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Plongée sur Elphinstone


Pounetmoun44
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    Certains ont lu des livres, d’autres ont vus des films relatant des fais divers de plongeurs en mer rouge ou ailleurs.

    Mais ceci est notre fait-divers à Pierre et moi (Serge).

     

    Merci de votre patience pour lire ces quelques pages. Il fallait que je le fasse, pas pour nous glorifier, mais pour que si cela se produisait encore, les gens sachent qu’il y a toujours de l’espoir...

    Je rappelle que le loisir que nous pratiquons avec plaisirs et passion a ses parts de risque dans un milieu qui n’est pas le nôtre. Restons toujours vigilants, en condition, n’hésitons pas à nous demander ou redemander les règles ou procédures qui entoure notre activité.

    Soyons moteur de nos plongées !

     

    Le mardi 15 mai, Pierre et Serge décident de partir plonger sur Elphinstone, après avoir fait la veille, 2 plongées sur House Reff à la marina de Port Ghalib.

    Lever à 4h45 du matin, un taxi mini bus vient nous chercher à l'hôtel Marina Lodge pour aller au centre Aquarius à la marina de Port Ghalib ; un box petit déjeuner nous est donné à la réception. Pierre ouvre le colis pendant le transfert et mange l'orange et quelques biscuits qu’il avait pris la veille au restaurant, moi je ne mange rien.

    Arrivée au centre, 3 allemands et le guide égyptien font partie du groupe.

    Nous nous dirigeons vers Marsa Alam et arrivons sur une plage, briefing fait, nous empruntons un ponton ou plusieurs speeds boat sont à quai. Après avoir préparé minutieusement notre matériel qui était arrivé par 4x4 un peu avant, nous embarquons sur le pneumatique de 8m50 avec 2 fois 150cv, de taille assez conséquente pour franchir les vagues. Un peu de vent et des vagues de 1m50 à 2m en se dirigeant sur Elphinstone, navigation pendant 25 mn. Dans le speed boat 5 plongeurs, 1 guide DP et le pilote zodiac man.

    Arrivons sur le site pour une 1ère plongée à 7h35, 45mn à 36m, nous remontons un peu sportivement sur le boat. Pendant notre intervalle surface le zodiac man demande d’accoster sur les bateaux de croisières. Après 3 demandes sur les différents bateaux, aucune réponse positive ; le pilote décide de poser l'ancre sur le récif.

    Pendant notre intervalle de surface de 48 mn, nous mangeons 2 cake et buvons de l'eau, puis rééquipons notre 2 ème bloc avec une mer un peu houleuse (2 à 3 m), nous repartons pour notre deuxième plongée à 9h10, 46 mn et 28 mètres. Nous cherchons sur la pointe du récif les requins, en vain. Puis après 5 à 10 minutes de palier sous parachute du DP, nous refaisons surface et à notre grande surprise et effarement, plus de bateau …

    Nous étions d'ailleurs les seuls plongeurs, les bateaux de croisière étaient partis et autre speed boat aussi. Après une bonne vingtaine de minutes, ou nous avons sifflé, agité plusieurs parachutes, et aussi le miroir de Pierre. Rien ….

    Un grand vide se fait sentir dans la palanquée (3 Allemands, 2 Français et 1 Egyptien.).

    Le guide décide de s'écarter du récif et nous indique une direction par rapport au courant et la côte que nous ne voyons pas. Là, le doute s’installe dans la tête des plongeurs, Pierre me dit qu’il se souvient d'un récit où film sur des faits réels ou des plongeurs avait été oubliés.

    Après 1h30 de nage, Pierre a des crampes à deux reprises, un des allemands et le guide l'aide à les faire passer. Moi, j’alterne mon palmage dorsal et central en appui sur le parachute de Pierre plié en deux (ça me rassure).

    Au bout de 2 heures, les allemands posent des questions avec énervement au guide. Celui-ci répond dans un allemand approximatif qu'il faut rester groupés et solidaires. Pour ma part, le dialogue interne sur la présence des requins me hante car nous sommes en surface !!

    Pierre est pris d'un coup de vomissement ; l’orange qu’il avait mangé dans le taxi le matin remonte et il donne à manger au poisson…. (Eat for Fish qu’il cri à la palanquée.)

    Je demande à Pierre et réciproquement si ça va, nous nous remontons le moral de temps en temps.

    Nous nous dirigeons à droite ou a gauche car le cap n'est pas parfait, nous suivons péniblement l'egyptien et les allemands. Je dis à Pierre que si je ne reviens pas « tu diras à Patricia que je l'aime », à cela il me répond que nous allons y arriver, ce qui m’a remonté le moral.

