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CR Stage intiation spéléo - Douix de Châtillon


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    Voici le compte rendu du stage d’initiation plongée spéléo organisé par l’EFPS (comité Ile de France). Il s’est déroulé à la Douix de Châtillon (Châtillon sur Seine – Côte d’Or) le WE du 14-15 mai 2011. Narcose 77 et moi-même y participions, ainsi que quelques autres P.comiens.

     

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    Nous quittons Paris vendredi soir avec la voiture chargée jusqu’au toit. Nous ferons une halte dans la belle demeure du père de Narcose77 qui nous accueille gentiment pour la nuit.

     

    Le rendez-vous est fixé samedi matin à dix heures sur le parking en face de la Douix (Attention cela se prononce « Doui » (sans le X). C’est bon à savoir et cela évite de passer pour une buse de parisien devant les indigènes locaux lorsque l’on demande avec un sourire fendu jusqu’aux oreilles où se trouve le parking de la DouiX :rolleyes:.

     

    Les stagiaires et cadres arrivent peu à peu. Le point d’orgue étant l’arrivée de Philippe B., sa voiture et sa remorque. C’est une véritable caverne d’Ali Baba : compresseurs, bouteilles, dévidoirs, sangles à cliquets, casques … On se demande comment il a bien pu caser tout cela.

     

    Puis c’est le grand déballage de matos. Chaque stagiaire expose sa configuration sous l’œil critique (mais bienveillant) des cadres. Exemple de discussion :« Ce truc là, ça sert à quoi ? »

    • « Heu … à rien »
    • « Bon bah tu l’enlèves. Et ce truc là, il va trainer, faut l’accrocher. Tiens prends un Kaouèch. »

    C’est à ce moment que nous découvrons les deux armes ultimes du plongeur spéléo :

     

    • La Kaouèch : rondelle de chambre à air de pneu de voiture, la Kaouèch est l’ami du plongeur spéléo. Elle sert à tout : attacher le fil d’Ariane, attacher les manomètres, confectionner un tour de cou pour les détendeurs. Le plongeur spéléo sans Kaouèch, c’est comme le plongeur mer sans son couteau de plongée et son tuba autour du mollet :D
    • La sangle à cliquet : permet de rattacher deux blocs pour former un bi.

    Même si tout cela donne une première impression de « Bricolo et Bricolette font de la plongée spéléo », on remarque au fur et à mesure que c’est finalement diablement efficace !

     

    Bon allez, ce n’est pas tout, on se met à l’eau. Mais pas tout de suite dans la cavité. Le premier plouf se fera dans 1m50 d’eau de la Seine qui coule à proximité. Cette petite séquence préliminaire a trois objectifs :

     

    1°/ Se familiariser avec les nouvelles configurations du matériel et les spécificités spéléo (ajustage du lestage pour une configuration bi-bouteille, suivi du fil d’Ariane dans la touille, alternance des détendeurs tous les 10 bars environ …). Mieux vaut découvrir cela avant le premier plouf sous plafond.

     

    2°/ Donner une première idée aux cadres de gens à qui ils ont à faire (aisance …). En effet, ici, ça sert à rien d’annoncer avec fierté que l’on est MF14*** et que l’on a un Deep rescue master instructor platinum. Le jugement se fait sur la pratique, pas sur les galons.

     

    3°/ Cela permet de raconter le lundi matin devant les collègues abasourdis et tout en prenant un air détaché que, si si, on a plongé dans la Seine le WE dernier :hehe:

     

    Et puis finalement c’est la première plongée spéléo tant attendue. On s’approche de la cavité. Tiens ! il fait tout noir, quand est ce qu’ils allument les lumières ? Et puis le chauffage ? L’eau est à 10°C, en étanche ça va mais je plains les plongeurs en humide. Pour cette première plongée, je suis encadré par Philippe I. Il jette un dernier coup d’œil sur mon matos, on fait le point sur la pression des blocs et sur l’éclairage et c’est parti !!!

     

    Une pente descend tout doucement vers une étroiture. Je lève la tète, nous sommes dans un faille verticale (il parait que ça s’appelle une diaclase). C’est magnifique. Arrivé à l’étroiture, je m’avance, ça coince en haut, je me colle contre les galets et ça passe. Bon il est temps d’alterner les détendeurs. On débouche sur une belle galerie. Je jette un œil à mon ordinateur. On est à 17m, c’est descendu vite, sans trop s’en rendre compte. Je fais glisser les doigts le long de la chaîne (qui fait office de fil d’Ariane) et progresse lentement, en balayant lentement la galerie du faisceau de ma lampe. C’est magnifique, l’eau est limpide. Arrivé à la fin de la galerie, ça remonte le long d’une paroi verticale. On arrive devant le fameux trou du hibou, ça a pas l’air large. Le faisceau de la lampe se réfléchi sur une surface ; il y a une cloche d’air là haut. Je regarde mes manomètres, il est maintenant temps de faire demi-tour et de retrouver la lumière du soleil. Au cours du retour, un petit vélo dans la tête commence à tourner. Je suis quand même loin d’une surface libre. J’ai le sentiment qu’en cas de panique, tout doit dégénérer plus vite.

