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11/07/2012

Pelagos : l'Italie, Monaco et la France unies pour la protection des mammiféres marins

Sanctuaire Pelagos
La mer est à tout le monde. Certes. Mais elle appartient avant tout à ses occupants.Cette prise de conscience a vu le jours depuis quelques années déjà, notamment avec la mise en place du réseau des Aires Marines Protégées. En 2010, plus de 6.800 aires de ce types étaient recensées dans le monde, soit une couverture de 1,17% des océans. Dans ces zones, la faune et la flore y sont protégées en y limitant et en contrôlant l'activité humaine sous toutes ses formes (plaisance, tourisme, pêche, plongée, …).
Aires marines protégées
Au fil du temps, la protection de ces milieux a favorisé la conservation de l'écosystème comme nous avons pu le constater notamment en Méditerranée dans le Parc National de Port-Cros. Depuis sa création en 1963, ce Parc National vise à protéger les espèces terrestres et marines (180 espèces de poissons, 145 espèces d' invertébrés marins, 420 algues, 579 plantes à fleurs, 376 champignons, 1569 invertébrés terrestres, 10 mammifères, 126 oiseaux de passage, 21 oiseaux nicheurs et 6 reptiles). En tant que plongeur, l'espèce la plus emblématique de cette protection était bien entendu le mérou. Et il est vrai que depuis la mise en place de cette réglementation, notamment autour de l'îlot de la Gabinière, les mérous sont devenus familiers sur les spots de plongée alentours comme sur le Togo ! De nouvelles aires de protection continuent de voir le jour comme le démontre le Sanctuaire Pélagos. Cette zone de protection des mammifères marins s'étend sur pas moins de 87.500 m². Gérée conjointement par l'Italie, Monaco et la France, ce sanctuaire a pour but de faire cohabiter la faune méditerranéenne avec les activités humaines, importantes en période estivale et de garantir un "état de conservation favorable des mammifères marins". Cette zone n'a pas été choisie par hasard. En effet, depuis une trentaine d'années, les scientifiques ont constaté l'occupation des lieux par de nombreuses espèces de mammifères, toutes attirées par une production primaire importante (due à de nombreux mécanismes de fertilisation). Ainsi, dauphins bleus et blancs, cachalots, rorquals et autres phoques moines occupent les lieux. Il est d'autant plus important d'imposer des règles de conduite dans cette zone où l'activité humaine est très importante : la pêche, trafic maritime, sports nautiques ou encore plaisance entraînent des nuisances pour les mammifères marins. Les impacts de cette présence humaine sur les animaux sont nombreux. Les plus connus sont la pollution (hydrocarbures, pesticides, émissions de gaz, …) et les nuisances sonores. Mais les animaux sont également dérangés dans leur habitat et cela engendre chez eux une augmentation du stress, principalement lorsque leur observation en mer (whale watching) se pratique de manière incontrôlée.
Dauphin
Les collisions représentent l'un des impacts les plus observables avec les captures accidentelles. De nombreuses études scientifiques ont permis de déterminer où les risques de collision étaient les plus fréquents et de mettre en place les mesures de protection adéquates. La création de ce sanctuaire est également un moyen de surveiller et d'étudier les comportements des cétacés pour de nombreuses équipes scientifiques. Les résultats de ces recherches permettent d'orienter la gestion du sanctuaire ainsi que d'adapter les mesures à appliquer. En 2007, le Groupement d'Intérêt Scientifique pour les Mammifères Marins (GIS 3M) a vu jour dans le but de mutualiser les recherches ainsi que les moyens financiers et matériels mis à disposition dans le cadre de projets partagés.
dauphin
Les recherches effectuées répondent aux objectifs de gestion fixés lors de la création du sanctuaire. Il s'agit en particulier d'améliorer les connaissances : · Des causes de mortalités des cétacés de Méditerranée, · Du recensement et de suivi des mammifères de la zone Pelagos, · Du comportement des cétacés présents dans le sanctuaire. Depuis 1992, l'Italie, Monaco et la France se sont unies pour protéger les mammifères de la zone. Depuis les opérations d'observations et de sensibilisation n'ont cessées et l'action s'installe dans le temps pour le bien être des habitants sous-marins de Pelagos.

Géraldine Georget pour Plongeur.com


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