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10/05/2010

Immersion - Luc Vanrell et La grotte Cosquer.

Luc Vanrell nous a enchanté en nous parlant de la découverte de l'avion de Saint Exupéry. Il nous transporte aujourd'hui dans une toute autre époque, celle du Paléolithique, en nous parlant de la grotte Cosquer avec ses ornements, car c'est bien à Luc que l'on a confié la responsabilité des travaux visant à protéger la grotte. Pour ECOUTER LE REPORTAGE, cliquez sur le bouton de lecture ci-dessous [display_podcast] Interview réalisée par Carole PITHER, introduction : Fabrice CHARLEUX Musique : Turbotito Sydney Heat song, avec l'aimable autorisation de EchoParkRecords (à lire aussi :la découverte de l'avion d'Antoine de Saint Exupéry) Luc vanrellTout passionné par la préhistoire qu’il soit, ce sont plutôt ses capacités en plongée qui l’ont amené à la grotte Cosquer. « La première fois, en 1994, j’étais chargé, avec Thierry Breton, de compléter l’exploration et de photographier les zones difficiles et le siphon. Nous avions un barda faramineux : petits blocs, matos photo et tout un tas d’équipements fragiles qu’il fallait équilibrer pour ne se retrouver ni avec une gueuse, ni une bouée. L’année suivante, on m’a rappelé pour récupérer le système de transmission des données, arraché par une tempête. Cette sonde est très importante parce que la grotte est en surpression – si l’on faisait une percée terrestre, le niveau de la mer monterait d’environ un mètre, noyant encore beaucoup de précieux vestiges - on ne saura jamais combien sont déjà perdus sous l’eau. Ensuite j‘ai participé à toutes les campagnes d’exploration avec les préhistoriens Jean Courtin et Jean Clottes. » Si Jean Courtin était déjà plongeur confirmé, scaphandrier classe B, Jean Clottes était non seulement non-plongeur, mais il avait en plus dépassé l’âge limite pour la certification en scaphandrier classe B. Au début il restait à l’extérieur, mais il a fini par obtenir une dérogation et passer ses niveaux de compétence. Les trois ont ainsi pu, enfin, travailler ensemble dans la grotte. Cliquez ici pour le récit d'une journée typique, racontée par Jean Courtin  L’entrée dans ce monde magique de la préhistoire s’effectue à 37 mètres de profondeur par une grille, désormais cadenassée après la mort accidentelle de trois plongeurs dans le boyau. Il ne faut que huit minutes pour atteindre la grotte que Luc Vanrell décrit ainsi : « L’ambiance y est magique, comme dans une cathédrale. On est bien là-dedans. La lumière tamisée donne un sentiment intime, sacré. C’est un sanctuaire aux prémices de la pensée religieuse : vous sentez que des choses pas banales s’y sont passées. Cette grotte a été énormément fréquentée – elle est ornée de partout. A certains endroits, vous avez des bisons superposés : mais la datation les sépare de soixante-cinq siècles ! Il y a des traces de personnes volontaires et involontaires, comme des mains sales, et des mains d’enfants à deux mètres de hauteur, preuves qu’ils ont été portés. On a l’impression que les gens venaient de loin ; les roches sont polies et ils ont prélevé des matériaux. Toutes les grottes importantes sont belles mais celle-ci est comme la Basilique de Rome. Il n’en existe pas deux. »

Luc vanrell, grotte cosquer Luc Vanrell Pour les passionnés de la préhistoire, « Cosquer redécouvert » par Jean Clottes, Jean Courtin et Luc Vanrell est un magnifique livre publié aux éditions du Seuil en 2005 (50€).

Coupe de la grotte cosquer La grotte Cosquer vue en coupe

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