     

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    On ressort de la cavité. Après l’échange de nos premières impressions, le regonflage des blocs et les petites retouches à la configuration du matos, c’est reparti pour la deuxième plongée. Elle se fera avec Christophe. L’objectif est de franchir ce fameux trou du hibou et de poser du fil dans la suite de la cavité. Arrivé au trou du hibou, finalement et contrairement à la première impression, cela passe sans soucis. Le plus difficile n’étant pas la taille de l’étroiture mais plutôt le coude à 90° immédiatement derrière. La pose du fil commence. Je cherche des points d’accroche pour la ligne, mais je n’en trouve pas. Bon ce n’est pas grave, je continue. A poser le fil, on en oublie presque d’alterner les détendeurs. Même s’il s’agit de tâches simples (dérouler le fil, regarder où l’on va, checker les manomètres, alterner les détendeurs, jeter un œil à la profondeur et à l’orientation de la galerie…), leur addition entraine une sorte de saturation de l’esprit. Finalement je trouve un beau point d’amarrage pour le fil. Le temps d’y attacher le fil via une Kaouèch, j’ai soulevé un beau tas de particules et la visibilité passe immédiatement de plusieurs mètres à quelques dizaines de centimètres. Effectivement mieux vaut ne pas lâcher le fil dans ces conditions. Et vu la vitesse avec laquelle ça peut changer, mieux vaut ne jamais lâcher le fil tout cours :-). On continue un peu sur cette superbe galerie, puis faisons demi-tour sur limite d’autonomie malgré la faible profondeur de la galerie (-11m). Au retour, le rembobinage du fil sur mon dévidoir de type « américain » est assez laborieux (spires qui s’échappent des flasques, emmêlage de la ligne en y retirant les Kaouèchs…). Poser du fil c’est long et ce n’est pas facile …

     

    Puis direction l’hôtel pour la distribution des chambres et le repas. Après celui-ci, les cadres nous font découvrir via des vidéos d’autres environnements de la plongée spéléo : des belles cénotes mexicaines aux réservoirs d’eau des sous-sols parisiens. La soirée se termine pour les moins fatigués par une visite de Chatillon-sur-Seine et un aperçu de la cavité « by-night ». C’est un moment privilégié pour pouvoir échanger avec Philippe des différentes spécificités de la plongée spéléo en France, de ses richesses comme de ses points de discorde (diplômes …).

     

    Le lendemain matin, j’effectue la dernière plongée avec Philippe B. Pose de fil après le trou du hibou avec un dévidoir de type « parisien ». Je progresse, l’eau est claire et la galerie semble s’étirer à l’infini. L’élastique qui maintenait mon tuyau d’inflateur au harnais s’est détaché, j’essaye de le récupérer discrètement mais me fait griller par Philippe. Avec une Kaouèch, cela ne serai jamais arrivé … Au bout d’un moment, Philipe rattache le dévidoir à la chaîne pour me permettre de continuer jusqu’à la trémie. J’y reste quelques instants puis nous amorçons le demi-tour. Je commence à être plus à l’aise, j’ai moins consommé. Le rembobinage se fait aussi plus aisément, pas la peine de retirer les Kaouèchs.

     

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    Lorsque tout le monde est ressorti de l’eau, c’est l’heure de l’apéro puis du repas :biere:. Les cadres nous font alors un débriefing individualisé ainsi qu’un pour le groupe. Puis nous nous séparons, les yeux brillants des découvertes cavernicoles :love:.

     

     

    Bilan du stage :

     

    Ce stage nous a permis de découvrir le monde des plongeurs souterrains, à la fois ses beautés (longue galeries avec des formes minérales époustouflantes, lumières et reflets bleutés …) et ses dangers. L’impression d’évoluer dans un environnement étranger, limite hostile, (même si cela est déjà présent en plongée « classique »), est exacerbée en plongée souterraine. A la sortie de la première plongée, tout semble facile. Mais par la suite, les plongées suivantes et le dialogue avec les cadres nous permets de se rendre compte des différents dangers et du nécessaire apprentissage qui doit en découler.

     

    L’approche pédagogique des cadres me semble très adaptée. Une fois les défaillances pouvant porter atteinte à la sécurité éliminées, l’apprentissage s’effectue par l’« erreur », par la pratique. Il en est d’autant plus marquant et efficace. Les différents cadres ont une approche différente et complémentaire.

