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27/09/2007   par Plongeur.com

La chronique du plongeur : "J'ai oublié mes papiers"

illustration.jpgCertificat médical, licence, carnet de plongée, carte de niveau, carte Nitrox et j'en passe... Aujourd'hui, pour partir plonger l'esprit tranquille, il faut un véritable attaché-case rempli de documents. Avec le risque d'en oublier l'un ou l'autre à tout moment et de ne pas pouvoir plonger. Combien de fois ai-je entendu dire : "M..., j'ai oublié mon certif. Pourvu qu'ils ne m'empêchent pas de plonger pour ça". Ou encore : "Ils sont vraiment relous avec leurs papiers ces clubs"... Récemment, je suis parti en Egypte avec un plongeur Padi qui n'en revenait pas de tous les documents que j'avais emmenés. Lui partait les mains dans les poches. Il n'avait même pas de certificat médical. Il revenait d'une semaine en Malaisie où personne ne lui avait demandé quoique ce soit. Naïf, je lui ai dit qu'il risquait de ne pas pouvoir plonger, vu qu'on allait dans un club tenu par des Français, plutôt réglos en la matière. Mais j'ai découvert que dans le système Padi, le plongeur qui a oublié son certificat médical doit simplement signer une décharge et le tour est joué. Il peut mettre son bloc sur son dos et le club est protégé de toute poursuite éventuelle. licence.jpgEt s'il avait été plongeur fédé, il aurait eu droit à une visite médicale chez le médecin du coin. Moyennant 20 euros, il délivrait un certificat médical officiel. Je ne vais pas dire où cela se passait, mais il s'agissait d'une petite ville et je doute que le médecin en question avait tout le matériel nécessaire pour déceler une réelle contre-indication à la plongée sous-marine. Je me souviens encore de plongées en Croatie où les moniteurs du club avaient vaguement jeté un oeil à ma carte de plongeur niveau 2 avant de me coller dans un groupe d'Anglais qui étaient restés... en groupe. Un binôme ? Allons, bon, qu'est-ce qu'il va chercher celui-là ? Une fois sous l'eau, de toute manière, peu importaient les binômes. Les palanquées de quatre, cinq ou six plongeurs se mélangeaient. A la queue leu leu, tout ce beau monde. Une file indienne de plongeurs qui remontait le long d'une immense patate rocheuse. Les plongeurs de tête ont eu la chance d'apercevoir un ou deux poissons, paraît-il. Moi, en douzième position, je n'ai vu que des palmes et des bulles. Non, loin de là, à Chypre Nord, les plongées croates me sont tout d'un coup apparues très sûres. D'accord, je pouvais deviner à quoi m'attendre. Il faut rappeler que Chypre Nord n'est même pas véritablement un pays. Sous administration militaire turque, la région est une espèce de no-man's land paradisiaque. Alors les règles de sécurité, les obligations vis à vis de la loi, vous pensez bien que ce n'est pas la priorité absolue. Dans cette partie du monde, de toute manière, les clubs savent qu'ils ne risquent rien. Porter plainte ? Ben voyons... La justice ? Pfou... essaie toujours. Bref, là les moniteurs du club ne prenaient même pas la peine de faire semblant de s'intéresser à une carte de niveau, un certif médical ou quoique ce soit. Un simple "C'est quoi ton niveau ?" suffisait amplement. Et voici que, toujours niveau 2 à l'époque, je me retrouvais à visiter un cockpit d'avion à -43 mètres de fond avec un moniteur qui ne connaissait même pas mon prénom. Et des palanquées de douze, vous avez déjà vu ça, vous ? Véridique. Le moniteur faisait son bout de chemin en tête. Se retourner pour voir si tout ce beau monde allait bien ne lui a, semble-t-il, jamais traversé l'esprit. Tout ça pour dire que la meilleur protection du plongeur, c'est la sienne. Un plongeur responsable est un plongeur a priori sain et sauf. Vous me direz que c'est facile de faire la leçon. J'y ai bien été à 43 mètres avec un club que je ne connaissais pas et du matériel plus que douteux. C'est vrai et je le regrette. Après coup, je me suis dit que j'avais été irresponsable. Depuis, chaque fois que dans un club, on me demande mon certif médical et on me pose des questions sur mon parcours de plongeur, je me sens mieux. Je réponds aux questions avec un grand sourire benêt et me dis que je suis entre de bonnes mains.

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