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21/06/2007

"Pour nous, plongée tech rime avec sécurité"

Arnaud Niel, l’un des organisateurs du FestivalPlongeur.com a interrogé en exclusivité les organisateurs du premier Festival international de plongée tech, qui se tiendra à Cavalaire du 11 au 14 octobre 2007. Arnaud Niel, instructeur Trimix, et Greg Koulbanis, instructeur Cmas***, ont répondu à nos questions. Plongeur.com : Pourquoi un festival de plongée tech en France ? C'est une première. Est-ce que ça veut dire que la plongée tech a franchi un nouveau cap dans le pays ? Arnaud Niel : C'est effectivement la première fois en France qu'en un même endroit auront lieu des plongées en mer aux mélanges en circuit ouvert et en recycleurs, conjointement avec un espace exposant, des conférences et des projections. La plongée tech se développe depuis quelques années mais n'a pas encore pignon sur rue. Pour preuve, le séminaire fédéral qui se déroule seulement cette semaine pour former les premiers moniteurs recycleurs de la FFESSM. Le but du festival est de permettre la rencontre des plongeurs tech et des plongeurs loisirs entre eux et avec les fabricants et revendeurs, tout en leur permettant d'actualiser leurs connaissances par les conférences. Depuis quelques années les plongeurs attirés par la plongée tech arrivent assez facilement à trouver un formateur, mais ont ensuite beaucoup de mal à trouver des structures d'accueil pour pratiquer leur activité. Il faut donc organiser des rencontres de ce type pour leur permettre de pouvoir plonger. Greg Koulbanis : L'idée du Festival est de promouvoir la plongée technique dans son sens le plus large, à savoir depuis l'usage d'un Nitrox en circuit ouvert, en passant par des mélanges binaires ou ternaires pour la plongée profonde, jusqu'à l'usage des recycleurs. Il s'agit de permettre à tous les acteurs concernés par la plongée technique de se rencontrer, et pour les plongeurs de pratiquer leur passion. Mais aussi, et c'est extrêmement important, de permettre aux plongeurs "non tech" de venir s'informer sur la pratique de cette discipline. Comment est née l'idée de ce festival et qui en est à l'origine ?Festival tech de Cavalaire A. N. : Depuis quelques années, Aldo et moi avions l'idée d'un grand rassemblement tech sur Cavalaire. Depuis deux ans, nous organisions déjà le Deep-Walls qui avait un franc succès au sein de la communauté tech européenne et nous avons eu envie d'aller plus loin lorsque Greg a suggéré l'idée du festival. La décision à été prise entre nous à la fin de l'an dernier et nous l'avons annoncé au dernier salon de la Plongée de Paris. Ce festival proposera des baptêmes Trimix et recycleur, est-ce que la demande est de plus en plus forte concernant la plongée tech ? A. N. : Très certainement. Je remarque que d'année en année mon activité comporte de plus en plus de formations tech, essentiellement trimix. Il y a trois ans, je formais environ 10 plongeurs dans l'année alors que depuis le début de cette saison, j'ai déjà eu plus de trente stagiaires. Quels seront les plus gros exposants présents au festival et à quoi peut-on s'attendre en terme de matériel et de nouveauté ? G. K. : Un stand sera consacré à l'Association Avenir et Histoire des Recycleurs qui exposera plusieurs systèmes de recycleurs. Il y aura bien sûr des machines récentes comme le Megalodon, le Submatix, Aquatek et l'Evolution. Il y a aura également des spécialistes du matériel Tech depuis les Wings jusqu'à l'éclairage, en passant par les combinaisons et autres équipements. Vous allez également proposer des plongées profondes sur de célèbres épaves de la région, comment cela se passe-t-il ? Tout le monde peut-il s'inscrire et participer ? A. N. : Tout le monde peut s'inscrire à partir du site Internet du festival : www.festival-tech.com à la rubrique plongée tech, bien entendu dans le respect de la réglementation en vigueur. G. K. : Ces plongées ne seront pas organisées par le Festival, mais par des centres de plongée, en l'occurrence Eau Bleue, Eperlan et Mio Palmo habilités à encadrer ce type de plongées. Aldo Ferrucci et Greg Koulbanis, deux des organisateurs du FestivalLa plongée tech rime encore souvent avec "insécurité", est-ce que cette dimension est de plus en plus prise en compte par les acteurs du monde tech ? A. N. : Pour nous c'est l'inverse et bien au contraire tech rime avec sécurité. Vaut-il mieux plonger sur le Togo à l'air avec un 15 litres en devant gérer un faible stock de gaz tout en dominant la narcose ou vaut-il mieux plonger avec un bi de trimix - qui va éliminer la narcose et permettre une quantité de mélange fond importante pour palier à une fuite éventuelle - et optimiser sa décompression avec un nitrox et de l'oxygène. Pour nous plongeurs tech, la plongée dangereuse c'est la plongée profonde avec une config loisir telle qu'elle est encore pratiquée beaucoup trop couramment. G. K. : La plongée technique n'a absolument rien de nouveau, puisque l'usage de mélanges gazeux, comme le recyclage de ceux-ci pour la plongée s'est répandu dans les milieux professionnels et militaires après la 2ème Guerre Mondiale. Et que les premières expériences ont maintenant plus de cent ans. Et, si je voulais être un tout petit peu provocateur, j'ajouterais que plonger à l'air en dessous d'une quinzaine de mètres de profondeur est une hérésie d'un point de vue physiologique. Donc, il faut être conscient que la plongée Tech, pour ne parler que de celle qui concerne la plongée au Nitrox, sera celle exercée par tous les plongeurs dans quelques années. Il ne s'agit surtout pas pour le Festival de faire l'apologie de la plongée profonde ou des plongées de longue durée, mais bien au contraire de s'inscrire dans une vision qui cherche à améliorer la sécurité des plongeurs grâce à l'usage de mélanges gazeux appropriés en fonction de la profondeur, et éventuellement des paliers au Nitrox. J'ai appris qu'une conférence sur la mort en plongée, prévue au Salon de la plongée de Paris et déprogrammée, doit se tenir lors du festival, pourquoi une telle conférence ? Ce sujet n'a, semble-t-il jamais encore été abordé en France. A. N. : C'est Didier Lefèvre qui traitera ce sujet pour la première fois. Il avait été refusé au Salon de la Plongée, ce qui peut se comprendre dans une optique de plongée essentiellement ludique. Pour le plongeur profond, c'est une conférence qui peut être intéressante. Beaucoup d'entre nous, avant de plonger aux mélanges, avons plongé profond, voire très profond à l'air. Et nous avons tous eu quelque frayeur un jour ou l'autre. Nous retrouverons certainement dans la conférence de Didier des sensations que nous avons vécues par le passé. G. K. : Nous avons aussi prévu des sujets destinés aux plongeurs "non tech", comme par exemple la conférence de Jean-Claude Le Péchon sur les mélanges gazeux, et celle de Christian Gastaldi sur le fonctionnement d'un recycleur. Nous désirons avoir un esprit d'ouverture, que se soit dans la communauté des plongeurs tech, mais également envers tous les plongeurs. Quels sont les partenaires qui vous ont soutenu pour l'organisation de ce festival ? A. N. : La ville de Cavalaire et son Office du Tourisme ainsi que le Festival du film maritime et d'aventure de Toulon Propos recueillis par Olivier Timis

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