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Tunji

CR Malpelo - du 8 au 19 octobre 2018

    Messages recommandés

     

    MALPELO !…

     

    Le nom de ce lieu résonnait en moi depuis la lecture d'une interview de Sandra Bessudo (biologiste franco-colombienne ayant œuvré pour la protection de cette île et conseillère spéciale pour l'environnement auprès du président colombien) dans Plongeurs International, en 2001. C'est d'ailleurs par son intermédiaire que j'ai organisé ce séjour - elle tient chaque année un stand au Salon de la Plongée -. J'ai donc profité d'un voyage professionnel au Panama et de la possibilité de disposer des deux semaines précédentes pour découvrir enfin ce lieu colombien mythique.

     

    Rendez-vous est pris le 8 octobre à 13 heures, dans un hôtel international de Cali, pour un départ en mini-bus vers le port de Buenaventura, à trois heures de route. Quelques minutes avant l'heure prévue, je fais connaissance avec mes compagnons de voyage et là, première surprise : nous ne sommes que trois ! Je plongerai donc avec Jim , plongeur canadien passant sa retraite récente à plonger à travers le monde, et Nicola , jeune slovaque ayant pris un congé de six mois pour plonger et découvrir l'Amérique Centrale et l'Amérique du Sud.

    Quelques minutes plus tard, autre surprise : Sandra Bessudo nous rejoint ; elle est du voyage, en compagnie d'un autre biologiste et d'une Ranger, biologiste également. Un désaccord (amical) de Sandra avec l'autorisation récente de prélèvement de spécimens à des fins d'analyse fera que nous aurons la chance d'effectuer les vingt plongées en sa compagnie. Enfin, à l'heure dite, c'est l'apparition tant attendu de notre guide, Jaime. Nos sacs chargés, c'est le grand départ.

     

    Après un voyage légèrement rallongé par une panne et un changement de bus - dans des paysages montagneux assez beaux, nous arrivons à Buenaventura à la nuit tombante. Quelques petites courses personnelles dans un super-marché, et c'est l'embarquement sur un semi-rigide qui se dirige vers la sortie du port où nous attend le Ferox. Nous y sommes accueillis par le capitaine et par le propriétaire qui nous montre tout-de-suite nos cabines. Elles sont simples, assez grandes, et confortables. On nous explique alors que comme nous sommes exceptionnellement peu de plongeurs (entendez "clients" ; nous ne sommes que trois, je le rappelle), ils en profitent pour ré-aménager le salon/bar, mais qu'à part cela, les prestations seront les mêmes que d’habitude. Il faut bien dire qu'à part le côté salon/bibliothèque, ça ne nous a pas manqué, la température ne nous encourageant pas à nous mettre à l'intérieur. Vient ensuite la présentation de l'équipage et notre premier dîner à bord, juste après que le Ferox ait appareillé.

     

    Les repas :

    Ils se prennent sur la plage arrière - sur laquelle nous passerons beaucoup de temps puisque c'est là également que se préparent les plongées - sur deux grandes tables entourées de bancs fixes. La cuisinière, Marlen, concocte des menus variés en écoutant de la Salsa, fort bons, dans lesquels les produits locaux tiennent une place importante, ce qui peu créer des surprises, avec des saveurs, des goûts, auxquels nous ne sommes pas habitués. Jus de fruits incroyables à tous les repas (un verre de vin chilien au dîner, pour ma part), garnitures de riz, salades, légumes ou manioc, etc...

     

    Durant le voyage, le second guide (Fernando) nous fait un briefing général afin de nous expliquer des choses diverses et variées : procédures en cas de perte de palanquée selon la présence de courant ou pas, usage de la balise individuelle (type Nautilus Lifeline, mais d'une autre marque), attitude à tenir envers la faune et la flore, etc...

    Planning type : 6h45: 1er petit-déjeuner - 7h15: briefing - 7h30: plongée - 9h: 2ème petit-déjeuner - 10h45: briefing - 11h: plongée - 12h30: déjeuner - 14h45: briefing - 15h: plongée - au retour: goûter - 18h15: dîner.

