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03/05/2010
SeaOrbiter, la future sentinelle des Océans
SeaOrbiter - jacques rougerie chapeau
SeaOrbiter sera un outil d'exploration scientifique d'exception. La première maison nomade entourée du plus grand des jardins : l'océan. Véritable base océanographique mobile, ce navire vertical dérivera au gré des courants avec, à son bord, 18 membres d'équipage qui vivront et travailleront au cœur du monde marin et sous-marin. Pour plongeur.com j'ai rencontré son géniteur, Jacques Rougerie. Suivez-moi dans son sillage. Il a conçu Galathée, Hippocampe, Aquabulle, Aqualab, Aquascope... et bien d'autres. Il détient — avec Rik Presley et Yann Koblik — le record du monde du plus long séjour dans une maison sous-marine (71 jours à bord de Chaloupa, en 1992 au large de Key Largo). Océanopolis à Brest, Nausicaa à Boulogne-sur-Mer, le Pavillon de la mer d'Osaka, c'est encore lui et le futur Musée d’Archéologie sous la mer de la baie d’Alexandrie (Egypte), ce sera toujours lui. Tout cela n'est qu'un petit éventail de ses réalisations. Mais l'extraordinaire avec ce grand Monsieur (au propre et au figuré ; il mesure pas loin du 1m 90) inspiré par la mer, c'est qu'il n'y a jamais de fin à sa créativité.
SeaOrbiter - jacques rougeriePhoto 1 : © Jacques Rougerie Architecte
Normal, il est Immortel. Le 3 juin 2009 il a été reçu à l'Institut de France au sein de l'Académie des beaux-arts. Cette nomination fut un choc et cette reconnaissance de son œuvre, qu'il a fini par accepter avec humilité, lui a donné l'occasion de prononcer de très belles paroles lors de son discours d'installation sous la Coupole, et notamment celle-ci : « Le rebelle a rendu les armes, mais il a gardé l'épée. Peut-être pour se défendre un jour d'en avoir accepté les honneurs ? » Justement, son épée d'académicien qu'il a lui-même dessinée - et qui a été réalisée par le sculpteur Manuel Sauvage - évoque des symboles forts. Elle rappelle par sa forme le projet SeaOrbiter. Au cœur de cette épée Jacques Rougerie a placé une perle noire du Pacifique, tel un œil qui observe pour savoir si nous protègerons la mer et il y a gravé ce message : « C'est de l'Océan que naîtra le destin des civilisations à venir ».
SeaOrbiter - jacques rougerie et son épée Photo 2 : © Jacques Rougerie Architecte
Photos 1 et 2 - Portrait : « A une époque j'ai hésité entre la musique et la mer, se souvient Jacques Rougerie. Mais mon destin c'était de continuer avec la mer, de lui rester fidèle et c'est pour ça que j'ai mener de front des études d'océanographie et d'architecture. Parce que j'aimais cette notion de bâtir... bâtir pour les générations futures ».
SeaOrbiter - jacques rougerie logo

SeaOrbiter serait-il le projet « fou » d'un homme « sage » ?

Non, c'est tout simplement la continuité du travail d'un visionnaire réaliste, une sorte de Léonard de Vinci du XXIe siècle, un architecte de la mer qui pense que « le devenir de l’homme est sur la terre, mais la connaissance est sous la mer » et en digne admirateur de Jules Verne, que « tout ce qu’un homme peut imaginer, d’autres hommes sont capables de le réaliser ». Tout de même, un navire vertical de 51 mètres de hauteur ; 31 mètres immergés et 20 mètres émergés !!!
SeaOrbiter - jacques rougerie Éclaté du seaorbiter Photo 3 : © Jacques Rougerie Architecte
Les premières esquisses de SeaOrbiter datent de 1998. Marchant un jour, au bord du lac Léman, avec son ami le professeur Jacques Piccard ce dernier lui dit : « Jacques il faudrait absolument qu'on essaye de revenir dans le Gulf Stream, il s'y passe beaucoup de choses... il faut qu'on invente un engin extraordinaire pour de nouvelles explorations, mais ça ne peut pas être un bateau, ça ne peut pas être un sous-marin, il faut trouver une autre idée ».
SeaOrbiter - jacques rougerie Éclaté du seaorbiter Photo 4 : © Jacques Rougerie Architecte
Photos 3 et 4 - Éclaté du SeaOrbiter : Vivre sous la mer : l’originalité de l’assemblage de modules pressurisé et en pression atmosphérique. SeaOrbiter comporte un module en pression atmosphérique sur plusieurs niveaux, et un module pressurisé. Ouvert sous la mer, ce dernier permet aux aquanautes de vivre en permanence au cœur des océans et d’avoir un accès immédiat au monde sous-marin. Le sas de décompression communique avec les ponts supérieurs en pression atmosphérique qui assurent la logistique et l’intendance des aquanautes. Cette plateforme futuriste qui explorera la planète Mer au grès des courants océaniques lui est apparue comme une évidence. Il avoue modestement que SeaOrbiter est l'aboutissement de trente ans de parcours, le sien, bien-sûr, mais y sont associés aujourd'hui des grands noms de la mer, de l'espace et de la science : Michel Thodoroff (Manager de SeaOrbiter), Jean Loup Chrétien (astronaute), Henri-Germain Delauze (président de la Comex), Scott Carpenter (un des premiers astronautes et aquanautes américain), Bill Todd (directeur du programme d’entraînement sous-marin NEEMO de la NASA), Kjell Holden (spécialiste des océans et vice président du Marintek), pour ne citer qu'eux et, sans oublier Jacques Piccard, le pionnier des grands fonds et Lucien Laubier, entre autre directeur de l’Institut Océanographique de Paris (tous deux décédés en 2008).

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