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09/07/2008

Handicapé, moi non plus !

Lettre ouverte à Roland Blanc, Président de la de la FFESSM

FFESSM, un problème avec l'autonomie des handicapés ? ou comment traiter les cas particuliers au sein des fédérations.

Toulouse le 08 Juillet 2008

Objet : lettre ouverte au Président Roland Blanc pour discrimination d'un invalide au sein de la FFESSM Nota: dans ce courrier certains éléments en annexe sont des informations confidentielles qui sont en possession du médecin national de votre fédération   François-Pierre LangloisMonsieur, Je vous alerte par ce présent courrier sur la discrimination dont je suis victime au sein de votre fédération en tant qu'invalide. L'invalidité a de multiples visages :

  • Si le handicap est lourd, il rentre dans un cadre bien précis (fauteuil roulant, cadre handisport…); alors au sein de la FFESSM, tout est organisé pour accueillir les invalides.
  • Il existe des situations, où l'invalidité est moins caractérisée, permettant au sujet de conserver une pratique normale sans rentrer dans le cadre strict du handisport.
Je tiens à vous informer, alors que c'est dans cette 2nd catégorie que je pratique la plongée sous marine, que je suis en train de subir une grave discrimination au sein de votre fédération. J'ai été candidat classé aux demi-finales des Championnats de France de photo sous marine qui se sont déroulés début juin sur l'étang de Thau. Mon médecin fédéral, ainsi que les autres médecins que j'ai consulté jusqu'à présent, pour qualifier mon état, expriment qu'il existe chez moi des séquelles de tétraplégie récupérée. Je marche (j'ai manifesté sur 10 kilomètres lors de l'explosion de l'AZF à Toulouse), je conduis des véhicules non aménagés, je skie (je suis ancien professeur National de ski) et quand j'ai souhaité passer mon niveau 2, je l'ai fait avec succès dans mon club sans aménagement particulier en dehors de toutes structures handisport et dans le plus strict respect de la réglementation (voir annexe 7). La réalité de ma pratique depuis mon accident (en 1991, traumatisme non lié à la plongée), est la reprise régulière de la plongée depuis 2002, plus de 200 plongées à mon actif dans mon club affilié à la FFESSM et d'autres structures, en autonome (N2) donc sans encadrement. Ceci aurait pu encore durer pendant de nombreuses années. Mon seul tort, avoir participé aux Championnats de France de photo sous marine 2008. Pour cette inscription, il a été demandé à mon médecin fédéral de rajouter la mention d'aptitude à la compétition de photo sous marine. Devant moi, mon médecin fédéral a fait part de sa décision positive en laissant un message sur le répondeur du médecin régional. Lors de ce championnat j'ai effectué les 2 manches de 3 heures; qui se sont déroulées particulièrement bien, nous avons pris beaucoup de plaisir (bonne ambiance, bonne entente avec les compétiteurs et l'organisation …). Durant la 2eme manche, après 2 heures au moment du changement de blocs, j'ai eu un petit entretien de 10mn avec le médecin régional présent sur le bateau. Comme un hasard heureux c'est le médecin régional de mon comité, celui-là même qui a été informé par mon médecin fédéral, qui assure la sécurité. Il m'explique alors, qu'il s'étonnait un peu de me voir participer à cette épreuve car, en tant que médecin régional, il aurait du viser mon certificat médical. Mais il ajoute qu'il avait entendu parler de moi, et que surtout la nécessité de cette contre signature était abrogée à la demande la commission médicale nationale, cette décision d'abrogation devant être entérinée par le comité directeur de la fédération lors de sa prochaine réunion en octobre 