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Nicolas Duguay

Théories du complots, médias sociaux et liberté d'expression: quelles devraient être les limites?

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    Il y a 3 heures, Matt a dit :

     

    Non : l'hébergeur DOIT supprimer les contenus manifestement contraires à la loi s'il en a connaissance. C'est une obligation légale et sa responsabilité est engagée.

     

    Oui je suis d'accord. Je ne parlais pas de l'aspect diligence en cas de contenu délictueux mais des cas où il est possible d'intervenir sur les contenus (sélection ou suppression). La sélection c'est de la modération a priori et la suppression de la modération à posteriori. 

     

    Il y a 3 heures, Matt a dit :

    Pas vraiment, rien n'oblige l’hébergeur à tout héberger. Il est parfaitement légitime à définir des limites du moment que celles-ci ne sont pas discriminatoires.

    Ces limites sont dans notre cas précisées dans la charte, que tout membre accepte en s'inscrivant et en utilisant le service.

     

    Ce truc de la charte et de la possibilité de suppression en cas de non respect me paraisse dans la zone grise.

     

    Pour moi, un hébergeur peut bloquer un compte en cas de non respect des conditions d'utilisation du service. Intervenir sur le message, c'est ce que je trouve étrange. 

     

    Il y a 3 heures, Matt a dit :

    Très concrètement : L'hébergeur propose un service, et rien de l’empêche de définir ce service comme bon lui semble.

     

    Le "service" est définit comme un service de "stockage" : https://www.village-justice.com/articles/irresponsabilite-administrateur,19548.html

     

    Il y a 3 heures, Matt a dit :

    Ce qui lui donne le statut d'hébergeur est le fait qu'il n'a pas de rôle actif dans la publication du contenu (concrètement, quand tu clique pour publier, ça publie).

     

    La modération a posteriori devrait aussi le faire passer au statut d'éditeur du coup ?

     

    Il y a 3 heures, Matt a dit :

    Note qu'un forum en modération a priori passe sur un statut d'éditeur.

     

    Oui j'ai vu cette nuance dans ce que j'ai lu de la jurisprudence. Mais les notions d'a priori ou a posteriori c'est pas clair. 

     

    Il y a 3 heures, Matt a dit :

    Cela dit si tu arrive à me démontrer que Pontos est Editrice du forum, ca m’intéresse mais je ferme le forum tout de suite :).

     

     

    Je trouve cette histoire vraiment pas claire mais j'ai peut être mal compris...  Après rien de vraiment spécifique à p.com, je discute de ça en général :)

     

    Si tu as des références pertinentes, je suis preneur :)

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    il y a 15 minutes, stef75 a dit :

    Je trouve cette histoire vraiment pas claire mais j'ai peut être mal compris...  Après rien de vraiment spécifique à p.com, je discute de ça en général

     

    J'ai bien compris, je te rassure le débat m'interesse, en plus de me concerner :)

     

    une jurisprudence interessante : tf1 & co contre Dailymotion :

    https://www.legavox.fr/blog/maitre-anthony-bem/internet-precisions-statut-hebergeur-contenus-9944.htm

     

    Citation

    Elles invoquaient ainsi le fait que la société Dailymotion exerce un pouvoir de modération en surveillant les contenus et en censurant ceux qu’elle estime contraires à sa ligne éditoriale et qu’en revanche, elle promeut les contenus qu’elle juge les plus attractifs.

     

    A priori cela n'a pas remis en cause le statut d'hébergeur de Dailymotion.

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    Plus pertinent qu'un énième "documentaire" sur les vilaines Big Pharma, à tout le moins en relation avec le sujet du post, y a ceci sur Netflix: 

     

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    Le problème des réseaux sociaux et de l'infobésite (j'aime beaucoup ce terme) est qu'ils donnent autant d'importance à la parole des sachants qu'à la parole des non-sachants.

    La parole de Madame Dupont, en plein effet Dunning-Kruger, a désormais autant de valeurs que celle d'un véritable expert sur le sujet sur lequel Madame Dupont s'exprime. Ses locuteurs, également dans l'effet Dunning-Kruger, adhèrent parfaitement à ce qu'elle dit.

