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3 jours avec Umberto : ma ma mia !


Nanouch
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    3 JOURS AVEC UMBERTO : MA MA MIA !

     

    « Bonjour à tout le monde. Moi je suis Umberto ! » Devant nous, une légende de l’apnée. Vêtu d’un tee-shirt orange flashy et d’un short bleu à fleurs, Umberto Pelizzari est bronzé, souriant, décontracté.

     

    Nous sommes un groupe de 24 stagiaires (enfin 24 veinards) en ce jeudi 19 novembre 2009 à la fosse de Villeneuve-la-Garenne pour 3 jours de stage d’apnée. Nous venons tous d’horizons différents : si certains ont déjà une bonne expérience en apnée, d’autres sont néophytes. Chacun vient avec son vécu, son niveau et ses objectifs mais tout le monde espère repartir en ayant progressé. L’ambiance est cool et décontracté, à l’image d’Umberto.

     

     

    MAIS QUI EST UMBERTO PELIZZARI ?

     

    Petite biographie en passant, histoire de situer le personnage né en 1965 en Italie. Cf son livre l’homme et la mer : « J’ai 8 ans, je suis au fond de la classe, et la maîtresse me secoue, affolée. Umberto, Umberto ! Mon Dieu, qu’est-ce qu’il t’arrive ? Réponds-moi ! Mais je ne peux pas lui répondre, car je ne veux pas respirer : j’ai décidé de retenir mon souffle pendant 3 minutes et je n’ai aucune intention d’abandonner ma tentative au milieu. Écarlate, je me contente donc d’émettre des grognements incompréhensibles devant l’institutrice atterrée. Enfin, au bord de la syncope, je regarde ma montre et je m’écrie ça y est ! Trois minutes ! Je suis fou de joie. Et c’est alors que je reçois une gifle magistrale avant d’être renvoyé de l’école pendant 2 jours. » :fou:

    Si tout petit Umberto a une peur phobique de l’eau, il découvre à 5 ans à la piscine le plaisir de s’immerger, un plaisir qui ne le quittera jamais. Ses héros d’enfance sont Jacques Mayol et Enzo Maiorca auxquels il adresse des courriers enflammés. Bel athlète de 1 m 89 pour 84 kg, il possède une capacité pulmonaire de près de 8 litres alors que nous autres pauvres terriens avons en moyenne 4 litres. A 19 ans, il décide de se consacrer à l’apnée en professionnel. Il profite de l’enseignement de son maître à penser : Jacques Mayol qu’il rencontrera à l’île d’Elbe. Cette amitié l’accompagnera toute sa vie. Débute alors une série de records mondiaux et un duel avec le cubain Pipin, un peu comme dans Le Grand Bleu. Au final, Umberto se retirera de la compétition en pleine gloire en étant champion du monde avec : 8 minutes en apnée statique (imaginez-vous 8 minutes sans respirer !), 80 mètres en poids constant (c’est-à-dire que l’on descend et remonte uniquement à la palme, la discipline la plus belle et la plus sportive), 131 mètres en poids variable (on part lesté avec une gueuse, on remonte seul) et enfin 151 mètres en no limits (on descend à la gueuse et on remonte en gonflant un ballon d’air). A 39 ans, ce grand champion arrête la compétition pour transmettre sa passion en parcourant le monde.

     

     

    C’EST PARTI POUR 2 HEURES DE THÉORIE

     

    Umberto maîtrise plutôt bien le français même s’il cherche parfois ses mots. Son accent est chantant, enjôleur et il termine régulièrement ses phrases par : « vous comprendez ?! ». Il parle avec ses mains, en bon italien qu’il est, déborde d’humour et d’assurance. Dès le départ, toute la bande est sous le charme, surtout les filles ! :love:

     

     

    Umberto commence avec le poids constant et nous explique la position correcte –tête/bras alignés- et l’importance d’être le plus possible hydrodynamique. S’ensuit une séquence sur le palmage : évitez de descendre avec les jambes écartés. Un mec qui fait ça, c’est moche. Une nana, ça va, je dis rien ! ». Ensuite il enchaine avec l’apnée statique, une épreuve à 99% mentale. Le secret est d’être relaxé et de tricher avec le temps. En s’immergeant, il faut se décontracter puis penser à autre chose, surtout pas à la montre et aux secondes qui s’égrainent lentement. Umberto conseille soit d’écouter les pulsations de son cœur, soit de revivre intérieurement des moments heureux de vie soit enfin de se créer des images mentales en écoutant les bruits extérieurs ou en imaginant une endroit paradisiaque dans lequel on se projette. Pour Umberto, c’est des collines vertes avec un milieu un arbre. Moi couché sous l’arbre. Repos, cool...sans vent, sans moustique !

     

    ALLEZ, TOUT LE MONDE À L’EAU !

    Personne ne se fait prier. Deux groupes sont constitués : le premier ira tâter la descente dans le bleu, avec Umberto, le second commencera avec de l’apnée statique, puis nous permuterons au bout d’une heure.

