporchaine croisière en mer rouge à prendre avec moi mon flasheur. Je me disais cette fois (c'était notre première croisière) que c'était peut-être un peu "too much" mais c'était idiot de ma part. Je me revoie lors de cette dérive, voyant le soleil pret à se coucher, le regretter fortement d'ailleurs. Par contre, c'est un vrai flasheur. Je crois, en toute sincérité que le glo toob est un peu juste pour une telle utilisation.

     

    Merci pour vos commentaire et pour avoir lu mon récit. ;)

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    En voyant le Storm Whistle de Manta je me dis que mon sifflet est peut-être un peu juste, il faudra que je l'essaie... (mais pas là maintenant, à la maison, je ne suis pas certaine que les voisins apprécient... :D )

    http://www.stormwhistles.com/

     

     

    Ne pas oublier non plus, que ce soit au sifflet ou avec une lampe, le code morse pour SOS : ...---... (trois brèves, trois longues, trois brèves, en enchaînant les 9 éléments).

    Ça peut servir peut-être à rendre ses signaux plus explicites....

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