    Puis un moment donné, nous perdons notre DP égyptien, je voyais quelques temps auparavant qu’il regardé le fond de la mer et avait rangé son parachute. Je me suis dit qu'il s'était suicidé ou alors parti devant car nous avançons lentement malgré le largage de nos plombs.

    Pendant notre nage, nous agitions parachutes et scrutions le ciel et l'horizon, chose difficile à faire car il y avait des creux de 5 mètres. A plusieurs reprises, nous crûmes voir des bateaux, on se disait qu'ils avaient déployés les secours (avions, hélicoptère, bateaux), le doute s'installait, la colère, la haine, la peur des requins aussi. En pleine mer de temps en temps nous ne nous voyons plus avec la houle, puis nous continuions à palme et à dériver. Les minutes et les heures s’égrenaient doucement.

    Dans les têtes, beaucoup de doute, pour ma part, je me disais que je n'allais quand meme pas finir au milieu de cette immensité. La langue de Pierre s'épaississait dû à l'eau salée qu’il absorbait malheureusement.

    Nous prenions des paquets d'eau dans la figure et dans les oreilles. Pierre me suggère aussi de pisser dans ma combinaison pour ne pas me bloquer les reins, des brulures se font sentir dans le cou à cause du gilet, tour de cou et masque et aussi sur le visage et l’eau que j’ingère me donne des brûlures d’estomac.

    Le froid ne se faisait pas sentir mais la fatigue si ….

    Il était 15 heure 30, cela durait depuis 10 heures du matin, heure à laquelle nous étions sorti de la deuxième plongée. Je me disais qu’il fallait regagner la côte avant la tombée de la nuit car les requins peuvent apparaître.

    La côte se rapprochait, nous agitions les parachutes et une personne sur la côte nous a fait signe.

    Le comble après 6h30 de nage dans la douleur et le moral partagé entre acier et coton, nous sommes confrontés aux récifs, les vagues de 3 mètres s’écrasaient sur la barrière de corail. Nous reconnaissons notre guide sur la côte désertique qui nous fais signe d'avancer. Pierre s'équipe de gants qu’il avait dans une des poches de son gilet. Il me dit de mettre mon masque et detendeur en bouche, car çà allais secouer. Effectivement nous sommes pris dans une machine à laver dans 50 centimètres d’eau, ballotté sur les récifs...

    Deux allemands m’ont aidé à me déséquiper et je me suis servi de mon gilet comme bouée ventrale pour rejoindre la plage, exténué mais en vie. Car pendant 6h30 de palmage et dérive en pleine mer, notre vie a défilée et nous pensions souvent à nos proches…

    J’ai un choc aux genoux et Pierre des aiguilles d'oursin planté dans un pied.

    Le comble de tout ça, nous avons échoué sur une base militaire déserte ; à part notre guide égyptien qui s'engueulait avec un militaire, j’ai réclamé de l'eau car nous étions déshydratés et à bout.

    Le militaire nous dit d'avancer à la caserne. Nous traversons 1 kilomètre dans le sable, cailloux et coquillages, pieds nus. Puis à la caserne, on nous donne de l’eau, jus de fruit et orange. Nous sommes pris en photo entre militaire armés, la joie…

    Puis l’effondrement, les nerfs tombent, on s'embrasse en pleurs …

    Les familles des allemands arrivent, nos femmes ne sont prévenues que depuis une demi-heure (avec le recul, c’est peut-être mieux ainsi) !!!!

    Nous aprenons qu'un hélicoptère de l’armée ainsi que plusieurs bateaux avaient êtes déployés pour nous rechercher…

    Entre l’armée, la police touristique et le personnel du club, beaucoup de monde afflue sur la base militaire ; les taxis, voitures et minibus stationnent. Après des discussions et formalités entre l’armée, police et personnel du club Aquarius, nous partons à 18h45, laissant notre matériel sur la plage (il fut récupéré plus tard par le personnel du club) le soir même.

    Nous apprenions que nous avons parcouru 13 kilomètres. Le corps humain est solide dans la souffrance !!!

    Nous arrivons vers 19h30 au centre Aquarius ou nous sommes accueillis chaleureusement. Nous demandons Pierre et moi à nous faire soigner (on nous répond de voir à l’hôtel, chose que nous refusons !!!).

    On nous accompagne dans une pharmacie où nous attendons un docteur pendant 20 minutes. Je suis soigné au genou et brûlure au cou, et on enlève le reste des aiguilles d'oursin dans le pied de Pierre. Nous demandons aussi du doliprane car nous avons mal à la tête.

