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07/10/2007   par Plongeur.com

Expédition plongée sous-marine sur le Uboat 171

Rendez-vous avec l’Histoire.

La vie est pleine de hasards et de surprises. Des mauvaises... mais parfois des bonnes. C’est justement au hasard d’une certaine commande groupée sur notre cher forum que j’ai eu l’occasion de rencontrer Barbuzard sur le parking d’un commerçant bretons de charcuterie non moins bretonne dont la boutique se nomme « STOP ANDOUILLE ! ». Ca ne s’invente pas. Un signe du destin ? C’était vers le 15 aout et j’étais parti plouffer quelques jours vers Quiberon avec un peu de famille et une amie.

 

Je suis assez fier de ma dernière acquisition. A gauche, mon frèro.

 

Le seul jour de beau temps. Une semaine de merd**... un temps de chiot** et une visi nulle ! Rester dans le golfe du Morbihan pour à peine plonger, et sans voir ses plames... Reviendrai-je un jour dans cette contrée propice aux dermatoses ?

Ze captain aux commandes.

 

Le seul satisfait de la météo !

 

Mise à l’eau, ça c’était avant de se rendre compte de la visi …

 

… et ça apres. Veux pas y aller !

 

Si, si, je vous jure, il faisait beau et chaud !

 

Sinon, la Bretagne, c’est beau comme ça, aussi. Cette première rencontre était brève mais a donné suite à quelques échanges sur le net qui nous ont conduits à nous retrouver un week end en compagnie d’un autre p.commien, j’ai nommé Môssieur Tautaz, un spéléo mouillé (mais que les mains) un peu dingo qui en général à une lumière bleue au dessus de la tête dans un tas de tôles rouges, ou bien un cylindre marqué OXY sur le côté opposé à sa purge pipi. Le reste du temps, il dort. :) Objectif principal de ce week end : le U171. Je devais donc retourner chez les chapeaux ronds ! Objectif secondaire de ce week end : passer un excellent week end. La semaine précédente, je pianotais furtivement mais frénétiquement sur mes claviers pour prendre quelques renseignements sur cette épave mythique :

* * * * *

Le U171 était un sous-marin allemand du type IX-C. Il fut construit à Bremen en Juillet 1941. Günther Pfeffer (1914 -1966) fut son unique commandant . Il sera rattaché à la 10ème flottille basée à Lorient du 1 Juillet au 9 Octobre 42, date à laquelle il sombra. Il effectuera une seule patrouille de 114 jours sur les côtes américaines et coulera, 3 navires dans le golfe du mexique pour un total de 17 641 tonnes … … Dans le naufrage, une quizaine de sous mariniers resteront bloqués dans la coque . Malgré tout, il réussiront à se sauver après que celui ci, se soit posé sur le fond . Ils noieront le compartiment étanche dans lequel ils s'étaient réfugiés, et à l'aide de leurs respirateurs, parviendront à regagner la surface . Un homme pris de panique ne parvint pas à s'extraire de l'épave et un second mourut quelques jours plus tard d'une embolie pulmonaire car l'appareil respirateur qu'il avait utilisé pour remonter du fond était défectueux. Il y aura 22 victimes dans le naufrage de ce U-boot Par arrêté du préfet maritime de l'Atlantique datant de 1999, il est interdit de plonger à l'intérieur de l'épave, suite à la demande de l'amical des sous-mariniers allemands souhaitant faire classer cette épave comme mémorial de guerre. (Source : FFESSM/CD56 : http://perso.orange.fr/cdasm.56/u171.htm) Voir aussi http://www.uboat.net entre autres.

* * * * *

J'étais maintenant impatient d’être à ce rendez-vous avec l’Histoire. Désireux de passer le plus de temps au fond, je partais avec mon bidouze. L’épave étant sur 38 mètres et n’ayant guère envie de passer plus de temps qu’il n’en faut au palier, je le gonflais au max avec un Nx32. L’eau était prévue entre 12 et 15°C... "je prends quoi, humide ? étanche ? Allez, je prends les 2, on verra sur place." (Les photos ci-dessus ont été prises par Niphargus. Celles qui suivent sont en grande majorité l’œuvre de Barbuzard)

J-2 : jeudi

Je charge tout mon matos dans la Niph’mobile et j’aviserai de la suite des évênements le vendredi après-midi, en fonction de la météo. Pas envie de me taper 1000 bornes si la météo n’est pas au top.