     

    Après plus de trente heures de navigation, à l'aube du 10 octobre, c'est la découverte du fameux rocher. C'est comme sur les photos et les films, le son de dizaines de milliers d'oiseaux en plus !

     

    Les plongées :

    Nitrox gratuit pour tout le monde (si certifié, bien-sûr). Bloc 12 ou 15 litres (avec supplément pour le 15, mais nous avons tous les trois opté pour cette solution). Après un briefing détaillé - et fort bien dessiné avant chaque plongées par Jaime -, un zodiac nous emmène sur le site prévu, le plus éloigné étant à une grosse dizaine de minutes. Nos blocs gréés ne quittent pas le zodiac ; pour le regonflage, ils sont reliés au compresseur par de longs flexibles. Bascule arrière générale au signal, en flottabilité négative, et rendez-vous pour check selon le site, à 5m ou 10m (ou au fond). Le temps fond varie selon la profondeur, le courant et la faune. Les courants pouvant être costaux, plusieurs points de rendez-vous et d'attente sont fixés avant la remontée générale pour les paliers en dérivante. Enfin, la remontée à la surface dépend beaucoup de ce qui nous entoure - des bancs divers, gigantesques, nous ont souvent fait traîner aux 5m, pratiquement jusqu’à la fin de la réserve - sous l’œil attentif des mouettes (elle mettent leur tête sous l’eau pour regarder ce qui s’y passe et nous attendent). La sortie se fait donc entouré d’oiseaux. Il me faut absolument citer les pilotes de semi-rigides qui n’ont jamais failli à leur tâche, suivant les bulles quelque soit la houle (oui, je sais, c’est leur boulot mais quand-même…). Il nous est arrivé de faire surface à 2 kilomètres de l’île et là, merci messieurs !

    La profondeur des plongées varie, allant de 22 à 34 mètres, dont une majorité entre 25 et 30 mètres.

    Pour ce qui est des après-plongées, elles consistaient souvent en des échanges avec Sandra B. et les autres biologistes sur la faune rencontrée.

     

    À propos de cette faune, justement :

    D’abord, il y a les bancs: des bancs immenses de carangues, luthians, bonites, barracudas, poissons-aiguille, vivaneaux,... seuls ou mélangés. Pour ce qui est des grands bancs de requins-marteau, l'eau chaude de cette saison fait qu'ils ne remontent pas des grandes profondeurs. Nous en avons aperçu deux, à la limite de visibilité. Les marteaux qui s'approchaient de nous étaient seuls, ou à trois quatre maximum, ce qui est déjà bien beau.

    Pour ce qui est du reste, c'est le royaume des murènes qui sont partout, seules ou à plusieurs, la tête dépassant d'un rocher comme on voit chez nous, allongées le long de failles, ou souvent en pleine eau. Plusieurs espèces cohabitant (nous avons même vu la murène zèbre), il est difficile de passer une minute sans en voir. Plusieurs espèces de mérous sont présentes sur tous les sites, de grands labres à bosse, tétrodons, diodons,... c'était aussi la période où les apogons juvéniles recouvrent littéralement des secs entiers. Je n'oublierai pas les magnifiques raies-aigle que l'on croise ou suit souvent (dont un début de plongée en parallèle avec le vol d'une bonne vingtaine d'entre elles). Côté faune fixée, deux espèces de coraux et de très jolies gorgones blanches forment le paysage de quelques sites.

    Pour ce qui du gros, en dehors des requins-marteau halicorne, nous avons vu des requins galapagos, des pointe-blanches, et souvent des soyeux sous la surface en fin de plongée, ou autour du bateau, le soir.

    Enfin, des rencontres inattendues : snorkeling aux côtés d'une baleine à bosse et son baleineau, courte visite d'un marlin au palier, snorkeling aux côtés d'un requin-baleine (un jeune, de 5 ou 6 mètres), ou une raie modula de passage.