    Pourtant, lorsqu'on est malade, on va bel et bien voir son médecin, et pas Madame Dupont, quand bien même elle a déjà eu les mêmes symptômes. Mais sur les sujets en apparence plus accessibles (en apparence seulement), "on" a tendance à passer outre cette règle de bon sens.

     

    L'infobésité devient alors le parfait terreau pour les biais de confirmation: face à la multitude d'informations contradictoires, on va accorder beaucoup plus de crédit à celles qui confirment ce que l'on croit juste. Surtout lorsqu'il y en a beaucoup, et peu importe leur provenance (puisque, de toutes façons, à l'ère du numérique, toutes les sources sont dorénavant de valeurs égales).

     

    Le partisan d'une théorie va alors exiger des niveaux de preuves différentes dans un sens plutôt qu'un autre. Tout argument allant dans le sens de notre croyance sera immédiatement jugée acceptable, peu importe son niveau de crédibilité. Mais on exigera un niveau de crédibilité exceptionnellement haut pour accorder de l'importance à un argument allant dans le sens contraire.

     

    L'apothéose, c'est lorsque le partisan d'une théorie va alors rejeter en bloc tout argument adverse : le camp d'en face est alors réduit à une bande de moutons, à la solde (consciemment ou pas) d'une entité supérieure qui cherche à les manipuler.

    Peu importe les faits qu'ils auront sous les yeux, si ceux-ci ne vont pas entièrement dans le sens de leur théorie, c'est forcément que ces faits ont été manipulés. Les sources d'informations, d'ordinaire considérées comme fiables, deviennent alors à leurs yeux la quintessence de la désinformation et de la manipulation.

     

    À ce stade, on en arrive au point où une croyance est érigée en vérité.

     

    C'est comme ça que, par exemple, sur certains forums ou sites d'extrême droite, on peut lire des phrases du type "Le Monde est un torchon" au milieu d'une avalanche d'infos provenant de Sputniknews.

    Ou qu'on entend que "L'Inserm et l'Institut Pasteur sont des entités à la solde des gouvernements qui veulent nous vacciner de force pour contrôler la population", au milieu d'une avalanche de liens vers des sites de naturopathie ou d'homéopathie.

     

    Il y a un documentaire intéressant sur le complotisme, sur Netflix (en France en tout cas) : Behind The Curve, qui s'intéresse aux partisans les plus frénétiques de la thèse de la terre plate.

     

    Ce documentaire est très intéressant pour plusieurs raison:

    - Il traite d'un sujet pour lequel >95% de la population est d'accord pour dire que la terre est belle et bien plate,

    - C'est un sujet qui fait surtout sourire: les partisans de la terre plate ne font, au fond, de mal à personne, que ce soit directement ou indirectement.
    Cela rend le sujet assez facile à traiter.

     

    Le reportage est intéressant car il met en évidence la mécanique des théories du complot, et les biais cognitifs dans lesquels s'enferment ceux qui y adhèrent.

    À la fin, on suit le parcours de quelques bonhommes avec le minimum de connaissances scientifiques pour qu'ils mettent au point des expériences scientifiques visant à démontrer que la terre est plate.

    Naturellement, toutes leurs expériences montrent le contraire de ce qu'ils souhaitent. Un bon scientifique devrait alors remettre en cause sa théorie. Mais eux font l'inverse, et remettent en cause les expériences.

     

    Si on devait donner une définition du complotisme selon moi: pour savoir si je suis complotiste, je dois me poser les deux questions suivantes :

    1. Quels sont les arguments qui me font penser que j'ai raison ?
    2. Surtout: qu'est-ce qui me ferait changer d'avis ?