    Puis nous sommes raccompagner en voiture et nous arrivons à 20h30 à l’hôtel Marina Lodge ou nos femmes nous attendent. Aux retrouvailles, l’émotion est forte et nous nous enlacons tous en pleurs.

    Nous sommes partis manger, avons pris nos médicaments.

    La nuit est réparatrice mais très mouvementé.

    Au matin je suis encore sous le choc, je pleure.…

    Nous nous retrouvons avec Patricia, Isabelle et Pierre, nous nous embrassons.

    Je me dis que ce n’était pas notre jour pour mourir …

     

    Mercredi 16 mai.

    Rendez vous dans une salle de l’hôtel somptueux LE PALACE à port Ghalib près du centre Aquarius.

    À 14h00 nous entrons dans une salle de conférence (Nous 5) avec nos femmes, accompagnées des responsables du centre de plongée Eric Belloin (que nous avions vu au salon de la plongée à Paris en janvier), Ilona Wilhelm (service management terrestre et Daily), la police touristique, Farag Alhussein (auditeur assurance qualité de CDWS : camber of diving and watersports egypt), plus 4 ou 5 personnes.

    À part Pierre et moi qui parlions français, le reste de la salle s'exprimait en allemand et anglais, la conversation portait sur les responsabilités et l’organisation des secours. Le ton montait au fur et à mesure pendant 3/4h-1h.

    Pierre a demandé à prendre la parole.

    Les poings serrés, la gorge nouée, Je le tenais, Pierre s’est exprimé. Certes nous avions tous vécu cette mésaventure, qui heureusement c’est bien terminé, alors il a parlé de sécurité.

    Pourquoi le pilote du bateau et le DP ne se sont pas concertés pour la direction à prendre afin qu’il puisse suivre nos bulles sachant qu’il y avait des creux de 2m et que malgré tout cela ça aurait été compliqué, mais une direction aurait aiguillé le zodiac man ?

    Pourquoi il n’y avait pas d'O2 sur le speed boat ; s'il avait eu un ADD… ?

    Peut être aurions nous du rester sur le récif ou à côté malgré le courant, mais le DP a peut-être choisi l’autre solution pour éviter les requins.

    En fait ce n’est pas avec des si …Pierre leur dit que c’est dans la défaite que l’on construit la victoire, et qu'il faut en tirer des conclusions.

    Il remercie ses 4 compères avec qui nous formions un groupe car seul cela n'aurait été possible. Rattrapé par l’émotion, il finit en larmes.

    Il sort de la salle à 2 reprises, Andrew de chez Aquarius (responsable des croisières qu’il a côtoyé il y a 2 ans) demande à lui parler, puis aussi le big boss de chez Aquarius.

    Il retourne en salle et nous apprenons pendant la réunion de 3h que la chaîne des secours avait été déployée, hélicoptère, 5 speed boat et quelques bateaux de croisières avaient détourné leurs trajectoires pour notre recherche….

    Côté allemand ça s’ennervait de plus en plus, de notre côté nous demandions de conclure.

    Après les échanges d'adresses et accolades émotionnelles nous quittons la salle …

    Merci de votre patience pour la lecture de ce texte et pour finir et conclure ; NOUS SOMMES EN VIE.

     

    Serge

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    suis désolé mais la c'est le grand bordel! Les pilotes de votre zodiac sont entièrement responsables le DP aussi, creux de deux mètres ou pas. ça devait pas être des marins mais plutôt des pharaons de l'Egypte antique

    pourquoi? en cas de procédure d'avortage de plongée il existe une procédure taper plusieurs fois sur un objet métallique dans l'eau ou l'échelle si il y en a, cela veux dire tout le monde remonte. ont-ils pris la météo le matin? Pas d'O2 sur le bateau? de plus pas de communications radio avec les autres bateaux ou pas de radio à bord pour communiquer avec d'éventuels secours?

     

    ces gus sont des criminels, le tour opérateur et le centre aussi qui emploie de tels loulous. Moi je mettrai tout ce beau monde en prison.

    A éviter ce centre aquarius je crois? donne les coordonnées complètes que l'on évite d'y aller et qu'on leur fasse une bonne presse

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    En dehors des responsabilités, je retiens une belle histoire qui finit bien. 13 km de nage, chapeau les gars ! Faut y arriver, en particulier sans eau.

     

    Je retiens aussi que quand il faut se débrouiller sans assistance en surface, il faut avoir un parachute, une lampe, un miroir, un tuba, rester groupés et garder son masque pour éviter de prendre trop d'eau de mer.

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