     

    Un accident inattendu a écourté de trois plongées (24h) notre séjour : un des mécaniciens (très bon danseur, d’ailleurs), parti effectuer une réparation dans la maison de l'île, s'est cassé la hanche en tombant de l'échelle de corde, seul moyen d’aborder le rocher. Même si un peu déçus, nous avons bien évidemment accepté d'avancer le départ, d’autant que quand nous l'avons appris, il souffrait déjà depuis deux jours... Je dois dire qu'à notre retour, le propriétaire du bateau et l'agence ont été d'une correction exemplaire (nuit d'hôtel et repas payés et changement de mon billet de retour pour Panama).

    Ce magnifique voyage s’est terminé par un retour sans encombre à Cali et un dîner d'au revoir fort chaleureux avec mes deux compagnons de palanquée.

     

    En conclusion, le petit nombre de plongeurs sur des sites déjà peu visités, sauvages, la présence des biologistes (notamment bien-sûr celle de Sandra Bessudo), et la qualité des guides et de l’équipage, ont fait que j'ai vécu un moment privilégié, pendant lequel j'ai fait des plongées fantastiques - techniques, aussi - entouré des personnes les plus compétentes qui soit concernant Malpelo, dans une ambiance de camaraderie entre tous.

     

    ET VOILÀ !!!

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    Merci beaucoup pour ce fantastique CR qui fait rêver !

    Pourrait-on avoir une idée du budget que ça représente une telle virée ?

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    Merci beaucoup pour ce compte-rendu exhaustif! :biere:

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    Pourrait-on avoir une idée du budget que ça représente une telle virée ?

     

     

    Environ 5000 euros + le voyage Paris/Cali, pour 11 jours (à partir de Cali), 23 plongées tout compris (y compris les taxes du parc, le Nitrox, le bloc 15 litres, les transfers à partir de Cali + taxi aéroport/Hôtel/aéroport)… Peut-être qu'on peut trouver moins cher, mais franchement, depuis le temps que je m'y préparais, je ne regrette pas vu les conditions.

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    Superbe !! Le rêve d'un voyage étant souvent plus intense que le voyage lui même... J'y suis !!

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    A quelle température est l'eau ?

     

     

    À cette période, 27/28° en surface, et de 22° à 25° sous la thermo-cline, selon les sites ; et quelquefois pas de thermo-cline.

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    Bonjour, je suis encore à San José au Costa Rica, ou je rentre de Coco.À peu près les mêmes plongée, corail pas terrible, ,mais contrairement à toi je suis déçu, car la visi très moyenne nous a gène pour la photo ou la vidéo les dive Master ont invoqué la fin de la saison des pluies .et le banc de requins marteau que l'on voit sur la pub était absent comme le requin baleine .j'ai vu des vidéos fil y a 10 ans ,à ce train il ne faudra pas trop de temps pour qu il n'y ait plus rien à voir ,le ranger à invoqué la pêche intensive quoi que interdite ,et le manque de moyens pour l'empêcher .et une panne de l'airbus de iberia a obligé de passer 2 jours de plus dans un tres bel hôtel Barcelo. On était 20 sur le bateau très confortable la nourriture et boissons à volonté

    je ne reviendrai pas,

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    Désolé pour toi. Pour ce qui me concerne, la visi était souvent d'une trentaine de mètres.

     

    On sait qu'il arrive que des expéditions de pêche illégale viennent à Malpelo - par exemple, un bateau se dirigeait vers l'île quand nous y étions, et a fait demi-tour quand il a vu le Ferox - et ça reste un problème très présent (dixit Sandra B.). La police est censée retrouver les pêcheurs via les photos prises par LE ranger présent sur l'île, et elle nous disait que même sil y avait vraiment de bonnes volontés au gouvernement, la corruption est toujours très importante autour du marché de la pêche.

     

    Une anecdote : nous avons vu un banc de barracudas d'une taille impressionnante sur le premier site visité (en face du bateau) dont Sandra nous a dit qu'avant, il était cinq fois plus gros mais qu'un gros banc de requins soyeux l'avait réduit à peau de chagrin il y a deux ans. Cette année, elle trouvait que le banc de barras avait repris du poil de la bête, mais nous n'avons pas vu de banc de soyeux (ils étaient bien présents sous la surface, mais pas en banc)… :surpris:

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    Bonjour, merci pour vos CR sur Malpelo et les iles Cocos.