J-1 : vendredi

La journée de boulot est longue, longue. Le midi, je déjeune rapidement pour aller chercher l’oxy médical car nous plongerons certainement en free le samedi si nous avons un bateau, donc je veux de l’oxy à bord. C’est comme une assurance, ça ne doit pas servir mais … L’après-midi mon ordi sonne. C’est Barbuzard. Niphargus : « Alors ? la météo ? » Barbuzard : « Et bien écoute ma crevette (ben oui, il m’appelle sa crevette ! allez savoir pourquoi ?) c’est le top. Beau temps, 5 nœuds de vent, mer belle, la visi risque d’être bonne. » N : « Bon, super. Pas moyen de rater cela, donc … GO… GO… GO » Notez bien que pour ce qui est de la visi, je reste sceptique. Je quitte le bureau avec 45mn de retard, ce qui me vaudra 2h de route à 35km/h de moyenne. J’arrive donc chez mon piaf salé (il n’y a pas de raison) à 22h00. Les 2 lascards sont au club, en train de gonfler, je les rejoins. On se rend vite compte que notre matos n’est pas dans la « norme 2F locale » et que le sur-filtre est un engin peu commun. Anecdotes rigolotes que Tautaz vous contera peut-être… Rendez-vous est fixé à 09h00 le lendemain à 60km de là, donc retour maison, dîner rapide, et après quelques mousses patientant sur la table pendant que nous préparons notre matos, nous finissons au lit vers 01h00. Le réveil sera dur … dur … dur … (il parait que Barbuzard a des photos …). En m’endormant, je pense à mon humide qui restera au sec demain car mes 2 compères seront en étanche. Ce sera donc une bonne occasion de voir le comportement de l’ensemble tanche-wing-plaque inox-bidouze à 40m et de peaufiner mon trim... Rrr... RRRRON …. RRRRRRON … RRRRRRR … BZZZZZ … Dzzzzzz … PAF ! ben oui, il y a aussi des moustiques en Bretagne !

Jour J : samedi

Je confirme … le réveil est dur, très dur. Bagarre nocturne avec les moustiques, pas assez dormi même si le canapé était confortable et la couette bien chaude. De plus, ma première vision du jour est … apocalyptique

Les CROCS de David sous mon nez ! Un café en béton et un bout de pain sous du nutella, mais pour le moment mon estomac rechigne. Le stress d’une plongée dans l’inconnu ? la fatigue ? Un peu des deux surement. Ca me fait souvent ça. L’inconnu et réveil trop matinal, tant que je ne serai pas dans l’eau, je serai a little bit à l’ouest. Je profite donc des 60 km de route pour somnoler… un peu… juste un peu.... Le pain au chocolat en route est le bienvenu. Merci Barnabé. Mes yeux se referment jusqu’au changement de véhicule. Et oui, on retrouve mon binome en route et je monte dans sa voiture pour ne pas le laisser seul. Finie la sieste, il va falloir socialiser. On arrive enfin sur le port de Locmiquelic, ce nom sonne comme un mobile éolien. Locmiquelic... quelic... lic... Le temps de déballer tout notre matériel et notre bateau arrive, un Narwhal de 5.80 mètres avec un 100 cv au cul et un pilote. Pour 4 plongeurs, ça va le faire.

Le déballage + Tautaz et Niphargus La météo est tiptup, pardon, tip-top ! Ciel bleu, mer belle, à peine 50cm de houle, autant dire le bonheur. On traverse à 20-25 nœuds... Je rentre les points obtenus via un meufun dans mon GPS et nous arrivons sur site. Personne en vue. J’indique le cap au pilote, nous passons sur le point une fois, deux fois, rien au sondeur. Je prends le manche et re-fais plusieurs passages sous différents caps, des echos, pas francs. Le sondeur noir et blanc ne m’inspire pas, il nous affiche des poissons en pleine eau mais rien au fond. Laurent mouille la balise (ici ils appellent ça une noria) sur le point supposé bon. On veut plonger, on va plonger milles sabords ! 12h52 : PLOUFS 2 par 2, Barnabé+David, Laurent+moi-même.