    Si la réponse à la question 2 est vide, ou bien qu'elle demande des niveaux de preuve bien supérieurs (en nombre ou en qualité) à ceux de la réponse 1... et bien... j'ai une mauvaise nouvelle pour vous :)

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    Le 15/09/2020 à 02:58, la philoche a dit :

    Oui, il est très sérieux . C'est ce qui rend ce type de débat profondément inutile. Mais il n'a rien de nouveau, dans les années 50/60/70 les lecteurs de l'Humanité lisaient ça comme d'autre lisent les évangiles. C'est juste un biais de confirmation. Mediapart, Marianne des conneries ils en écrivent aussi(comme tout le monde), l'affaire Baudis par exemple, qui ne fait pas spécialement honneur à médiapart et il y en a d'autres. Ce qui a tout changé, c'est l'arrivé d'internet et la possibilité de diffuser à grande échelle avec des moyens extrêmement limité une information qu'elle soit vrai ou fausse.  

    Les gens n'ont pas envie de changer d'avis, ils ont envies qu'on les conforte dans leur système de pensé. Il n'y a qu'en France ou les journaux et les journalistes s'imaginent qu'ils vont "éduquer" l'opinion et ils ont perdu. l'Humanité (le cas est emblématique) ne survie que grâce à des aides d'état et ça a fait la fortune de Murdock, on peut penser que c'est triste mais c'est la réalité.

    bonjour la philoche,

     

    juste pour rectifier :

    l'affaire Baudis date de 2003, 

    la création de Mediapart date de 2008.

    C'est Plenel, alors au Monde, qui s'est emballé sur l'affaire Baudis, (et encore c'était pas le pire...mais c'est une autre histoire)

    et bien qu'il (Plenel) soir co-fondateur de Mediapart, 5 ans + tard donc,

    Mediapart n'a rien à voir avec l'affaire Baudis.

     

    Et pour ma culture personnelle : je ne comprends pas la relation entre le journal l'Humanité, et Rupert Murdoch, si c'est bien de lui dont tu parles ?

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    Il y a 6 heures, losbh a dit :

     

    Et pour ma culture personnelle : je ne comprends pas la relation entre le journal l'Humanité, et Rupert Murdoch, si c'est bien de lui dont tu parles ?

     

    L'Humanité est pour moi un journal d'opinion, qui reste globalement "encré" sur ses idées et globalement avec le temps son lectorat c'est réduit comme peau de chagrin. Murdoch travaille sur un système complétement différent, il donne au gens ce qu'ils ont envie de lire, ce qui les conforte dans leurs idées quitte à raconter n'importe quoi, ce qui est important, c'est de ne pas heurter le lecteur.

     

    Pour Baudis, je l'associé vraiment par erreur à Médiapart, alors que c'est Plennel.

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    Lu ce matin, ce super papier qui aborde très intelligemment plusieurs des aspects soulevés dans ce post:

    https://www.lapresse.ca/actualites/2020-09-19/le-monde-est-fou-mais-pas-tant.php

    Le monde est fou, mais pas tant

     

    Le monde est fou, à ce qu’il paraît. On ne croit plus à la science, on voit des complots partout. Les « conspirationnistes » sont parmi nous… 

    Publié le 19 septembre 2020 à 5h00

     

    Pourtant, d’après… les données scientifiques, la confiance générale envers la science, les institutions scientifiques et la médecine n’a pas bougé depuis 40 ans. Il n’y a pas de raison de croire que les tenants d’idées délirantes ou qui voient des complots partout soient plus nombreux. Ni même plus dangereux. On a fait des guerres et commis des génocides sur la base de prétendus complots, bien avant l’internet.

     

    Simplement, plein de gens dans leur sous-sol (encore qu’on en a signalé au rez-de-chaussée) se sont rendu compte qu’ils n’étaient pas seuls au monde. Ils se sont reconnus. Coalisés. Organisés. 

     

    Ainsi, en 2018, Edmonton, ville maintenant bien connue pour ses bulles, avait accueilli un congrès de Flat Earthers. Des centaines de types contestant la rotondité de la Terre s’étaient donné rendez-vous pour en jaser. 

     

    Un journaliste est allé voir Yves Gingras, historien des sciences à l’UQAM. « Il m’a demandé comment je réagissais à l’augmentation du phénomène. J’ai répondu : “Ah bon ? Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que le phénomène augmente ?” » 

     

    « La National Science Foundation sonde les Américains sur leur confiance envers les diverses professions avec les mêmes questions depuis 1979, et les réponses sont constantes », ajoute-t-il, tableaux à l’appui. 