     

    Concernant les iles Cocos, j'avais déjà lu des posts de plongeurs déçus. Si je compare les vidéos et CR récents à ceux d'il y a 15 ans (les regrettés "Bons et mauvais plans de plongée" pour ceux qui ont connu), il y a aujourd'hui beaucoup moins de requins. Les plongeurs voyaient des bancs de 30 à 300 requins à quasiment toutes les plongées... Ce n'est pas une question de bonne ou mauvaise saison, ou d'année El Nino, c'est qu'à mon avis 80 à 90% des requins ont disparu à cause de la pêche dans cette zone, même si j'espère me tromper.

     

    Evidemment, les sociétés de plongée font comme si de rien n'était et continuent à publier de belles photos et vidéos, personnellement je ne fais confiance qu'aux retours des plongeurs. Ca me rappelle la situation à Phuket au début des années 2000 (j'y ai fait un cours de divemaster pendant un mois, à la meilleure saison, et rapidement compris la supercherie): tout le monde faisait de la publicité des plongées avec requins baleines à Richelieu rock et Similan, alors qu'ils étaient devenus très rares (je n'en ai vu aucun), ou des requins aux Burma banks, qui avaient tous été pêchés...

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    En complément, voici un CR récent sur un retour de croisière aux Galapagos:

    https://www.scubaboard.com/community/threads/galapagos-aggressor-trip-report-october-2018.570703/

     

    And the other thing as I eluded to earlier is about the shark numbers. There was a story last year of a fishing boat that got caught inside the marine park with 6000 sharks on board. Now, I can only report report the anecdotal opinion of our lead dive guide, but this is a guy who’s been working there for 20 years and he told me he feels that the number of sharks is only about 40% of what it was a few years ago, which he attributed to fishing at the border of the marine park. Unlike the past it is no longer a sure thing that you will see them schooling in their hundreds as we were privileged enough to see on one dive. Small side note, I also asked our him about the common wisdom I’ve seen online that the January-June season yields better hammerhead sightings and he said that’s a myth and it’s all down to luck, make of that what you will.

    Anyway, the marine park is currently a 40 mile radius and supposedly there are talks of pushing that out to 100 miles which hopefully would help the situation if it goes through. I don’t know about the situation at Coco’s but I’ve heard similar things about fishing at Malpelo. It’s heartbreaking to think that the experience I had on this trip could potentially soon be a thing of the past.

     

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    Bonjour Anthony

    Je suis allée à Cocos au début septembre avec mon conjoint et nous avons adoré notre voyage. Nous étions deux pangas et c’est fou ce que les commentaires peuvent varier dans un même voyage.. enfin, dans notre panga tous les gens étaient comblés et satisfaits !! Nous avons eu la chance de voir une faune exceptionnelle avec beaucoup de requins marteaux avec des requins tigres en bonus, des Galapagos et un requin baleine. Nous avons croisé une manta, des dauphins, vu le poisson grenouille, des bancs de carengues (school Fish), des raies léopard, etc.. en fait, le seul poisson que nous n’avons pas trouvé aura été le batfish red lips, mais l’autre panga l’a vu. Nous étions en pleine saison des pluies alors nous avions des conditions un peu plus nuageuses et tumultueuses, mais les animaux étaient au rdv et c’était le but. La prestation sur le bateau était parfaite, les DM très professionnels et nous profitions de chaque plongée au maximum. Évidemment, je ne peux pas établir de comparaison avec les Galapagos ou Malpelo n’y ayant pas encore trempé mes palmes, mais je tenais à vous partager mon expérience. J’ai bien l’intention d’aller aux Galapagos un jour, mais si j’avais des moyens illimités, je retournerais à Cocos dans cette période sans aucun hésitation!

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    Bonjour,

     

    Juste une petite question, Branchies : que signifie ce terme de "panga" ?

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    Ils appelle « panga » un groupe de plongeurs. Nous étions 22 sur le bateau et il y avait 2 pneumatiques. Nous étions donc 2 pangas de 11 personnes et nous plongeons les 10 jours ensembles.

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