Le bateau reste en sécu. Check ? OK ! On sonde. L’eau est à 13°C, un régal. La visi ? bof, encore un peu tôt pour savoir ... il est 12h54, je m’éveille et vois le fond sortir de l’ombre. C’est blanc, c’est plat, donc ce n’est pas une épave. Re-check ? OK ! donc on cherche ... palmage par-ci, palmage par-là, je me retrouve seul avec Laurent qui tire un fil d’une quinzaine de mètres depuis la balise et on tourne en rond. Fichtre, il a un bon coup de palme le bougre ! je décide de tailler à la corde histoire de palmer plus cool. Coup d’œil aux manos, 180, je change de det, coup d’œil à l’ordi, 38m. Rien. Roche plate, sable, vase, rien.

Ben voilà, rien à voir ! Au bout de 15 minutes, FDP. OK on remonte. Lolo ... t’es où ? P’tain il est déjà 10m plus haut, tiens au passage ça veut dire qu’il y a 10m de visi au moins. Voilà une bonne nouvelle. Je suis surpris par la « vertitude » de l’eau. Je le rejoins donc une petite minute plus tard à -4 pour un un petit palier de secu (apres tout c’est lui qui m’a plaqué et moi je suis monté comme un spéléo... enfin je veux dire... équipé spéléo donc bi séparé et tout le toutim, bref autonome quoi.) 13h12, le soleil est toujours là. Laurent est un poil dégouté car il n’est là que aujourd’hui et il voulait le voir le soum. Mais non Laurent, t’as pas le chat noir !

Lolo dégouté Attente ... et sinon, toi, ça va ? ... attente... mais quessekilfoutent ? AH ! un parachute. 15mn de palier et 22mn après notre sortie, les voilà de retour. David brandit tout fier un beau dévidoir tout neuf et un sac plein de vase qui ressemble à un vieux sac de parachute. Ils ont du passer tout pres du soum vu les débris rencontrés.

OH le beau dévidoir !

OH le moche parachute !

 

Au palier, un agent fait la circulation … Bon, c’est pas tout ça mais en partant on va essayer de passer sur l’autre point GPS que l’on a pour le soum et lolo a rencard, sauf que l’ordi de Barbuzard fait toujours son palier à -3 ! Ben oui, on durcit son ordi pour voir ce que ça donne ? et bien c’est tout vu. 7mn de plus ! L’oiseau mariné est maudit. On lève enfin le camp, je reprends le manche et on passe sur l’autre point, une fois, deux fois, OUIIII, là ! ça ressemble plus à quelque chose de sérieux. Nous reviendrons demain pour 2 plongées. Pendant le retour au port, sur le bateau, Laurent, sérieux, à Barnabé : « Tu as vu c’est sympa cette approche juste par l’arrière du sous-marin. On voit bien la cale des machines qui a été pétardée, éliminant ainsi la double coque. C’est pour ca d’ailleurs que par endroit quand on est remonté sur tribord, on pouvait voir par endroit la tuyauterie. Et puis cette tourelle qui se détache grâce à cette lumière caractéristique des eaux de la région… Tu auras remarqué ce périscope avec cet œil de verre… » Bien sûr avec Lolo tu ris… (facile facile)

Retour sur terre, on pose les blocs au gonflage (air) et nous allons nous restaurer dans une de ces maisons à sandwich qui a fort plu à David. Faut dire que les sandwichs étaient copieux et que le centre de Lorient est fort bien fréquenté :lol: ... m’a bien plus aussi ma foi.

Je vous passe les détails de notre soirée de débauche. La seule info en rapport avec la plongée et que nous avons profité de l’expérience de David pour peaufiner notre matos, je devrais même dire affiner dans tous les sens du terme. En résumé : ça te sert à quoi ? rien ? TU VIRES ! et ça ? TU VIRES ! Heureusement les bouteilles, ça sert ! Tiens à propos... une tite mousse ? allez ! Rrr... RRRRON …. RRRRRRON … RRRRRRR … BZZZZZ … Dzzzzzz … PAF !