     

    La communauté scientifique arrive tout en haut – juste derrière les militaires. Et ça ne varie pas. 

     

    « Même » aux États-Unis, malgré qu’un sondage international de chercheurs de l’Université de Sherbrooke affirme que les Américains croient deux fois plus aux thèses complotistes que les Canadiens.

     

    Mais est-ce vraiment le cas ? 

    ***

    Le sondage en question prétendait comparer le taux d’adhésion des populations de différents pays à des thèses « conspirationnistes ». 

     

    Une série d’énoncés étaient proposés aux répondants, qui devaient dire s’ils y adhéraient ou non. 

     

    Parmi les énoncés : « Le gouvernement cache des informations concernant le coronavirus. » 

     

    Pardonnez-moi, mais ce n’est pas une théorie du complot. C’est un fait ! Aux États-Unis, le président lui-même est enregistré en février parlant avec Bob Woodward, disant qu’il s’agit d’un virus plus mortel que la grippe, dangereux pour les enfants, très contagieux… Et en public, il a dit le contraire. Être un Américain, je serais forcé de répondre oui ! 

     

    Ici même, sans que ce soit pour des motifs occultes, le gouvernement ne divulgue pas toute l’information – les journalistes passent leur temps à s’en plaindre. Il y a plusieurs raisons à cela, notamment la crainte d’entraîner des comportements antisociaux, de créer des pénuries, etc. Que ces motifs soient valables ou non, il est évident que, littéralement, le gouvernement « cache » des informations, ou du moins en retient. 

    Bref, penser que le gouvernement cache des informations n’est pas du même ordre que d’affirmer « le virus est lié à la technologie 5G » ou que les pharmaceutiques sont derrière la pandémie – autres énoncés du questionnaire. 

    De même, il est hautement improbable, presque impossible, que le virus ait été créé « par accident » dans un laboratoire de Wuhan. Mais la thèse a été avancée par le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, qui affirmait détenir des « preuves » – pour ensuite changer d’idée. 

     

    À partir de questions semblables, les chercheurs concluent que 17 % des Canadiens adhèrent aux théories du complot, contre 34 % aux États-Unis. Avouez que ça fait peur ! 

     

    Ça prouve surtout que la question a été plus politisée aux États-Unis. 

     

    Si 6 % des Américains croient qu’on n’est pas allé sur la Lune, ça fait quand même 20 millions de personnes. Ainsi de tous les groupes négationnistes de tout poil : en additionnant tous les hurluberlus, on en remplit, des stades. 

     

    Une fois qu’ils se reconnaissent, communiquent, se regroupent, ils deviennent un sujet de reportage fascinant pour les médias. Tout éberlué, le journaliste en interviewe quelques représentants et en fait un topo des plus exotiques – je fais ça, moi aussi, ne vous trompez pas. 

     

    On écoute ça, on se dit : « Non, mais ça s’peut-tu ? Où est-ce que le monde s’en va ? » 

     

    Deux excellentes questions. À la première, on est forcé de répondre : oui, ça se peut. 

     

    La deuxième est plus embêtante. Il peut y avoir des coalitions violentes. Qui profèrent des menaces. Qui intimident. 

    Mais il y en a un sacré paquet qui ne représentent à peu près rien et qui exercent leur liberté de ne pas croire, de vociférer. 

    Je ne dis pas que les médias doivent les ignorer totalement. Mais on accorde à ces phénomènes marginaux beaucoup trop d’importance. On en exagère l’importance. De quelques centaines à Montréal dimanche dernier, on a fait des milliers. 

     

    De manière perverse, j’ai parfois l’impression que ces antimasques et tous ceux qu’on appelle « complotistes » font l’affaire des médias. Pas seulement parce qu’ils fournissent du contenu bizarre et choquant à peu de frais. Surtout parce qu’ils préfigurent un monde apocalyptique où « les médias traditionnels » ne sont plus crus. Où « les gens » s’abreuvent à des sources d’informations obscures, russes et malveillantes. En amplifiant leur importance, on se trouve à redire notre propre nécessité, notre supériorité, et à consolider notre statut de service d’utilité publique, de sauveteurs de la démocratie. 

