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11/06/2009

Qui a dit que le requin pèlerin n

Décidément, notre ignorance sur la vie des squales est titanesque ! Par exemple, qui aurait osé imaginer le placide gardien des zones froides et tempérées en pèlerinage aux Bahamas ? Et pourtant... Méditerranée, Manche, Atlantique, rien de très exotique. Le Pacifique ? Aussi, mais attention, pas n’importe où. Et pour cause, contrairement au plongeur du dimanche, lagons bleus, hautes température et visibilité à 30 mètres laisseraient le requin pèlerin de marbre. C’est en tous cas ce que l’on pensait jusqu’à la récente découverte de Gregory Skomal, un Américain qui étudie les requins depuis plus d’un quart de siècle. Ses travaux ont commencé le long de la côte nord-est des Etats-Unis, plus précisément au large du Massachussetts. Là-bas, chaque été, dans une eau trouble et bien fraîche, les requins pèlerins font ripaille. Ils se gavent de zooplancton pour alimenter leur corps long de 10 mètres et lourd de plus de 5 tonnes (des mensurations leur permettant de talonner les requins baleines dans la course au titre du plus gros poisson du monde). Et puis, un jour, abracadabra, les géants se volatilisent, comme par magie ! S’ils sont fréquemment observés en surface durant les mois d’été et d’automne, la disparition des requins pèlerins en hiver a suscité bien des débats depuis la publication d’un article en 1954. Celui-ci suggérait qu’ils hibernaient au fond de l’océan » explique le biologiste marin. Alors, vrai ou faux ? Pour le savoir, il a placé des balises satellites sur les nageoires dorsales de vingt-cinq Cetorhinus maximus (de leur nom latin), lesquelles étaient destinées à transmettre des informations sur leur environnement : profondeurs, températures et luminosité. Au final, dix-huit ont permis de récolter de précieuses données. Effectivement, avant de se détacher, elles ont montré que les grands squales avaient visité la Floride, les Bahamas, flâné en Mer des Caraïbes ou même approché le littoral du Brésil. Quelle surprise ! Et ce n’est pas la seule. Gregory Skomal a également constaté qu’en cette période, les requins pèlerins plongeaient à plus de 200 mètres, parfois même jusqu’à 1000 mètres. Peut-être dans le but de se reproduire ? La reproduction des requins pèlerins : voilà une autre énigme à résoudre pour les chercheurs qui n’ont jamais croisé le moindre juvénile de cette espèce…

 Requin pèlerin


  • Biologie sous-marine, Faune et Flore


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