     

    Première vision d’Umberto en maillot de bains : ma ma mia, une vrai baraque, tout en muscles. Bronzé, un dauphin tatoué sur la cheville, Umberto enfile sa combi Cressi grise et bleue. Groupe 1, c’est parti. Nous sommes 4 dans le tube de 20 mètres, le fond semble si loin, si sombre.

     

    Trois respirations amples et un canard pas trop mal réussi et la descente commence. J’ai retenu les recommandations : le plus fluide et rectiligne possible. Je compense régulièrement en vasalva, je me détends, 10 mètres, 15 mètres, je suis surprise de déjà trouver la grille au fond. Je regarde la surface, je prends une impulsion et je m’élance les bras vers le haut en palmant énergiquement, en cadence. A 15 mètres, je sens qu’on me balance vigoureusement les bras le long du corps puis on me pousse les palmes fort en avant. Je sors, Umberto à côté de moi : « Nanou, mets plus tes palmes en avant ! ». Et pour chacun d’entre-nous, Umberto prend le temps de corriger et de conseiller. Nous sommes 4 groupes à descendre, ce qui nous laisse de temps de récupérer à chaque fois. Nous découvrons un champion proche, accessible, simple. Umberto ne se la pète pas, il se met à notre niveau que l’on descende à 3 mètres comme à 20 et chaque conseil est profitable. Les 3 jours dans l’eau à ses côtés seront riches en enseignement : « ne cherchez pas la performance, mais concentrez-vous sur le défaut à corriger et alors vous progresserez ».

     

    MAINTENANT, ARRÊTEZ DE RESPIRER !

     

    Nous changeons d’atelier pour l’apnée statique. Tout d’abord des exercices de respirations et de relaxations, nous apprenons à utiliser au maximum notre capacité pulmonaire avec la respiration abdominale et l’utilisation du diaphragme. Richard, un moniteur de la fosse Aqua 92 nous transmet ce qu’il a appris d’Umberto. Nous faisons des séries d’apnée avec des temps de récupération variés. Je suis couchée, une main en appui sur le bord de la piscine. J’essaie de mettre en pratique la théorie vue auparavant : je me répète cette phrase : « je suis détendue, je suis tranquille, je suis bien ». Je visualise des dauphins dans le bleu et je les suis. Puis je travaille sur le relâchement de mon corps en débutant par les orteils. J’arrive aux mains et commence à avoir vraiment envie de respirer. Alors je recommence le trajet en suivant la ligne de mon corps, 3 fois de suite. Ne pas penser au temps, facile à dire ! Je joue avec mes doigts sur le bords du bassin, je fais du piano...les premières contractions du diaphragme arrivent, j’ouvre les yeux, regarde le fond du bassin, encore quelques secondes de gagnées à compter les carreaux. Je visualise ma sortie : une expiration douce et surtout inspirer fortement plusieurs fois pour reprendre de l’oxygène. Je sors : 3’02 sans respirer. Ça y est, je deviens un poisson !

     

     

    DERNIER JOUR, PREMIÈRE GUEUSE

     

    Samedi 21 novembre, Umberto nous offre gracieusement une heure de fosse en plus, suivie d’un pot avec des petits gâteaux. Royal Monsieur Pelizzari ! Le groupe s’est soudé, nous nous payons de franches parties de rigolade et Umberto est le premier à plaisanter. Après une heure dans la fosse, cette collation est la bienvenue : mes cannelés et mon baba au rhum seront appréciés... :biere:

     

    Nous allons descendre à 20 mètres avec la gueuse. Un peu d’appréhension et de fébrilité. Le matériel, imposant est installé, le fonctionnement expliqué : il faut tenir la poignée d’une main et compenser en permanence les oreilles avec l’autre main. Ça ira vite, par contre au fond il faut attendre 20 secondes que le ballon se gonfle pour remonter à toute berzingue. Nous sommes à chaque fois accompagnés par un moniteur qui gère le côté technique de la gueuse.

     

    Numéro 1 : à vous. Je n’ai pas vraiment le temps de bien respirer et je suis tendue. J’attrape la poignée et on s’enfonce tête en bas. Les mètres défilent mais je me dis que je ne pourrai jamais tenir 20 secondes au fond. Je lâche tout et je remonte, dépitée. « Ce n’est as grave, tu as bien géré, il ne faut jamais forcer et sortir de ses limites. Tu recommenceras tout à l’heure ». Nous alternons les passages, avec Umberto qui vient toujours à notre rencontre. Après moi, Sylvain remonte avec le ballon gonflé à bloc et émerge avec un sourire jusqu’aux oreilles...puis c’est le tour de Hakim qui hurle de joie lorsqu’il ressort. Plutôt démonstratif notre chasseur vedette du stage !