Dimanche matin, ça rigole plus, ou, « ça envoie du paté !» (version Tautazienne)

Le réveil est tout aussi matinal mais la nuit a été bonne. Je n’ai pas entendu les moustiques et je suis... disons... mieux disposé. Même si ça ne se voit pas, moi je le sens. Devant le miroir de la salle de bain (aïe, j’aurais pas dû) j’ai des flash de mon rêve nocturne… le fond… il est où ce soum… ah ! une ombre approche… c’est lui… ça approche… mais ! q’est-ce-q… MERRRRRRDE ! je me sens happé, retourné, et me retrouve sur le pont d’un chalutier, en vrac dans une tonne de poisson ! Faudra que je vérifie la composition de ses bières au Barbuzard. On déjeune vite fait car nous ne sommes pas en avance (je résiste encore aux gâteaux secs au gingembre, jamais avant d’enfiler mon étanche !) et prenons la route direction Lorient, pour de nouvelles aventures palpitantes. Au passage, un rapide calcul me fait deviner que je dois avoir du Nx27 dans mes blocs. J’analyse : 28. Vous voyez ? plutôt bien réveillé ce matin le Niph ! Mon ordi est repassé sur Air ce matin à 00h00, je l’y laisse vu que les autres sont à l’air. Sur la route, le portable de Barbuzard sonne, c’est Laurent : « Bon tant que j’y pense, sur babord, hier, j’ai perdu un plomb de cheville. Ce serait sympa de regarder, car c’est le troisième que je rachète… » No comment ! Il est comme ça Laurent. Ne change rien. Aujourd’hui nous plongerons avec le club de Barbuzard. Nous arrivons sur le port de Kerroch, pas de temps à perdre en palabres. Les 2 semi-rigides se mettent à l’eau et on embarque sur un Bombard Explorer de 6 mètres avec un 80cv. « Ah ! vous avez tous les trois des bi sur une enclume ! bon, on va les coucher alors. » « Vas-y gars, couche mon enclume, ya no soucy ! » « Allez ! faut y aller ! » Comme je l’ai dit plus haut, pas de temps à perdre. La houle est un peu plus formée qu’hier, le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Un grain est prévu en fin de journée. On se fait distancer par l’autre zod mieux motorisé et lorsque nous arrivons sur zone, d’autres clubs locaux sont déjà là ou se prointent à l’horizon. Bon point, nous n’aurons pas à chercher comme hier, mauvais point c’est la cohue. Glaviot in ze mask. Les trois p.commiens étant bien décidés à profiter de leurs bi au fond s’équipent frénétiquement pour être les premiers à l’eau, et à priori les derniers sortis - ça va envoyer du pâté ! (Elle déchire grâve ton expression David !!!) – quand tout à coup une voix se fait entendre. Vous savez, ce genre de voix de gros couillu bardé de titres ronflants : « LES GARS, EN RESPECT POUR CEUX QUI ETAIENT LA EN PREMIER, VOUS LES LAISSEZ FINIR LE TOUR DU SOUM ! » A ce moment, je vois les yeux de David se transformer en ballons ovales. J’ai bien cru qu’il allait droper le gaillard, ou mieux lui envoyer du pâté dans sa bouche ! Heureusement, Barnabé est un fin psychologue et il calme le jeu. On va dire ça, en fait il y a manifestement des grosses casseroles qui trainent derrière les palmes du bougre tonitruant, mais ceci n’est qu’un sentiment personnel et, surtout, une autre histoire... qui ne nous... regarde pas. N’oublions pas l’objectif secondaire de ce week end, vous vous souvenez, hein ? Donc on attend, dans nos étanches, avec le bi sur le dos, sous le soleil. Trop génial, on va maigrir. En plus un autre zod (gros) arrive, blindé de plongeurs. C’est fou ce qu’il y a comme plongeur le (du ?) dimanche en Bretagne, dans de l’eau à 13°C sans visi ! Voyant le coup venir où nous serions tous en même temps au fond et, surtout, constatant qu’un léger fumet commence à s’échapper de la purge de David (celle du bras, pas de la cuisse Dieu merci), d’un coup d’œil nous sommes d’accord : GO ... plouf et re-plouf et re-re-plouf. Check ? « euh... t’as entendu ce qu’il a dit sur le bateau ? » OK ! « euh... non ». Je teste l’autre det, ok. On sonde... 3... 6... 10... 15... 20... schiiit... 26... 30... une masse sombre... PSHIIIIT... PCHIIIIIITEUU... 37. Stabilisé à 1 mètre du sol. Ce cher cricri qui m’a validé mon N3 serait fier de son stagiaire. Je reste immobile. L’eau est verte. Un super tanker plein de fluorescéine aurait sombré au large de Lorient, l’eau ne serait pas plus verte ! La preuve :

 

Vous avez vu cette ombre ? moi aussi. Mes yeux sont écarquillés, si ça se trouve je pleure. IL est là, immobile aussi qui me regarde approcher. Frog kick, pas de bruit, furtif.

