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22/04/2009

MyOcean : quand l'Europe surveille les océans

MyOcean est un projet européen de surveillance des océans, enjeu évident pour l'environnement, la météo et la sécurité maritime. My ocean, projet de surveillance des océansPour cela, l'Europe créé le projet MyOcean, un consortium européen d'analyse et de prévision des océans, qui a été officiellement lancé mercredi 1er avril 2009 à Toulouse. Ce consortium est composé de 60 partenaires répartis dans 28 pays (les 22 états de l’Europe des 27 qui ont une façade maritime, auxquels viennent s'ajouter la Norvège, la Russie, l’Ukraine, le Maroc, Israël et le Canada). Deux entités européennes (JRC et ECMWF) sont également partenaires de « My Ocean », tandis que l’EEA (agence européenne de l’environnement) et l’EMSA (agence européenne de sécurité maritime) seront représentées au niveau stratégique du projet. L’Europe, en tant que « grande puissance » a décidé la mise en place de « Services Publics Européens » avec le double objectif suivant :
  • assurer la santé, le bien-être et la sécurité des citoyens européens
  • favoriser le développement des activités économiques situées en aval de ces services (tout en renforçant le savoir faire et le niveau de compétences techniques européen)
Ces « Services » s’inscrivent dans le cadre du programme GMES (Global Monitoring for Environment and Security). Ils utilisent en entrée aussi bien des données spatiales que des mesures in-situ. A terme (2011, 2014 ?), ces services devraient être financés par une ligne budgétaire dédiée dite « opérationnelle ». Pour l’instant, la définition et la mise en place des trois Services considérés comme les plus matures et prioritaires (services précurseurs ou « Fast Track Services » tels que définis par la commission en 2005) est confiée à des projets financés dans le cadre du 7ième PCRD (1er Call). Il s’agit de (le nom du ou des coordinateur(s) est indiqué entre parenthèse) :
  • SAFER (Infoterra France) pour le « Emergency Response Core Service »
  • Geoland-2 (Infoterra Gmbh & Medias France) pour le « Land Monitoring Core Service »
  • MyOcean (Mercator Ocean) pour le « Marine Core Service »
Deux «  Services Pilote » viennent compléter cette liste :
  • G-Mosaic (Télespazio) pour la Securité
  • MACC (ECMWF) pour l’Atmosphère
Une ligne budgétaire européenne opérationnelle de 3 M€/an est déjà mise en place pour le financement des activités en support à la gestion des risques (rappid mapping). Le budget total est de 55 M€, dont 33,8 M€ de subvention européenne (soit 61% du budget total), sur une durée de 36 mois. Ce budget représente essentiellement du coût de personnel (83,5%), le deuxième poste étant les frais de missions (7,3% du budget total). Le coût du management (et de la communication externe) représente 4,1 % du budget total. Enfin, les frais d’équipement ne représentent que 3%. L’ESA (Agence Spatiale Européenne) est chargée de l’approvisionnement et de la fourniture des données spatiales nécessaires en entrée de ces Services. Les océanographes français ont créé en 2002 le groupement d'intérêt public Mercator Océan à Toulouse, constitué par le CNES, le CNRS, Météo France, l'Ifremer, l'IRD et le Service hydrographique et océanographique de la marine. Cette équipe de 50 scientifiques établit depuis 2005 des prévisions jusqu'à quatorze jours de tous les océans, consultables sur Internet  http://www.mercator-ocean.fr/ Dans le monde, 3.000 bouées marines mesurent la salinité et la pression de l'eau. Parallèlement, les satellites Topex Poséidon, Jason 1 et 2 et Envisat mesurent la surface des océans, les courants, les tourbillons, la température, la pollution, les algues toxiques, etc. En insérant ces milliers d'informations dans des modèles numériques sur les supercalculateurs de Météo France, Mercator Océan fait des descriptions des mers en trois dimensions et des prévisions utiles aux marins et aux gardes-côtes. L'installation l'été dernier d'un nouveau supercalculateur à Météo France à Toulouse, dédié à Mercator Océan et financé par la région Midi-Pyrénées, a multiplié par 100 la puissance de calcul et permettra « d'établir à la fin de l'année des prévisions avec une précision de 5 kilomètres, contre 25 kilomètres actuellement », se félicite Pierre Bahurel, directeur de Mercator Océan. Le groupement réalise une simulation par jour de la façade maritime européenne et une par semaine pour les autres océans. Grâce à ses avancées, le GIP français coordonne le programme européen MyOcean, qui consiste à passer de la R&D à un service océanographique fiable, un « marine core service » européen, en mettant en réseau les établissements nationaux autour de procédés communs. Pour le portage de ce projet, « La France a une carte à jouer, plaide Pierre Bahurel directeur de Mercator Océan. Pour cela, elle doit faire de Mercator Océan un centre opérationnel français au lieu de se limiter à un GIP scientifique. »

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