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04/06/2007

Plongez Béton à Aigues-Mortes

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Vous pouvez vous enfermer dans des idées préconçues, néanmoins, une plongée à Palavas les Flots peut s'avérer époustouflante, et vous étonner par une faune si nombreuse. Le résultat d'une initiative locale, d'avoir créé en 1999 un récif artificiel sur un sol à la base assez pauvre, et qui démontre que ces projets du monde entier (sauf la France) de créer des récifs artificiels sont d'une importance peu médiatisée, aussi bien sur un plan écologique que touristique. L'association "Filles des Récifs" espère intéresser les plongeurs à la diversité des milieux marins de la côte héraultaise. C'est un travail que Plongeur.com se doit de féliciter.
« Mais pourquoi plonger sur des récifs artificiels quand il y a tant à découvrir ailleurs ? ». Telle a été ma réflexion lorsque mon club me proposa d’aller plonger sur les récifs artificiels du golfe d’Aigues Mortes. Je n’y suis jamais allée. Peut-être la peur d’être déçue ? A Palavas, la visibilité avoisine bien souvent le zéro pointé, alors c’est décidé, je n’irais pas puisque je n’y verrais rien de toute façon ! Bref, prétextant des excuses à deux sous, je me suis finalement désistée pour laisser les plongeurs biologistes du club me conter ce qu’ils y ont observé … Et quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’ils me racontèrent y avoir déniché langoustes, congres, nudibranches, blennies, et une flore très présente … Ce n’est finalement pas si étonnant lorsque je constate la diversité des plongées proposées dans la région. Palavas les Flots offre des plongées époustouflantes où vous observerez jusqu’à la dizaine de langoustes sur une même plongée. Le plateau des Aresquiers de Frontignan, quant à lui, bénéficie d’une richesse insoupçonnée, due à la forte densité planctonique de la région …Ce n’est d’ailleurs pas surprenant (enfin sur le coup ça l’était !) d’y avoir croisé un requin pèlerin il y a quelques semaines de cela … Sans compter le plateau volcanique du Cap d’Agde où vous y croiserez grand nombre de poulpes, et congres. Non, les plongées ne manquent pas ici, mais l’idée de plonger sur des récifs artificiels est pour le moins original. Trop de plongeurs imaginent la côte héraultaise comme dépourvue d’intérêt, faute de visibilité … « il n’y a rien à voir puisque l’on y voit rien ! »…. Laissez les « on dit » de coté et jugez plutôt en participant avec les « Filles des récifs » à l’une des plongées qu’elles organisent régulièrement à Aigues Mortes sur ces récifs. Nathalie Barré, l’une des 3 filles du groupe, s’est laissé tenter par l’expérience : « Il s'agissait pour nous d'un milieu ayant une certaine originalité en Méditerranée et nous étions très intriguées de savoir comment les peuplements se mettaient en place au début de la colonisation. » Les récifs artificiels du golfe d’Aigues mortes furent immergés en 1999 à quelques mètres de profondeur, sur des fonds initialement appauvris, dans l’objectif de favoriser la fixation de la faune et de la flore, et ainsi développer des lieux de vie attractifs pour la faune et à forte valeur marchande. Ils répondent à des besoins de protection des ressources marines, de respect de la réglementation et d’expérimentation nouvelle en matière de pêche et de recherche scientifique. Bloc align =Quelques mois suffirent pour constater la présence de faune telle que les vers tubicoles, les ascidies, moules, huîtres et autres espèces filtreuses de plancton. Et quelques années de plus favorisèrent l’installation d’une faune plus diversifiée, profitant des niches récifales naturellement colonisées les années précédentes. Les plongées sont pour le moins inhabituelles, puisqu’elles s’effectuent sur un amas de blocs de bétons empilés sur trois étages. Alors chaque plongeur doit revoir un peu ses classiques … Inutile de chercher la murène enfouie dans un trou, ou la mystérieuse grotte camouflant un mérou timide ….Non, il faut chercher différemment, éduquer son œil à un environnement atypique facilitant probablement la recherche d’espèces puisque les moyens de cachette sont plus rares !! Un vrai régal pour les plongeurs biologistes et photographes, indique Nathalie « L'avantage des récifs est qu'ils offrent souvent une faune moins cachée que sur les milieux rocheux...c'est une chance qu'il fallait saisir. Les récifs sont donc assez intéressants du point de vue de l'approche pédagogique de la "plongée bio" et ils ont l'avantage de ne pas être très profonds. » Bien que très visités par des organismes tels que l’œil d’Andromède et Créocéan, agissant dans cadre du suivi scientifique, ces récifs sont encore assez méconnus des plongeurs. Les « Filles des récifs » restent pourtant convaincues que ces récifs pourraient intéresser un grand nombre de plongeurs : « Nous pensons que transmettre cette connaissance aux plongeurs contribue fortement à véhiculer une bonne image de notre littoral et une idée plus réaliste de la richesse de nos milieux. » BlennieC’est pourquoi elles s’investissent régulièrement dans l’organisation des plongées sur ces récifs, et c’est un franc succès : « A trois, nous avons apporté une dimension d'animation aux plongées organisées sur les récifs artificiels. Cette activité a intéressé le Conseil général de l'Hérault, en particulier l'Office Départemental des Sports (aujourd'hui appelé Hérault Sport) qui nous a attribué une subvention pour soutenir cette activité. Depuis 4 ans, nous bénéficions de cette aide pour pouvoir organiser des plongées sur les récifs dans les clubs alentours. Nous pouvons ainsi faire plonger les gens à moindre frais et leur proposer de participer au suivi lors de "journées de rencontres interclubs" que nous organisons chaque année. Notre groupe des "Filles des récifs" s'est agrandi avec les années car un certain engouement est apparu auprès des plongeurs et beaucoup nous ont aidé dans notre suivi. ». En collaborant au suivi scientifique de ces récifs, et en invitant les plongeurs à participer à cette expérience unique, les « Filles du récifs » espèrent intéresser les plongeurs à la diversité des milieux marins de la côte héraultaise. « Les fonds marins sont riches quoi que les plongeurs en disent. D'autre part nous espérons également que l'engouement pour un tel suivi donnera l'envie de créer de nouvelles initiatives autour de la "plongée bio" (et c'est le cas !) » indique Nathalie Barré. LangousteSi participer à ces plongées ou contribuer au travail de suivi de ces récifs vous tente, alors faites un tour sur le site de la commission de biologie sous-marine de l’Hérault : http://www.combio34.com. Le planning des prochaines plongées y sera bientôt publié. Alors à vos agendas !

Pour plus d’informations sur les « Filles des récifs : http://www.combio34.com/Album/Recifs%20artificiels/Recifs.html

Assoiffés de connaissance sur les récifs artificiels, jetez donc un œil au dossier spécial « récifs artificiels » du A bloc numéro 2 en téléchargement ici : http://www.plongeur.com/abloc/abloc2.zip

Photos de : Nathalie Barré, Sophie Ressouche, et Sébastien Bernis

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