 

 

 

Je braque mon phare à LED. Une ouverture, béante. On n’entre pas. Respect pour les hommes du Commandant Pfeffer.

 

 

David manie la torche à plasma qui lui sert de phare ;)

 

Nous continuons l’explo pour faire un premier tour de la structure dans sa partie basse. Tiens ! une étoile à sept pattes.

Maître Obi-Wan Kenobi vient montrer le droit chemin au jeune Padawan.

« OK, OK je viens. »

Ca, je ne sais plus à quoi ça servait sur un sous-marin.

Quelqu’un m’explique ce que c’est que ce machin ?

Ca, on dirait bien un tube lance-torpille. Les gars, ils sont sortis par là avec leur petit respirateur ?! Respect.

Et ça ? le cul d’un pot de fleur ou d’une torpille ? Il n’y avait pas de pot de fleur sur un uboat ?

Vu de l’extérieur : l’intérieur, ou ce qu’il en reste.

 

Un coup d’œil à la conso, 150. Les ordis affichent du palier. Normal. Nous quittons le fond pour explorer la partie haute de l’épave, et nous finirons par le kiosque. Il nous faudra garder dans les 100 bars pour la plongée de l’apres-midi. Avantage du bi sur une enclume ?.

 

 

 

Je ne sais pas ce que c’est mais j’adore cette vue.

 

Nous arrivons au niveau du kiosque quand d’autres plongeurs font leur apparition.

Un dernier coucou

COUCOU

Et nous arrivons sur le périscope. Instant magique s’il en est, que je partage avec mes nouveaux amis. Sur un tas de tôles rouillées, un œil de verre défit le temps.

A ce moment, David vient prendre l’appareil photo de Barnabé car il nous trouve beaux tous les deux, en apesanteur au-dessus du kiosque. Il se recule pour cadrer... attention... une bande de pirates palmés nous tombent dessus et voyant qu’une photo se prépare, viennent se mettre avec nous. Nouveaux ballons de rugby dans le masque de david qui, furax, forme la melée et joue des coudes en pestant, comme ça :

J’éclate de rire dans mon détendeur ! et j’en ris encore. « Hep ! la prochaine fois que tu veux t’inviter, tu téléphone avant ! »

 

Bon, allez, 25 mn qu’on est au fond ou presque, il faut remonter et taper la causette aux paliers, dans un léger courant. 11h23, nous sortons à la 57ème minute avec 100 bars dans nos blocs comme prévu. Les nuages sont menaçants et j’ai l’impression que la plongée de l’après-midi sera mouvementée. Retour au port dans une houle qui se forme. Cette plongée a été un moment privilégié, paradoxalement hors du temps, alors même que le temps sous l’eau nous est précieusement compté.

Dimanche après-midi, sortie mouillée, dessus-dessous

Nous retrouvons madame Tautaz qui a eu la gentillesse de nous rejoindre avec quelques victuailles pour nous restaurer quelque peu. Nous nous joignons au plongeurs du club qui ont déjà sorti le barbecue et les bouteilles. On sent les habitudes bien rodées. Pour la première fois du week end il pleut, ça devait arriver. Que serait notre chère Bretagne nationale sans cette petite pluie fine qui transperce tout ? Un café gentiment offert par mon voisin qui, je le comprendrai plus tard, était l’un de nos parachutistes surprises sur le kiosque, un break pipi et hop ! tout ce beau monde se rue dans sa combine, étanche ou non. De toute façon maintenant il pleut carrément, alors ... Le vent et la mer s’étant levés pendant notre pause, l’objectif de cette deuxième plongée est reconsidéré. Nous n’irons pas au large de Groix mais à l’abri de l’île, face à port Tudy, sur le Falke, rebaptisé Sperrbrecher 134 pendant la guerre.