2008. (annexe 3) Puis je repars finir la manche avec mon modèle. J'ai ensuite souhaité participer à un stage fédéral organisé par La Commission Pyrénées Méditerranée conjointement avec Rhône-Alpes Bourgogne Auvergne, stage photo et vidéo du 5 au 12 juillet à Estartit. L'organisateur de ce stage, m'a alors indiqué que le médecin régional l'avait rappelé à l'obligation de faire contre signer mon certificat médical. J'en fus surpris compte tenu de la conversation que j'avais eu quelques jours plus tôt avec lui sur le bateau. Pourquoi cela ne l'a t il pas fait lors des championnats de France, puisqu'il était présent ?? Mais j'ai tout de même suivi la procédure et téléphoné à ce médecin régional qui m'a demandé de lui envoyer mon dossier médical, ce que j'ai immédiatement fait. Le 2 juillet, soit trois jours avant le début du stage, je me permets de le contacter m'inquiétant de n'avoir pas encore reçu le dossier en retour. Il m'explique alors qu'il a demandé un avis au Médecin fédéral national de plongée Handisport (FFH), mais qu'en tout état de cause, le certificat médical actuel suffirait pour le stage. Quelle ne fut pas ma surprise de recevoir le lendemain, un mail du médecin national handisport, qui vaut pour refus de validation (voir annexe 1 de cette lettre). Je contacte le médecin national handisport par téléphone qui m'explique que ce refus est de pure forme et pure application des textes de la fédération. Je lui explique que ce n'est pas un avis sur les textes qui lui sont demandés, mais une étude de mon cas personnel, sur la base de renseignements qu'il devait avoir reçus. Il me dit dans un premier temps qu'il ne peut se prononcer sans me connaître puis pressé par moi de questions, m'informe que le médecin régional lui aurait expliqué que j'étais sorti de l'eau en hypothermie. Je m'étonne de cette information, car je n'ai pas eu froid lors de cette épreuve alors que j'ai la sensibilité à la température (voir annexe 2) et comment le médecin régional responsable de la sécurité aurait il pu laisser repartir terminer sa manche un candidat en état d'hypothermie ? En revanche, certains compétiteurs de cette épreuve m'ont apporté leurs témoignages (voir annexe 5) pour exprimer qu'eux même frissonnaient à la sortie de l'eau. Je propose alors au médecin national handisport de me rencontrer pour une consultation. Il m'explique que c'est inutile car il connaît le tableau clinique des tétraplégiques (voir annexe 2 : "pertes de sensibilités au touché, pas de sensibilité à la température, donc sujet aux hypothermies, problèmes urinaires" : tout ceci ne m'est pas applicable : j'ai la sensibilité au toucher sur tout le corps, à la température, absence de problème urinaire. Il y a discrimination : on tente de me faire appliquer un règlement qui concerne l'handisport alors que mon état clinique m'a toujours permis de rester en dehors de ce milieu. Mon médecin fédéral, mon médecin traitant ainsi que d'autres médecins auxquels j'ai eu l'occasion de demander des certificats, ont toujours soutenu cette position : je plonge dans le cadre de mes prérogatives (aujourd'hui N2) et sans les limites des plongeurs handisport. Le médecin national handisport me propose alors de plonger en dehors du cadre de la FFESSM. Bel exemple d'exclusion ! L'organisateur de ce stage, informé par moi-même, refuse alors ma participation la veille du départ, alors que j'ai déjà fait deux stages avec lui en 2006, conséquence de cette discrimination par les deux médecins évoqués dans ce courrier. J'ai du annuler mes vacances consacrées à ce stage. Je vous encourage Mr le Président de bien vouloir visionner cette vidéo de moi, 2 ans après mon accident, en train de skier avec ma fille :