     

    Narcose77 a pu inaugurer sa magnifique nouvelle étanche (une SF Tech pour ceux qui n’auraient pas suivi). Celle-ci s’est avérée cette fois parfaitement étanche (contrairement à son bloc accus TT2 de Tillytec … :confus: ).

     

    Un grand merci à tous les participants pour leur bonne humeur et leur enthousiasme et surtout aux cadres qui nous ont transmis leur passion. L’organisation et l’encadrement d’un tel stage doit être exigeante et demander beaucoup de préparation (réservation, organisation, prêt de matériel, temps de gonflage, des heures dans l’eau fraîche (il y a en effet un seul stagiaire par cadre et par plongée, ce qui signifie qu’ils restent pratiquement toute la journée dans l’eau)). Tous leurs efforts nous ont permis d’appréhender leur passion, ses beautés et ses dangers. Un grand merci :chinois:.

     

    Backtothetrees

     

     

     

    PS : Pour vous donner une idée de la cavité voici un lien vers une vidéo tournée quelques semaines auparavant par Ludo91.

     

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    Excelelent compte rendu, merci de faire partager ton experience.

    je te souhaite une riche et merveilleuse carriere sous-terraine.

     

    si tu passes par le Mexique n hesite pas a faire signe.

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    La découverte de la spéléo ....:love:

     

    Que de plaisir !!! :top:

     

    Je pense sincèrement qu'avec la sout, après, on est mentalement plus fort et normalement techniquement aussi ( trim, flotta, technique de palmage ) ;)

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    Très sympa le CR ...

     

    Je suis comme Flo, ça m'attire pas du tout pour l'instant, mais j'imagine que l'expérience fut intéressante.

     

    Par contre, pour toi Backtothetrees et Narcose77, je suis pas certain que villeneuve accepte à nouveau de vous laisser plonger avec votre tanche pleine de boue dans la fosse :grimace:

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    Merci à tous pour vos messages :chinois:

     

    alors c'est addictif hein ? ;)

    Carrément j'ai chopé le virus :hehe:

     

    si tu passes par le Mexique n hesite pas a faire signe.

    Comme vient de l ecrire mon pote et binome juste au dessus;super recit,

    a bientot par ici

    Effectivement, votre terrain de jeux a l'air de toute beauté. J'irai y tremper mes palmes surrement un jour.

     

    Je pense sincèrement qu'avec la sout, après, on est mentalement plus fort et normalement techniquement aussi ( trim, flotta, technique de palmage ) ;)

    Effectivement, on y découvre des configurations matos, des techniques et des réflexions (conso ...) associées qui servent pour la plongée classique .

     

    Par contre, pour toi Backtothetrees et :top: Narcose77, je suis pas certain que villeneuve accepte à nouveau de vous laisser plonger avec votre tanche pleine de boue dans la fosse

    Zut je pensais pourtant y rincer tout mon matos :D

     

    Bon, ça me tentait de faire une initiation mais le trou de hibou ... c'est un trou de souris ... je préférais des galeries un peu plus grande pour essayer.

    Franchement, ça passe plutôt bien. Le plus dur c'est plutôt le tournant à 90° que tu dois engager alors que tu n'es pas sorti du trou. Cela oblige un peu à se contortionner.

    Mais il y a de quoi découvrir la cavité et se faire plaisir sans passer le trou du hibou.

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    ah "le kaouech"...ça va devenir duraille d'en trouver avec les pneus sans chambre :D ....

    j'ai stocké tout plein dans mon garage pis je revendrais sur les sites de spéléo quand la pénurie sera totale!!! :froglol:

     

    Oh putain j'y avais pas pensé !!!! :eek:

     

     

    Bon faut que je vous laisse, faut que j'aille à D4 ..... :froglol:

     

    Au pire, les pays d'Amérique du Nord mettront plus de temps pour passer aux tubeless, et comme je connais un garagiste à playa ....:bandit:

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    T'as pas eu l'impression de revivre ta toute première plongée?

    Si un peu. C'est clair qu'il y a tellement de trucs nouveaux d'un coup (matériel, espace d'évolution, gestion de la conso, ...), que tu retrouves un peu l'impression de faire tes premiers pas.

     

    On voit pas bien tes antennes avec le casque :grimace:

    C'est ce qu'on appelle la beauté intérieure :grimace:

     

    ah "le kaouech"...ça va devenir duraille d'en trouver avec les pneus sans chambre :D ....

    j'ai stocké tout plein dans mon garage pis je revendrais sur les sites de spéléo quand la pénurie sera totale!!! :froglol:

    Hé hé, il y a effectivement un créneau à prendre. Comment j'ai galéré avant de trouver un garagiste qui en avait. Quand tu demandes des chambre à air, ils te regardent comme un extra-terrestre avec la phrase invariable: "Ah non mais ça se fait plus ça monsieur!".

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