     

    ***

    C’est un curieux paradoxe : la nature même du journalisme pousse à se méfier de toute information officielle, de tout gouvernement, à remettre en question la version des divers pouvoirs. Particulièrement aux États-Unis, et spécialement depuis la guerre du Viêtnam et le Watergate. 

     

    Nous voici maintenant déroutés devant des groupes qui ne croient ni au gouvernement, ni à la science, ni aux médias, comme s’il s’agissait d’une sorte de bloc. 

     

    Il n’y a pourtant jamais eu d’époque où « les médias » étaient largement crus. « Les médias traditionnels », d’ailleurs, ont en commun un modèle économique, mais ont été en contradiction souvent radicale les uns avec les autres depuis la nuit des temps, ce qui est la nature même de la conversation démocratique. 

    ***

    Est-ce grave, docteur ? 

     

    Pas forcément. Quoi qu’on dise des antivaccins, par exemple, ils sont une minorité bruyante. Le Pew Center aux États-Unis établit à plus de 80 % la proportion des Américains favorables à une vaccination obligatoire des enfants d’âge scolaire. 

     

    « En France, 33 % des gens disent se méfier des vaccins, mais 91 % font vacciner leurs enfants… On a le droit de râler, mais à la fin, ce qui compte, c’est ce qu’on fait », observe Yves Gingras. 

     

    Je lui suggère que l’amélioration de l’éducation favorise la compréhension et l’adhésion au savoir scientifique. J’entends le prof Gingras grimacer au téléphone – oui, oui, ça s’entend. 

     

    « Je trouve évidemment qu’on n’est jamais trop instruits, mais les gens qui contestent le plus la science, les avis des médecins, ceux qui croient le plus aux pseudosciences, ce sont des gens avec une certaine instruction. C’est vrai en particulier chez les moins de 35 ans. Ils s’estiment autonomes par rapport aux experts, s’obstinent avec les médecins, parce qu’ils ont fait des recherches sur l’internet. On fait erreur en pensant que ce sont des gens peu instruits.

     

    Typiquement, ils se pensent plus intelligents que les autres et mieux placés pour décider. 

     

    « Et paradoxalement, il faut faire attention avec les experts. Il y a des limites à l’expertise. Luc Montagnier, c’est un Prix Nobel de médecine ! Mais quand il parle de la mémoire de l’eau et de l’homéopathie, dont les études montrent l’inefficacité, il fait de la pseudoscience. Il n’est pas chimiste ou physicien. Tout d’un coup, un expert dans un domaine devient un gourou. » 

     

    Il est vrai aussi que dans l’histoire, la science officielle a eu tort contre quelques dissidents éclairés. Mais ça ne permet pas de conclure que la science du jour est forcément mal fondée. « Si un scientifique conteste 9999 scientifiques, je fais le pari que les 9999 ne sont pas des cinglés. » 

    Inévitablement, il faut faire confiance à une source, à quelqu’un pour prétendre « savoir » quelque chose. Le jugement, le simple bon sens ont encore leurs droits. Et ça n’est pas toujours en relation directe avec le niveau de scolarité… 

    « Rappelez-vous le débat qui faisait rage sur la soi-disant dangerosité des compteurs intelligents d’Hydro-Québec. Les gens qui menaient ça n’étaient pas les gens les moins instruits. Au fait, qui en parle encore ? » 

     

    Effectivement, c’était un énorme truc dans les médias et, selon l’expression consacrée, « viral sur le web », ce qui est synonyme de « les réseaux sociaux s’enflamment ». 

     

    Ce qui est l’équivalent de « j’ai entendu ça dans l’autobus ». 

     

    Les réseaux sociaux étant, comme dit Yves Gingras, cette taverne à ciel ouvert « qui nous donne accès à une conversation superficielle auparavant confinée derrière quatre murs ». 

     

    Les gens sont pas si fous que ça. Faut se le rappeler une fois de temps en temps, entre deux manifs antimasques.

     

     

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    Je dois dire que les particules de sida activée par la 5g dans le vaccin, ca m'a fait rêver...

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