* * * * *

A son origine, le batiment était un navire marchand. Il a été construit en 1909 par le chantier Bremer Vulkan en Allemagne. Il est lancé le 31 Juillet 1909. Sa longueur est de 72.54m pour une largeur de 10.18m, son tirant d'eau de 4.38m pour un déplacement de 997 tonnes. Il est propulsé par une machine à vapeur de 750 HPI alimentée par 2 chaudières. Il pouvait atteindre les 10 noeuds. Son premier propriétaire, la compagnie Diedrich Strürcken de Brême, le baptise S/S Toréador. Puis, après être passé entre les mains de 6 compagnies différentes, il devient le Falke en 1922. De 1933 à 1936, il change encore 2 fois de propriétaire, mais sans changer de nom. Lorsque la 2ème guerre mondiale éclate, la Kriegsmarine réquisitionne bon nombre de chalutiers et cargos. Le 1er Octobre 1939, le Falke entre dans le 1ère VP (flottille de patrouilleur). Le 1er Août 1941, un mois après la création de la 6ème flottille à Lorient, il devient le Sperrbrecher 134 (briseur d'obstruction). Le 8 Août 1944 en fin d'après midi, deux sperrbrecher et un torpilleur sont au mouillage au nord de Groix, en face Port Tudy. A 17h07, 2 mosquitos de la RAF attaquent les trois batiments. Une roquette atteint le Falke au dessous de la ligne de flottaison. Le bateau coule sans qu'il y ait eu de victimes. (Source : FFESSM/CD56 : http://perso.orange.fr/cdasm.56/falke.htm)

* * * * *

La traversée vers l’île de Groix ressemble à un run de rodéo, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Les gouttes de pluie cinglent les yeux. Arrivés sur site, le premier zod mouille et nous nous amarrons à lui. Les consignes pour cette plongée sont de rester dans la courbe de sécurité. L’épave est sur 25 mètres, le courant est là. A exactement 3 heures d’intervalle de surface, nous nous mettons à l’eau, David Barnabé et moi-même. On ne change pas une telle équipe. Pendant la descente je trouve que j’ai un peu trop chaud. Bizarre, je n’ai pourtant pas ressenti de mal de mer. Nous arrivons sur le mouillage et je distingue la masse de l’étrave sur la gauche. J’apprendrai plus tard que certaines palanquées ont raté l’objectif. Comme quoi, sous l’eau rien n’est joué d’avance. Nous débutons l’explo par le mât briseur d’obstacle qui pointait à l’avant de la proue du navire.

Toujours prêt à faire le pitre, je me précipite pour enjamber le monstre... euh, non, pas là !

 

... plutôt ici, cela me parait moins dangereux.

 

oui, je sais. :rougi: et ce tanker qui fuit toujours ! ?

Le vigil pinçant veille sur la demeure de monsieur congre (ou madame, je n’ai pas été vérifier)

Quel est ce clown ?

Oulah ! il est temps que je me repose moi, je vois un chat qui me guette. Pas vous ?

Allez, en plus les manos attaquent la zone rouge il faut dire au revoir à cette épave.

Remontée lente, très lente. Stop à 4 mètres. Surface. Un temps de chien nous attend. On décapelle dans l’eau et hissons les blocs à bord. Je regarde mon ordi, l’eau était à 16°C au fond ! incroyable cet écart entre la pointe de l’île et ici. Cela explique mon coup de chaud lors de la plongée. Du coup, je décide de rester à l’eau en attendant les autres.

On s’occupe comme on peut, révision de matelottage, pardon mesdames.

Bon bon, d’accord, on s’en va ... quoi ? c’est pas comme ça qu’on monte sur un zod ? mais si, je vais y arriver ...

Ben non, j’ai pas reussi. Le Niphargus est boudeur.

Les bonnes choses ont une fin paraît-il. Le temps est venu de tout remballer sous un soleil breton. Voilà. Ce week end se termine. Les deux objectifs ont été atteint dans la joie et la bonne humeur grâce à : Barbuzard, qu’il soit remercié pour son hospitalité et son entrain plein d’humour ; Tautaz, qu’il soit congratulé pour le partage de son expérience Le club de Pontivy qui nous a supportés le dimanche et à qui nous envoyons une bouteille à la mer pleine de mercis.

NDLR : dans ce compte-rendu sans prétention, certaines phrases sont évidemment à prendre au second degré. Le seul but recherché a été de faire passer au lecteur un moment agréable et si possible plein d’humour. Toute ressemblance avec des personnages ou des faits ayant existé est fortuite.

  • Plongée Tech, Spéleo, Epaves


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