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Une plongée d'été en Basse Terre


Scubaphil

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Samedi matin 19 août. J'arrive au club à la marina de Rivière Sens (Guadeloupe).

 

Il fait un temps superbe. Le soleil brille et la chaleur monte. :cool:

Pourtant la nuit et la journée précédente ont été copieusement arrosées par un bras de la tempête tropicale "Harvey" qui est passée un peu plus au sud sur la Barbade, Saint Vincent et Sainte Lucie.

 

Au club, il n'y a personne. Je retrouve juste le copain qui devait assurer la permanence. Les pluies de la nuit ont probablement dissuadées les pratiquants.

D'ailleurs la mer est sale, zébrée de grandes trainées jaunâtres, rejets des ravines suites aux fortes précipitations.

 

On décide quand même de se faire un petit plouf entre moniteurs. On ne va pas sortir le bateau, de toute façon, il est en carafe depuis une semaine.

Pour essayer d'échapper à la touille qui se répand le long du bord, on décide de faire l'épave du remorqueur sur 40 m, en face du club, mais relativement éloignée du bord. Je suggère qu'on prenne le matos de chasse au poissons-lions car j'en ai vus pas mal lors de mon dernier passage sur cette plongée. :diver:

 

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Les conditions du jour, devant le club.

 

Mise à l'eau de la plage de galets dans une petite houle de sud ouest qui entretien la turbidité sur le front de mer. Visi en surface réduite à 1m au plus. On nage en surface sur 150-200 m jusqu'à trouver l'alignement qui va bien. La visi doit être de 4-5 m. On s'immerge. Passé 3-4 m de profondeur, miracle, ça s'éclaircit et on retrouve une visibilité plus habituelle de 15-20 m. La plongée se présente finalement mieux que prévue.

 

Descente rapide et on tombe directement sur l'épave de la barge à 30 m, passage obligé pour filer jusqu'au remorqueur dans l'alignement de la première. Avant même d'arriver sur l'épave, un gros pagre "zié pléré" (Lutjanus jocu) vient nous trouver en pleine eau pour nous accompagner. Le bougre sait parfaitement que nous pouvons lui apporter quelques friandises avec du Ptéroïs percé/coupé !

 

Nous longeons l'épave de la barge vers sa poupe. Un premier poisson-lion le présente, 25-30 cm environ, toutes voiles dehors.

Bim ! :sniper: Fléché rapidement, je prends soin de le découper sur la flèche pour éviter qu'il remonte en surface et ne blesse un baigneur. Notre copain le pagre est devenu très familier. Il s'est positionné en face de moi, à quelques centimètres du poisson-lion et de la flèche, immobile. A peine la carcasse du Ptéroïs libérée, il l'aspire en une fraction de seconde, se retourne et s'éloigne tranquillement en avalant tout rond sa prise pourtant pleine d'épines ! Toujours aussi impressionnant.

 

Nous quittons l'épave de la barge pour traverser une vingtaine de mètres sur le sable et arriver sur l'épave du remorqueur dans la zone des 40 m. Il y a les vestiges d'un coffre d'amarrage juste à coté. Une sorte de gros cylindre métallique d'environ 3 mètres de hauteur sur 1,5 m de diamètre, posé sur la sable. Cet objet est toujours colonisé par de nombreux poissons-lions et c'est donc là que nous nous dirigeons. La chasse est facile, il n'y a pas d'anfractuosités dans lesquels ils pourraient se réfugier. Nous enchainons. Moi, je les enfournent dans le conteneur PVC et mon équipier les découpent pour les laisser au fond. La pagre, qui nous a suivi, se fait un festin. :bounce:

 

A 43 m, dans ces conditions, le temps passe vite. A 20 minutes, nous quittons le site. J'ai une DTR à 9 minutes, il faut garder de l'air pour regagner le bord par le fond.

 

Remontée lente en repassant devant l'épave de la barge puis longue traversée de l'herbier en pente. Quelques petits Diodons par ci par là. La visibilité de dégrade progressivement en arrivant dans les 10-12 m. On arrive finalement sur le récif devant le club entre 10 et 3 mètres. Ce qui permet de faire les paliers en se baladant entre les grognes et les éponges, au milieu des petits poissons récifaux, malgré une visibilité réduite à quelques mètres. On se fait même quelques minutes de rab. Faut dire qu'on n'a pas chômé au fond et quelques minutes d'arrêt en plus ne seront pas de trop pour dégazer sereinement. L'occasion d'admirer une murène tachetée (Gymnothorax moringa) en pleine eau qui vient nous rendre visite, probablement attirée par l'odeur qui s'échappe du conteneur à poisson-lions.

 

A la sortie, le bilan est positif : belle petite plongée malgré les conditions extérieures peu engageantes, un site nettoyé (une vingtaine de spécimens éliminés), quelques belles prises qui finiront en filets, en chiquetaille et en carpaccio citron vert/huile d'olive/basilic.

 

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Les prises du jour (enfin, celles qui ont échappées au pagre !)

 

 

Z'ont bien eu raison de pas venir les autres, nous ont s'est régalé, dans tous les sens du terme ! ;)

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Merci à tous. C'est fait avec plaisir.

 

Une précision quand même pour les non-initiés : Le poisson-lion est une espèce invasive en région caraïbe (en Guadeloupe par exemple, apparu en 2010), il est particulièrement destructeur pour les poissons récifaux qu'il consomme en grande quantité.

L'action de chasse sous marine en plongée bouteille n'est possible que par dérogation accordée individuellement par la DEAL et la préfecture, spécifiquement pour le poisson-lion. Nous étions donc parfaitement habilités.

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En fait, le chlordécone n'est pas (ou très peu) soluble dans l'eau.

 

Sur les terrains agricoles, soit il s'agglomère directement à la terre (à des minéraux), soit il est contenu dans les débris végétaux, puis il est entrainé à la mer en quelques mois/années avec les alluvions.

En mer, il se dépose au fond avec les alluvions et autres déchets organiques.

 

C'est là que les crustacés interviennent : la plupart d'entre eux, les langoustes notamment sont des détritivores et se gavent de ces débris organiques déposés au fond. Il ingèrent rapidement beaucoup plus de chlordécone que la plupart des poissons, herbivores ou carnivores, tous ne consommant pas des crustacés adultes.

 

Les études ont été faites sur le poisson-lion, de mémoire, les taux moyens de chlordécone avoisinaient la limite supérieure admissible (dans le secteur concerné).

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