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Egalement de consulter les annexes de ce courrier. Le médecin national de la FFESSM (je ne parle plus de médecin national handisport) que j'ai alerté avec toutes les pièces nécessaires m'explique que la FFESSM est obligé d'appliquer des mesures mises en place par la fédération handisport. Dans le même temps un responsable handisport de votre fédération m'assure que son premier objectif est de sortir les handicapés les plus autonomes du cadre de l'handisport. Je vous rappelle que je n'ai jamais songé, n'y souhaité y entrer, n'étant pas, de toute évidence concerné. Alors que croire ? Pouvez-vous m'aider à débrouiller cet écheveau. Depuis trois jours, je me sens très handicapé… par la chaîne de décisions prises entre des médecins à la tête de votre fédération et l'organisateur du stage fédéral. J'ai été atteint dans ma dignité, discriminé. Un mois après ma participation aux championnats de France, je devrais être l'heure où je vous écris en train de participer à un stage photo fédéral à Estartit en Espagne, j'en suis exclu.

François-Pierre Langlois

Annexe 1 Mail du médecin national handisport essentiellement De:xxxxx À: xxxx Objet: Plongée handi Date: jeudi 3 juillet 2008 14:41 Cher ami, Suite à la réception du ton courrier, en temps que médecin fédéral national de plongée handisport, je voudrais rappeler les éléments suivants: En l'état actuel: - La plongée chez le tétraplégique est qualifiée d'exceptionnelle. TOUJOURS ACCOMPAGNEE voire encadrée (2 plongeurs valides) - Profondeur limitée à 10m. A cause de l'éventualité d'une fausse route. - Durée: 15mn (augmentation possible de 1mn/degrés, sans dépasser 20mn. A cause de l'hypothermie. - équipement complet. 1/2 étanche souhaitée. - Une seule plongée recommandée. Si deuxième immersion, T° ne doit pas être au dessous de 37°. Tout cela dans un but de protection du plongeur. Le certificat médical doit préciser durée et profondeur, afin de ne pas mettre en défaut le moniteur. Souhaitant avoir répondu à ta demande. Bien amicalement Docteur xxxx Médecin fédéral national de plongée Handisport. Responsable médical des sports de pleine nature. Annexe 2 Ces éléments vont vous parvenir Annexe 3 Extrait d'un mail du médecin régional : … la modification que je t'avais évoquée (suppression de l'obligation de contre signature par le président de la cmpr pour les plongeurs handi) ne pourra passer ce week end lors du cdn (ordre du jour déjà fait) cela sera fait donc lors du cdn d'octobre 2008. La règle actuelle reste donc de vigeur: tout certificat médical doit etre établi par un médecin fédéral et contre signé par le président de cmpr: cf le site: http://medicale.ffessm.fr/RI_medical.htm#handi Dans notre région j'ai délégué cette tache , je te le rappelle, au docteur….., notre référent "plongée handi" Ce sympathique plongeur dont j'ai fait la connaissance à Thau peut donc me teléphoner pour la marche à suivre. Je reste donc ainsi que la cmpr à votre disposition Annexe 4 François-Pierre Langlois ne se contente pas d'être un plongeur autonome. Il participe activement à la rédaction du site plongeur.com à travers des articles traitant de tests poussés de matériel photo sous-marin. Les tests sous-marins étant bien sûr effectués par lui-même. Voir : http://www.plongeur.com/magazine/2007/12/27/essai-test-canon-g9-photo-sous-marine/ Annexe5 Des plongeurs et des candidats aux championnats de France m'apportent leur témoignage. Ces éléments vous vous parvenir. Même si certains de ces témoignages sont publics, je vous fais parvenir ces pièces à part. Annexe 6 Ce skieur doit-il être considéré comme "tétraplégique" tel que le définie le médecin national handisport http://www.dailymotion.com/relevance/search/fpl_ski1_1993/video/x60a4h_fplski11993_lifestyle Annexe 7 Lettre de Françoise Loubere MF2, au médecin national de la FFESSM Monsieur, En complément au mail de François Pierre, je tenais à vous apporter les précisions suivantes. Lorsque François-Pierre a émis le souhait de passer le niveau 2, j'étais présidente de la commission technique du club, m'est donc incombée la décision de l'admettre ou pas dans cette formation. Après en avoir débattu en réunion, la commission technique a adopté la position suivante : - soit François-Pierre n'était capable de suivre le cursus N2 du club, son cas relevait donc de la plongée handi et nous n'étions pas en mesure de lui proposer de cursus adapté, - soit il était apte à suivre le cursus N2 du club, auquel cas il serait considéré et traité comme les autres candidats. Nous avons donc décidé de l'admettre au week-end d'évaluation, prérequis pour tous les candidats à la formation niveau 2. L'évaluation nous a conforté dans l'idée que François Pierre était apte à suivre le cursus normal. Au cours de sa formation, il n'a bénéficié d'aucun traitement particulier, nous y avons particulièrement veillé. Il a été évalué en continu par différents moniteurs, et en particulier par les MF2 du club. J'ai personnellement participé à sa formation, et je dois dire qu'il m'a impressionnée, tant au plan technique que sur sa persévérance à s'améliorer. Par ailleurs, il possède une qualité qu'hélas on ne trouve pas chez un certain nombre de plongeurs dits valides, il a en effet une connaissance parfaite de ses capacités. C'est donc un plongeur valide doté des prérogatives d'un niveau 2 fédéral, en lequel nous avons pleinement confiance. Par ailleurs, au delà de la discrimination dont François Pierre est victime je suis choquée que la position d'un médecin ne l'ayant jamais vu en situation de plongée, puisse remettre en cause le travail de toute une équipe pédagogique et, par la même, nier l'ensemble de ses compétences, pourtant dûment reconnues par la FFESSM. J'espère que vous pourrez faire le nécessaire pour permettre à François Pierre de poursuivre ses activités de photo sous marine, et participer aux stages et compétitions au niveau fédéral. Subaquatiquement Françoise LOUBERE MF2 n°1165

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