     

    Mon tour arrive, j’ai bien respiré et je suis détendue. Nous partons à 3, mon binôme lâchera en cours de route. Je ferme les yeux, j’entends le sifflement du câble, la gueuse s’arrête brutalement : nous sommes déjà au fond. Philippe, le moniteur me sourit, je suis bien, tellement bien. Moment de bonheur pur. Nous regardons la surface, je n’ai pas envie de respirer. Je le regarde ouvrir la bouteille et gonfler le ballon. Mariotte va enfin m’être démontré devant mes yeux : c’est tellement mieux que dans un bouquin. Je m’accroche et c’est reparti vers la surface. Sensation inouïe de glisse, de fluidité et de vitesse. On crève la surface comme une balle, c’est le cas de la dire. La gueuse, c’est géant !!! :top:

     

    BONJOUR TF1, AU REVOIR UMBERTO

     

     

    On nous avait prévenu. Samedi, les caméras de la télé filmeront l’évènement. :photo: Ils viennent dans la salle de théorie : Umberto devient sérieux comme un pape et se lance dans des explications de constructions de tables statiques. Le cameraman et le preneur de son ressortent, l’ambiance se détend, gros éclats de rire et on repart sur la syncope, film à l’appui. D’ultimes conseils pour éviter cette syncope, ennemie sournoise de l’apnéiste : jamais d’apnée seul, pas de tuba, pas de lâcher de bulles, être lesté pour être positif dans les derniers mètres, à la sortie enlever immédiatement le masque et expirer doucement et forcer sur les inspirations car le corps a besoin d’oxygène, écouter son corps et ne pas dépasser ses limites. Umberto tient à remercier l’équipe de moniteurs d’Aqua 92 qui nous a encadrés durant ce stage. Des vrais pros, sympas, souriants...

     

     

    Dans l’eau, c’est l’éclate. Tout le monde prend du plaisir. TF1 filme, au fond 2 cameramen tournent en bouteille : leurs bulles semblent incongrues. Nous passerons au journal de 20 h de Claire Chazal le dimanche soir. Umberto reste très présent, amical, professionnel. Dernière remontée face à lui, dernier conseil en surface: Nanou, quand tu remontes, tu dois regarder le mur. La réponse fuse, immédiate : mais moi je préfère te regarder, toi !

     

    Une ultime collégiale : tout le monde descend ensemble pour fêter la fin du stage. Je me retrouve au fond, je croise le regard d’un camarade et lui fait un petit coucou. Il me répond. Je suis bien, je n’ai pas envie de remonter et là je comprends ce qu’a ressenti Jean-Marc Barr alias Mayol dans le Grand Bleu. L’appel des profondeurs, l’envie de ne faire qu’un avec l’élément et de se fondre dans le bleu. Je remonte à regret retrouver la terre ferme.

     

    Une dernière photo, tous ensemble. Umberto est applaudi. Nous le quittons le cœur gros, des images plein la tête. Nous sommes étonnamment zen, tellement heureux d’avoir partagés ces moments rares avec lui. Encore aujourd’hui, je suis sur mon petit nuage !

     

     

    « Lorsque je plonge, je parviens à vivre des sensations, des émotions si intenses, je fais de tels voyages, que je n’arrive pas à les recréer et à les revivre hors de l’eau. Je définirais ce que j’éprouve sous l’eau par les mots de « liberté » et de « paix ». Aller toujours au delà sans rencontrer d’obstacles, être à la fois grand et petit, pouvoir ressentir ce que tu veux. Et puis l’euphorie, la joie, même si l’apnéiste garde pour lui ce qu’il éprouve, un peu parce que les gens ne le comprennent pas toujours lorsqu’ essaie de l’expliquer, un peu parce que c’est comme un petit secret que l’on veut garder pour soi ». Umberto Pelizzari

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    c'est une belle aventure que tu as vécue là moi j'ai eu la chance de rencontrer Umberto au tout début il ne parlait pas français, c'était en Sardaigne , face à Bonifacio , son club d'<Apnée était basé ou est toujours basé au club méd de Sardaigne

    il était magnifique, plein de sympathie et de gentillesse, humble

    bref son succès ne lui était pas monté à la tête

    c'est un personnage à connaitre

    il apporte beaucoup et nous fait partager ses connaissances

    d'ailleurs je possède les cassettes vidéo de ses films avec les dauphins et autres aventures dans les quatre coins du monde

    vraiment à ne pas oublier

    j'espère le revoir un jour

    bonnes apnées

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    Merci titisub, une rencontre avec Umberto, c'est effectivement une rencontre qu'on n'oublie pas...

     

    J'aurais aimé illustrer ce compte-rendu avec des images mais je n'arrive pas à faire passer mes photos (fichier trop lourd). Par contre voici le lien pour voir le reportage de TF1 qui vient de passer à l'antenne : http://videos.tf1.fr/jt-we/umberto-pelizzari-leur-a-appris-la-plongee-en-apnee-5552918.html

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    Oui H2ZO, c'est moi l'interviewée qui rêve des baleines...

     

    Cooltrane, z'êtes courageux de venir aussi tard !

     

    Pil, t'as raison, je vais revoir mon profil mais là l'occasion était trop belle !

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    El Pulpo

     

    Tu as dû recevoir notre message : avec JIPÉ, on centralise toutes les photos et on vous les transmet via un site : pas d'affolement, ne soyez pas pressé car avec JP, on était très pris tous les deux jusqu'à cette semaine. On ne vous oublie pas, promis !

     

    Nanou

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